La cité des eaux

Henri de Régnier · Chapitre 23 sur 61

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La cité des eaux

Le Sang de Marsyas

 

 

A la Mémoire de Stéphane Mallarmé.

 

DÉDICACE

1842-1898.

Ceux-ci, las dès l'aurore et que tenta la vie,

S'arrêtent pour jamais sous l'arbre qui leur tend Sa fleur délicieuse et son fruit éclatant

Et cueillent leur destin à la branche mûrie.

Ceux-là, dans l'onyx dur et que la veine strie,

Après s'être penchés sur l'eau la reflétant Dans la pierre vivante et qui déjà l'attend Gravent le profil vu de leur propre effigie.

D'autres n'ont rien cueilli et ricanent dans l'ombre

En arrachant la ronce aux pentes du décombre, Et la haine est le fruit de leur obscurité.

Mais vous, Maître, certain que toute gloire est nue,

Vous marchiez dans la vie et dans la vérité