La cité des eaux
Le Bouquet
La pendule hâtive et l'horloge au pas lent Où l'heure, tour à tour, se contrarie et boite; Le miroir las qui semble une eau luisante et moite, La porte entrebâillée et le rideau tremblant;
Quelqu'un qui est parti, quelqu'un qui va venir, La Mémoire endormie avec le Souvenir, Une approche qui tarde et date d'une absence,
Une fenêtre, sur l'odeur du buis amer,
Ouverte, et sur des roses d'où le vent balance Le lustre de cristal au parquet de bois clair.
LE BOUQUET
Sur la rosace éclose au centre du parquet Pose ton pied léger, écoute et sois furtive; La solitude parle à celle qui arrive;
N'as-tu pas entendu le marbre qui craquait?
La harpe tremble et vibre à ton pas indiscret, Le lustre se balance et son cristal s'avive; De ce qui semble mort crois-tu que rien ne vive? La glace a son fantôme et tout a son secret.
Le temps passe; tout fuit; les choses sont fidèles, L'invisible silence évente de ses ailes
La poussière pensive et l'ombre transparente;