La Maison aux livres

Enis Batur · Chapitre 16 sur 46

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La Maison aux livres

J’ai passé ma vie avec les livres...

J’ai passé ma vie avec les livres, parmi les livres. J’en ai écrit quelques-uns, comme éditeur j’en ai publié un bon nombre, j’en ai lu beaucoup plus, j’en ai acheté pour les lire, j’en ai manipulé pour les acheter, j’ai feuilleté leurs pages, et, avec le temps, en en couvrant les murs de ma maison, j’ai fini par acquérir au milieu d’eux une sorte de sécurité. L’origine de presque toutes mes pensées, la source, le puits qui les ont irriguées, toutes les étincelles qui ont enflammé mes sens, c’est dans les livres que je les ai trouvés. Quand j’ai eu peur, c’était surtout à cause d’eux, si j’ai douté d’autrui et de moi-même à m’en ronger les sangs, c’était à cause d’eux. Les raisons pour lesquelles des milliers de livres se sont serrés sur mes étagères, côte à côte, les uns au-dessus des autres, parfois en double rangée, ne se résument pas à une seule. Si j’avais pu briser la geôle dans laquelle une imprévoyance compréhensible, bien qu’incurable, enchaîne la plupart des amoureux des livres, j’aurais déjà opéré une purge massive, mais je n’en ai pas trouvé la force. Bien plus, je me suis rendu compte que je ne le ferais probablement jamais, faute de savoir séparer le bon grain de l’ivraie. Un vaste spectre lumineux d’innombrables motifs qui va des plus logiques aux plus étranges, des plus pratiques aux plus morbides explique cet attachement dévot. Pour échapper à son emprise, il faut un puissant mouvement intérieur, dont le prix à payer n’est pas à la portée de tous. J’ai vu très peu de gens briser ce carcan.

Jusqu’à présent, je ne suis pas parvenu à me convaincre qu’un des livres que j’aurais écrits ou lus pourrait changer la vie. Dans le premier cas, ce serait faire preuve d’arrogance et de bêtise, dans le second, d’une confiance excessive et, une fois encore, de bêtise. Je dois néanmoins admettre que quelques-uns me donnent le vertige, dans un sens ou un autre. J’ai fini par considérer ceux que je lisais en boucle comme de vieux amis. Je n’ai cessé d’affirmer que j’avais appris de tous les livres, et de certains d’entre eux les choses les plus profondes. Pourtant, je serais bien incapable de dire tout ce que j’ai trouvé au fil de ces millions de pages, lues pour diverses raisons qui souvent ne se recoupent pas. Ce que je sais, c’est que d’une ligne à l’autre j’ai toujours cherché quelque chose et que je me suis rendu compte assez vite qu’une telle quête était une sorte de pulsion aussi versatile que le chant des oiseaux, qui pouvait devenir une forme d’existence en soi. Aussi suis-je fier d’avoir senti à un âge qu’on peut considérer encore jeune que ni lire ni écrire ne pouvaient être une authentique libération. On a le droit d’avoir une croyance, je ne vois rien d’étrange à cela. En revanche, croire en ses croyances ne mène nulle part.

On peut sans nul doute voir là le résultat de mes efforts pour inscrire dans la rationalité ma relation profonde avec le livre, avec les livres. Il est assez banal de se soucier de faire passer la maladie dont on est affecté pour quelque chose de normal. Si l’un des innombrables objets utiles ou inutiles, façonnés par la main de l’homme, s’immisçait aux dépens d’autres artefacts au cœur d’une vie, lui imposant avec une puissance incontestable un rituel permanent fait de mille petits gestes dans un espace sacré, je n’aurais aucune objection à formuler, pourvu que cela puisse expliquer ma singularité et ma passion. En revanche, je refuse ouvertement de m’attribuer le mérite du livre et de la symbolique particulière dont je l’ai chargé. L’écriture, la lecture, la bibliophilie sont devenues si banales de nos jours, qu’elles ne peuvent plus être considérées comme un choix excentrique. Si mon souci avait été de me couper de mes semblables, j’aurais choisi de l’abandonner. Cependant, je suis entouré de lettrés, dont chacun possède une bibliothèque, plus ou moins grande, plus ou moins ordonnée, plus ou moins riche que la mienne. Je n’ai jamais essayé de sortir de ce monde. Bien plus, j’ai tout fait pour y demeurer, jusqu’à m’y perdre.

À présent, un long murmure étouffé semble descendre des étagères de la bibliothèque qui entoure le bureau sur lequel je viens de coucher ces lignes. Si je prends un livre dans ma main et m’assois un instant dans mon fauteuil de lecture, ce n’est pas cela qui va durablement changer la situation. De la page que je viens d’ouvrir surgissent des voix. Qu’elles parlent bas ou fort, elles se promènent sous mon crâne. Et grâce à elles, je vais le libérer de son bouillonnement au rythme de la pendule, accompagné de leur murmure. J’en ai l’habitude. Bien sûr, on pourrait m’objecter que j’ai tort de généraliser en insistant sur la vulgarisation du livre et que j’exagère. Je sais bien que le nombre d’êtres humains qui ne rentrent jamais chez eux un livre à la main, ou qui n’en ont jamais reçu, est, à l’échelle du monde entier, largement majoritaire. Cependant, la facilité d’accès au livre au cours de la seconde moitié du XXe siècle ne souffre aucune comparaison avec celle de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance, voire celle des quatre siècles qui ont suivi l’avènement de l’imprimerie. Devenu un article bon marché, accessible et pratique, il a réussi à pénétrer dans les foyers qui en étaient parmi les plus éloignés. Je ne prétends pas que le livre soit partout devenu un besoin vital pour nos semblables sur Terre. Soutenir un tel argument serait faire preuve de naïveté.

En revanche, qui peut nier par ailleurs que la population ait augmenté à une vitesse vertigineuse ? Depuis le début du siècle dernier, le domaine du livre s’est petit à petit ouvert au public. Le monde du livre, qui aujourd’hui a pris des dimensions gigantesques, a connu une production dont on ne peut facilement sous-estimer la qualité ni la quantité. Non seulement le nombre de lecteurs et d’écrivains a augmenté au fil des années, mais l’industrie du livre s’est très largement ramifiée. Chacun le sait : pour qu’un auteur atteigne son lecteur, un système complexe met à contribution des dizaines de travailleurs de tous ordres. Il n’y a pas si longtemps, à peine vingt-cinq ans, quand l’offset n’avait pas encore totalement relégué la typographie, lorsque sortait un livre, écrivains, éditeurs, imprimeurs, typographes, relieurs, entre autres professionnels, se réunissaient pour fêter cela autour d’un baklava. Aujourd’hui, il est devenu extrêmement difficile de réunir ceux qui ont mis leurs yeux ou leurs mains au service d’un seul livre. D’une part leur nombre s’est accru, d’une autre, les livres ne sont plus depuis longtemps fabriqués dans un seul et même lieu. Certains de ceux qui ont mis la main à la pâte vivent et travaillent loin les uns des autres. J’ai assisté à cette évolution de l’intérieur. J’ai lu à mes débuts des épreuves sorties des galées dans un sous-sol, jusqu’au jour où j’ai collaboré avec un maquettiste dont le bureau était situé quelque part sur la côte ouest des États-Unis. Je n’avais pas prévu que les dimensions et les distances auxquelles j’étais habitué seraient aussi vite dépassées.

Cependant, il serait faux de croire que le nombre de travailleurs impliqués dans la filière du livre représente l’aspect le plus décisif de la croissance démographique dans ce domaine. Le livre est un métier : ce grand tronc, auxquels sont liées de nombreuses branches, impose ses conditions particulières, matérielles et sociales. En ce sens, on peut dire que les gens qui choisissent de gagner leur vie dans ce secteur ne sont pas différents de ceux qui ont opté pour d’autres professions. Les biens qu’ils produisent sont à leurs yeux échangeables car utiles, consommables, et surtout à consommer sans modération. Ils n’ont pas besoin de les aimer – à de rares exceptions –, mais ils sont assez sains d’esprit pour se rendre compte que, s’ils ne le font pas, en général ils échoueront, alors ils cherchent à adopter une sorte d’impartialité devant le livre. Leur vie privée n’est pas nécessairement liée à leur métier : les amis les plus proches d’un éditeur peuvent être coiffeurs, médecins ou avocats. Le meilleur ami d’un commercial du secteur peut être directeur de supermarché. Des éditeurs comme Peter Suhrkamp et Gaston Gallimard ont eu des amis écrivains, mais ce n’est pas la règle générale : je n’ai pas constaté que les écrivains et les éditeurs forment une communauté. Ils se rencontrent, se croisent souvent dans les mêmes lieux, leurs vies suivent leur cours sur différentes rives de la même île. L’histoire du livre montre qu’autrefois un tel écart n’existait pas. Le temps où ceux qui écrivaient, fabriquaient et lisaient les livres mijotaient dans la même marmite, brûlaient sur le même feu, est manifestement révolu. Si cela pose problème, seul l’avenir le dira : à l’horizon, n’y a-t-il pas toujours un horizon ?

J’ai passé ma vie entouré de gens qui aimaient les livres, parfois avec passion, parfois à la folie. Pour nous, c’est dès l’enfance que le fossé avec les autres s’est creusé. D’une certaine manière, ceux qui appartenaient au monde des livres étaient d’une tribu à part, dispersée sur cinq continents, dans cinq cents capitales, cinq mille villes. Ou plutôt, nous étions sortis de nos quartiers et de nos rues pour faire partie d’une population éparpillée à travers le monde, qui s’était affranchie de la première solitude dans laquelle elle était tombée. Dans les salles des grandes bibliothèques, nous adressant les uns aux autres des regards furtifs, nous ouvrions le cercle de la familiarité avant de faire plus ample connaissance. De temps en temps, certains, comme moi fumeurs invétérés – autrefois, presque tous les amateurs de livres l’étaient –, d’autres, pour faire une pause, dévalaient les escaliers pour, sur une simple similitude – même département de la bibliothèque ou même auteur –, faire connaissance et s’engouffrer dans un torrent de mots qui nous semblait sans fin. Les graines de nombreuses amitiés destinées à durer ont été semées durant ces parenthèses à nos séances de lecture.

On quittait souvent la bibliothèque avec quelqu’un qu’on venait de rencontrer pour se rendre dans un salon de thé ou un café proche, sauter d’un sujet à l’autre avec une liberté de chevaux débridés et se perdre dans les profondeurs abyssales d’agréables affinités, de coïncidences insoupçonnées, sans voir l’heure tourner. Au fur et à mesure que les rencontres s’enchaînaient, le lien d’amitié se renforçait, le partage des idées pouvait vite laisser la place à celui des émotions, surtout si le nouveau complice était du sexe opposé. J’ai vu des gens qui s’étaient rencontrés en bibliothèque unir leurs vies, des amitiés naître sur les marches d’escaliers d’une bibliothèque. Peut-être certaines, nouées autour des livres, se sont-elles érodées, dissoutes ou effondrées, aussi à cause des livres, mais je soutiens que l’atmosphère de la bibliothèque est plus à même d’unir que d’opposer les gens les uns aux autres.

Malgré son jeune âge, l’amoureux des livres trouve bien vite le chemin des librairies. Une fois pris dans ce cercle, le jeune passionné aux ressources limitées ne regarde pas à la dépense et tend à monter sa bibliothèque personnelle d’un bout à l’autre. Il se tient à l’écart des boutiques où n’entrent sporadiquement que ceux qui s’intéressent exclusivement aux sujets d’actualité par conformisme. En de tels lieux, le client est destiné à l’anonymat. Il préfère les librairies dont le propriétaire ou l’employé reconnaissent un client qui franchit sa porte pour la deuxième fois, manifestent leur joie de le voir s’attarder dans ses allées, évitent les « Comment puis-je vous aider ? » et accordent le plus grand soin à l’atmosphère du lieu.

De telles personnes, d’une certaine manière, avaient appris au plus tard dès la troisième visite à engager une conversation qui pourrait se prolonger, à la bonne vitesse, étape par étape, avec autant de délicatesse que possible, sans perdre de vue la distance nécessaire. Cela permettait de surmonter plus facilement une gêne éventuelle, tout en raccourcissant le délai entre les deux visites du client. Au bout de quelque temps, sans avoir eu l’occasion de comprendre comment cela était arrivé, on commençait à considérer la librairie comme ce que Virginia Woolf aurait appelé . Il régnait en de tels un lieu à soi

lieux une paix particulière, générée par de nouvelles complicités. On pouvait y faire des rencontres insolites, très éloignées de soi, ou avoir la chance d’approcher des habitués totalement différents de tous ceux qu’on fréquentait. Au fil du temps, il était même possible de percer certains de leurs secrets, certes pas tous, et avoir le bonheur de fouler un lieu devenu familier.

Jusqu’à un âge moyen, croiser le chemin des clients de la librairie – je me demande s’il ne serait pas plus juste de les appeler mes semblables que mes contemporains –, dont les centres d’intérêt s’accordaient sur un plus grand dénominateur commun, m’a beaucoup stimulé. Ce qui fondait notre proximité, c’était le saut – parfois le refuge – de la page blanche devant laquelle nous nous tortillions à la page pleine imprimée et placée devant le lecteur par un être humain qui pouvait l’avoir écrite l’année précédente ou trois mille ans plus tôt. De temps en temps, nous sortions nous asseoir à une table de café ou nous nous hissions sur un tabouret de bar, chacun grattant ses plaies. J’ai rencontré des écrivains qui n’aimaient pas beaucoup la lecture, qui ne dévoraient pas les livres. Parmi eux, on peut certes trouver des poètes intenses, des conteurs qui tiennent le lecteur en haleine. Aucun être sensé ne s’aventurerait à imposer une règle selon laquelle seul un lecteur boulimique pourrait être l’auteur d’un texte fort. Néanmoins, on ne peut pas croire qu’il y ait beaucoup de bons écrivains hermétiques aux écrits d’autrui. Si pour ma part je n’ai jamais cessé de les lire, je tiens à préciser que je ne suis pas enclin à établir d’étroites relations avec l’un d’entre eux et que je n’apprécie pas les gens renfermés sur eux-mêmes.

Passé un certain âge, les gens qui m’ont le plus fasciné, ce sont ceux qui aimaient les livres avec une telle passion qu’ils ne pouvaient plus en écrire eux-mêmes. Quand j’ai rencontré des gens qui partaient en expédition dans un univers illimité, irrésistible, je me suis senti aimanté dans leur champ magnétique. Ils ont relégué à mes yeux la fonction utilitaire de la littérature. Au mieux, leur relation avec le monde du livre pourrait être comparée avec l’attitude qu’on peut avoir face à l’amour non partagé. Qu’elle était plutôt exiguë, cette population de gens qui vivaient dans l’absurdité absolue de ne contempler l’être aimé que de loin, gardaient secret l’objet de leur amour et s’abstenaient de toute approche qui l’eût altéré ! Quiconque connaissait leur existence pouvait les observer et, lorsqu’il en rencontrait, hésiter entre se taire en vertu d’un respect difficile à définir ou parler quand un échange était possible.

J’ai toujours regretté de ne pas avoir connu personnellement Nurullah Pertev bey, qui avait passé quarante ans de sa vie à aménager sa propre bibliothèque. Cet homme qui vivait seul préférait, à en croire ses proches, les animaux à ses congénères. Fumeur invétéré, grand buveur de thé, il s’entretenait exclusivement avec une poignée de passionnés avec lesquels il ne parlait que de livres. Dans ses dernières années, rattrapé par des difficultés financières, il avait dû se débarrasser en secret – non par fierté me semble-t-il – de certains de ses livres. Lorsqu’au bout de quelque temps ses connaissances ne l’ont plus vu, elles se sont postées inquiètes devant son humble demeure et, apprenant de ses voisins que sa cheminée n’avait pas craché de fumée depuis deux jours malgré de rudes conditions hivernales, elles se sont adressées aux autorités. Assis à sa table en bois devant son poêle éteint, il avait posé la tête sur son bras et rendu son dernier soupir à côté des deux mille ouvrages qui lui restaient. S’il n’y a plus que deux personnes pour tenter de garder sa mémoire vivante, c’est bien tout ce qui demeure de lui.

J’avais quatre ans lorsqu’il est mort, mais la photographie du maître de ces livres, dont l’histoire brumeuse m’est parvenue bien plus tard, trône depuis longtemps sur l’une de mes étagères, adossée aux livres. On l’y voit, dans un nuage de fumée, une cigarette à la main embouchée dans un long fume-cigarette, avec ses yeux noirs sous une inscription. Si je n’ai pas pu rencontrer Nurullah Pertev bey, je considère en revanche comme un privilège d’avoir fait la connaissance de Necmettin bey et d’avoir eu avec lui d’intenses discussions à plusieurs reprises. Fils de bonne famille, frère d’un grand penseur, c’était un homme réservé qui n’avait aucun goût pour la popularité. Il était connu pour lire avec aisance le siyakat, un alphabet utilisé dans les premières archives officielles de l’Empire ottoman, que seuls quelques experts sont capables de déchiffrer non sans difficulté. Selon la définition ottomane, c’était un allame-i-cihan (« le plus grand savant au monde ») qui, comme tout puits de science, ne faisait montre de son érudition qu’en cas de nécessité. Necmettin bey, qui par son élégance vestimentaire, sa vision du monde et son style de vie pourrait être considéré comme un représentant de la culture occidentale, étonnait par une culture orientale d’égales qualités. Lorsque nous nous sommes assis seuls pour la première fois autour d’une table ronde, dans l’une des ruelles du quartier de Beyo ğlu, il a d’abord observé ce jeune ami, dont son frère faisait l’éloge, avant de se lancer dans une analyse détaillée du contenu des éditions des Fleurs du mal publiées du vivant de Baudelaire. Je me souviens de ce jour où nous nous sommes aussi attardés sur Les Chants de Maldoror et sur Béchir Fuad, qui à ses yeux était le plus occidental et le plus brillant des hommes de lettres qu’ait connu la Turquie du XIXe siècle. Par la suite, nous ne nous sommes revus qu’à deux reprises. Dans les mois qui ont suivi sa mort aussi subite qu’inattendue, son frère aîné est venu me voir pour me demander de procéder à une évaluation ferme et exacte de son extraordinaire bibliothèque, dont ses registres personnels conservaient jusqu’aux moindres détails. Voir cet homme imposant que je connaissais depuis presque trente ans m’a moi aussi bouleversé. J’ai aidé sa famille autant que j’ai pu, une solution adaptée a été trouvée pour la bibliothèque. Il est repassé chez moi pour me remettre trois livres que Necmettin bey m’avait légués, plus précieux l’un que l’autre, sur lesquels il avait pris des notes au stylo rouge. Je considère ces livres, qui font partie des pièces préférées de ma bibliothèque, comme des êtres vivants.

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