La toute dernière fois

Laure Manel · Chapitre 59 sur 61

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La toute dernière fois

58 … qu’il est allé à la neige

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… qu’il est allé à la neige

 

C’était il y a bientôt deux ans, aux vacances de février. Ils avaient passé une semaine splendide.

Il rêve d’y retourner.

 

C’était la deuxième fois qu’ils y allaient. Ses parents disent toujours que le ski, c’est cher… donc forcément, ils ne peuvent pas y aller souvent. Ça a le goût de la rareté, de ce dont on se rappelle avec délices et qu’on attend avec tellement d’impatience et d’envie que c’est comme si le rêve se réalisait à nouveau quand on a la chance d’y retourner. Les vacances à la neige, c’est juste magique.

 

Déjà, le trajet est magique. Surtout la fin, quand on arrive au pied des Alpes, qu’on roule au pas sur l’autoroute, que le voyage est trop long, mais tellement prometteur. Il y a des coffres à skis sur certaines galeries. On a l’impression d’aller tous au même endroit, c’est drôle. Petit à petit, les voitures quittent la route au fond de la vallée pour rejoindre chacune sa station de ski. La montée est parfois épique. La dernière fois, justement, ils ont dû mettre les chaînes sur les roues, et son père s’est un peu énervé. Il neigeait à gros flocons, et c’était très étrange de découvrir ensuite le village sous une épaisse couche blanche qui couvrait d’un manteau certaines voitures.

Ils sont descendus de la voiture, et leurs pieds s’enfonçaient dans la neige malgré leur équipement de pointe. Il aurait presque fallu des raquettes ! Le crissement de leur pas les a suivis jusqu’à leur résidence et ils ont découvert leur logement pour la semaine. Petit, sans grand confort, avec un lit superposé dans le couloir pour les deux enfants, et un canapé pour les parents. C’était comme un nid où l’on est à l’étroit mais tellement contents de se serrer en famille.

 

La semaine est vite passée, entre les cours avec l’ESF le matin, les pistes dévalées à quatre l’après-midi, la promenade en traîneau à chiens (un rêve de son père), la visite d’une fabrique de fromages à un moment où le temps ne permettait pas de skier… Ils ont passé une riche semaine, entrecoupée des arrêts photo pour sa mère, qui dégainait son appareil à tout bout de champ, pour fixer en couleurs de sacrés souvenirs, y compris le pique-nique ayant dégénéré en bataille de boules de neige, le concours du plus joli bonhomme, et les gamelles sur la piste de luge, le soir, après la fermeture des pistes. Et puis, il y a eu la sortie au restaurant le dernier soir, avec raclette ou fondue à volonté, dans un lieu qui semblait une étable, avec des cloches de vaches qui pendaient aux murs.

 

Quand il est nostalgique, il revoit aussi les paysages, le bleu franc du ciel, le blanc de la neige, le noir des rochers en altitude, et le vert des sapins aux branches alourdies. C’était grandiose et il a très envie d’y retourner. Et puis, il adore skier ! Quel plaisir de gravir la pente avec le tire-fesses, de glisser, d’effectuer des virages ou de foncer tout schuss, de se faire aussi parfois une petite frayeur… Il repense à son flocon… à sa fierté quand il l’a décroché. Il avait dit à sa mère : « Je voudrais bien passer ma première étoile ! » et elle avait répondu avec un sourire bienveillant : « La prochaine fois ».

 

Alors il se demande toujours quand ce sera, la prochaine fois. Il a tellement hâte !

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