Le Chasseur Implacable: Une sombre romance mafieuse (Guerre des Mafias t. 10) (French Edition)
Chapitre 10
10
Finn
Quelques mois plus tard
m'assois, mon bras enlaçant les épaules de Brenna, et j'apprécie la vue sur le L 'air automnal est plus chaud que d'habitude. Des feuilles rouges, oranges et jaunes ornent les arbres de leurs touches brillantes. Je petit jardin.
Ma mère insistait pour planter les arbres lorsque j'étais enfant. Je n'ai jamais compris pourquoi elle passait le peu de temps libre dont elle disposait à les arroser. Je ne voyais en eux qu'une nuisance, puisque c'était moi qui devais ratisser les feuilles et tondre autour de leurs troncs en pleine croissance. Nous étions en ville et le béton était ma jungle.
Pourtant il y a quelque chose qui me frappe aujourd'hui dans leur éclat. C'est la première fois que je prends le temps de les admirer ainsi. Mais encore une fois, tout semble différent maintenant que Brenna est dans ma vie.
Je suis amoureux à cent pour cent, totalement et complètement fou d'amour.
C'est mille fois mieux que ce que j'aurais pu l’imaginer.
Je n'ai jamais beaucoup pensé à l'amour. Mais maintenant que je l'ai, je ferai tout pour le garder.
Brenna se penche plus près encore et j'embrasse le sommet de sa tête. Son nouveau shampoing à la pomme flotte dans mes narines. Elle lève les yeux et me sourit, illuminant chaque partie de mon âme.
Ma mère revient à la table avec un pichet de thé. C'est quelque chose qu'elle fait en été. Comme il fait très chaud aujourd'hui, elle en a profité avant que le soleil ne se transforme en journées d'hiver sombres et moroses.
— Votre jardin est vraiment magnifique, Aileen, commente Brenna.
Maman est ravie.
— Merci. Il a fallu des années pour que les arbres poussent, mais c'est enfin comme je l'avais imaginé.
Je me lève, ouvre le barbecue et place les steaks sur une assiette. Je la pose sur la table et éteins le gaz.
— Je viendrai nettoyer tout ça demain et je le recouvrirai avant la neige.
— Il ne faut pas en parler. Je fais comme si notre été prolongé n'allait jamais se terminer, avoue-t-elle.
— Moi aussi. C'est tellement agréable, confirme Brenna.
J'ajoute un steak dans chacune de leurs assiettes, puis dans la mienne. Brenna sert de sa salade de pommes de terre faite maison dans mon assiette puis dans la sienne, avant de la tendre à ma mère, qui lui donne en échange le saladier.
Nous remplissons nos assiettes et nos boissons, puis ma mère demande :
— Comment ça se passe à l'école d’infirmières ?
Brenna s'arrête, une bouchée de laitue près de sa bouche.
— C'est super. J'ai hâte que le mois de mai arrive et que je sois enfin diplômée. L'un des médecins du centre de chirurgie m'a dit qu'il y aurait des postes à pourvoir. Quelques infirmières partent à la retraite. Il m'a conseillé de postuler.
— C'est très bien. Tu aimes ça alors ?
Ma luciole s'allume.
— Oui. J'adore ça.
— C'est bien. Le sourire de ma mère est aussi joyeux que celui de Brenna. Depuis le premier week-end où nous nous sommes rencontrés, Brenna m'a rejoint pour le dîner du dimanche. Elle et ma mère s'entendent bien, et Brenna est la première femme que j'ai ramenée à la maison que ma mère semble apprécier. Elle ne l'a jamais dit, mais elle ne s'est jamais entendue avec aucune de mes petites amies jusqu’alors.
Je prends une bouchée de la salade de pommes de terre de Brenna et je gémis. C'est l'un des plats qu'elle préfère.
— C'est tellement bon !
Brenna dissimule son sourire, l'amusement se lit sur son visage.
— C'est délicieux, comme toujours, ajoute maman.
— Merci. J'aimerais seulement ne pas avoir à éplucher ces satanées pommes de terre.
— C’est si pénible, reconnaît maman.
Je coupe mon steak et en avale une bouchée.
Maman demande :
— Alors, qu'est-ce que vous faites, les tourtereaux, après le dîner de ce soir ?
— Brenna a une surprise pour moi, n'est-ce pas ? réponds-je en la regardant.
Ses joues rougissent. Elle détourne son regard vers le thé, hoche la tête, puis boit une gorgée.
— Oui, confirme-t-elle en coupant son steak.
Ma mère hausse les sourcils, et moi les épaules. Je n'ai aucune idée de ce que Brenna a prévu, et elle ne m'a donné aucun indice, elle m'a seulement dit que j'allais aimer ça.
Nous mangeons en silence pendant quelques instants avant que ma mère ne poursuive :
— Je sais que je suis un peu en avance, mais est-ce que je vous verrai tous les deux pour le dîner de Thanksgiving, ou serez-vous avec vos parents, ma chère ?
Mes tripes plongent. Brenna se fige puis prend une autre longue gorgée de son verre. Mon cœur bat plus fort alors qu’elle demande :
— À quelle heure est votre dîner ?
— Il dure toute la journée. Nous mangeons normalement vers deux heures, mais la nourriture semble réapparaître dès que nous nettoyons et mettons tout au réfrigérateur. Si tu dois d'abord aller chez tes parents, tu pourras venir après.
Je pose ma main sur la cuisse de Brenna.
— Nous n'en avons pas parlé, maman. Je te le dirai dès qu'on aura trouvé une solution.
— D'accord. Pas de pression. Je suis sûre que ta famille sera contrariée de ne pas te voir, assure maman.
Brenna sourit et s'essuie la bouche. Elle se lève.
— Excusez-moi, j'ai besoin d'aller aux toilettes. Je reviens tout de suite. Elle rentre à l'intérieur et maman me regarde fixement.
J'enfourne plus de nourriture dans ma bouche, ignorant son regard.
— Finn, qu’est-ce qui se passe ?
— Rien.
— Finn ?! répète Maman sévèrement.
Je soupire et croise son regard inquiet.
— Il se passe quelque chose avec les parents de Brenna ?
Je me déplace sur mon siège, hésite à mentir, mais avoue :
— Je ne les ai pas encore rencontrés.
La tête de maman se relève d'un coup.
— Pourquoi pas ?
— C'est compliqué.
— Pourquoi ne pas me mettre au courant ?
Je tapote mes doigts sur mon verre, me lèche les lèvres, puis déclare :
— Tu sais qui est notre famille et ce que nous représentons.
Les yeux de maman se transforment en fentes.
— Alors elle te cache ?
— Non. Ce n'est pas si simple.
— Il me semble que c'est le cas.
Mon pouls s'accélère. C'est le seul problème entre nous. Brenna a parlé de moi à ses parents. Ils ont tout de suite fait le rapprochement. Elle n'a pas parlé à sa mère depuis, et son père n'est pas content non plus. Je lâche finalement :
— Ils savent, pour moi.
Maman penche la tête, plissant ses yeux verts.
— Et ils ne veulent pas te rencontrer ?
— Laisse tomber ! la préviens-je.
— Non. Tu es mon fils. Je ne vais pas laisser tomber. Je vois la façon dont tu traites Brenna. Et elle est amoureuse de toi. Quelle mère ne voudrait pas rencontrer l'homme qui est dans la vie de sa fille ?
Une griffe me déchire la poitrine. Quoi que je fasse, je serai toujours un O'Malley. C'est la première fois de ma vie que je souhaite vraiment provenir d'une famille respectueuse de la loi. Brenna et moi ne parlons pas beaucoup de ses parents, mais je sais que ça la blesse. Pourtant, elle m’a choisi moi, peu importe ce qu'ils en pensent, et j'assume cette culpabilité. Je fulmine :
— J'ai dit de laisser tomber !
— Elle doit te présenter, peu importe ce qu'ils ont dit. Ce sont ses parents. Ne te défile pas, Finn !
— Bon sang ! Je racle la chaise sur le sol et me lève, jetant ma serviette sur mon assiette. Tu me prends pour un lâche ? grogné-je, mais dès que les mots sortent de ma bouche, je grimace intérieurement. J'ai évité le sujet concernant ses parents autant que Brenna, en partie parce que je crains que si j'insiste pour les rencontrer, leur dédain pour moi l'incitera à s’en aller et à me quitter.
Maman s'assoit et croise les bras, me jetant ce regard-là qu'elle avait toujours quand j'étais enfant et que j'avais des ennuis. Elle secoue la tête et déclare fermement :
— Si tu l'aimes, tu t'en occuperas.
— Bien sûr que je l'aime. Ne remets jamais en question mon amour pour elle ! aboyé-je.
La porte coulissante s'ouvre et un silence tendu s'installe autour de nous.
Brenna le brise :
— Qu'est-ce qui se passe par ici ?
— Rien. Je tire sa chaise et lui fais signe de s'asseoir.
Elle hésite, les sourcils froncés, l'inquiétude grandissant sur son visage.
— Assieds-toi et mange ton dîner, ma luciole ! dis-je calmement, même si mes entrailles se déchaînent.
Elle jette un coup d'œil entre maman et moi.
— Assieds-toi et mange !
Elle finit par obéir et je m'assois à côté d'elle, posant une main protectrice sur sa cuisse. Pendant les dix minutes qui suivent, j'avale la nourriture à pleines dents, sans presque rien déguster et en évitant de croiser le regard de feu de maman ni celui, inquiet, de Brenna.
Maman et Brenna tentent de converser, mais l’atmosphère reste tendue. Dès que le dîner est terminé, nous aidons à nettoyer. Puis je serre ma mère dans mes bras.
— Je passerai demain pour nettoyer le barbecue.
Elle ouvre la bouche puis la ferme, hoche la tête et se tourne vers Brenna. Elles s’enlacent brièvement puis je guide Brenna hors de la maison. Dès que nous montons dans la voiture, je me force à ne pas conduire comme je le voudrais pour ne pas effrayer Brenna.
Elle pose sa main sur mon biceps.
— Finn, que s'est-il passé ?
— Rien.
— Finn ?!
Je soupire, tourne dans la rue suivante et serre le volant plus fort pour ne pas appuyer sur l'accélérateur.
— Tu lui as dit pour mes parents, c’est ça ? demande-t-elle à voix basse.
Je garde les yeux sur la route.
— Pas tout.
— Mais assez ?
— Oui.
Brenna laisse échapper un soupir de frustration.
Je me gare dans l'allée, descends et ouvre la portière à Brenna. Je la tire vers l'extérieur, lui prends la main et me dirige vers le pub.
— Prenons un verre !
— Finn. Arrête !
Le sang continue de bouillir, sans sembler s’arrêter. J’ai la rage. Mais ce n'est pas contre Brenna ni même ma mère. C'est à cause de moi, en fait. Je suis un O'Malley. Ils ne m'ont pas élevé pour que je sois un lâche, mais je laisse ma peur de perdre Brenna me transformer en lâche.
Elle pose ses paumes sur mes joues et je ferme les yeux. Je ne peux pas la perdre. Elle est devenue la veine nourricière qui alimente mon existence, lui donne un sens. Je traverserais le lac Michigan à la nage et j'en reviendrais pendant les mois d'hiver glacés pour la sauver si nécessaire. Je lui donnerais jusqu'au dernier morceau de nourriture et d'eau que j'ai, même si j'étais affamé. Je tuerais pour elle, mais surtout, je mourrais pour elle.
Personne ne m'a jamais rendu aussi heureux et ne m'a jamais fait ressentir autant de choses qu'elle. Elle me fait rire, me rend parfois fou et m'incite constamment à essayer d'être un homme meilleur.
Elle fait de moi un homme meilleur. C’est certain. Je le vis tous les jours.
Chaque moment passé avec elle me fait tourner la tête davantage, et mon cœur se gonfle au point que je pense qu'il va exploser.
Elle m'aime. Chaque jour, elle me le prouve. Elle arrive à voir au-delà de toutes les conneries que ma famille et moi apportons dans ce monde et m'accepte quand même. Elle connaît tous mes défauts, mais elle m'aime inconditionnellement.
Moi. Finn O'Malley. Chasseur. Combattant brutal. Tueur. Pas le Finn que le monde voit ou juge. Juste moi. Chaque morceau de mon âme qu'elle accepte et veut. Jamais elle ne m'a regardé de haut, même si je sais qu'elle est trop bien pour moi.
Je suis un salaud égoïste de ne pas l'avoir laissée s’en aller, mais elle est pour moi comme une vapeur qui pénètre le tissu, s'attardant dans mes pensées toute la journée, qu'elle soit avec moi ou non. Je suis imprégné d’elle – toute sa bonté, sa beauté et son amour dont je ne me lasserai jamais. Elle est entrée dans mon système et je ne peux pas lui échapper. La personne égocentrique que je suis prend tout d'elle et ne le lui rend pas.
Pourtant, la seule chose qui pourrait nous briser, ce sont ses parents. Je ne suis pas dupe. Et les quelques fois où nous en avons parlé, j'ai lu la douleur dans ses yeux.
Combien de temps pourra-t-elle me préférer à eux ?
Jusqu'à quel point puis-je me rabaisser à la laisser mettre sa famille de côté pour moi ?
Ses mains chaudes sur mes joues sont un autre exemple de la raison pour laquelle elle est trop bien pour moi. Elle devrait m'en vouloir d'avoir semé la zizanie entre elle et ses parents, et pourtant elle est là, à me réconforter. J’en chialerais.
Je me force à ouvrir les yeux et enlace sa taille de mes bras.
— Je suis désolé. Je ne veux pas te perdre, mais on ne peut plus éviter tes parents.
Son regard se durcit.
— Ils ne sont pas importants. C'est toi qui l'es pour moi.
Le diable en moi veut lui permettre de s'en tenir à cette idée-là et de ne pas faire de vagues. L'homme que j'essaie d'être pour elle se met soudain à parler :
— Ce sont tes parents. Ils sont importants. Nous devons y faire face.
Ses bleus s'adoucissent. Sa voix se raffermit.
— Je t'aime, Finn. S'ils ne peuvent pas t'accepter tel que tu es, c’est qu’ils ne me comprennent pas.
Je lui caresse la joue avec mon pouce.
— Et je t'aime. C'est pour ça que je ne vais pas laisser tomber. Quoi qu'ils veuillent me demander ou me dire, je m'en occuperai. C’est juste que... Je me concentre sur le ciel, à regarder dans les airs.
Elle incline ma tête vers le bas pour que je ne puisse pas l'éviter.
— Juste que quoi ?
— Promets-moi que tu ne changeras pas d'avis sur nous deux !
Elle secoue la tête.
— Jamais. Je ne changerai jamais d'avis sur ce que je ressens pour toi ou pour nous deux. Comment le pourrais-je ?
J’expire d’un coup, plein d’anxiété.
— D'accord, ma luciole. Demain, je veux que tu appelles tes parents et que tu leur dises que nous venons. Quoi qu'il arrive, on va s'occuper de ça. Ensemble.
Elle hésite.
— Qu'est-ce qu’il y a ?
— Ma mère... elle... elle peut être vraiment méchante, Finn.
Je la serre contre moi et tiens sa tête contre ma poitrine, embrassant le sommet de son crâne.
— Ne t'inquiète pas pour ça ! Tant que toi et moi allons là-bas ensemble et que nous en repartons ensemble, j’encaisserai tout ce qu'elle nous réserve.
Brenna lève les yeux.
— Tu ne devrais pas avoir à le faire.
Je ne lui réponds pas. Une partie de moi me dit que je devrais le faire quand même, rien que pour avoir touché à leur fille. Au lieu de répondre, je l'embrasse.
Elle me rend mon affection avec ferveur, me pousse contre le mur de briques, puis marmonne :
— Je ne veux pas de boisson. Je veux te donner ta surprise.
Je souris à travers notre baiser, glissant ma main dans son short en jean sur sa peau chaude.
— Qu'est-ce que c’est ?
— Monte dans dix minutes ! Elle passe ses mains sur le lobe de mes oreilles, créant ainsi plus de chaos encore dans mes veines.
La respiration haletante, je me retire de notre baiser et presse ses fesses, puis enlève mes mains.
— Ne me laisse pas t’attarder !
Elle glousse et glisse son doigt sur mon nez.
— Prépare-toi, Finn O'Malley !
Je ris.
— Pourquoi me fais-tu bander maintenant ?
Elle sourit, recule et se trémousse jusqu'à ma porte d'entrée.
Je jette un coup d'œil à ma montre pour savoir quand les dix minutes seront écoulées, alors que Maksim s'arrête dans l'allée. Il sort de sa voiture.
Je me décolle du mur, irrité.
— Tu me fais l'honneur de ta présence ?
Il se renfrogne à travers ses lunettes de soleil à miroir.
— J'ai eu des problèmes.
— Comme quoi ? Qu'est-ce qui est si important pour que tu m'évites pendant un mois ?
— Oublie ça ! lance-t-il se tournant pour s'éloigner.
Je l'attrape, le retourne et ses lunettes tombent par terre. Il fixe sur moi ses yeux d'un bleu glacial, mais ils sont vitreux et injectés de sang. Mon pouls s'accélère.
— Qu'est-ce qui ne va pas ?
Il renifle fort, plisse le nez, puis regarde le ciel en clignant des yeux beaucoup trop vite.
— Maksim ?
Il ne me regarde pas, s'essuie le visage et dit :
— J'ai besoin de quelques caisses de vodka.
Mon estomac fait le plongeon. On dirait qu'il est sur le point de s'effondrer, et je ne l'ai jamais vu autrement que fort. Je suis bouleversé.
— D'accord. Pourquoi en as-tu besoin ?
Sa mâchoire se crispe.
— Pour après les funérailles.
— Mais de qui ?!
Ses lèvres tremblent. Il prend ses lunettes et les met.
— Ma mère s'est ouvert les veines il y a deux jours. Sergey l'a trouvée.
Le sang quitte soudain mon visage et la chair de poule apparaît sur mes bras.
— Merde !
Il me fait à nouveau face.
— Tu peux me donner les caisses ? Et dire à ta grand-mère que je la paierai dans quelques semaines ?
— Oui, bien sûr. Ne t'inquiète pas pour l'argent ! Merde ! Maksim, je suis...
— Je dois y aller. Il se précipite vers sa voiture.
Je le suis.
— Maksim !
Il ouvre la portière et se fige, sans se retourner. Ses jointures deviennent blanches à force d'agripper la porte, et sa voix tremble.
— Tu peux les déposer demain pour moi ? Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de laisser seuls mes frères plus longtemps que nécessaire en ce moment.
— Bien sûr. Tout ce dont vous aurez besoin. Quand a lieu l'enterrement ?
Il inspire profondément, très ému.
— Dans trois jours. Nous ne pouvions nous permettre que l'incinération. C'est juste quelques heures à passer au centre communautaire.
Mon cœur se loge dans ma gorge et j'ai l'impression de ne plus pouvoir respirer.
— Qu'est-ce que je peux faire pour t’aider ?
Il hausse les épaules.
— Juste la vodka. Merci. Il monte dans la voiture et démarre.
J'empêche la portière de se refermer.
— Maksim !
Il lève lentement les yeux vers moi.
— Quoi que tu aies besoin, je suis là.
Il acquiesce, renifle fort, puis referme la portière. Je le regarde partir tandis que plusieurs de mes cousins sortent dans l'allée.
Killian allume un joint et tire une longue bouffée avant de le tendre à Nolan en disant :
— Pourquoi as-tu l'air d'avoir vu un fantôme ?
Je le regarde fixement, essayant de trouver les mots.
Nolan se rapproche.
— Finn, qu'est-ce qui ne va pas ?!
Un nouveau frisson me parcourt l'échine lorsque j'annonce :
— La mère de Maksim s'est ouvert les veines. Elle est morte.
— Quoi ?! Merde ! murmure Nolan.
— Qu'est-ce que tu racontes ? lance Killian.
Je secoue la tête.
— Maksim vient tout juste de partir.
Les yeux de Killian s'écarquillent.
— Boris était-il là ?
— Non. Juste Maksim.
Killian tend la main.
— Donne-moi tes clés !
— Pourquoi ? demandé-je.
— Donne-moi tes putains de clés, Finn ! Le violet s'installe sur ses joues.
Je fouille dans ma poche et les lui tends.
Il saute dans la voiture et sort de la ruelle.
Nolan et moi fixons les marques de caoutchouc, respirant la fumée du pneu et de l'herbe. C'est approprié, car je sens que mes poumons vont s'effondrer d'un moment à l'autre sous le coup du choc émotionnel.
Liam et Declan sortent de la ruelle en riant. Liam prend le joint et le rallume, tire une bouffée et se moque.
— Bon sang, c'est comme un putain d'enterrement ici ! Tu me fais perdre la boule. Il passe le joint à Declan.
— Un vrai casse-tête, ajoute Declan en inspirant profondément.
Je prends toute la rage que je ressens et gifle Liam aussi fort que possible puisqu'il est à côté de moi.
— C'est quoi ce bordel, Finn ?! hurle-t-il avant de se précipiter vers moi.
Nolan le repousse.
— Ferme-la ! La mère de Maksim est morte, putain.
La ruelle devient silencieuse, à l'exception du bruit de nos respirations lourdes. Les yeux écarquillés se fixent les uns les autres, essayant de comprendre la situation. La seule chose qui rompt la tension, c'est lorsque Brenna passe la tête par la porte.
— Finn ? Tu montes ?
Je ne quitte pas Liam des yeux.
— Oui, j’arrive. Je monte dans une minute. Je me retourne enfin et entre dans l'appartement.
Quand j'arrive, je me fige.
Brenna est en uniforme d'infirmière, lascivement allongée sur mon lit. Son sourire tombe et elle se lève d’un coup.
— Finn, qu'est-ce qui ne va pas ?
— Je suis... Merde ! m'exclamé-je, furieux que mon petit fantasme se réalise à ce moment précis et me sentant coupable parce que ma bite devient dure en la regardant. Tout ce à quoi je devrais penser en ce moment, c'est aider mon ami.
— Finn ? Une expression de peur s'affiche dans ses yeux.
Je l'entoure de mon bras.
— Désolé. Maksim est venu. Sa mère s'est suicidée.
Elle me dévisage, bouche bée.
Alors qu'elle me fixe, un sentiment de perte m'envahit. C'est comme si l'univers me disait que tout n'est pas permanent, que ceux que vous aimez finiront par vous être arrachés. Alors je ne peux plus parler. Je laisse mes instincts prendre le dessus, et avant même de m'en rendre compte, je la baise.
Aucun de nous ne parle, nos yeux en disent plus long que les mots.
Je la baise fortement et rapidement, enfonçant impitoyablement ma bite dans sa petite chatte serrée, tandis qu'elle s'agrippe à mon corps, tremblante. J'écoute ses gémissements, ses plaintes et ses soupirs, essayant d'en faire un souvenir permanent dans mon esprit.
Je ne sais pas pourquoi j'ai soudain l'impression atroce que je vais la perdre, mais c'est le cas pourtant. C'est peut-être le mélange de la conversation sur ses parents et de la mort de la mère de Maksim, mais j'ai le pressentiment horrible que tout pourrait me glisser entre les doigts, en un instant.
Alors, toute la nuit, je m'acharne sur elle, je bande et la baise à nouveau presque aussitôt que j'ai joui. Je ne m'endors qu'à l'aube, mais j'aurais préféré ne pas m'endormir du tout. Un cauchemar d’images sonores, mêlées de sang et de menottes, m'effraie, si profondément ancré dans mes os que je ne peux m'en défaire avant plusieurs jours, et même après tout ça, il ne me quitte pas encore complètement.
OceanofPDF.com