Le Chasseur Implacable: Une sombre romance mafieuse (Guerre des Mafias t. 10) (French Edition)

Chapitre 25

25

 

Finn

Un mois plus tard

 

mon esprit. L a voix de Declan qui déclare : « Tu ne connais pas ses raisons. Ne fais pas quelque chose que tu regretteras », tourne en boucle dans

Pourtant, mon amour pour Bridget a disparu. J'ai fait des allers-retours, me demandant si je devais la confronter ou non, mais je ne fais pas confiance à un seul mot qui sort de sa bouche.

Les quarante-huit heures suivantes s'écoulent à la vitesse de l'éclair. Declan organise un vol privé pour New York. Killian insiste pour venir avec moi, affirmant que la maison du père d'Arianna est le meilleur endroit où loger puisque nous pourrions avoir besoin de renforts. Les Marino disposent d'un arsenal d'hommes et d'armes, en fonction de la situation. Et les frères d'Arianna connaissent bien ce club clandestin.

Je sais où et quand ils se rencontrent. Le frère d'Arianna, Massimo, nous a inscrits sur la liste. Nous avons utilisé de fausses pièces d'identité car nous ne savons pas qui détient Brenna ou s'ils scannent les noms des invités. S'ils ont eu des contacts avec les Bailey pour leur acheter Brenna, ils ne sont pas fans des O'Malley.

Je ne sais toujours pas si les Bailey l'ont enlevée pour la vendre à celui qui l'a achetée. Tout ce que je sais cependant, ce ne sont que des bribes d'information, mais le puzzle n'est pas complet, loin de là. Lorsque nous arrivons à New York, les quatre frères d'Arianna et son père nous rencontrent, Killian et moi. Dante exprime son opinion à plusieurs reprises, insistant sur le fait que je devrais d'abord parler à Bridget.

Je commence à en avoir assez de ce qu'il pense de Bridget. Pour moi, c'est blanc ou noir. Je lui réponds :

— Ça n'arrivera pas. Elle mentira encore.

— Tu ne le sais pas et tu ne sais pas pourquoi elle l'a fait auparavant, affirme-t-il.

Je m'abstiens de répondre à l'idée que Bridget avait de bonnes raisons de me cacher ses rencontres avec Brenna. Elle n'est pas la même personne que celle dont Sean est tombé amoureux ou que je considère comme une sœur. Je lui rappelle que c'est à moi de décider.

Ses yeux s'assombrissent et se rétrécissent.

— Nous aurons plus d'informations sur ce qui nous attend une fois que nous serons à l'intérieur du club.

— Et elle pourrait annuler son rendez-vous avec Brenna. Pour moi, Bridget est l'ennemie. Nous ne la considérons pas autrement, déclaré-je.

Le visage de Dante devient rouge.

— Elle n'est pas ton ennemie.

— Pourquoi prends-tu sa défense ?

— Ce n’est pas ce que je fais. Je la connais, c'est tout. Elle ne te veut pas de mal.

Je grogne :

— Ouais, eh bien, je pensais que je la connaissais aussi. Maintenant, es-tu d'accord pour m'aider à récupérer ma femme, ou dois-je m'inquiéter de savoir de quel côté tu es, toi aussi ?

— Mon frère essaie de t'aider, ajoute Gianni en se rapprochant de Dante. L'un à côté de l'autre, il est difficile de distinguer les jumeaux, si ce n'est par leurs chemises de couleurs différentes.

Je m'adresse à Killian :

— On dirait que les membres de ta belle-famille ne sont pas aussi alignés sur nous qu'ils le prétendent.

— Toi, tu ferais mieux de faire attention à ce que tu dis ! grogne Massimo.

— Assez ! C'est à Finn de décider. S'il dit de ne pas le dire à Bridget, fermez vos gueules ! rugit Angelo en désignant les jumeaux.

La fureur me serre la poitrine. Je croise les bras, essayant de la contenir, même pas heureux de savourer de ma victoire. Avant que Declan ne me parle de Brenna, j'avais l'impression d’exploser, mais maintenant que je suis si proche, à quelques heures seulement de la revoir, c'est si intense que je pourrais sombrer dans la folie et gâcher cette chance de la retrouver enfin.

Angelo se tourne vers moi, ses yeux sombres transpercent l'air.

— Ne pas parler d'abord à Bridget te met dans une position désavantageuse. Mes fils ont raison. Nous ne pouvons pas nous préparer à cette situation, quelle qu'elle soit, mais c'est à toi de décider. Cependant, tu es sur mon territoire. S'il n'est pas sûr de ramener Brenna ici ce soir sans faire exploser le club, alors vous la laissez jusqu'à ce que nous puissions mettre au point un plan.

— Je ne partirai pas sans elle ! grincé-je.

Angelo se rapproche. Il grogne :

— Tu ne provoqueras pas une guerre dans mon jardin. Nous ne savons pas à qui nous avons affaire puisque tu refuses de parler à Bridget. Je ne mettrai pas toute ma famille en danger.

Mon sang ne fait qu'un tour.

— Bridget ment. Je ne veux pas prendre le risque qu'elle informe celui qui détient Brenna !

— Elle ne mettrait pas Brenna en danger, déclare Dante.

— Elle l'a déjà fait ! rétorqué-je avec colère.

Angelo regarde Dante d'un air renfrogné.

— Ferme-la ! Ne défends plus Bridget ! Il s'adresse à nouveau à moi : Je te laisse une marge de manœuvre pour prendre la décision, mais sur mon sol, tu obéiras à mes règles. Si mes fils ou Killian te disent de partir sans elle, tu les suivras. C’est compris ?

Je renifle fort, fait grince mes dents, fixe l'obscurité des yeux d'Angelo.

Killian rompt finalement la tension palpable.

— Finn, allons nous préparer !

Je ne bouge pas, essayant de comprendre comment j'ai pu m'éloigner de Brenna après toutes ces années, la laissant à celui qui l'a achetée.

La bile me monte à la gorge, comme toujours, en pensant à ceux qui paient pour elle comme si elle était leur propriété. Je lutte contre les pensées de ce qu'il doit lui faire, priant pour un miracle qu'il ne l'ait pas touchée et qu'il la traite bien.

Mais je ne suis pas un homme stupide.

Les hommes ne paient pas pour que les femmes les sauvent.

Ils paient pour prendre ce qui ne leur appartient pas.

— Un faux mouvement et elle pourrait être tuée. Personne ne veut cela. Alors donne-moi ta parole, Finn ! exige Angelo, mais sur un ton un peu plus doux.

Il a raison. Je le sais, mais cela ne rend pas les choses plus faciles.

— Tu as sa parole. Finn, allons nous préparer ! répète Killian.

La tête d'Angelo penche vers Killian. Je me retourne et je pars, incapable de dire à voix haute que je l’abandonnerai un jour. Alors que je franchis la porte, j'entends Angelo ajouter :

— Je te tiendrai pour responsable de tout ce qui arrivera, Killian.

Je traverse le manoir, me dirigeant directement vers ma suite, trop effrayé pour regarder les employés ou Arianna quand je passe devant eux.

— Finn ? Tu vas bien ? appelle-t-elle.

Incapable de parler, détestant ce qu'Angelo veut que j'accepte, sachant qu'un mauvais geste de ma part pourrait faire tuer Brenna, je continue à avancer et ne m'arrête pas avant d'être à l'intérieur et d'avoir fermé la porte.

Lorsque j'entre sous la douche, je tremble, incapable de contrôler des années de chagrin que j'ai cachées au monde. Je me tiens sous le jet d'eau froide, passant en revue les scénarios possibles pour trouver un moyen de l'enlever à celui qui la détient et de la ramener ici avec moi ce soir. Pourtant, rien de ce que j'imagine ne me semble possible. Les signaux d'alarme se multiplient et je maudis les Marino. Avant de leur parler, j'étais persuadé que je ferais sauter la tête de quiconque tenterait de m'arrêter. Je n'ai pas pensé que j'étais sur le territoire d'Angelo, ni que cela pourrait entraîner des répercussions sur lui. Je n'ai jamais pensé que ma luciole pourrait finir morte, mais je ne suis pas un homme naïf. Alors maintenant, tout est assombri par un nuage noir, comme si c'était un signe de mauvais augure des événements à venir.

Je sors de la douche, pas plus calme que tout à l'heure, et m'habille. Mes chaussures brillent à la perfection. Le pantalon sombre, le T-shirt blanc de marque et la veste de sport noire incarnent brillamment tout ce que je n'ai jamais représenté lorsque j'avais rencontré Brenna.

Je ne suis plus un jeune homme de la classe ouvrière, qui reçoit des ordres pour prouver sa valeur. Je suis riche et je m'habille comme tel. Les jeunes hommes du clan se tournent vers moi pour recevoir leurs ordres. Et je n'ai plus rien à prouver à personne, sauf à elle.

Je dois lui prouver que je mérite toujours son amour.

Je dois trouver un moyen de gagner son pardon pour ce que j'ai commis et qui a causé les vingt-et-une dernières années de souffrance qu'elle a endurées.

Je dois trouver un moyen de guérir les cicatrices qu'elle peut avoir.

J'arpente la pièce, mes démons en pleine action, puis je me fige et fixe mon reflet dans le miroir.

Me reconnaîtra-t-elle ?

On frappe à la porte et Killian entre dans la pièce, fermant derrière lui. Il se tient à côté de moi, l'inquiétude se lit sur son visage.

— Angelo a raison. J'ai besoin de ta parole, Finn.

Je ferme les yeux, sur le point de ne plus contrôler aucune de mes actions.

— Elle pourrait mourir.

Je m'empresse de dire :

— Tu crois que je ne m'en rends pas compte ?

Il ne bronche pas, ses yeux verts dardés sur les miens dans le miroir. Il ordonne fermement :

— Alors dis-moi que tu es d'accord !

Je renifle fortement, commence à marcher vers la porte et réponds :

— D'accord. Je suis d'accord. Je me retourne avant d’ajouter : Mais tout le monde a intérêt à faire de son mieux pour ne pas me laisser partir sans elle.

Il acquiesce.

— Nous te soutenons tous.

— Vraiment ? Et ta belle-famille en fait de même ?! ricané-je, non pas parce que je ne fais pas confiance aux Marino, mais parce que je suis devenu un vieil homme amer qui a besoin de s'en prendre à quelqu'un.

Ses yeux deviennent froids.

— Oui, vraiment. C’est le cas je t’assure. Arrête de douter !

Je serre la mâchoire, essayant de retrouver la partie de moi que j'avais exercée en prison, celle qui restait calme et qui avait pris des décisions intelligentes. Je me rappelle sans cesse que les vingt-et-une dernières années sont entièrement ma faute. Je n'ai pas réfléchi et j'ai tout provoqué, et je ne peux pas me permettre une autre erreur.

Dante frappe à la porte.

— C'est l'heure d'y aller !

Nous partons, avec les trois autres frères d'Arianna. Le trajet jusqu'en ville semble durer une éternité. Personne ne dit grand-chose pendant le trajet. Je regarde par la fenêtre pendant tout ce temps-là. Une brume floue de lumières s'illumine à mesure que nous approchons du club.

Mon estomac fait des sauts périlleux, rivalisant avec mon pouls qui s'accélère. De tous les boulots que j'ai effectués pour Darragh avant la prison et de toutes les situations dans lesquelles je me suis retrouvé depuis, je ne me suis jamais senti aussi déstabilisé physiquement. Mon cœur se réchauffe jusqu'à ce que j'aie l'impression d'être en feu.

Je vais la voir. Ce soir.

Toutes ces années passées, mais je vais enfin la voir.

La voiture s'arrête devant un bâtiment. Personne n'attend à l'extérieur pour entrer. Lors de l'inscription, une heure est fixée pour éviter que les files d'attente ne serpentent autour du bâtiment et n'attirent l'attention.

Je m'exécute, je suis les Marino qui se faufilent dans la foule, et nous rejoignons notre suite. Le club est sombre, les néons projettent des ombres dans les coins. Plusieurs étages surplombent le niveau principal.

Il y a des bars partout, mais pas seulement pour l'alcool. On y trouve aussi bien des drogues de rue que des médicaments délivrés sur ordonnance. Les serveuses portent des strings et rien d'autre, leurs plateaux étant garnis de produits mixtes. Les lits éparpillés un peu partout sont équipés d'attaches optionnelles suspendues au plafond et de lumières que l'on peut allumer ou éteindre. Différentes scènes de sexe se déroulent sur chacun d'entre eux, et un ensemble de tables sur lesquelles on peut se tenir debout ou s'asseoir sont situées non loin des lits. Les gens regardent, certains se caressent et quelques-uns se lèvent et rejoignent ceux qui sont sur les lits.

Les femmes portent des robes de club, de la lingerie ou rien du tout. Les hommes sont habillés comme moi, torse nu ou déjà nus. L'air est chargé de l'odeur du sexe et d'un parfum floral qu'ils diffusent dans tout le bâtiment.

La musique résonne fort mais devient plus silencieuse au fur et à mesure que l'on monte au niveau supérieur. Le message de Brenna à Bridget confirme qu'elle sera là-haut. En descendant vers notre suite, je jette un coup d'œil dans les trois autres que nous croisons, mais je ne vois aucune des deux femmes.

Lorsque nous arrivons à destination, Tristano nous tend un whisky à Killian et à moi. Je le prends, puis je sors, me dirigeant vers les panneaux indiquant les toilettes au bout du couloir, tout en continuant à chercher.

Lorsque j'arrive à la suite centrale, mon cœur s'emballe et mon estomac se noue. Je me statufie littéralement : c'est bien elle, ma luciole, assise sur les genoux d'un homme plus âgé. Ses cheveux sont bruns avec des mèches. La robe rose qu'elle porte est dos nu. Elle est toujours aussi belle mais semble triste. Elle fixe le mur comme si elle était perdue, mais aucun des hommes ou des femmes qui l'entourent ne semble s'en préoccuper. La main du type caresse sa colonne vertébrale nue et elle ferme les yeux comme si elle luttait.

Je suis sur le point de franchir la porte quand Dante me pousse devant la suite en marmonnant :

— Il va te tuer dans deux secondes.

Mes entrailles déchaînées me font voir rouge. Le voyou qui a mis la main sur elle mourra ce soir. Je ne partirai pas d'ici tant qu'il n'aura pas payé pour ses actes. Je fulmine :

— Qui est-ce ?!

— Giulio Abruzzo.

Mon estomac plonge. Les Abruzzo sont les principaux ennemis des Marino. Il s'agit d'une autre famille criminelle italienne qui s'est installée sur le territoire d'Angelo il y a quelques décennies. Depuis, ils sont en guerre.

Nous avons tellement d'ennemis des O'Malley, et j'étais tellement concentré sur la recherche de Brenna, que je n'ai pas pris le temps d'apprendre quoi que ce soit à leur sujet. Je demande :

— Quel est son rang ?

— Sous-patron. Et il aura plus d'yeux pour la surveiller que nous n'en avons ici. Ils seront tous armés et prêts à tirer.

— Mon Glock peut s'occuper de plus d'une douzaine d'entre eux, rétorqué-je, prêt à tuer, détestant qu'il m'éloigne de ma luciole.

Dante déclare :

— Nous devons trouver Bridget.

Je ricane, la colère devenant incontrôlable à l'intérieur de moi :

— Pour qu'elle puisse mentir encore plus ?!

— Oublie ça, Finn ! Nous devons savoir comment elle compte voir Brenna si nous voulons avoir une chance de la faire sortir d'ici vivante ce soir.

Les messages piratés par Simona disaient seulement de se retrouver au même endroit. Donc, une fois de plus, Dante a raison. Nous devons savoir ce que cela signifie.

Il lève la main de mon épaule et me dit :

— Va boire un verre ! Laisse-moi parler à Bridget !

Je le suis jusqu'à la porte, avec l'envie de lui demander pourquoi Bridget se trouve dans un tel endroit. C'est ce qu'elle fait maintenant ? Aller dans des clubs clandestins ?

Comme je ne peux pas réprimer ma colère, j'accepte qu'il lui parle. Je suis trop proche de Brenna pour tout gâcher. Et dès que j'entre dans la suite, les yeux de Bridget rencontrent les miens et s'écarquillent.

Je la regarde d'un air renfrogné alors que Dante serre la main d'un homme et déclare :

— Rubio. Je pensais que tu n'étais pas en ville.

— Il est rentré il y a quelques jours.

Dans ma vision périphérique, je vois Dante me faire un signe, sans quitter Bridget des yeux. Elle s'est déjà détournée de moi et croise les bras. Dante dit :

— C'est Finn. Je dois parler à Bridget. Ça vous dérange s'il se ressert à boire dans votre bar ?

Je lui jette un coup d'œil rapide.

Les yeux de Rubio se posent sur mon verre encore plein, puis derrière mes épaules.

— Je suppose que je vais divertir tous les Marino ce soir.

Dante passe devant lui, Killian et les autres gars entrent. Je n'écoute pas la conversation. Je regarde Dante tirer Bridget dans un coin et la plaquer contre le mur, la tête baissée vers son oreille.

Ils ont l'air à l'aise ensemble. Trop à l'aise, il est vrai que c'est bruyant, même dans la suite. Pourtant, je me pose la même question qu'à Thanksgiving. Que se passe-t-il exactement entre eux ?

Alors je crains que Bridget lui raconte des mensonges. Et si ces mensonges entraînaient la mort de Brenna ?

Ils parlent pendant plusieurs minutes, puis Dante garde son corps immobile et me jette un coup d'œil. Il me fait signe de les rejoindre.

Je murmure à Killian :

— Assure-toi que Brenna ne quitte pas cette suite pour aller n'importe où !

— Je m'en occupe, réplique-t-il avant de se planter dans l'embrasure de la porte.

Quand j'arrive près de Dante, les yeux de Bridget brillent. Elle attrape son bras et il l'enroule autour de sa taille comme pour la protéger de moi.

Et peut-être qu'il le devrait, car toute ma rage bouillonne comme une marmite prête à exploser. Mes poings se serrent convulsivement.

— Si tu mens, Bridget, que Dieu me vienne en aide...

— Brenna a été achetée et retenue captive par Giulio, déclare Dante.

Mon estomac se noue. Je ferme brièvement les yeux.

Dante poursuit :

— Bridget va aller aux toilettes dans cinq minutes. Brenna la rejoindra. Un garde du corps la suit, mais d'autres la surveilleront. Je vais envoyer Tristano et Gianni à l'extérieur de notre suite pour les faire sortir. Killian et Massimo resteront ici pour éliminer tous ceux qui sortiront. Il y a un ascenseur de service près des toilettes. Il mène à un parking sous le bâtiment. Je vais éliminer son garde. Tu emmènes Bridget et Brenna à la voiture. Ne t’arrête pas ! Ne regarde pas en arrière ! Allez directement chez mon père !

Je ne lui demande pas comment il sait qu'il y a un ascenseur de service ou un garage souterrain. Je ne manque pas de remarquer Bridget qui ferme les yeux et déglutit difficilement. Je n'oublie pas Angelo qui nous a dit de ne pas tirer de coup de feu dans ces lieux.

Je sais que Dante n'est pas non plus un homme qui oublierait.

Je veux lui demander pourquoi il va à l'encontre de la volonté de son père, mais tout ce que je dis, c'est :

— Je paierai le prix face à Angelo.

Il secoue la tête, les narines dilatées.

— Non, tu ne paieras pas. C'est moi qui décide. Maintenant, va le dire aux autres !

J'obéis, je rassemble ses frères et Killian, et je transmets le message pendant que Dante déplace Bridget vers la vitre, en gardant son bras autour d'elle, et en lui disant quelque chose.

Gianni et Tristano s'en vont. Massimo et Killian restent à mes côtés.

Et c'est là que ça arrive. Ma luciole passe devant nous, le bras du gardien autour d'elle. Elle jette un coup d'œil à travers la vitre et me regarde dans les yeux. Son visage se vide de ses couleurs et ses genoux se dérobent. Elle trébuche et l'homme l'attrape, la tire vers le haut et lui crie quelque chose tout en la traînant pratiquement derrière lui.

Son corps tremble et je commence à me précipiter à sa poursuite, mais Killian me retient.

— Ne gâche pas tout !

Bridget part, Dante et moi la suivons, mais pas de trop près. Elle entre dans les toilettes, et au moment où nous dépassons le garde de Brenna, deux coups de feu retentissent presque simultanément dans l'air.

Des hurlements de panique éclatent dans le club, les néons continuent de scintiller, et Dante se retourne pour tirer une balle dans le dos du gardien de Brenna.

Il ouvre la porte et crie :

— Maintenant !

Bridget et Brenna sortent, toutes deux tremblantes. L'expression de Brenna est difficile à discerner, comme si elle avait vu un fantôme et qu'elle était confuse.

Je me force à ne pas la prendre dans mes bras et à l'embrasser. Au lieu de cela, j'enlace les deux femmes de mes bras protecteurs et je les conduis jusqu'à l'ascenseur.

Dante glisse une carte dans un lecteur et les portes s'ouvrent. Dès que nous entrons, j'appuie sur le bouton du parking et les portes se ferment.

Des coups de feu étouffés retentissent au-dessus de nous alors que l'ascenseur descend. J'attire Brenna dans mes bras, j'embrasse sa tête mais je ne regarde pas son visage. Elle tremble tellement qu'elle ne peut pas se tenir debout toute seule, et je la serre contre ma taille.

— Finn ! dit-elle si bas que je l'entends à peine.

J'embrasse à nouveau sa tête, sans pouvoir articuler un mot.

Dès que les portes de l'ascenseur s'ouvrent, je jette un coup d'œil dans le parking. La seule chose que je vois, c'est le 4x4 d'Angelo qui attend tout près. Je les dirige vers la voiture. Bridget monte, puis Brenna. Ce n'est qu'à ce moment-là que j'embrasse ses joues et que je fixe ses yeux remplis de larmes.

— Mon Dieu, comme tu m'as manqué, ma luciole !

Elle commence à sangloter et je la prends dans mes bras.

— Chut ! Ça va aller.

Mais je me trompe. Des coups de feu retentissent dans le garage.

— Brenna ! hurle une voix grave alors qu'un autre SUV se dirige vers nous.

Je me retourne pour voir Giulio sur le siège passager, la tête par la fenêtre et l'arme pointée vers nous.

Je saute à l'intérieur et claque la porte en criant :

— Baissez-vous ! J'abaisse la tête de Brenna sur ses genoux, et notre chauffeur démarre.

Nous traversons le garage à toute vitesse, mais nous sommes à plusieurs niveaux sous terre. L'autre SUV nous suit, tire plusieurs fois mais ne nous atteint pas. Dans un virage, je me glisse au-dessus des femmes, baisse la vitre et tire quelques coups de feu sur le conducteur qui nous poursuit.

Je l’atteins. La voiture part en vrille et heurte un poteau. De la fumée s'échappe de la carrosserie disloquée. Giulio tire encore plusieurs fois, et notre chauffeur continue à rouler à toute allure.

— Arrête ! ordonné-je.

Le conducteur répond :

— Vous êtes fou ou quoi ?

— Non. Arrête !

— Finn ! Qu'est-ce que tu fais ? hurle Bridget alors que je tends la main vers la porte.

— Finn ! Non ! crie Brenna me serrant les biceps, mais je l'écarte d'un haussement d'épaules.

Je fulmine :

— Il va mourir ce soir. Ramène-les chez elles ! intimé-je et je sors.

Les cris des femmes emplissent l'air tandis que le 4x4 s'éloigne à toute vitesse. Je saisis mon Glock, puis pars à la recherche de Giulio en restant près du mur. Il me facilite la tâche en courant vers moi, mais il ne sait pas que je suis là.

Je lui transperce les deux rotules, et son arme lui échappe, glissant sur le béton. Il crie de douleur et tombe au sol. Le sang s'accumule autour de lui, il tente de se relever mais n'y parvient pas.

La vengeance explose dans mes veines alors que je me dirige lentement vers lui. Il me grogne dessus, son expression est douloureuse et haineuse. Il me demande :

— Qui es-tu ?!

Je m'accroupis et lui arrache les cheveux, tirant sur son cou si fort qu'il crie.

— Je suis son cœur, espèce d'enculé !

Ses yeux s'écarquillent, je lui fais avancer la tête, puis j'utilise toute ma force pour lui briser la nuque.

Les pneus crissent au coin et ma poitrine se serre, mais les lumières clignotent. Le SUV s'arrête et je monte à bord, me glissant à côté de Dante. Il demande d'une voix paniquée :

— Où sont-elles ?

— Avec le chauffeur sur le chemin du retour.

Il décroche son téléphone, vérifie que son chauffeur les a bien avec lui et raccroche.

— Où sont les autres ? demandé-je.

— Dans un autre véhicule.

— Tous les quatre ?

— Oui.

Je soupire de soulagement et le regarde dans les yeux.

Je me vois dans ces yeux-là.

Je vois le diable.

Je renifle fort.

— Ils les ont tous tués ?

— Oui, mon père va devenir fou.

— Pourquoi as-tu fait ça ?

Il fait grince ses dents et attrape une bouteille de scotch.

— Parce que je déteste ces salauds.

Nous ne prononçons pas une seule parole pendant le reste du trajet. Les seuls mots prononcés le sont lorsque Dante reçoit un appel confirmant que Brenna et Bridget sont avec Angelo.

Je sens à peine la brûlure du scotch alors que j'essaie de contenir mes émotions.

Je l'ai récupérée.

Après toutes ces années, je l'ai enfin retrouvée.

Mais que lui a-t-il fait ?

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