Le Chasseur Implacable: Une sombre romance mafieuse (Guerre des Mafias t. 10) (French Edition)
Chapitre 36
36
Brenna
Un mois plus tard
M on père cligne des yeux à travers ses larmes et me sourit. — Tu es magnifique, Brenna ! Il m'embrasse sur la joue.
Une de mes larmes s'échappe et je l'essuie. Les dernières quarante-huit heures ont été un véritable tourbillon, entre le dîner de répétition et les filles qui me couvrent de cadeaux fous. Je n'ai jamais autant ri que ces dernières heures.
Papa sort une enveloppe de sa poche.
— Finn m'a dit de te donner ça. Je serai dans le hall.
Je prends l'enveloppe, j'attends que papa ferme la porte et je l’ouvre. Un simple morceau de papier se trouve à l'intérieur.
LUCIOLE,
Je me suis réveillé ce matin, et tu n'étais pas dans mes bras. Un moment de panique m'a traversé. Puis j'ai eu trop de pensées folles.
Et si tu n'allais pas bien ?
Et s'il t’était arrivé quelque chose hier soir ?
Et si une nuit loin de moi te faisait reprendre tes esprits et réaliser que tu as toujours été bien trop bien pour moi ?
Et si tu ne venais pas aujourd'hui ?
J'ai appelé tes gardes du corps. J'ai envoyé un texto à Nora pour reconfirmer leur message selon lequel tu étais saine et sauve. Je suis allé à la salle de sport avec mes cousins, les Ivanov et les Marino, mais j'ai à peine entendu leurs plaisanteries. Je n'arrivais pas à me débarrasser de la démangeaison sous ma peau.
C'est la même démangeaison que je ressens quand tu n'es pas à mes côtés, mais aujourd'hui, c'est pire.
Bien pire.
Tu es ma drogue de prédilection, et je suis un junkie qui se nourrit de tous les coups que tu me donnes.
Après mon entraînement, j'avais besoin de te voir. Mon obsession n'a fait que grandir, alors j'ai regardé une de nos vidéos en arrivant chez nous. Ce n'était pas pour me défouler. C'était parce que je devais voir ton visage. Je devais entendre ta voix.
C'était la vidéo de l'infirmière – celle où tu me demandes à quel point je veux que ce soit cochon. Comme toutes les autres vidéos de nous, elle m'a rendu dur comme un roc.
Mais je ne me suis pas permis d'aller trop loin. J'ai gardé chaque once pour toi. Alors, toute la journée, j'ai eu mal, je t'ai attendue, j'ai prié pour que tu restes follement amoureuse de moi et que tu apparaisses.
Je me demande à quoi ressemble ta robe, comment tu vas te coiffer et ce que tu portes en dessous. Je me demande s'il est possible que tu sois plus belle que tu ne l'es déjà. D'une certaine manière, je connais déjà la réponse à cette question.
La réponse est non.
Chaque jour, tu m'étonnes par ta beauté. La plupart des matins, je me réveille et te regarde pendant des heures, sans totalement réaliser que tu es enfin à moi. Tout ce que tu mets me rend fou d'un désir brûlant dont je ne peux me défaire.
Je t'aime avec ou sans maquillage, réveillée quand tu es encore à moitié endormie ou pleinement réveillée. J'aime tes pantalons de yoga autant que tes robes, tes jeans ou ces minuscules shorts coupés que tu as essayés l'autre jour pour voir s'ils t'allaient encore.
Peu importe ce que tu mets ou comment tu t'arranges, tu me voles mon souffle jusqu'à ce que je puisse à peine respirer.
Et j'ai enfin compris pourquoi je ne peux pas échapper à la démangeaison aujourd'hui. Au fond de moi, je sais que tu viendras. Je sais que tu m'aimeras jusqu'à ma mort et que tu ne reviendras jamais à la raison. La raison pour laquelle je n'arrive pas à échapper à cette démangeaison, c'est que chaque matin, je me mets au défi de battre mon record de la veille et de te faire sourire au point que ton visage s'illumine.
Je n'ai pas eu l'occasion de le faire aujourd'hui.
Ce ne sont pas les vêtements que tu portes, ni la façon dont tu te coiffes, ni le fait que tu sois maquillée ou non. C'est la personne que tu es, la femme qui a volé mon cœur dès que je l'ai rencontrée, celle qui m'a choisi et ne m'a jamais laissé tomber, même lorsque tu as pleinement réalisé qui j'étais et tout ce que je représentais.
Même quand tu pensais que j'étais mort, tu as continué à m'aimer. Je l'ai senti, et certains jours, ce sentiment était la seule chose qui me maintenait en vie.
Je sais que nous avons dit que nos vœux seraient simples, mais si je devais le crier au monde entier, voici ce que je dirais à tout le monde. Il n'y a personne d'autre sur Terre comme toi. Tu es une perle rare, une luciole qui brille dans l'obscurité, et d'une manière ou d'une autre, à chaque moment difficile, tu as gardé ton éclat. Tu n'as jamais pâli, et peu importe le nombre de rides ou de cheveux gris que tu auras, je t'aimerai et te chérirai jusqu'à mon dernier souffle.
Aucune femme ne t’éclipsera jamais.
Merci d'être à moi.
Je t'aime.
Pour l’éternité.
Toujours.
Finn
MES LARMES DÉGOULINENT SUR LA LETTRE, TACHANT L'ENCRE BLEUE. JE LA relis plusieurs fois, puis j'agite le papier pour essayer de le sécher. Je tente d'arranger mon visage et remercie en silence ma maquilleuse qui a utilisé un mascara waterproof et un fond de teint en spray dont elle a dit qu'il tiendrait mieux. Lorsque j'ai terminé, je plie le papier, le remets dans l'enveloppe et le glisse dans mon sac de voyage.
Je respire profondément et me regarde dans le miroir en pied.
Ma robe est d’une simple soie blanche froncée sur le torse, sans manches, avec des bretelles en spaghetti et une courte traîne. Le dos est presque entièrement ouvert jusqu'à mes fesses. Ce n'est pas une robe de créateur. Il n'a pas fallu des mois pour la confectionner. Je l'ai trouvée à New York avec Bridget et j'ai su que c'était la bonne.
J'ai opté pour l'absence de voile, et mes cheveux pendent en boucles douces. Ils ont retrouvé leur couleur d'origine, le blond-fraise. Les seuls bijoux que je porte sont ma bague de fiançailles, une simple paire de clous d'oreilles en diamant que Finn m'a offerte hier soir, et le collier de sa grand-mère que Hailee m'a laissée lui emprunter. Je respire profondément et rejoins mon père dans le hall.
Il sourit et se remet à pleurer.
— Es-tu prête ?
— Je le suis.
Il m'accompagne dans l'église et il n'y a qu'une seule personne qui attend là.
Bridget est debout, vêtue d'une longue robe de cocktail noire. Elle aussi est en soie et a des bretelles spaghetti. Elle tient deux bouquets, le mien et le sien. Ce sont des hortensias blanches, simples mais élégantes. Son visage s'illumine lorsqu'elle nous voit, mon père et moi.
Elle me serre fort dans ses bras, me tend les fleurs et la musique commence. Les portes s'ouvrent. Elle franchit le seuil.
Mes papillons déploient leurs ailes et je me pince pour vérifier que tout ça est bien réel et que je ne rêve pas. Que toutes ces années de désir d'être enfin à Finn sont vraiment devenues réalité.
La musique change pour Here Comes the Bride. Mon père me guide jusqu'à la porte et je vois Finn. Mon cœur se pâme et mon souffle se bloque.
Il se tient devant l'autel dans son smoking noir et son nœud papillon, avec l'air d'un demi-dieu. L'étoffe s'étire parfaitement sur son corps musclé, et il semble plus grand. Son tatouage apparaît à travers son col, s'étirant le long de son cou. Le serpent encré, entrelacé d'os de squelette, repose sur son ventre. Ces globes de feu verts scintillent, me transperçant intensément, comme s'il pouvait voir jusque dans mon âme. Sa mâchoire se serre et je sais qu'il est aussi ému que moi, mais qu'il tient le coup mieux que moi.
Mes larmes coulent librement, sans que je puisse les contrôler. Tout ce que j'ai toujours voulu est à trente mètres de moi. L'église n'est qu'à moitié pleine, avec seulement les O'Malley dont nous sommes les plus proches, les Ivanov et les Marino, mais tout le monde est inexistant pour moi, sauf lui. Il est le poteau de but et je suis à la ligne des dix mètres. L'avenir que je pensais ne jamais avoir est si proche que je peux le goûter.
Il semble que cela prenne une éternité pour arriver jusqu'à lui. Mon père me prend dans ses bras, m'embrasse et, d'une voix tremblante, me dit :
— Je t'aime.
— Je t'aime aussi, papa, m'étouffé-je, chassant de mon esprit l'idée que ce que je suis en train de vivre n’était presque pas réalisable.
Avant de me remettre à Finn, il le serre dans ses bras et lui dit quelque chose à l'oreille.
Finn sourit et glousse doucement. Mon père lui donne une tape dans le dos et me fait un clin d'œil, puis il va s'asseoir dans le premier banc à côté de tante Ruth.
Finn essuie mes larmes avec ses deux pouces, puis prend mes mains tremblantes. Ses yeux se fixent dans les miens, et tout dans ce moment si spécial est plus encore que ce que j'avais imaginé.
Au moment de prononcer nos vœux, nous répétons tout ce que dit le prêtre, mais nous terminons tous les deux par « Toujours. Pour l’éternité ».
Et soudain, je suis Mme Finn O'Malley, et tout ce dont j'ai toujours rêvé est enfin devenu réalité.
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