Le Chasseur Implacable: Une sombre romance mafieuse (Guerre des Mafias t. 10) (French Edition)
Chapitre 13
13
Brenna
— B renna, on vous a demandé de vous rendre aux urgences, m'informe l'infirmière en chef.
Je penche la tête.
— Demandé ?
— Oui.
— Quel médecin ? Ai-je des ennuis ? m'inquiété-je.
Elle secoue la tête.
— Je ne sais pas quel médecin, mais je doute que vous ayez des problèmes. Vous seriez envoyée au service des ressources humaines si c'était le cas.
Je me détends légèrement.
— D'accord. C'est bon à savoir.
Elle prend un bloc-notes.
— Vous feriez mieux d'y aller.
Des palpitations nerveuses surgissent soudain dans mes tripes, mais je ne sais pas pourquoi. J'ai fait beaucoup de visites aux urgences. Il n'est pas rare de se faire déplacer d’un service à l’autre lorsqu'on est étudiante, surtout s'il s'agit d'un service dans lequel on a déjà travaillé. Mais je n'ai jamais été sollicitée sans savoir quel médecin avait envoyé l’ordre de me chercher. De plus, il me reste moins de vingt minutes de service à effectuer.
Lorsque j'arrive aux ascenseurs, un aide-soignant est en train de les recouvrir de ruban adhésif rouge. Les portes sont scellées.
— Qu'est-ce qui se passe ? demandé-je.
— Journée de maintenance.
— Sur chacune d'entre elles ? Et pendant la journée ?
J'ai déjà fait des gardes de nuit, et c'est généralement à ce moment-là que les services de maintenance ont lieu, mais ils ne font qu'un ascenseur à la fois.
Il hausse les épaules.
— Je ne suis pas le patron.
— D'accord. J'ouvre la porte de la cage d'escalier et descends les douze étages en trottinant, craignant d'être en retard. Les médecins les plus exigeants semblent être aux urgences. La dernière chose que je veux, c'est qu'il y en ait un qui m'en veuille. Je suis sur le point d'ouvrir la porte du premier étage lorsqu'une main gantée de noir se pose sur ma bouche. Mon torse est tiré vers l'arrière. Je heurte le corps d'un homme je sens l'eau de Cologne coûteuse de Brad.
Mon pouls monte en flèche et j'essaie de me dégager de son emprise, mais il m'ordonne :
— Arrête de bouger, Brenna, ou je sors mon arme !
Je me fige, réalisant ce qu'est la chose dure qui appuie sur mon dos. Brad tire tout le temps au stand de tir avec ses frères d’armes. Il avait l'habitude de brandir son pistolet jusqu'à ce que je lui dise qu'il devait le garder loin de moi, sinon j'allais le quitter. Je sais que Finn en a un, mais il ne s'en est jamais vanté et le garde hors de portée.
— C'est mieux comme ça. Gentille fille. Son souffle chaud effleure mon cou et je grimace.
— Que veux-tu ?
— Il faut qu'on parle.
— Il n'y a rien à discuter. C'est fini entre nous. Maintenant, laisse-moi partir ! exigé-je.
Il me fait pivoter pour que je me retrouve contre le mur, coincée entre la brique et lui. Son regard dur me fait peur. J'essaie de reculer, mais je n'ai nulle part où aller. Sa voix me fait frissonner.
— Tu vas sortir de cet hôpital, et nous allons parler.
— Il n'y a rien...
Il pointe l'arme contre ma joue. Mon souffle se coupe et ses lèvres se retroussent.
— Si tu essaies quoi que ce soit, je te tire dessus, Brenna. Je te mettrai une balle dans le cœur et je te regarderai te vider de ton sang !
La boule qui grossit dans ma gorge m'étouffe d’un coup. Je murmure :
— Pour… pourquoi fais-tu ça ?
Ses yeux deviennent hagards.
— Tu poseras tes questions plus tard. Maintenant, vas-tu vouloir rester en vie, ou dois-je te tuer ?
Je reste silencieuse.
— Gentille fille. Et pour que tu le saches, j'ai des gens à ma solde dans tout cet établissement, qui guettent le moindre faux pas de ta part.
Une larme glisse sur ma joue.
— Tu voudrais que je meure ?
Il passe son doigt sur ma joue.
— Non, je ne veux pas que tu meures. Je veux que tu sois ma femme. Mais ce choix t'appartient. Maintenant, bouge ! Il me retourne, pointe le pistolet dans mon dos et se place derrière moi. Il me pousse vers la porte de sortie et le vent froid me fouette le visage.
L'Audi de Brad s'arrête en grinçant devant nous. L'un de ses amis proches, Jack Christian, en sort. Il a un âge quelque part entre celui de Brad et celui de son père. C'est un homme d'affaires prospère. Je l'ai rencontré plusieurs fois, mais il me dévisage toujours d’un air lubrique qui me donne la chair de poule. Brad me pousse sur le siège avant.
— Jack ! le supplié-je, mais un sourire se dessine sur ses lèvres, me donnant des frissons dans le dos.
La porte claque et Jack s'avance devant ma porte, affichant un air satisfait. Brad court vers le côté conducteur, saute dans la voiture et sort du parking.
Je tremble de partout, et je regarde désespérément par la fenêtre, espérant que Finn soit arrivé tôt et qu'il me voie d'une manière ou d'une autre. Mais je ne vois ni sa Camaro ni lui. Nulle part.
Brad accélère l'Audi et je mets ma ceinture, craignant de mourir dans un accident de voiture. Au bout de quelques minutes, je réalise qu'il m'emmène chez lui. Je le supplie à nouveau de me laisser partir, mais il m'ignore.
— Ce coup que tu as fait est terminé, Brenna.
— Quel coup ?
Ses yeux se transforment en fentes. Il fume :
— Ce pauvre voyou que tu as baisé.
— Ce n'est pas un voyou, dis-je.
Brad se penche vers moi et me gifle. Mon visage vole vers la fenêtre et je crie. La douleur me traverse le cou et le visage. Il grogne :
— Tu ne me parleras pas comme ça !
Je ferme les yeux en me tenant la joue, mais les larmes continuent de couler. Je ne bouge pas et m’intime de me taire.
Il va me tuer.
Personne ne sait qu'il m'a kidnappée.
Sauf Jack.
Le tremblement de mes tripes s'intensifie. Nous entrons dans le garage de Brad et il ferme la porte. Il s'approche de moi et me fait sortir de la voiture.
— Aïe ! Tu me fais mal ! S'il te plaît, arrête ! m’écrié-je.
Brad se fige et prend deux grandes inspirations en me fixant. Il déclare :
— Si tu fais ce qu’il faut, je n'aurai pas à te faire de mal.
— Je ferai ce que tu veux, répliqué-je pour gagner du temps et essayer de trouver un moyen de m'échapper de son emprise.
Il sourit. C'est le même sourire que celui qui m'attirait avant. Maintenant, il me fait grimacer de peur.
— Sage décision. Il me place la main dans le dos et me conduit à travers la maison jusqu'à son bureau.
— Je pensais que nous allions parler, dis-je.
Ses yeux se posent sur mon corps.
— Enlève ta blouse !
— Quoi ? Non !
Il sort le pistolet de son pantalon et le pointe sur moi.
— Qu'est-ce que tu as dit ?
Mon corps tout entier tremble tandis que de nouvelles larmes coulent.
— Brad, s'il te plaît !
— Enlève ta putain de blouse, maintenant ! me crie-t-il au visage.
Les mains tremblantes, je tire ma blouse par-dessus ma tête.
— Brad, s'il te plaît...
— Ma femme ne va pas porter des vêtements de pauvre, Brenna. Maintenant, enlève ton pantalon ! grince-t-il.
Je ferme les yeux, tire sur le cordon de mon pantalon et le laisse tomber.
— Mets-les dans la poubelle ! Il agite le pistolet en direction de la poubelle.
Je me penche, ramasse la blouse et fais ce qu'il veut. Je me tiens près de son bureau et le dévisage. Il y a un coupe-papier, un stylo Montblanc qui coûte des milliers d'euros et une caméra vidéo. Mes tripes se tordent.
Il vient derrière moi et passe son bras autour de ma taille. La bile me monte à la gorge et je lutte pour la retenir. Ses lèvres touchent mon oreille et la nausée m'envahit.
— Toutes les choses que tu ne m'as pas laissé te faire, je vais enfin les faire ! Je vais tout filmer. Il fait glisser l’orifice du pistolet sur ma fente.
Tremblant plus fort encore, je ferme les yeux, incapable d'arrêter mes sanglots de panique.
Il rit en enfonçant plus fort le pistolet dans ma culotte.
— Oh, que tu vas être amusante à briser !
— S'il te plaît ! imploré-je à nouveau, mais c'est inutile.
Il me fait tourner sur moi-même, me colle au bureau et mes paumes frappent le plateau en bois. Son corps me domine. Il s'élance par-dessus mon corps et fait glisser le pistolet plus fort sur moi.
— Tu me fais mal ! gémis-je.
Je n'ai droit qu'à d'autres ricanements, puis il m'attrape les cheveux et les tire si fort que la douleur me transperce le cou. Je hurle et il enfonce sa langue dans ma bouche, puis abaisse le pistolet à l'entrée de mon intimité. J'essaie de le repousser, mais il est plus fort que moi et continue d'enfoncer douloureusement son pistolet dans ma culotte.
La position dans laquelle je me trouve ne me donne pas un bon équilibre. Mes mains s'agitent jusqu'à ce que je touche le métal froid du coupe-papier.
Je ne réfléchis pas et tout se passe en un instant. Je l'empoigne fermement et lui entaille le torse.
Il hurle comme un animal blessé et saute en arrière. Le pistolet tombe sur le bureau entre mes jambes, mais je le remarque à peine. Il vient vers moi, et je pointe le coupe-papier dans sa direction.
Il m'attrape le poignet, m'arrête, puis utilise son autre main pour me dérouler les doigts de force. Dès qu'il saisit la lame, il s'approche de moi et je glisse sur le côté.
Le coupe-papier me tranche le bras et je pousse un cri de douleur avant de lui donner un coup de pied dans les couilles. Il halète, ses yeux s'écarquillent et il laisse tomber le coupe-papier sur le bureau en se tenant l'entrejambe.
Le sang coule entre nous, rendant l'arme métallique glissante. Je la serre aussi fort que possible et le poignarde dans le cou.
Il recule de plusieurs pas, se saisit le cou à pleines mains, puis s'écroule sur le sol. Le liquide rouge tache la moquette blanche, s'agrandissant à chaque fois que je respire.
En transe, tremblante, je ramasse l'arme et me place au-dessus de lui. Mes larmes tombent sur son corps et se mélangent à son sang. Ses yeux deviennent vitreux, comme s'il n'arrivait pas à se concentrer.
— Brenna, non ! résonne la voix de Finn.
Je me tourne lentement vers la porte, tout en gardant mon arme pointée sur lui.
Finn tend prudemment les mains.
— Donne-moi le pistolet, luciole !
— Il faut qu'il meure, sangloté-je.
Finn acquiesce.
— Je sais. Laisse-moi faire !
— Je...
Il se rapproche.
— C'est... Ses yeux se dirigent vers Brad.
Je me retourne. Brad essaie de se relever et je lui tire une balle dans la tête. Le bruit seul me fait lâcher l'arme. Le corps de Brad s'écrase sur le sol. Le sang jaillit et me frappe au visage. Le cercle sanglant sur la moquette s'élargit à vue d’œil. Finn me prend dans ses bras et j’éclate en pleurs.
— Chut ! Ça va, ma luciole. Tout ira bien.
— Il m'a kidnappée à l'hôpital ! Jack Christian était là ! Je n'ai pas pu l'arrêter ! J'ai essayé ! Je te jure que je ne voulais pas venir ici ! avoué-je en criant, dans une crise d’hystérie.
— Chut ! Je sais. Il resserre ses bras autour de moi et embrasse ma tête.
Je ne sais pas combien de temps s'écoule jusqu'à ce qu'un accent russe dise :
— Finn, on doit y aller.
Je retire ma tête de la poitrine de Finn et je fixe Maksim.
— Ramène-la chez elle ! Je viendrai là-bas quand j'aurai nettoyé tout ça.
— Tu es fou ou quoi ? Nous devons partir, insiste Maksim.
— Son ADN est partout dans cette pièce. Ramène-la chez elle ! Je viendrai bientôt.
— Non, ne me quitte pas ! Finn...
— Chut ! Il pose ses mains sur mes joues. Ses yeux verts me supplient. Va avec Maksim ! Tu n'as jamais été ici, rappelle-toi bien. Vas-y !
— Non !
— Bon sang, ma luciole !
Je sursaute et il me serre contre lui. Son cœur bat contre ma joue.
— Je suis désolé. S'il te plaît. Je sais ce qui est le mieux pour nous deux. Pour toi. Va-t'en ! Je serai bientôt à la maison.
Maksim me tend ma blouse.
— Mets-la, Brenna !
Je jette un coup d'œil vers le bas et réalise que je ne porte que mon soutien-gorge et ma culotte.
— Il a essayé de m'enfoncer le pistolet dans le corps, hurlé-je, encore une fois effondrée.
Finn me prend dans ses bras, mais pas très longtemps.
— Tu dois sortir d'ici, ma luciole. Laisse-moi t'aider à t'habiller !
Il m'habille. Je n'arrête pas de pleurer ni de trembler. Il me met dans sa Camaro et m'embrasse.
— Je serai bientôt à la maison. Souviens-toi que tu n'as jamais été là !
Maksim s'installe sur le siège du conducteur, et je me souviens à peine du trajet.
Maksim m'emmène dans mon appartement et, dès que j'entre, son bipeur se déclenche. Il y jette un coup d'œil et ferme les yeux.
— Je suis désolé, Brenna. Il faut que j'y aille. Prends une douche et mets tous tes vêtements dans un sac poubelle ! Donne-les à Finn quand il viendra te chercher. Compris ?
Je le regarde fixement, n'enregistrant presque rien de ce qu'il vient de me dire.
Il hésite et son bipeur se déclenche à nouveau.
— Merde ! Je suis désolé. Fais ce que je t'ai dit ! Il part et je ne me souviens de rien d'autre, jusqu'à ce que je retrouve petit à petit mes esprits.
Je suis dans mon appartement, sous les couvertures, dans ma blouse ensanglantée.
Je regarde l'heure et il est plus de minuit. Une vague de peur comme je n'en ai jamais connue me traverse de part en part. Kim n'est nulle part dans l'appartement. J'appelle Finn, me demandant pourquoi il n'est pas là. Son téléphone sonne jusqu'à ce que le répondeur décroche. J'essaie le pub, mais personne ne répond.
Incertaine de ce qu'il faut faire ou de la façon d'arrêter l’angoisse qui me taraude et grandit dans mes tripes, j'entre dans la douche et frotte frénétiquement le sang sur moi. Je me sèche, enfile un jean et un sweat-shirt, puis j'appelle un taxi pour aller au pub. C'est le seul endroit où je peux penser le chercher. J'ouvre la porte pour partir, et Jack Christian se fraye un chemin à l'intérieur.
Il ferme la porte et grogne :
— On dirait que tu as été occupée.
J'essaie de m’enfuir, mais je n'ai nulle part où me cacher. Il se jette sur moi, me plaquant au sol avant que je ne dépasse le salon. La dernière chose que j'entends, c'est :
— Les ordures comme toi sont punies.
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