Le Chasseur Implacable: Une sombre romance mafieuse (Guerre des Mafias t. 10) (French Edition)

Chapitre 19

19

 

Brenna

 

L 'épuisement s'installe alors que je lutte pour garder mes paupières ouvertes. Depuis combien de jours n'ai-je pas dormi ?

Ils étaient si proches.

Elle m'a regardée droit dans les yeux.

J'ai fui si longtemps que j'ai perdu la notion du temps. La seule raison pour laquelle j'ai su que cela faisait cinq ans, c'est le journal que j'ai vu dans la poubelle.

Cinq ans de fuite pour échapper aux Bailey.

Cinq ans sans abri, dans le froid et la peur.

Cinq ans depuis que Finn m'a prise la dernière fois dans ses bras.

Cinq ans qu'il est mort à cause de moi.

Vivre dans la rue à New York a fait de moi une personne que je n'aurais jamais pensé être.

Je vole pour pouvoir me nourrir.

Je me bats contre des hommes et même parfois contre des femmes.

J'essaie constamment de me cacher des Bailey. Il semble que j'aie tué quelqu'un d'important, et ils ne laissent pas tomber leur chasse. Après être arrivée à New York, la voiture était tombée en panne d'essence. Je l'avais laissée sur le bord de la route. C'est probablement ce qui leur avait fait comprendre que j'étais ici. J'avais essayé de me fondre dans la ville, mais l'argent du portefeuille de Donny n'a pas duré longtemps après avoir acheté quelques vêtements, trois sous-vêtements, un manteau, un bonnet, des gants et une écharpe. Ce jour-là, j'avais pris une chambre de motel bon marché pour me laver et j'ai eu un lit pour quelques nuits.

Après ça, j'étais dans la rue. Quelques jours plus tard, j'avais vu la première affiche avec ma tête et une belle récompense à la clé, collée à un lampadaire de la ville. C'était une photo que Mama Christian avait prise de moi. J'avais l'air effrayée, et on pouvait voir le bras de Renée autour de moi. Je n'avais pas d'argent, pas de famille ni d'amis, personne à qui demander de l'aide.

Ce jour-là, j'avais volé le contenu d'une boîte de teinture pour cheveux. C'était plus facile que de mettre tout le carton dans mon sweat-shirt. Je suis allée dans les toilettes du métro et j'ai teint mes cheveux en noir. Depuis, c'est la seule chose que je fais religieusement.

Les affiches avec les récompenses apparaissent et disparaissent. Au moment où je pense qu'ils m'ont oubliée, ils en collent d'autres.

Je garde toujours sur moi le couteau avec lequel j'ai tué Donny. Je voyage léger, avec un sac à dos, une tenue de rechange, sept paires de sous-vêtements, ma brosse à dents et mon dentifrice, ma brosse à cheveux, et tout ce que je peux trouver comme nourriture et comme eau.

Parfois, je trouve des coins tranquilles pour dormir, là où personne ne me dérange. J'ai toujours mon couteau à portée de main, prête à attaquer. Trop souvent, j'ai dû me battre pour me sortir de situations dangereuses.

La voix de Finn ne quitte jamais ma tête. Bats-toi, luciole ! Bats-toi et ne t'arrête pas ! m’intime-t-il. Pourtant, je me demande combien de temps encore je pourrai me battre. Et souvent, sa voix est plus douce, parfois si basse que je l'entends à peine.

Lorsque je me regarde dans le miroir, je ne reconnais pas la femme qui s’y reflète. Mes cheveux et mes sourcils sont foncés, à l'opposé de ce qu'ils ont été toute ma vie. J'ai perdu au moins vingt kilos. J'ai des cernes sous les yeux et le climat extérieur a abîmé ma peau.

Ces dernières heures, je me suis cachée dans les toilettes en serrant mon couteau ouvert. Mama Christian et Josie sont sorties d'un café et j'ai regardé deux fois. J'étais de l'autre côté de la rue, mais c'étaient bien elles. Josie m'a regardée dans les yeux et je me suis figée. Dès qu'elle a jeté un coup d'œil à Mama Christian, j'ai détalé. Je ne savais pas si elles me suivaient ou non.

Je sors enfin de la cabine, jetant un coup d'œil derrière la porte avant de sortir complètement. Je me passe de l'eau froide sur le visage et contemple mon reflet. J'ai vingt-sept ans. J'ai l'impression d'en avoir soixante.

C'est alors que je réalise. J'ai deux ans de plus que Finn quand il est mort. Tout le chagrin que je garde en moi et qui me tourmente sans arrêt me tombe dessus d’un coup. Je perds la tête au milieu des toilettes publiques bondées. Ma poitrine se soulève et je gémis, noyée dans des larmes que je ne laisse jamais sortir.

Les femmes vaquent à leurs occupations, l'air horrifié. Elles évitent les lavabos à côté de celui que j'agrippe, car elles craignent que je sois une folle sans-abri.

Je pense que c'est approprié puisque je ne me sens plus du tout comme avant. Je suis sans abri et folle. J'ai tué deux hommes et en ai blessé des dizaines d'autres, y compris des femmes qui ont essayé de me faire du mal dans la rue.

Pourquoi est-ce que je me bats encore ?

Ce n'est pas la vie que je voulais.

Il n'y aura jamais rien d'autre que ça.

Je parviens à me ressaisir et retourne à l'extérieur, tout en scrutant le périmètre à la recherche d'un signe des Bailey. Comme la plupart des jours, je ne sais pas où je vais. Je descends la rue en direction de Central Park, en me demandant comment je vais me procurer mon prochain repas et surtout où je vais dormir.

C'est une chaude journée d'automne, en octobre. Les feuilles sont d'un orange, d'un rouge et d'un jaune éclatants. Un sentiment de nostalgie m'envahit. Cela me rappelle le dernier dîner que j'ai eu chez la mère de Finn.

À l'entrée de Central Park, je m'assois sur un banc, les talons sur le siège. L'épuisement continue de m'accabler. Je me blottis contre mes genoux, regardant les arbres, tandis que d'autres larmes s'échappent.

— Brenna ?

Je lève la tête. Personne n'a prononcé mon nom depuis cinq ans.

— Oh mon Dieu ! Brenna !

Je cligne des yeux, réalisant que Bridget est la femme qui se tient debout, la main sur la bouche, avec l'air d'avoir vu un fantôme.

Elle glisse ses bras autour de moi et m'attire dans ses bras, répétant « Oh mon Dieu ! ».

Je pleure encore plus fort, incapable d'arrêter la tornade émotionnelle qui vient de se déclencher en moi, et tout ce chagrin, ainsi que la culpabilité d'avoir causé la mort de Finn, m'anéantissent pour la deuxième fois aujourd'hui.

Elle me serre dans ses bras pendant ce qui me semble être une éternité, puis m'essuie fébrilement les joues.

— Où étais-tu ?! Comment es-tu arrivée ici ?!

Je la scrute, essayant de me rappeler la chronologie des événements qui semblent se confondre. Je baisse les yeux, secoue la tête, puis me fige.

Le ventre de Bridget est rond et quand je regarde à nouveau son visage, je vois cette lueur si unique dans ses yeux. Je m'approche de son ventre et pose ma main dessus.

— Es-tu enceinte ?

Elle sourit et acquiesce.

— Oui. De cinq mois.

— Est-ce que...

— Oui, c'est l’enfant de Sean. Nous sommes mariés. Son visage s'illumine à l'évocation de son nom, comme il l'a toujours fait.

Je cligne des yeux plus fort, heureuse pour elle, mais la douleur que je ressens en pensant à Finn s'intensifie.

Elle se penche plus près. Son visage se décompose.

— Brenna, pourquoi n'es-tu pas rentrée à la maison ?

La maison. La maison, c'est là où se trouve Finn.

Il n'y a plus de maison.

— Je n'ai pas... Un homme s'approche, nous observe, et je me fige. Il a un appareil photo autour du cou.

— Qu'est-ce qui ne va pas ? demande Bridget.

Et si c'est un Bailey ?

Et s'il blesse Bridget ?

Il pourrait nuire à son bébé.

J'ai suffisamment détruit les O'Malley par mes actions.

— Je dois partir. S'il te plaît, oublie que tu m'as vue ! lancé-je me levant.

Elle me suit et pose ses mains sur mes épaules.

— Brenna, où vas-tu ?

— Tu es en visite chez ton père ?

— Oui, il est juste là. Elle désigne un stand de café, et plusieurs hommes le surveillent manifestement.

Je vois alors deux autres hommes près de nous, dans une position similaire.

— Ce sont vos gardes ?

Elle lève les yeux au ciel.

— Mon père est paranoïaque.

— Il ne l'est pas. Va avec eux et oublie que tu m'as vue !

— Brenna ! Qu'est-ce que tu racontes ?

— Promets-moi de ne dire à personne que tu m'as vue ! Pas même à Sean.

La confusion et la peur envahissent son expression.

— Brenna !

— Je dois y aller. Je la serre une dernière fois dans mes bras et me mets à courir aussi vite que je peux, sans savoir si l'homme me suit ou non. Je ne m'arrête pas avant d'avoir atteint un terrain de jeu au fin fond de Central Park. Je me penche sur mes genoux, essayant de reprendre mon souffle.

Un cri à glacer le sang emplit l'air, suivi d'un appel désespéré dans une langue que je ne comprends pas. Je m'approche, et une femme tient une petite fille à la peau olivâtre et aux cheveux noirs sur ses genoux. Le visage de la fillette devient violet et elle se tient le cou, s'étouffant.

— Qu'est-ce qui se passe ? demandé-je à une femme qui tient un petit enfant à côté de moi.

— Elle a avalé quelque chose. Peut-être un caillou !

Une autre mère hystérique, ou peut-être une nounou, s'écrie :

— Est-ce que quelqu'un a appelé le 911 ?

Mon instinct prend le dessus. Je me précipite vers les femmes, j'ouvre mon sac à dos et je sors mon couteau.

— Quelqu'un a de l'alcool ? crié-je.

On me regarde fixement.

— Vodka ? Whisky ? Tequila ? Allez, on y va ! Elle va mourir ! préviens-je.

Une jeune femme me tend une petite bouteille de vodka. J’en verse sur mon couteau et quelqu'un me demande :

— Qu'est-ce que tu fais ?

— Je suis infirmière. Elle a besoin d'une trachéotomie. Que quelqu'un me donne une paille !

Les regards sont encore plus vides alors que l'enfant continue de s'étouffer.

— Putain de merde ! Donnez-moi une paille ! hurlé-je, ayant du mal à croire qu'aucune de ces nounous ou de ces mères n'a de paille.

Quelqu'un m'en tend une. Je prends la fille des bras de la femme hystérique parlant une langue étrangère et l'allonge sur le banc. Je désigne deux autres femmes.

— J'ai besoin que le haut de son corps et le bas de son corps soient maintenus immobiles.

Elles acquiescent et la prennent dans leurs bras.

— Tenez-la plus fermement ! Elle ne doit pas bouger, sinon je pourrais lui faire encore plus mal, précisé-je.

Elles resserrent leur emprise et les sirènes retentissent. La petite fille a cessé de se tenir la gorge, elle est sur le point de mourir, ses yeux papillonnent, ses halètements se font de plus en plus rares.

J'entaille son cou et j'introduis la paille dans le trou.

— Maintenant ! Vas-y !! murmuré-je en l'observant.

Cela prend quelques secondes, mais elle cesse de s'étouffer, le violet passe au rouge et sa poitrine commence à se soulever et à s'abaisser.

La dame, que je suppose être sa mère, commence à prononcer des mots que je ne comprends pas, à pleurer et à enlacer ses bras autour de mes épaules.

Les ambulanciers se précipitent sur le terrain de jeu. Je leur explique ce qui s'est passé pendant que la petite fille me tend la main et la serre. Ils la transfèrent sur une civière, et elle me tend la main, me serrant à nouveau.

Je m'apprête à partir quand je vois le même homme que tout à l'heure, mais cette fois, il n'est pas seul. Les deux hommes ont les yeux rivés sur moi et s'approchent.

Je marche avec les ambulanciers et monte dans l'ambulance sans rien demander, m'asseyant à côté de la dame qui continue à parler dans sa langue étrangère de manière encore hystérique.

Un ambulancier me demande :

— Savez-vous quelle langue elle parle ?

Je secoue la tête.

— Non. La petite fille me serre la main et la porte se referme, mais les regards des hommes sur moi ne me quittent pas. Mon pouls commence à diminuer et je caresse la joue de la petite fille.

Lorsque nous arrivons à l'hôpital, je devrais m’en aller, mais je ne le fais pas. Un caillou est toujours logé dans sa gorge, et ils doivent l'opérer pour le retirer. Je reste, pour une raison que j'ignore, car j'ai besoin de m'assurer que la petite fille va s’en remettre.

Pendant qu'elle est en chirurgie, un homme vêtu d'un costume coûteux, aux cheveux noirs, à la même peau olivâtre que la petite fille et aux yeux si dangereux qu'ils sont presque noirs, s'approche de moi. Il m'étudie et je crains soudain qu'il ne soit pas avec la petite fille et qu'il fasse partie des Bailey.

Je recule d’un pas et il me suit jusqu'à ce que je sois contre le mur et qu'il n'y ait nulle part où aller.

— Il n'y a pas de raison d'avoir peur, affirme-t-il avec un accent dont je ne sais pas trop d'où il provient.

Je respire difficilement, je ne sais pas combien de surprises je peux encore supporter aujourd'hui.

— Vous avez sauvé ma paperotta ?

Je penche la tête.

— Paperotta ?!

Ses lèvres s'incurvent légèrement.

— C'est un mot italien qui signifie « petit canard ». Ma fille.

— Oh ! Vous êtes Italien ?

Ses yeux sont remplis d'amusement et il scrute mon corps sur tout sa longueur. Je me redresse, soudain effrayée.

Ses yeux sombres rencontrent à nouveau les miens, n’affichant rien d'autre que les ténèbres.

— J'ai dit de ne pas avoir peur de moi.

Je me mords la lèvre, ne sachant que dire ou que faire.

— Vous avez une formation médicale ?

Aujourd'hui, c'est la première fois depuis longtemps que je pense à mon rêve précédent. C'est un autre souvenir que j'essaie de ne pas me permettre de me rappeler.

— Alors ? demande-t-il.

Je me racle la gorge.

— Il me manquait que quelques mois pour obtenir mon diplôme d'infirmière.

Sa mâchoire se crispe, son regard me transperce.

— Et vous avez arrêté ?

Quelque chose me dit de ne pas détourner mon regard de lui. Il respire le pouvoir et la richesse, mais je sens le danger dont il est également capable. Mon passé m'a appris qu'un homme comme lui exige le respect. Je réponds :

— Des choses se sont passées.

Il marque une pause, puis baisse le ton.

— Des choses hors de votre contrôle ?

Je ne sais pas ce qui se passe aujourd'hui, mais je n'arrive pas à garder mon calme. Ma poitrine tremble et des larmes coulent sur mes joues.

Son expression dure ne change pas.

— Ah ! Je vois. Et... Il me regarde à nouveau. Vous vivez dans la rue ?

Je déglutis difficilement, honteuse de ce que je suis, de ce que je suis devenue, de tout ce que j'aurais pu être mais que je ne suis pas.

— J'ai déjà vécu dans la rue, poursuit-il.

Choquée, je le regarde bouche bée.

— Monsieur, êtes-vous le père de Bella Abruzzo ? demande un médecin.

L'homme tourne sur lui-même et tend la main. Ses boutons de manchette en diamant brillent à la lumière. Son visage et sa voix sont empreints d'inquiétude.

— Giulio Abruzzo. Comment va-t-elle ?

Le médecin sourit.

— Elle va s'en sortir. Nous avons enlevé le caillou et l'avons recousue. Elle aura mal pendant quelques jours et aura peut-être du mal à avaler. Nous allons la garder ici avec une perfusion pendant que la blessure guérit. Elle aura peut-être une petite cicatrice à l'endroit du trou, mais dans l'ensemble, elle a beaucoup de chance. Si ses voies respiratoires n'avaient pas été dégagées avant l'arrivée des ambulanciers, nous aurions porté une tout autre conversation vous et moi.

Giulio acquiesce.

— Je vous remercie. Quand puis-je la voir ?

— Dans la prochaine demi-heure. Excusez-moi, je dois me rendre à ma prochaine opération.

— Merci encore, docteur.

Le médecin s'en va et je me retourne pour partir, mais je fais un pas en arrière, me heurtant de plein fouet à l'imposante carrure de Giulio. Jack Bailey Senior et Fitz s'approchent de moi en trombe.

Tout ce qui s'est passé cette nuit-là me revient en mémoire. Je peux sentir la fumée dans l'air et l'eau de Cologne musquée de Fitz. J'essaie de me dégager du corps de Giulio, mais il me tient par les épaules.

— Elle est à nous, Giulio, grince Jack lorsqu'il nous rejoint.

Le bras de Giulio tombe autour de ma taille.

— Quel droit avez-vous sur elle ?

— C'est notre affaire, grogne Jack.

Giulio grogne.

— On dirait qu'elle est en ma possession maintenant.

Jack se rapproche.

— Elle a tué l'un des nôtres. Elle était déjà vendue à Sullivan.

Mon corps tout entier tremble, coincée contre la carrure musclée de Giulio et l'énergie violente de Jack s'infiltrant dans mes pores.

— Combien ? demande Giulio.

Je lève les yeux vers lui, horrifiée, mais il est concentré sur Jack.

— Ça ne vous regarde pas.

Il ricane.

— Soit je vous l'achète, soit je la garde. Décidez ce que vous voulez !

Les joues de Jack se teintent de marron.

— Je ne vous l'ai pas proposée.

— Non, c’est vrai. Dernière chance avant que vous n'obteniez rien.

— Vous voulez énerver Sullivan ? menace Fitz.

— Qu'est-ce qu'il a payé ? demande encore Giulio en les regardant fixement.

Jack finit par craquer.

— Cinquante mille. Il y a cinq ans.

Giulio n'hésite pas.

— Je transfère un million à Sullivan pour couvrir les intérêts et la mort. Maintenant, allez vous faire foutre !

Une nouvelle peur m'envahit. La voix de Giulio annonçant un million se répète en boucle dans mon esprit.

J'ai été achetée.

Encore une fois.

Qu'est-ce qu'il va me faire ?

— Ce soir. Il vaut mieux que ce soit transféré ce soir, prévient Jack.

— Ce sera fait. Maintenant, j'ai dit d'aller vous faire foutre ! aboie Giulio.

Jack et Fitz me jettent un dernier coup d'œil narquois et s'en vont.

Giulio me fait tourner autour de lui.

— Les Bailey. C'est pour ça que tu fuyais ?

Je reste silencieuse.

— Albina ! appelle-t-il par-dessus son épaule.

La femme du parc lui répond en italien et arrive en courant.

Il lui parle et elle fond en larmes, lui saisissant le biceps, mais il la rejette d'un haussement d'épaules, puis lui indique la porte. Elle ne veut pas le lâcher, et il fait un signe de tête à un homme. Je regarde avec horreur l'homme l'arracher à lui et l'escorter au loin.

Il me soulève le menton, ses yeux sombres me transpercent.

— Tu seras la nouvelle nounou de Bella. Elle parle anglais, mais tu devras apprendre l'italien. Je ne veux pas que ma fille ne parle pas couramment l'une ou l'autre langue. Elle doit connaître les deux cultures. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?

Trop choquée et épuisée pour lutter ou poser des questions, j'acquiesce.

— Quel est ton nom ?

— Brenna.

— D'accord, Brenna. Fausto te surveillera pendant que j'irai voir Bella. Il se penche plus près de moi, sa voix me fait froid dans le dos. Et laisse-moi t'assurer que j'ai plus de gardes, plus d'yeux, plus d'armes que tu ne pourras jamais combattre. Si tu essaies de me tuer ou de tuer l'un de mes hommes, ou s'il arrive quoi que ce soit à ma fille sous ta garde, je ferai passer tout ce que les Bailey allaient te faire pour une promenade de santé.

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