Le Chasseur Implacable: Une sombre romance mafieuse (Guerre des Mafias t. 10) (French Edition)

Chapitre 15

15

 

 

Brenna

Quelques mois plus tard

 

— R éveille-toi ! dit la voix d'une fumeuse au loin. — Quel âge a-t-elle ? Ses seins sont jolis, lance une autre femme en se rapprochant.

Mon visage tremble et j'essaie d'ouvrir les yeux.

— Réveille-toi ! craque la fumeuse à plusieurs reprises alors que je réalise qu'elle est en train de me gifler.

J'essaie de parler, mais je n'entends qu'un gémissement provenant de ma bouche.

— Combien Jack lui a-t-il donné ? demande une troisième femme, d'une voix inquiète.

— Aucune idée. Quand il l'a déposée, il a dit que cela faisait plusieurs mois.

Plusieurs mois ? Mon cœur s'accélère et je me force à rouvrir les yeux. Une douce lueur m'atteint et je cligne des yeux jusqu'à ce que je puisse me concentrer sur la pièce en face de moi. De la fumée s'insinue dans mes narines et je tousse.

Une blonde, qui a peut-être mon âge, porte un déshabillé rose et m’adresse un sourire bienveillant.

— Tu vas bien ? Tiens, prends de l'eau ! Elle porte une bouteille à mes lèvres et je bois, sans trop savoir ce qui se passe, mais ma bouche est si sèche qu'elle pourrait rivaliser avec un désert.

La fumeuse m'attrape le menton et me regarde de près. Elle ressemble à une grand-mère prostituée. Elle porte aussi de la lingerie, mais la sienne est violette. Ses seins gonflés semblent sur le point d'éclater. Le tissu couvre à peine ses mamelons. Elle tire une longue bouffée de sa cigarette et se met à tousser. Sa salive m’asperge le visage et je grimace.

— Avec ces seins-là, tu en obtiendras beaucoup, dit une femme noire d'une trentaine d'années. Elle porte un soutien-gorge bleu électrique et des collants en résille. Des mèches bleues courent dans ses cheveux.

J'essaie de me redresser et un marteau me frappe le crâne.

— Attention ! Essaie de ne pas aller trop vite ! conseille la blonde.

La grand-mère fumeuse tire une nouvelle bouffée.

— Écarte ses jambes, Josie !

Alors que j'essaie encore de trouver mes repères, la femme noire commence à écarter mes genoux.

— Stop ! crié-je, essayant de garder mes jambes serrées, mais je ne semble pas contrôler le bas de mon corps.

La blonde me prend la main.

— Ça va. Essaie de respirer !

La peur m'envahit. J'essaie de parler, mais rien ne sort. Elle me serre la main et m'offre un autre sourire.

La grand-mère fumeuse s'approche tellement près de ma chatte que je sens son souffle chaud. Elle demande :

— Plus large !

Josie écarte davantage mes jambes, et c'est comme si je regardais depuis l'extérieur de mon corps.

Je me tourne vers la blonde.

— Je ne peux pas bouger mes jambes.

Elle me caresse les cheveux.

— Chut ! Ça va aller. Les médicaments vont se dissiper, et tu pourras alors le faire.

— Des drogues ?

Elle me fait un autre sourire rempli de pitié.

Je suis encore plus mortifiée lorsque je réalise que je suis complètement nue.

La grand-mère fumeuse prend le bout non allumé de sa cigarette, le tamponne sur mon clito, puis le fait glisser jusqu'à mon entrée.

— Ah ! Joli. Très joli. Tu vois comme ça palpite. J'aurai un supplément pour ça. Elle m'enfonce la cigarette dans le corps, puis la porte à sa bouche et l'inhale profondément. Elle se lèche les lèvres, puis la ramène sur ma chatte, soufflant la fumée sur mon sexe.

— Arrêtez, je vous en prie ! supplié-je, une larme coulant sur ma joue.

La blonde serre ma main plus fort et blottit ma tête dans sa poitrine. Elle murmure :

— C'est presque fini.

— Elle a bon goût ? demande Josie.

— Mmhmm, reconnaît la grand-mère fumeuse. Rose, jeune et fraiche. Je vais en prendre plus. Jackie boy m'a fait honneur sur ce coup-là.

— Qu'est-ce que tu racontes ? m’écrié-je.

La grand-mère fumeuse se lève et me regarde d'un air qui m'effraie encore plus.

— Tu es déjà allée en Irlande, chérie ?

La panique s'empare de toutes mes cellules.

— L'Irlande ?! Non.

— Eh bien, prépare-toi ! Dans deux jours, Jack s'est arrangé pour t’expédier là-bas.

— M’expédier ? Qu'est-ce que ça veut dire ?!

— Expédiée. Vendue. Quel mot préfères-tu ? demande Josie.

Je les regarde bouche bée, avec l'impression que je vais avoir une crise cardiaque.

— Vous lui faites peur. Arrêtez ! intervient la blonde.

— Devrions-nous l'édulcorer, Renée ? Cela ne va pas l'aider. Tu le sais très bien. Il vaut mieux la laisser se remettre du choc et l’affronter, affirme Josie.

— Elle vient de se réveiller. Donne-lui une minute ! Elle ne sent même pas encore ses jambes, ajoute Renée.

— Vous ne pouvez pas me vendre ! Je suis un être humain, pas un chien ! m’écrié-je.

Le corps de Renée se crispe contre le mien. Elle resserre son bras autour de mes épaules.

La grand-mère fumeuse pose sa cigarette dans un cendrier et se jette sur moi pour me chevaucher. Elle me tire les cheveux et se penche sur mon visage. Son haleine putride inonde mes voies respiratoires.

— Tu es ma propriété jusqu'à ce que je te vende. Jack m'a donné ta personne, tu es donc à moi. S'il n'avait pas insisté pour que je te sorte du pays, je t'aurais fait entrer ici. Mais j'obtiendrai plus pour toi si tu n'es pas brisée. Oui, un homme va me payer cher pour ce privilège.

Tout mon corps tremble. Je n'arrive pas à arrêter les larmes, et la grand-mère fumeuse ne semble qu'apprécier mon inquiétude.

Elle me caresse la joue. Un sourire sinistre aux dents jaunes se dessine sur son visage.

— Tu es une de ces filles qui aiment savoir où elles mettent les pieds ? Je vais te donner un avant-goût. Je vais même t'aider à te détendre et demander à Josie de te lécher la chatte avant si tu en as besoin.

L'horreur se répercute dans mes os.

Son rire grésille dans l'air.

— Ou alors tu devrais me sucer la chatte. Me faire un cadeau pour avoir si bien pris soin de toi.

Je ferme les paupières, souhaitant que tout cela disparaisse, désirant les bras de Finn autour de moi comme jamais auparavant.

La grand-mère fumeuse rit à nouveau, puis le lit bouge. Elle se lève et Renée frotte son pouce sur le dos de ma main.

Un bourdonnement me fait ouvrir les yeux. Josie prend des photos polaroid de toutes les parties de mon corps. Je veux que mes jambes bougent, mais elles ne m’obéissent pas. Je couvre ma poitrine et Renée murmure :

— Non.

— Bas les pattes ! Maintenant ! grogne la grand-mère fumeuse.

Me sentant impuissante et effrayée, je retire mes mains. Je sanglote, ce qui ne fait qu'empirer les choses.

— Tu ferais mieux de t'endurcir, ma fille. Ce n'est rien comparé à ce que ton propriétaire va te faire pour te briser, prévient Josie.

— Retourne-la ! ordonne la grand-mère fumeuse.

— Ne te débats pas ! murmure Renée, puis continuant plus fort : Tourne-toi !

Pour une raison ou une autre, je fais confiance à Renée. Elle semble être la seule à avoir une conscience. Je peux me tromper à son sujet, mais je fais ce qu'elle dit.

— Mettez-la à genoux ! demande la grand-mère fumeuse.

Les mains de Josie s'enfoncent dans mes cuisses. Renée met les siennes sur mon autre jambe. Je pense que je vais peut-être pouvoir bouger mes jambes puisque je sens leurs mains, mais je n'y arrive toujours pas.

Le bruit d'autres clichés polaroid remplit mes oreilles. J'enfonce ma tête dans l'oreiller, ne sachant que faire.

— Écartez ses fesses ! ordonne la mamie fumeuse.

Je sanglote dans mon oreiller tandis que Renée et Josie font ce qu’elle a ordonné. Cela semble durer une éternité. Elles me retournent et la grand-mère fumeuse intime un autre ordre :

— Pincez-lui les tétons !

Je frappe la main de Josie qui s'approche de moi.

— Ne me touche pas !

La grand-mère fumeuse rit si fort qu'elle part dans une quinte de toux. Une fois la crise passée, elle s'assoit sur le lit à côté de moi.

— Tu veux le faire ? Tu veux jouer avec toi-même pendant qu'on regarde ? Elle se penche plus près de mon oreille et je grimace. Ça pourrait m'exciter.

Je regarde Renée, mais elle se contente de me faire un de ses sourires compatissants.

— D'accord, tu le fais, Josie, annonce la grand-mère fumeuse.

Je tourne mon visage vers le sien en serrant les dents.

— Non. Je vais le faire.

Un sourire victorieux apparaît, et j'ai envie de mourir sur place. Elle recule et pose la main sur sa hanche.

— Allez, je n'ai pas toute la journée !

Je passe mes mains sur mes tétons jusqu'à ce qu'ils soient durs. Elle fait plusieurs gros plans, puis dit :

— Ouvre la bouche !

— Quoi ?

— Tu es sourde ? Ouvre ta putain de bouche !

J'obéis et elle prend des photos.

— Oui, pas de caries. Elle prend ses photos et remue les fesses en sortant, en chantant : Je tiens le bon bout.

Josie se penche sur moi.

— Un conseil : si tu me laisses te dévorer avant que ton propriétaire ne vienne t'acheter, tu seras plus détendue. Ça fera moins mal.

— Va te faire foutre ! ricané-je.

Josie grogne puis se lève. Elle fait glisser ses doigts de ma cuisse à ma cheville.

— J'essayais d'être gentille, chérie. Comme tu voudras, lance-t-elle, puis s'en va.

Mon pouls commence à ralentir et je me tourne enfin vers Renée.

— Où suis-je ?

— Chez la Maman de Christian.

Confuse, je secoue la tête.

— Qui est-ce ?

— Le fumeur.

Maman...

Mon pouls s'accélère à nouveau. Je déglutis difficilement.

— C'est la mère de Jack ?

— Oui. Heureusement pour toi, Jack sait ce que ces hommes veulent. Il t'a gardée intacte. J'ai dû le servir quand il t'a déposée. Elle soulève la dentelle rose sur son torse, et des bleus commencent à fleurir sur ses hanches et sa taille.

Je m'époumone.

— Qu'est-ce qu'il a fait ?!

Elle hausse les épaules.

— Rien que je ne puisse gérer.

Mes pensées vont dans tous les sens. Je lance :

— Dans quel quartier de Chicago sommes-nous ?

Ses yeux s'écarquillent.

— Nous sommes loin de Chicago, chérie. C'est de là que tu viens ?

— Oui. Si nous ne sommes pas à Chicago, où sommes-nous ?

— Philadelphie.

— Philadelphie ?!

— Oui.

Une autre pensée aléatoire me tracasse. La tenue d'infirmière que j'ai achetée pour Finn me revient en mémoire.

— C'est Halloween, n'est-ce pas ?

Elle penche la tête et me caresse encore les cheveux.

— Non, on est en janvier.

— Janvier ?! Ce n'est pas possible, répliqué-je, mais plusieurs mois me viennent à l'esprit.

— Jack t’a plongée dans un coma artificiel.

Je me passe la main sur le visage, me demandant pourquoi je n'arrive pas à me réveiller de ce cauchemar. L'angoisse monte plus vite. Je la supplie :

— S'il te plaît, ne la laisse pas me vendre !

Le visage de Renée est empreint de compassion, et je sais déjà que je suis foutue.

— Je n'ai pas le droit de faire ce choix. Seule Mama Christian peut le faire.

Des larmes fraîches coulent sur mon visage. Je suis pratiquement en train d'hyperventiler lorsqu'une crampe me parcourt de l'orteil à la cuisse.

— Aïe !

— Une crampe ?

— Oui.

— Tes nerfs se réveillent. Tiens, bois toute cette eau ! Ça va t'aider. Elle me tend la bouteille.

Je bois tout, un million de questions se bousculent dans mon esprit.

— As-tu été kidnappée, toi aussi ?

Renée acquiesce.

— Nous l'avons toutes été. Enfin, sauf Josie. Elle était sans abri et à la rue. Elle s'est vendue à Mama Christian.

Horrifiée, je demande :

— Pourquoi ferait-elle cela ?

— La vie dans la rue n'est pas un rodéo. Il y a beaucoup de méchants. Au moins, ici, elle a un toit et de quoi manger, explique Renée.

Je regarde mes jambes et marmonne :

— Je veux rentrer chez moi.

Renée appuie sa tête sur mon épaule.

— Cela va commencer à s'estomper au bout d'un moment. Tiens, mets des vêtements ! Elle prend un T-shirt posé sur la table et je l'enfile. Tu veux que je t'aide ? Elle me tend un short de pyjama.

— D'accord. Merci.

— De rien. Elle fait glisser la soie sur mes jambes et la fait rouler d'avant en arrière sur mes hanches pour la faire passer. Voilà !

— Merci.

Son acte de gentillesse me donne un espoir momentané que les choses vont s'arranger. Je vais trouver un moyen de me sortir de cette situation, de retourner à Chicago et de retrouver Finn. Je me promets que ce sera le pire de ce qui me sera arrivé parce que je ne laisserai pas Mama Christian me vendre. Mais je me trompe.

Renée se lève pour partir.

— Je vais te laisser te reposer.

— Merci... d'avoir été gentille.

Elle acquiesce.

— De rien. Elle se dirige vers la porte et s'arrête. Oh, zut ! J'ai oublié. Elle prend une grande enveloppe jaune sur la commode et me la tend. Jack m'a dit de te donner ça.

Je me redresse.

— C’est quoi ?

— Je ne suis pas sûre. Il a dit qu'il me tuerait si je l'ouvrais.

Je la prends et mes entrailles se retournent. Qu'est-ce qu'il peut bien vouloir me donner ?

Renée sort et ferme la porte. Je fixe l'enveloppe avec un sentiment d'effroi qui m'envahit. Mes mains tremblent lorsque je l'ouvre.

La douleur qui me transperce ne ressemble à aucune autre que j'ai connue. Un gémissement s'échappe de ma bouche et je sanglote en regardant les photos de Finn. Il est plein de sang, avec des marques noires et bleues partout sur lui. Je le reconnais à peine, mais c'est lui. Les tatouages prouvent que c'est lui.

Un certificat de décès est joint.

Nom : Finn O'Malley

Âge du décès : 25 ans

Cause du décès : Hémorragie interne

Lieu : Centre correctionnel de Ménard.

Prison. Il... Oh mon Dieu ! Il était en prison à cause de moi. C'est forcément pour ça qu'il n'est jamais venu me chercher.

Finn est mort à cause de moi !

Soudain, je veux mourir. Toute la nuit, je pleure jusqu'à ce que je n'aie plus de larmes à verser. À un moment donné, je m'endors. Je rêve de Finn et moi. Il conduit sa Camaro et me sourit. Il me demande de l'épouser. Il me fait miroiter les clés d'une nouvelle maison.

Et puis les rêves changent. Il n'y a plus de futur, juste Finn, de sa voix grave, qui dit : « Bats-toi, luciole ! Bats-toi et ne t’arrête pas ! »

Je me réveille et réalise que je n'ai plus aucune raison d'arrêter. Si je meurs en combattant, alors je vais mourir. Il n'y a plus de limites morales à respecter. Si je dois les tuer comme j'ai tué Brad, je le ferai.

Lorsque je me rends compte que j'ai besoin d'aller aux toilettes, je ne réfléchis pas et me lève. Puis je me rends compte que la paralysie a disparu. Je soupire de soulagement. Les photos de Finn attirent mon attention et je les glisse toutes dans l'enveloppe, déterminée à ne pas craquer à nouveau. Mais je dois lutter contre la douleur, car c'est un train de souffrances immenses qui fonce sur moi et je ne sais pas comment l'arrêter.

Bats-toi, luciole ! Bats-toi et ne t'arrête pas, m’intime la voix de Finn.

J'ai aujourd'hui et demain pour sortir d'ici, puis je me retrouverai dans une situation entièrement nouvelle.

Cela n'arrivera pas.

J'ouvre la porte et Renée est dans le couloir en train de parler à une autre fille.

— Oh, hey ! Comment tu te sens ?

— Les toilettes ?

Elle montre du doigt le couloir.

— À gauche.

— Merci.

Je ferme la porte, mais il n'y a pas de serrure. Je fais mes besoins, puis j'ouvre les tiroirs et les armoires, à la recherche de tout ce qui pourrait me servir d'arme.

Je suis sur le point d'abandonner quand je réalise que quelque chose semble me regarder sur le comptoir.

Un briquet est abandonné à côté d'un cendrier plein.

Je l'attrape, me place contre la porte et l'actionne. Une flamme intense s'allume. Je l'éteins et l'enfonce dans la ceinture de mon short, en espérant qu'il ne tombe pas. Je sors la bombe de laque de l'armoire et l'emporte hors de la salle de bains.

Il n'y a personne dans le couloir et je rentre sans encombre dans ma chambre. Je cache le briquet et le spray sous mon matelas et ouvre les tiroirs et l'armoire pour voir s'il y a des vêtements décents.

Il n'y a que de la lingerie. Je sors de ma chambre et j'erre dans le couloir jusqu'au bout. Un escalier mène à la porte d'entrée. Je le descends et quand j'arrive au bout, Josie me lance :

— Je ne ferais pas ça si j'étais toi.

Je me retourne.

— Faire quoi ?

— Ouvrir cette porte. Si tu le fais, Bo va te faire un œil au beurre noir.

— Je n'allais pas le faire.

Elle grogne.

— Bien sûr que non.

Je jette un coup d'œil par la fenêtre, et bien sûr, un homme grand et costaud monte la garde. Mon estomac gargouille. Je me tourne vers Josie.

— Il y a de la nourriture ? Je meurs de faim.

Elle pointe du doigt derrière elle.

Je me dirige vers un autre couloir. D'un côté, il y a un petit salon. De l'autre, une cuisine avec une salle à manger. J'entre dans la salle à manger et Renée, trois autres filles et Mama Christian sont assises autour de la table.

— Il était temps que tu te lèves, dit Mama Christian en allumant sa cigarette.

— Y a-t-il à manger ? demandé-je, pensant que j'ai besoin de nourriture pour reprendre des forces.

— Je ne suis pas ton esclave. Prépare ton propre petit-déjeuner ! grince-t-elle.

Je passe devant elle et ouvre le frigo. Je scrute l’intérieur et sors les œufs, le pain, le beurre et quelques fruits.

— Les casseroles sont sous la cuisinière, dit Renée.

— Merci.

Je trouve une poêle puis prépare deux œufs au plat et du pain grillé. Je mange les baies pendant que je fais cuire les aliments et m'assois pour manger un sandwich. L'odeur de la cigarette de Mama Christian me donne envie de vomir, mais je mange tout.

Tout le monde me regarde. Je me concentre sur mon assiette, mais je les sens me détailler de la tête aux pieds. Quand j'ai fini, je lave mon plat et la poêle, puis je demande :

— Y a-t-il des brosses à dents supplémentaires ?

— J'en ai mis une sur ta table. C'est sur l'enveloppe jaune, dit Mama Christian.

Mon cœur s'arrête presque. L'image du visage et du corps de Finn battu m'écrase. Je m'accroche au comptoir et respire un peu.

Bats-toi, luciole ! Bats-toi et ne t'arrête pas ! La voix de Finn remplit ma tête, et je parviens à dire

— Merci.

Une alarme se déclenche et tout le monde, y compris Mama Christian, se lève d'un bond de son siège.

— Qu'est-ce qui se passe ?

— Il est temps de se préparer. Les Bailey seront bientôt là.

— Les Baileys ? posé-je la question.

Le visage de Mama Christian semble étrangement heureux.

— Oui, le papa de Jack sera là.

Mon cœur bat très fort. Je ne peux qu'imaginer quel genre de monstre est son père.

— Jack porte ton nom de famille ? demandé-je, confuse.

— Ça te pose un problème ? s'emporte-t-elle.

Je lève les mains en l'air.

— Non. Je demandais juste.

Elle écrase sa cigarette dans le cendrier, mais elle fume encore.

— On ne peut pas donner à un enfant le nom de son père quand il a une femme, n'est-ce pas ?

Mon estomac se retourne.

— Oh !

Renée me passe le bras autour de l'épaule et me fait sortir de la cuisine.

— Préparons-nous !

Une nouvelle vague de peur m'envahit.

— Que vais-je faire ce soir ?

Mama Christian gémit.

— Ne t'inquiète pas, princesse ! Ta chatte ne sera pas touchée. Tu es de service au bar.

— Service au bar ?

— Oui. Verser des boissons. Agiter tes seins. Les laisser te lécher le cul. Je m'en fiche. Mais personne ne te prendra avant de m'avoir payée.

Mes entrailles frémissent à l'idée que quelqu'un puisse me lécher n'importe où. Je me fige.

Elle me donne un coup de pied au cul.

— Allez ! Renée, assure-toi qu'elle soit présentable !

Lorsque nous entrons dans ma chambre, Renée ouvre le tiroir et en sort un ensemble de lingerie deux pièces couleur pêche. Je déglutis difficilement.

Bats-toi, luciole ! Bats-toi et ne t'arrête pas !

Je creuse au plus profond de mon être et je trouve finalement le courage de survivre. Quoi que je doive faire pour m'échapper, je le ferai. Et il faut que ce soit ce soir. Demain, il sera trop tard.

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