Le Chasseur Implacable: Une sombre romance mafieuse (Guerre des Mafias t. 10) (French Edition)

Chapitre 14

14

 

Finn

Sept heures plus tôt

 

M aksim s’en va dans la Camaro et je ferme la porte du garage. La mort ne m'est pas inconnue, mais voir ma luciole en état de choc, en sanglots, avec du sang partout sur elle et seulement en sous-vêtements, me perturbe gravement.

Je reviens à l'effusion de sang dans le bureau de Brad et je grimace. Je n'ai pas l'habitude de travailler dans le désordre. Tout ce que mon oncle Darragh me demande de faire est calculé. C'est bien planifié pour que la situation que j'ai devant moi maintenant ne se produise pas.

— Putain ! Je scrute attentivement encore la pièce, ne sachant pas par où commencer. Je ne peux pas utiliser le téléphone pour appeler Darragh. Je ne sais pas quand quelqu'un arrivera ici. Tout ce que je sais, c'est que l'ADN de Brenna ne peut pas se retrouver dans cette chambre.

Au travail ! Cela ne fera pas disparaître le problème, me réprimandé-je.

Et je n'ai même pas de gants !

Je panique, mais prends une serviette et ouvre le placard de l'entrée. Brad a plein de gants en cuir, j'en prends une paire et je les enfile. Je trouve des sacs poubelles et des couvertures. Je trempe le coupe-papier et le pistolet dans un évier rempli d'eau de Javel, j'essuie le bureau et les objets qui s'y trouvent, puis enroule le corps de Brad dans des couvertures. Je le hisse sur mon épaule pour le jeter dans son coffre. Je me dis que j'arracherai ensuite la moquette. Je descends dans le couloir, tourne le coin et m'immobilise.

Mes tripes plongent et un frisson me parcourt l'échine, s'enfonçant dans mes os. Des lumières rouges jaillissent de l'extérieur. Six officiers de police se tiennent dans la maison, les armes pointées sur moi, prêts à tirer.

— À terre ! intime l'un d'eux.

Incapable de faire autre chose que de courir et de se faire tirer dessus ou d'obéir, je lâche Brad, qui s'écrase sur le sol. Je lève les mains en l'air et me mets à terre.

Ma vie entière, celle dont j’avais tant rêvé, défile devant mes yeux à toute vitesse. La bague que j'ai durement payée pour l’offrir à Brenna. Elle, dans une robe de mariée blanche, puis enceinte avec nos autres bébés autour de nous. La sextape que nous avons faite et que j'ai passé des mois à éditer. Tout tourne en boucle et j'entends à peine l’agent me lire mes droits.

Pendant les heures qui suivent, je demeure en état de choc. Je me demande si Brenna est saine et sauve. Est-ce qu'ils l'arrêteront aussi, une fois qu'ils auront trouvé son ADN ?

Je me suis reproché de ne pas avoir mis le feu à la maison et de ne pas m'être enfui avec Brenna. On aurait pu aller n'importe où, très loin. J'aurais pu l'emmener sur cette île des Caraïbes dont elle parle toujours. Ce n'est pas Chicago certes, mais j’aurais été pleinement heureux tant qu'elle s’y serait trouvée avec moi.

Une main frappe sur la table.

— Fiston, si tu ne commences pas à parler, ça va être bien pire pour toi ! menace un inspecteur.

Je cligne des yeux, ne sachant pas depuis combien de temps je me trouve enfermé dans cette petite pièce. Il n'y a qu'une table et une fenêtre-miroir.

— Je n'ai pas droit à un avocat ?

Ses yeux se rétrécissent.

— C'est comme ça que tu veux te la jouer ? Hein ?

Je reste silencieux.

Il secoue la tête et pousse vers moi le téléphone posé sur la table.

— Un appel. C'est tout. Pour qui va-t-il être ?

Je décroche le téléphone et j'appelle la maison de Darragh. La bile me monte à la gorge. Je ne sais pas comment un avocat ou Darragh va me sortir de là.

— Bonjour ! répond tante Ruth.

Je grimace intérieurement.

— Tante Ruth ! C'est Finn. Dis à Darragh que j'ai été arrêté !

Elle halète, puis la ligne devient silencieuse.

— Tante Ruth ?

— Oh... Finn, tu vas bien ?

— Oui. Dis-le à Darragh, s'il te plaît !

— Oui. Tout de suite.

— Merci. Je raccroche le téléphone.

L'officier se lève.

— Tu as pris une mauvaise décision, fiston.

Je l'ignore et il me conduit à une cellule. Un autre homme est allongé sur le banc, endormi. Je glisse le long du mur de ciment froid et mon esprit part en vrille.

Je ne pense qu'à l'aspect et à la sensation de ma luciole dans mes bras, en sanglotant. Je prie pour que, par miracle, ils ne trouvent pas son ADN sur les lieux. Je me demande s'il y a un moyen de m'en sortir.

Les heures passent et un garde s'écrie enfin :

— O'Malley !

Je me lève et retourne dans la petite pièce. Keiran Kelly est assis sur une chaise, vêtu d'un costume marron. Il desserre sa cravate et secoue la tête.

— Qu'est-ce qui t'a pris ?

Je reste silencieux.

— Tu as tué le fils d'un juge. Et pas n'importe quel juge. Le juge ! fulmine-t-il.

— Comment ont-ils su que j'étais là ?

— Un voisin a entendu le coup de feu. Ils ont appelé la police. Il ne fallait pas le tuer, Finn.

— Tu n'es pas censé me sortir de là au lieu de me faire la morale ?! m'époumoné-je.

Il secoue la tête.

— C'est grave, Finn. Ils t'ont surpris en train de sortir le cadavre.

— Oui, je suis au courant. J'étais là, tu te souviens ?

— Jésus. Ta mère...

— Ne parle pas de ma mère ! grogné-je. Ma poitrine se serre.

Kieran se penche plus près.

— Darragh a dit que c'était lié à ta femme. Était-elle impliquée ?

Une griffe m'érafle les tripes, s'enfonçant profondément dans mon cœur. Mais je n’hésite pas un seul instant.

— Non.

Il plisse les yeux.

— Tu es sûr ? Son patron prétend qu'elle ne s'est jamais présentée à sa dernière mission.

— Je n'en sais rien.

— Ne me mens pas, fiston ! Si quelque chose s'est passé, c'est le moment de le dire.

Je me penche en avant, sentant la rage monter.

— Est-ce qu'ils vont me laisser sortir si je dis que ma copine a été kidnappée et presque violée par le fils du juge ?

Ses yeux s'écarquillent.

— C'est vraiment ce qui s'est passé ?

— Réponds à ma question ! exigé-je.

— Nous aurions besoin de sa coopération, mais c'est un début.

— Un début ?

Keiran baisse la voix.

— Le juge est furieux et passe déjà des coups de fil. Je ne te mentirai pas. Nous allons avoir du mal à te faire libérer à moins qu'il n'y ait quelqu'un d'autre que nous puissions montrer du doigt. Y-a-t-il quelqu'un alors ?

Mes tripes se nouent et mon cœur est sur le point d'exploser. Je m'assois sur mon siège et renifle fortement.

— Non.

— Finn, ce n'est pas le moment de sauver le cul de quelqu'un d'autre que le tien.

Je croise les bras et grince les molaires.

— Jésus ! La prison n'est pas comme la cellule dans laquelle ils t'ont mis. Tu vas être envoyé dans la prison d’État, affirme Keiran.

Je grimace intérieurement. J'ai entendu parler de cette prison de haute sécurité par d'autres O'Malley qui y ont séjourné. C'est un endroit où je m'étais juré de ne jamais arriver.

Keiran se penche plus près.

— Finn, quoi qu'il se soit passé, j'ai besoin de tout savoir.

Mon cœur s'emballe et Brenna en robe de mariée blanche défile devant moi. Je renifle fort.

— Je l'ai tué. Fin de l'histoire.

Keiran inspire profondément. Ses yeux sont remplis de pitié. Je déteste ça et je détourne le regard. D'une voix défaite, il demande :

— À part ta mère, y a-t-il quelqu'un que tu veux que j'appelle ?

Je réfléchis à sa question pendant quelques instants.

— Que Sean et Bridget aillent voir Brenna. Qu'ils lui disent de ne pas venir ici.

Les yeux de Keiran se transforment en fentes.

— Pourquoi pas ?

Parce qu'elle avouera pour me faire sortir.

Au lieu de lui dire la vérité, je mens :

— Je ne veux pas qu'elle me voie ici.

— Fiston, tu auras plus de latitude ici pour un dernier baiser que dans l’autre. Là-bas, on ne peut même pas s'embrasser.

Ses mots m'écrasent.

Un dernier baiser.

Jésus !

La réalité tourne autour de moi et finit par s'imposer dans sa cruelle vérité.

— Combien d'années vais-je en prendre ?

Kieran ferme les yeux, et lorsqu'il les ouvre, la pitié s'est accrue de façon exponentielle. Les feux de l'enfer s'attisent.

— Tu seras un vieil homme. Si tu sors un jour.

TOUT VA À LA VITESSE DE L'ÉCLAIR, MAIS JE NE FAIS ATTENTION À RIEN. Tout ce que je sais, c'est que Brenna a disparu. Elle n'est jamais rentrée chez moi. Sean et Bridget sont allés à son appartement, mais ils n'ont trouvé que sa blouse ensanglantée.

Plus je reste assis dans cette cage, plus ma rage et ma peur s'amplifient. Kieran suggère que Brenna doit se cacher et veut savoir pourquoi. Je ne dis rien, mais je sais qu'elle ne ferait pas ça. Ce n'est pas une lâche. Au contraire, elle courrait vers ma famille, elle ne s'en éloignerait pas.

Mon obsession pour Brenna et ce qui lui arrive grandit. Je ne sais rien, mais je fais des cauchemars où elle pleure et m'appelle. Je suis sur le point de perdre la tête et je ne sais pas quoi faire.

Ma mère me rend visite et cela me tue presque. Elle n'arrête pas de pleurer et de me supplier de lui dire la vérité sur ce qui s'est passé. Mais je ne peux pas. Je ne peux pas. J'ai fait le serment de toujours protéger ma luciole. Je ne reviendrai jamais sur cette promesse que je me suis faite.

Maksim vient me voir, jurant qu'il l'a déposée à l'appartement.

— Je t'ai dit de la ramener à la maison ! répété-je.

— Je pensais que tu parlais de son appartement.

— Non. Chez moi. Ma maison.

Il se frotte le visage, frustré.

— Je suis désolé. Je l'ai déposée et elle était en sécurité.

— Comment as-tu pu la quitter ?

Ses yeux s'assombrissent.

— J'ai été appelé ailleurs.

— Par qui ? Qui est si important que tu la laisses en état de choc ?

Il se tait, et c'est la même chose qui est arrivée l'année dernière.

— Va-t'en ! Si tu ne peux pas me dire ce qui se passe chez toi alors que ma vie est en jeu, alors dégage ! hurlé-je.

Il ne dit toujours rien.

Je grogne et frappe à la porte pour que le gardien me ramène à ma cellule.

Le procès est rapide. Je plaide innocent, selon les instructions de Kieran. Il soutient qu'il n'y a pas d'échantillons d'ADN, pas de témoins, et rien d'autre que moi au mauvais endroit au mauvais moment. C'est le même argument qu'il a utilisé avec le bureau du procureur pour diminuer mon inculpation d'homicide avec préméditation à homicide involontaire. Comme les échantillons d'ADN ont disparu, ils ont réduit les charges à contrecœur. Mais l'argument de Kieran ne va pas très loin au tribunal. Les jurés n'y croient pas. Ils reviennent avec un verdict de culpabilité après quelques minutes.

Les regrets prennent littéralement racine en moi, créant une emprise vicieuse sur moi.

Si seulement je n'étais jamais allé au country club !

Si seulement je n'avais pas laissé ma colère me dominer et si j'avais tué Brad cette nuit-là au lieu de le menacer.

Si seulement je n'avais jamais écouté Darragh et volé son dernier souffle dès que j'ai appris son existence.

Si seulement, si seulement, si seulement !

Avant ma condamnation, on m'appelle hors de ma cellule et on me dit que j'ai un visiteur. Mon cœur se remplit d'espoir. Je voulais que Sean lui dise de ne pas me rendre visite, mais si seulement je pouvais la voir une dernière fois. J'ai besoin de l'embrasser et de la sentir dans mes bras. J'ai besoin de savoir qu'elle va bien et qu'elle n'est pas en danger.

Lorsque j'entre dans la pièce, je me fige. Le sang s'écoule de mes joues.

Brian Doyle est assis à la table, le visage renfrogné. Il me fait signe d'aller m'asseoir sur une chaise.

Mes entrailles frémissent lorsque je croise son regard glacial. On dirait qu'il a vieilli de dix ans. Ses vêtements pendent sur lui comme s'il n'avait pas mangé. Des mèches grises parcourent ses cheveux.

— Où est-elle ? demande-t-il.

Je secoue la tête, j'ai l'impression que tout est sur le point de s'effondrer et que je ne pourrai plus jamais tenir le coup. J'avoue :

— Je ne sais pas.

— Dis-le-moi ! supplie-t-il, les yeux remplis de larmes.

— J'aimerais bien, mais je ne peux pas. Je ne sais pas.

Il renifle fort.

— Est-elle morte ?

Mon estomac plonge. C'est la question que je ne me suis pas autorisée à me poser. Je réponds catégoriquement :

— Non.

— Alors comment le sais-tu ?

— Je rêve d'elle. Je la sens, admets-je en réalisant que j'ai l'air complètement fou.

— Alors où est-elle ? insiste-t-il.

— Je ne sais pas. Je ne l'ai pas vue depuis... Je me détourne.

— Depuis quand ? fulmine-t-il.

Je trouve le courage de le regarder dans les yeux.

— Depuis que c'est arrivé.

Ses yeux se transforment en fentes.

— Elle était là ?

Je le regarde fixement.

Il tape de la main sur la table.

— Bon sang ! Je veux savoir tout de suite ce qui s'est passé.

J'insiste :

— Non, vous ne voulez pas. Je vous l’assure

— Si tu as une âme, tu me diras tout de suite la vérité. Sa voix s'accroche. Ce salaud lui a-t-il fait du mal ?

Quelque chose en moi se fissure. C'est peut-être parce que je sais qu'il aime Brenna, qu'il a probablement des regrets, et que je ne le comprends que trop bien maintenant. Pour la première fois depuis mon arrestation, je parle :

— Il l'a kidnappée à l'hôpital. Elle était en état de choc quand elle est partie.

— En état de choc ?

J'acquiesce.

— Du fait que tu as tué Brad ?

Je reste silencieux.

Il jette un coup d'œil au plafond puis ajoute :

— Tu as dit qu'elle était partie. Où est-elle allée ?

— Mon ami l'a emmenée à son appartement.

— Quel ami ?

— Quelqu'un qui ne lui ferait jamais de mal. Quelqu'un qui l'a amenée à bon port, lui précisé-je.

— Alors pourquoi n'est-elle pas là ?

Je secoue la tête.

— Je ne sais pas. J'aimerais le savoir. Je vous le dirais si je le savais !

Sa mâchoire tremble et il tourne la tête en clignant des yeux.

— Si Brad l'a enlevée de l'hôpital, qui d'autre est au courant ?

— Personne. Quand... Je me fige.

— Quoi ? demande Brian.

— Brenna a dit qu'un homme nommé Jack Christian était à l'hôpital. Elle était en état de choc et... Jésus ! L'air devient vicié dans mes poumons. Vous devez trouver tout ce que vous pouvez sur cet homme et me dire ce que vous découvrirez !

— Tu penses qu'il l'a enlevée ?

Je secoue la tête.

— Je ne sais pas. Mais s'il a aidé Brad à la kidnapper... De nouveaux frissons me parcourent l'échine.

Le gardien ouvre la porte.

— Les visites sont terminées.

Je me lève, les mains entravées. Je répète :

— Découvrez-le !

On me ramène dans ma cellule et le lendemain, je retourne au tribunal.

Le juge, un des acolytes du juge Peterson, me regarde comme si j'étais une ordure.

— En raison de la nature de ce crime, je vous condamne à la peine maximale possible. Finn O'Malley, vous ferez vingt ans dans une prison de haute sécurité.

Je n'entends pas le reste de ce que dit le juge, ni les pleurs de ma mère ou de ma grand-mère. Tout le reste est inutile. Je savais que cela allait arriver, mais le fait de l'entendre me bouleverse.

Quarante-cinq ans. J'aurai quarante-cinq ans quand j’en sortirai.

Comment retrouver Brenna alors que je vais être enfermé pendant vingt ans ?

Le marteau frappe le socle en bois. Je ne regarde pas ma famille lorsque les gardiens m'emmènent. Je ne peux pas. Je suis à deux doigts de m'effondrer complètement.

Ils me poussent dans un fourgon de police et les six heures de route vers le nord commencent. Une fois sur place, une nouvelle forme d'enfer débute.

Ils me déshabillent, me font subir un examen des cavités corporelles et me rasent le crâne. Ils m'arrosent d'eau froide et me remettent une combinaison orange et une paire de chaussures bon marché. On m'explique les règles et le périple à travers le bâtiment commence. Lorsque les dernières portes s'ouvrent, les prisonniers crient et tapent sur les barreaux. Le bruit est si fort que mes oreilles bourdonnent une fois le calme revenu. Je passe devant eux alors qu'ils essaient de m'attraper, en gardant la tête haute et en regardant droit devant moi.

Ils me jettent dans une cellule avec un gars nommé Sticks. Il est maigre, des boutons couvrent son visage et il a l'air d'avoir seize ans. Je me renferme sur moi-même, je ne parle à personne, même pas à lui. Cette nuit-là, je m'allonge sur la couche du bas, me demandant comment je vais faire pour passer vingt ans dans cet endroit.

Le visage de Brenna apparaît. J'entends son rire et la souffrance de son absence s'intensifie.

Je ne sais pas combien d'heures s'écoulent, mais la cellule s'ouvre. Un gardien me dit de me lever. Un mauvais pressentiment m'envahit, mais je sais qu'il ne faut pas désobéir. Je le suis en franchissant plusieurs portes.

Il fait si sombre que je ne vois rien. Je demande enfin :

— Vous voulez bien me dire où vous m'emmenez ?

Un coup de poing me tombe sur le visage, un autre sur le ventre et dans le dos. Je n'arrive pas à trouver mes appuis et mes coups ne touchent personne. Je reçois tellement de coups de pied et de poings que je n'arrive plus à en compter le nombre. La dernière chose que j'entends, c'est :

— Cette prison appartient aux Bailey, pas aux O'Malley ! Des rires d'hommes emplissent mes oreilles et tout devient noir.

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