Le Chasseur Implacable: Une sombre romance mafieuse (Guerre des Mafias t. 10) (French Edition)
Chapitre 4
4
Finn
et sors le sac et la glacière. Une fois que j'ai su où elle se trouvait et à quelle J e l'ai trouvée. Après des semaines de recherche, je l'ai enfin trouvée. Plein d'excitation, tout tendu, j'ouvre le coffre de la voiture heure se terminait son service, j'ai dit quelques Ave Maria et j'ai fait le pari qu'elle accepterait de passer une soirée sur la plage.
— Tu es venu préparé, me taquine-t-elle avant de prendre le sac.
— En effet, lui réponds-je par-dessus mon épaule. Peux-tu fermer le coffre ?
— Bien sûr. Elle claque le coffre de la Camaro et nous marchons un demi-pâté de maisons depuis l'endroit où j'ai trouvé une place de parking. C'est le début de l’après-midi, il est à peine cinq heures. Le temps est devenu humide il y a quelques jours, et l'air est lourd. Les gens sont allongés partout, mais il n'y a pas autant de monde que plus tôt dans la journée lorsque je suis passé. Beaucoup sont dans l'eau sur des matelas gonflables ou des chambres à air. Le lac Michigan est calme aujourd'hui, avec à peine quelques ondulations du vent sur l'eau.
Brenna porte des lunettes de soleil teintées brun-or. Je peux quand même distinguer ses yeux à travers les verres, et ces lunettes lui vont à ravir. C'est comme le petit short en jean et le débardeur qu'elle porte. Le cordon du bikini bleu noué autour de son cou me fait bander grave. J'ai essayé de ne pas penser à ce à quoi elle ressemble en dessous depuis qu'elle est sortie de sa chambre, mais c'est peine perdue.
— Je n'ai pas eu l'occasion de nager dans le lac cette année, dit Brenna en souriant et en contemplant l'eau.
— Moi non plus. Cet endroit te convient-il ?
Elle acquiesce.
— Oui.
Je pose la glacière et le sac, puis je sors une couverture. Elle m'aide immédiatement à l’étaler, puis enlève ses sandales et les pose sur le bord de la couverture. J'ajoute la glacière, le sac et mes chaussures aux autres coins, même si la force du vent ne m'inquiète pas aujourd'hui. Je sors les serviettes et les gobelets en plastique du sac, puis ouvre la glacière. Je demande :
— Tu veux boire quelque chose ?
— Bien sûr. Qu'as-tu à me proposer ?
— Captain and Coke, de l'eau ou de la bière. J'aurais pu être plus créatif, mais je me suis dit que j'allais faire avec ce que je connais bien, avoué-je.
Ses lèvres tressaillent.
— Tu es prévenant, toi.
Je me félicite mentalement. Son expression me dit qu'elle est impressionnée. Je sors une petite bouteille de Captain, j'y ajoute des glaçons, puis ouvre un Coca pour lui préparer son verre. Je suis sur le point de lui tendre le gobelet et ma bite tressaille soudain. Elle s'est déshabillée et se penche pour poser ses vêtements soigneusement pliés sur la couverture.
Merci, Jésus !
Je fais mentalement un signe de croix et essaie de rester calme au lieu de baver en la regardant. Son cul est à portée de mains, remplissant le tissu bleu qui recouvre la moitié de ses fesses. J'étudie sa colonne vertébrale, ses cuisses galbées et sexy et ses mollets sculptés lorsqu'elle se lève.
Elle n'est pas une planche à pain et a des courbes magnifiques, là où il faut. Je le savais quand je l'ai rencontrée, mais la voir pratiquement nue fait exploser ma testostérone. Elle se retourne, et mon adrénaline rebondit comme une balle de ping-pong. Sa taille s'arrondit, créant une silhouette sensuelle en sablier. Le haut en triangle couvre ses seins à la perfection. Ils sont pleins, peut-être une taille D, et naturels. Je me demande à quoi ressemblent ses tétons et surtout comment ils se sentiront lorsque j'enroulerai ma bouche autour d'eux avec appétit.
Son visage rougit lorsqu'elle réalise que je la reluque. Je me réprimande et lui tend la boisson. J'enlève ensuite ma blouse et la jette par terre. Je sors une bière de la glacière, remets le couvercle, puis je la surprends en train de me regarder, content que ses lunettes de soleil me permettent quand même de voir ses yeux.
Ses joues deviennent cramoisies lorsqu'elle croise mon regard. Elle prend nerveusement le verre.
Je m'assois sur le sol et tapote la couverture à côté de moi.
Elle s'assoit et me sens soudain plus nerveux que je ne l'aie jamais été. Je me demande quoi dire et suis reconnaissant quand elle rompt enfin le silence.
— Quel âge as-tu ?
— Vingt-cinq. Et toi ?
— Vingt-deux.
— Qu'est-ce qui t’a poussée à devenir infirmière ? lui demandé-je, sincèrement curieux de savoir pourquoi elle a choisi cette voie professionnelle.
Elle avale une gorgée de sa boisson.
— Ma grand-mère s'est fait remplacer la hanche quand j'étais petite. Elle a eu une infection et a dû rester à l'hôpital. Deux infirmières se sont très bien occupées d'elle. Même à dix ans, j'ai vu à quel point elles étaient douces et gentilles avec ma grand-mère. C'était comme si elles étaient ses amies. En tout cas, elle est restée en contact avec elles pendant des années. À chaque Noël, elle me demandait de l'aider à leur préparer des biscuits. Lorsque j'ai eu seize ans, ma grand-mère m'a avoué qu'elle n'avait jamais connu autant de douleur ou de désir de rentrer chez elle, mais que ces infirmières l'avaient maintenue en bonne santé malgré toutes ses difficultés. Elles ajoutaient de la lumière à son obscurité. C’est quelque chose qui m'a marquée. C'est pourquoi je veux aider les gens lorsqu'ils sont au plus mal. Un petit sourire nostalgique se dessine sur ses lèvres.
Les gens ont toutes sortes de raisons de faire ce qu'ils font. La plupart tournent autour de l'ego ou de l'argent. Celles de Brenna me touchent au plus profond de mon être.
— C'est une bonne raison de faire quelque chose.
— C’est vrai ?
— Oui.
— Hmm…
— Quoi ? demandé-je.
Elle fixe l'eau un moment, puis hausse les épaules.
— Rien.
— Ça n'a pas l'air de rien du tout.
Elle se lèche les lèvres puis se retourne.
— Désolée. J'ai passé les derniers mois à me disputer avec mon ex à propos de ma carrière. Et avec ma mère, gémit-elle. Ne me laisse pas oublier de parler de ma mère !
Ma poitrine se serre.
— Ton ex ne t’a pas soutenue dans ta carrière ?
Elle grogne.
— Non. Il ne s'agissait que d'être un trophée à son bras au country club. Une infirmière n'était pas à sa hauteur.
— Ah ! C'est donc un garçon riche ?
— Oui. Elle lève les yeux au ciel et avale une autre gorgée.
J'avale une aussi de ma bière, la goûtant à peine. Elle a l'air de se moquer de l'argent, mais je n'ai pas un compte en banque avec des tonnes de zéros.
— Laisse-moi reformuler cela plus correctement ! Son père a de l'argent.
Un fils à papa. Un sentiment d'inconfort s'installe dans ma poitrine. S’il y a bien une chose que je ne supporte pas, ce sont les hommes prétentieux qui ne gagnent pas leur vie. Je laisse la bière couler dans mon gosier et demande :
— Ta mère ne veut pas que tu sois infirmière non plus alors ?
— Non, elle veut que je me marie avec un homme riche. Elle veut que j'épouse un homme riche, que je fasse des tonnes de bébés et que je devienne présidente du club des épouses moroses !
Mes tripes plongent littéralement dans mon ventre. Ce n'est pas qu'une question d'argent. Je suis sûr que Brenna n'a jamais ramené un type comme moi à la maison. Je lâche :
— Alors elle ne va pas m'approuver ta mère, n’est-ce pas ?
Brenna se fige. Mon pouls bat entre mes deux oreilles et elle se tourne lentement vers moi. Elle fronce ses sourcils.
— Tu veux une réponse honnête ?
— Toujours ! répliqué-je, et je le pense vraiment.
— C’est vrai. Elle ne t'approuvera pas.
Je respire malgré l'anxiété qui me saisit. Brenna est une gentille fille, bien trop innocente et bonne pour être avec un type comme moi. Et je suis parfaitement conscient que j'ai à peine une petite chance de la faire mienne, mais il n'y a pas un os dans mon corps qui ne me laisse pas faire tout ce qui est en mon pouvoir pour réussir à la conquérir malgré l’adversité. Je trouve donc le courage de demander :
— Quelle est l'influence que ta mère a sur toi ?
— En ce qui te concerne ?
Droit au but, pas de jeux. Je suis déjà amoureux de cette fille.
— Ouais. Le sang continue de pomper plus vite, s'engouffrant dans mes veines, prêt à exploser sous le coup de trop d'émotions que je ne devrais pas ressentir en même temps.
— Je choisis moi-même les personnes avec qui je sors. Tous les hommes que ma mère approuve, je ne les aime pas. La réponse est donc « aucune », affirme-t-elle avec assurance.
Un soulagement intense chasse d’un coup la plupart de mes craintes, mais il reste une petite partie en moi qui s'inquiète encore. Je prie rapidement pour que Brenna puisse surmonter les objections que sa mère pourrait malgré tout formuler à mon égard. Puis une autre pensée surgit.
— Et ton père ? Que va-t-il en penser ?
Son visage devient plus aimant. C'est un changement subtil, mais je le vois bien. Sa voix s'adoucit.
— Mon père veut que je sois heureuse. Il te donnera une chance si je la lui demande.
— Et tu vas lui demander de le faire ? m’intéressé-je très inélégamment.
Elle penche la tête.
— Est-ce une conversation normale de premier rendez-vous ?
— Non. Mais rien chez toi n'est normal.
Son rougissement sexy monte à nouveau à ses joues.
— Tu as du caractère, n'est-ce pas ?
— Je sais ce que je veux.
Elle se mordille la lèvre. Cette lèvre luxurieuse, rose pâle, qui me rend fou et que j'ai intensément envie de sucer.
— Si on en arrive au stade où je te présente à mes parents, alors oui, je lui demanderais si j'en avais besoin. Mais mon père est plus gentil que ma mère. Ses manières sont bien meilleures, aussi.
— Nous allons arriver à ce stade-là, lui affirmé-je avec confiance.
Elle prend une grande inspiration, sourit, puis pose son verre. Elle se penche en arrière et s'allonge, s'étirant.
— Le soleil me fait du bien. Je suis contente que tu aies organisé cette sortie.
Je l’imite et me tourne sur le côté, posant mon coude sur la couverture et ma tête sur ma paume. J'étudie son visage, mémorisant chaque tache de rousseur, la façon dont ses lèvres s'écartent légèrement et la courbe de ses pommettes.
Elle tourne la tête.
— Tu me regardes fixement.
— En effet.
Elle rit nerveusement puis roule sur le côté, face à moi, reproduisant la position de mon corps.
— Peux-tu me dire quelque chose sur ce que tu fais dans la vie ?
La voix dans ma tête hurle qu'elle est trop belle, trop pure, trop innocente pour mon monde. Elle se bat avec la partie de moi déterminée à prouver que je peux lui montrer les bons côtés des O'Malley et de moi-même. Toute la laideur et le péché dont je me convaincs que je peux la protéger quand même. Je me jure intérieurement de la rendre heureuse.
Pourtant, je ne suis pas stupide. Je sais que j'ai de la chance qu'elle ne se soit pas déjà enfuie, et si je veux que ça marche, je ne peux pas lui cacher la vérité. En conséquence, je choisis mes mots avec soin.
— Que sais-tu de ma famille ?
Elle hésite puis répond :
— Seulement ce qui se dit dans le journal ou à la télévision, mais je ne prête pas attention à beaucoup d'événements mondiaux.
Je souris à son commentaire et fais glisser mes doigts le long de la courbe de sa taille, me torturant lorsqu'elle frissonne.
— Et alors ?
Elle enroule une mèche de cheveux autour de son doigt.
— Drogues, jeux d'argent, meurtres. Elle marque une pause, puis demande : Est-ce exact ? avant de retenir sa respiration.
Un poing pourrait tout aussi bien écraser mes poumons. La vérité sur ses lèvres me fait grimacer intérieurement. Je ne sais pas pourquoi elle est là, allongée à côté de moi, au lieu de s'enfuir à toute vitesse. J'avoue :
— Oui, c'est la vérité. Nous avons aussi d'autres activités, mais je ne nierai pas celles que tu viens de citer.
Elle tend la main et trace l'un de mes tatouages préférés. Il représente un trèfle surmonté d'une croix celtique, le mot O'Malley et des rayons de soleil effleurant ma clavicule et remontant jusqu'à la moitié de mon cou. Son contact déclenche de l'adrénaline pure qui descend jusqu'à ma bite. Je retiens un gémissement, attendant avec impatience qu'elle parle.
Sa voix reste calme, teintée de miel.
— Alors, tu es impliqué dans ce côté-là de l'entreprise ?
— La partie qui fait toujours l'objet d'un reportage ? demandé-je.
— Oui.
J'aimerais pouvoir lui dire que ce n'est pas le cas. Je donnerais n'importe quoi pour que la vérité soit différente. Je pourrais facilement lui mentir. C'est ce que je fais avec d'autres femmes. Mais Brenna n'est pas une de ces femmes-là. Elle est spéciale, alors j'avoue :
— Oui. C'est la partie dans laquelle je suis impliqué.
Elle acquiesce comme si cela ne la surprenait pas. Je ne sais pas si j'aime le fait que ça ne la surprenne pas, ou si je devrais m'inquiéter qu'elle ne me voie pas comme quelqu'un qui s'occuperait de l'aspect légal des affaires du clan. Ses doigts continuent de glisser sur l’encre de mes tatouages, et elle déglutit difficilement en demandant :
— Quel est ton rôle, plus précisément ?
Mes démons continuent de se battre entre eux, mon désir d'être avec Brenna et de la garder créant un profond conflit en moi-même.
— Finn, tu as dit que je ne devais rien savoir, mais je ne veux pas être dans l’ignorance. Sinon ça ne marchera pas pour moi. Mon esprit va tourner et tourner jusqu'à ce qu'il me rende folle avec cinquante mille scénarios différents.
Je l'étudie, me demandant ce qu'il est acceptable qu'elle sache.
— Je n'ai pas besoin de détails. Mais que fais-tu ? Si quelqu'un me demande quelle est ta profession, que dois-je répondre ?
Chasser. Brutaliser. Tuer.
Tout ce dont le clan a besoin pour se venger de ceux qui nous font du tort.
Je ne peux pas lui dire tout cela.
Je fais glisser ma paume sur sa hanche, soulignant la corde bleue avec mon index.
— Ta question est justifiée. Je chasse.
— Tu chasses ?
Mon estomac se retourne.
— Quand les hommes essaient d'échapper à ma famille, je les trouve.
Elle me regarde bouche bée. Je ne pense pas qu'elle s'en rende compte, mais sa bouche reste ouverte. Je grimace intérieurement, essayant de garder mon sang-froid, mais je crains qu'elle ne puisse pas le supporter. Elle commence à parler puis s'arrête d’un coup.
— Demande-moi ce que tu veux ! l'encouragé-je, ayant besoin de savoir ce qu'elle en pense.
— C'est ce que tu as fait avec moi ? Tu m'as « chassée » alors ?
— Oui. J'ai utilisé toutes mes compétences pour te trouver.
Elle se racle la gorge.
— Quelqu'un a-t-il été blessé durant ta chasse ?
Je me rapproche d'elle et touche ses joues.
— Non, je ne voudrais pas que cela entre dans ta vie.
— Ah non ?
— Non ! répliqué-je en secouant catégoriquement la tête.
— Ok. Alors... euh... qu'est-ce que je pourrai dire à quelqu'un ? Disons que Kim me demande ce que tu fais dans la vie.
Je la relâche et repose ma main sur sa taille.
— J'ai l'habitude de dire à mes petites copines que je travaille dans l’entreprise familiale, que j’aide ma grand-mère à tenir son bar.
Elle arque les sourcils.
— Ta grand-mère a un bar ?
— Oui. Le pub des O’Malley.
— Tu veux dire… celui qui se trouve à quelques rues de chez moi ?
— En effet.
— D’accord. Je me sens un peu bête maintenant, de ne pas avoir fait le rapprochement entre les deux.
— Laisse tomber, c’est pas grave !
Elle reste silencieuse, et je la laisse digérer tout cela. Elle touche à nouveau mon tatouage.
— Il est cool.
— Merci. C’est aussi mon préférée.
Elle se lèche les lèvres.
— Pourquoi m’as-tu dit la vérité à moi ? Si tu racontes toujours des mensonges à tes petites copines ?
— Je n'étais pas sérieux avec ces nanas-là.
— Mais tu me connais à peine.
— Et alors ? J'en sais assez.
Nos yeux restent fixés l'un sur l'autre à travers nos lunettes de soleil. Tout ce que je veux, c'est l'embrasser, mais quelque chose me dit d'attendre. Peut-être que je suis juste une mauviette et que je dois avoir vraiment les couilles de la faire. D'habitude, je n'hésite pas et je ne réfléchis pas trop quand il s'agit de femmes. Je prends ce que je veux, quand je le veux.
Mais Brenna me fait tout remettre en question. Le simple fait d'être près d'elle me fait tourner la tête. La douleur dans mes couilles ne fait que croître, et je lutte pour ne pas la tirer contre moi et l'embrasser plus fort que je n'ai jamais embrassé personne auparavant.
— As-tu toujours su que tu allais travailler pour ta famille ? Est-ce qu'on s'y attend dans ce cas ?
J'ai soudain envie de mettre fin à cette conversation. Rester fixé sur ma famille n'est pas la bonne recette pour qu'elle ait envie de moi ou de l'idée que je me fais d'un moment agréable. Si elle veut voir au-delà des O'Malley, je ne peux pas maintenir son attention sur ce point.
— Oui. Tu veux te baigner ?
— Bien sûr.
Je me lève et l'aide à se relever. Sans pouvoir m'en empêcher, je pose mes lèvres sur son front en marmonnant :
— Merci d'être encore là avec moi.
Elle relève la tête.
— Je ne devrais probablement pas, hein ?
Je ne mens pas. Mon cœur se serre lorsque je réponds :
— Probablement pas. Tu es trop bien pour moi.
Ses lèvres se retroussent.
— Je n'en sais rien. Elle prend ma main et se dirige vers le lac.
Je soupire de soulagement et la suis rapidement dans l'eau. Nous pataugeons loin dans le lac. Il est peu profond sur plusieurs centaines de mètres. L'eau est rafraîchissante, chaude à cause de la température de l'été, avec une touche de fraîcheur parfois. Lorsqu'elle l’eau dépasse sa tête et atteint mes épaules, je l'attire contre moi.
Elle enroule ses jambes autour de mon torse et rien n'a jamais été aussi agréable que son corps contre le mien. Elle effleure de ses ongles l'arrière de mon crâne. Ses mamelons durcissent et se pressent contre mes pectoraux.
— Comment est le pub ?
— Tu es Irlandaise et tu n'y as jamais mis les pieds ?!
Elle hausse les épaules.
— Est-ce un péché ?
— Dans ma famille, oui, dis-je en la taquinant.
Ma luciole m'illumine de son sourire.
— Mes parents n'ont jamais vraiment parlé de leur histoire. Nous sommes simplement Américains.
Je grimace dramatiquement.
— Aïe ! Quoi que tu fasses, ne dis pas ça devant ma famille ! D’accord ? Elle rit de bon cœur.
— Alors il n'y a que toi, ta mère et ton père ?
L'amertume que j'ai toujours ressentie à l'égard de la mort de mon père remonte soudain.
— Juste ma mère. Mon père est décédé quand j'avais cinq ans.
Son expression est empreinte de sympathie. Même à travers ses lunettes de soleil, je peux clairement la voir. Elle dit :
— Je suis désolée.
— C'est ainsi. Tu devrais aller voir le pub. Ma grand-mère jure que c'est comme ceux d'Irlande, d'où elle vient.
— Ça a l'air sympa.
— Attention cependant, car tu devras faire face à tous mes cousins qui te regarderont.
Elle arque les sourcils.
— C'est vrai ?
— Ils sont tous jeunes et excités, à l'exception de Liam et Sean. Ils ont des petites amies dans des relations sérieuses, précisé-je.
— Combien de cousins as-tu ?
— Une tonne. Les O'Malley procréent comme des lapins, mais il n'y en a qu'une poignée dont je suis vraiment proche en fait.
Elle rit, allumant à nouveau une étincelle en moi. Je resserre mes bras autour d'elle, un paquet de nerfs se dénouant avec énergie dans mes tripes, contrairement à mon habituel sang-froid. Tous les gens autour de nous disparaissent. Il n'y a plus que Brenna et moi, au bord du lac Michigan, sous le soleil du début de soirée.
Ses lèvres sont si proches que je peux presque les goûter. Elle inspire de façon lente et contrôlée, et ses yeux se posent sur ma bouche.
— Je suis contente que tu sois venu me chercher.
Mon ego me félicite.
Elle poursuit :
— J'ai passé une assez mauvaise journée jusqu'à ce que tu arrives, tu sais.
Je laisse tomber ma paume sur ses fesses et déplace mon autre bras de sorte que ma main se retrouve sur son chignon en désordre.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que je dois botter le cul de quelqu'un ?
Elle hésite, puis dit :
— Non. Rien que je ne puisse gérer.
Je voulais dire que la partie « botter le cul » était une blague, mais sa réponse me fait penser qu'il se passe quelque chose de plus sérieux. Elle n'est pas en confiance. Mon radar à problèmes s'allume, alors j’insiste :
— Que s'est-il passé ?
Elle secoue la tête.
— Rien d'important. As-tu manqué la partie où j'étais contente que tu es venu me chercher ? Le bout de ses doigts caresse mon cou et l'énergie sexuelle entre nous s'intensifie d’un coup.
Je me penche en avant pour l'embrasser, et soudain une alarme sonore retentit dans l'air. Nous nous retournons tous les deux et voyons les sauveteurs qui font signe à tout le monde de rejoindre rapidement le rivage.
— Qu'est-ce qui se passe ?! demande-t-elle.
— Je ne suis pas sûr. Allons-y !
Au moment où nous arrivons sur le rivage, la police et les plongeurs sont partout. Brenna lève nerveusement les yeux vers moi.
— Qu'est-ce qui se passe ? demandé-je à une femme dans la foule.
— Un des enfants a trouvé un bras. C'est... Elle grimace. C'est un bras humain.
Une sonnette d'alarme retentit dans ma tête. Je pousse Brenna sur le côté.
— Reste ici !
Elle acquiesce.
Je me dirige vers la zone où se trouve la police et jette un coup d'œil à travers la foule. Un officier ramasse le bras et le place dans un sac. C'est le bras d'un homme, décoloré par l'eau, probablement gonflé par les fluides, mais encore musclé. J'ai vu beaucoup de cadavres depuis que j'ai seize ans, mais ce qui me glace le sang, c'est le tatouage.
Les poissons ont dû le grignoter, mais je le distingue encore. L'écusson de la famille, entouré de vert et d'une poignée d'épée celtique, est toujours visible.
Je connais ce tatouage-là. Pendant des semaines, j'ai pourchassé l'homme qui le portait. Après l'avoir trouvé, je l'ai confié à mon oncle Darragh dans l'entrepôt de notre clan.
Mon estomac se noue. Quelqu'un a merdé quelque part. Les O'Malley ne laissent pas de preuves, surtout lorsqu’il s'agit d'un haut dirigeant de notre ennemi juré, les Bailey.
Je dois dire ça à Darragh. Ça urge.
Je me retourne et me dirige vers Brenna, l'entraînant vers la couverture.
— Je suis désolé, mais nous devons y aller.
— Tout va bien ? demande-t-elle.
Je lui donne une serviette et me sèche avant d'enfiler mon tee-shirt. Je mens, me penchant pour plier la couverture.
— Ouais.
Elle pose sa main sur la mienne.
— Finn, on dirait que tu as vu un fantôme.
— Je vais bien. Désolé, on doit y aller. Je glisse la couverture dans le sac. Brenna s'habille, jette nos boissons et les gobelets dans la poubelle voisine. Elle revient alors que j'ai tout emballé. Je mets le sac sur mon épaule et prends la glacière.
Elle reste silencieuse pendant que nous marchons dans la rue. Mes entrailles tremblent, je me demande qui a pu laisser une telle partie de son corps et combien il y en reste. Ce n'est pas une erreur que l'on commet. Quelqu'un voulait clairement que ce bras, avec ce tatouage, apparaisse à la surface.
Il y a un traître dans notre maison.
Cette pensée me fait froid dans le dos. Je range les objets dans mon coffre, ouvre la portière de Brenna et elle monte dans le véhicule. J'essaie de me calmer avant de monter à mon tour dans la voiture, mais n'y arrive pas. Je me glisse sur mon siège et démarre la Camaro.
— Finn !
— Oui ? Je vérifie la route derrière moi et m'engage dans la circulation.
— Tu es sûr que ça va ?
— Ça va, t’inquiète. Je ne la regarde pas mais serre le volant aussi fort que possible, essayant de contrôler la rage qui monte dans mon corps.
Et si mes empreintes digitales se trouvaient sur ce foutu bras ?
Brenna pose sa main sur ma cuisse.
— Tu n'as pas l'air bien.
— Si ! répliqué-je en serrant les dents. Je m'engage sur l'autre voie et accélère. Les klaxons retentissent, se mêlant au son des pneus qui crissent sur la chaussée.
— Eh, oh ! Ralentis ! demande Brenna.
Je n’obtempère pas, je l'entends à peine, je n'arrive pas à me débarrasser de l'image du bras et du tatouage. Je me faufile dans la circulation, sans respecter les limitations de vitesse et brûle les feux rouges dans la foulée. Au bout de quelques minutes, je m'arrête devant son immeuble et descends.
Elle sort de la voiture sans m'attendre et se précipite vers son immeuble.
Merde.
— Brenna ! appelé-je, en la poursuivant, me réprimandant de ne pas m'être ressaisi plus vite. Elle appuie sur le bouton de l'ascenseur quand j'entre dans le hall. Brenna ! Attends !
Elle s'engouffre dans la cage d'escalier et je la suis.
— Brenna ! grogné-je, son nom résonnant dans l'air.
Elle arrive au premier étage et je l'attrape, la faisant pivoter contre le mur. Elle halète, ses yeux bleus sont pleins de colère, ses lèvres tremblent.
Je glisse mes mains sur ses joues et m'approche. Il n'y a plus d’espace entre nous et je respire son parfum, lui posant une question dont je crains déjà la réponse.
— Pourquoi me fuis-tu ?
— Tu aurais pu me tuer ! fulmine-t-elle.
La culpabilité me ronge. Pourtant, je réponds :
— Mais je ne l'ai pas fait.
L'Irlandaise qui sommeille en elle se manifeste. Ses yeux se transforment en poignards, me transpercent, et son visage devient rouge vif.
— Toi et moi, c’est fini.
Mes tripes se nouent. Je secoue la tête.
— Non. On ne fait que commencer, ma luciole !
Elle hésite puis ouvre la bouche pour parler.
Je glisse ma langue dans sa bouche, l'embrasse sans pitié, sans relâche, et je presse mon érection contre son ventre.
Je l'embrasse parce que c'est la seule chose à laquelle j'ai pensé depuis que je l'ai rencontrée.
Je l'embrasse parce que je ne la laisserai pas me fuir.
Je l'embrasse parce que j'ai merdé, et je le sais, mais ça ne va pas se terminer comme ça.
Je l'embrasse, je l'embrasse, puis je l'embrasse encore parce que je ne veux pas m'arrêter. Sa langue s'entrechoque avec la mienne, m'émeut au plus haut point, provoquant une réaction en chaîne de chaleur, d’envie et de désir explosif qui circule dans mon sang, me faisant oublier tout, sauf le bonheur intense que je ressens alors que son corps se presse contre le mien.
Elle me consomme – tout mon être – en gémissant dans ma bouche, son souffle chaud agissant littéralement comme une drogue enivrante qui crée tout suite une dépendance. Elle a le pouvoir d'aimer ou de détruire chaque parcelle de mon être, et pourtant je la laisse faire, sachant qu'elle peut me détruire. Je suis tellement absorbé par elle que je suis incapable de prendre les rênes et de me protéger, tombant plus profondément sous son charme.
— Parfois, je suis un connard, marmonné-je, puis je reviens tourner ma langue dans sa bouche, même si je devrais être en train de parler du bras amputé à Darragh.
Sa langue et le reste de son corps se figent. J'arrête de l'embrasser mais je garde mes lèvres sur les siennes. Elle déclare :
— Je ne veux pas et je ne mérite pas juste un connard.
La panique m'envahit, en même temps que le regret. Je lui caresse la joue.
— Non, en effet, ma luciole.
Elle rompt notre regard, tourne la tête et ferme les yeux.
J'appuie mes lèvres sur le côté de son front.
— Je suis désolé. J'ai perdu la boule là-bas.
Elle fixe ses yeux bleus sur moi.
— Pourquoi ça ?
Le tumulte fait rage dans ma poitrine. Je serre la mâchoire, je veux tout lui dire mais je sais que c'est trop. L'air vicié s'installe dans mes poumons, m'étouffant.
Ses yeux s'écarquillent.
— Est-ce que... Elle déglutit. As-tu quelque chose à voir avec ce bras qu’ils ont retrouvé à la plage ?
L'horreur qui se lit sur son visage fait bondir mon estomac. Je me demande comment réagir et j'avoue finalement :
— Je ne l'ai pas tué.
— Ah non ? demande-t-elle.
— Non.
— Mais tu sais qui l'a fait c’est ça ?
Techniquement, je ne sais pas lequel des O'Malley a mis fin à la vie de ce gros connard. Mais répondre non à sa question me semble trompeur. Et peut-être que je devrais me faciliter la vie et faire avec, mais je ne peux pas. Créer une situation de mensonge avec elle n'est pas ce que je veux.
— Je vois, soupire-t-elle dans un souffle.
— Ce n'était pas un des gentils, Brenna. Il a tué des membres de ma famille, lancé-je en essayant de justifier sa fin et le rôle que j'y ai joué.
Elle me pousse.
— Je dois y aller maintenant.
Je ne bouge pas.
— Brenna...
— J'ai dit que je devais partir ! déclare-t-elle fermement.
Quelque chose dans ses yeux me dit de ne pas la retenir. Cela brise aussi mon cœur en deux, l'ouvrant si grand que je pense qu'il pourrait ne plus battre. Je recule.
Elle continue à monter l’escalier et je la suis. Lorsqu'elle arrive à son étage, je passe mon bras au-dessus de sa tête et tiens la porte fermée.
— Attends !
Elle tourne sur elle-même, les yeux brillants.
— Finn, je ne sais pas ce que je fais avec toi. Je...
Je pose mes doigts sur ses lèvres.
— Je ne suis pas parfait. Dieu sait que ma famille n'est pas parfaite. Mais je ne te ferai jamais de mal, Brenna. Jamais. Je suis désolé d'avoir été un con. Si tu savais... Je jette un coup d'œil au plafond et laisse échapper un souffle exaspéré.
C'est ma vie, le neveu du chef du clan, un tueur et un chasseur entraîné depuis que j'ai seize ans. Est-ce que c'est juste pour moi de l'exposer à cette merde ?!
— Si je savais ce qui te faisait peur ? demande-t-elle doucement.
Je ferme les yeux, je compte jusqu'à cinq, puis je croise son regard.
— Ouais. Et je suis désolé, mais je dois y aller maintenant. Je recule et ouvre la porte.
Elle ne bouge pas, me lance un regard triste qui m'anéantit encore plus.
— Vas-y toi ! dis-je en lui faisant signe de s’en aller.
Elle hausse les épaules, cligne des yeux, passe la porte et s'engage dans le couloir. Arrivée à son appartement, elle se retourne.
Je ne bouge pas, me retenant de courir vers elle et de la supplier de ne pas me haïr. Je veux lui faire promettre qu'elle me reverra, mais je sais déjà avant qu'elle ne parle que c'est fini.
— Je pense que c'est mieux si tu me laisses un peu d'espace. J'ai besoin de réfléchir à certaines choses.
Mon cœur se fraye un chemin dans ma gorge.
— C'est ce que tu veux ?
Elle ferme les yeux, acquiesce, puis entre dans son appart.
Voyant rouge tout au long de la descente des marches – pas contre Brenna, contre moi-même – je me dirige vers la Camaro.
— Putain ! crié-je en frappant violemment le siège.
J'ai essayé de faire quelque chose que je n'aurais pas dû faire. On ne peut pas prendre un ange et le plonger dans les feux de l'enfer. C'est là que je vis et survis. On ne peut pas changer ça. On ne peut pas rendre meilleur ce qui ne l'est pas. Je le savais et je savais que Brenna n'avait rien à faire dans ce monde-là. Je me berçais d’illusions en imaginant pouvoir m'épanouir dans les deux mondes.
Je me maudis de m'être laissé aller à un fantasme qui ne pouvait jamais devenir réalité.
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