Le Chasseur Implacable: Une sombre romance mafieuse (Guerre des Mafias t. 10) (French Edition)
Chapitre 11
11
Brenna
Une semaine plus tard
— J e m'inquiète pour toi, avoué-je en passant mes doigts sur le côté de la tête de Finn.
Il avale sa gorgée de Guinness puis plante son regard dans le mien.
— Pourquoi ça ?
Je me rapproche, bien que je sois déjà prise en sandwich à côté de lui dans la cabine.
— Depuis que tu as appris pour la mère de Maksim, tu es... Je ne sais pas... distant ? grimacé-je.
L'arrogance emplit son visage. Il pose sa pinte sur la table. Sa main passe entre mes cuisses, juste sur ma chatte. Son majeur caresse ma fente. Il se penche dans mon cou et ses lèvres chatouillent ma peau.
— Dois-je faire plus attention à toi, ma luciole ?
J'ignore la chaleur dans mon ventre et éloigne ma tête de sa bouche.
— Ce n'est pas ce que je veux dire.
Il sourit.
— Tu en es sûre ? On n'a même pas besoin de monter. Sa main dégrafe mon jean, et il la fait glisser sur ma culotte.
— Finn, ta mamie est là, murmuré-je.
Il tourne son corps, m'empêchant de voir autre chose que son torse musclé. Ses doigts se glissent sous le tissu fin de ma culotte.
— Elle est déjà partie, mais qui s'en soucie ? Tu es mouillée, putain. Je pense que ta chatte n'en a rien à foutre de ma mamie. En fait, je pense qu'elle a désespérément besoin que je joue avec elle. Il enfonce deux doigts à l’intérieur et frotte son pouce sur mon faisceau de nerfs.
La chaleur me monte au visage. Je serre les cuisses l'une contre l'autre, et ses yeux verts brillent encore plus fort.
— Enlace-moi, Brenna !
— Finn, objecté-je, mais je suis déjà sur le point de jouir.
Son regard brûlant me défie.
— Passe tes bras autour de moi et embrasse-moi, ou tu vas crier dans les deux prochaines secondes.
J'obéis, entrelace mes doigts dans ses cheveux et passe ma langue dans sa bouche pour me calquer sur son rythme. Plus il m'embrasse, travaillant ma chatte, plus je me frotte à sa main.
— Ça c'est ma luciole, ça… marmonne-t-il en tenant fermement ma tête contre la sienne.
Je gémis, mes yeux basculent et il gémit tout en continuant à m'embrasser avec un appétit désespéré, comme si j'étais un cornet de glace en train de fondre. Des spasmes incontrôlables parcourent mon corps tandis qu'il me travaille comme une machine bien huilée, sans jamais perdre de temps.
— Ma chatte, grogne-t-il à travers nos baisers. Ma chatte. Ma bouche. Ma magnifique femme, trop bonne pour moi.
Je gémis alors qu'une nouvelle vague d'adrénaline m'atteint.
— Putain ! Peut-être que lorsque le bar fermera ce soir, je te pencherai sur la table et je lécherai ta chatte avant de profaner le reste de ton corps.
Je murmure « S'il te plaît », oubliant qu'il y a un bar plein de clients qui connaissent bien sa mamie. N'importe lequel d'entre eux pourrait s'approcher de nous à tout moment.
— Tu aimerais ça, n'est-ce pas ?
— Oui... oh mon Dieu ! S'il te plaît, supplié-je, en frottant ma chatte sur sa paume plus intensément encore.
Il retire sa main de mon pantalon et la place entre nos lèvres en ordonnant :
— Lèche !
Je ne pose pas de questions. Je commence à lécher, et lui aussi. Nos langues se touchent au bord de ses doigts. Nos yeux se fixent dans un regard brûlant.
Il les met dans ma bouche. Je suce, puis je touche son entrejambe, souhaitant désespérément sucer sa bite. Les lumières clignotent, c'est l'heure de la fermeture, et Finn retire ses mains. Il finit sa pinte et dit :
— Pourquoi n'as-tu pas appelé tes parents ?
Mon estomac se retourne.
— Beaucoup de choses se sont passées cette semaine, tu sais.
Il serre la mâchoire et hausse un sourcil.
J'ajoute :
— C'est vrai. Nous avons eu l'enterrement et...
— C'était il y a plusieurs jours, déjà.
J'enroule mes cheveux autour de mon doigt, en scrutant la table.
Il me soulève le menton.
— Ça ne va pas s'arranger. Je ne te laisserai pas éviter ça plus longtemps.
— Pourquoi ça ?
— Tu sais pourquoi.
Je ferme les yeux.
Il approche ses lèvres de mon oreille.
— Parce que je t'aime, voilà pourquoi ! Il embrasse derrière mon lobe.
— Je t'aime aussi.
Il acquiesce.
— Alors, finissons-en ! Demain, c'est samedi. On le fait demain.
Je me mords la lèvre.
— Ne me regarde pas comme ça !
— Comment ça ?
— Tristement.
Je penche la tête et l'étudie.
— C'est pour ça que tu es distant ?
— Je n'essaie pas de l'être.
— Est-ce que c'est le cas ?
Il acquiesce.
— Peut-être. Comme tu l'as dit, beaucoup de choses se sont passées, cette semaine.
Je décide que si parler à mes parents rendra Finn heureux, alors je dois en finir. Mais je n'ai pas été totalement honnête avec lui.
— Je dois te dire quelque chose, lui avoué-je
Il arque un sourcil.
— Quoi ?
— J'ai parlé à mon père quelques fois.
Ses joues se vident de leur couleur.
— Et alors ?
Mon estomac se noue.
— Je lui ai demandé de te donner une chance, mais il prend le parti de ma mère. Il ne veut rien entendre et veut que je rompe avec toi.
Finn se fige un instant puis demande :
— Combien de fois as-tu parlé à ton père ?
— Je l'ai rencontré quelques fois pour prendre un café, admets-je, pleine de culpabilité de ne pas lui avoir dit.
— Combien de fois, Brenna ?
Je déglutis difficilement.
— Quatre fois.
Ses yeux s'écarquillent. Il détourne le regard et ses poings se serrent.
— Finn...
— Pourquoi me cacher cela ? se renfrogne-t-il.
— Je ne voulais pas que ça te fasse du mal. S'ils te donnaient une chance...
— Tu aurais dû me le dire.
— Je suis désolée. J'attrape son épaule et il me rejette d'un haussement d'épaules. Il se lève, va derrière le bar et se verse un verre de whisky.
Je suis sur le point de me lever lorsque Bridget se glisse sur le siège. Elle passe son bras autour de moi et se penche plus près en murmurant :
— Tu viens à la fête, la semaine prochaine ?
— Oui.
— Bien. Ne le dis pas à Sean !
— Je sais. Tu nous l'as dit cinquante fois, répliqué-je en claquant des doigts, perdant patience.
Elle renverse la tête en arrière.
— Désolée. Je suis... shootée. Je suis désolée. Je ne voulais pas paraître méchante.
— C'est bon, ça va. Tu vas bien ? demande-t-elle.
Je jette un coup d'œil à Finn. Il est assis sur un tabouret de bar, une bouteille de whisky à côté de lui.
— Tout le monde dehors ! hurle Darcey, et les quelques clients restants gémissent.
Killian saute sur le bar.
— Sortez vos sales culs d’ici !
— Toi aussi ! lance Darcey fouettant une serviette sur ses mollets.
Il se retourne :
— Attention !
— Dehors ! Nana a dit que tout le monde partait à l'heure de la fermeture, y compris toi. Elle fait un signe vers la porte.
— On y va ! Le taxi est là, ordonne Declan.
Sean s'approche et passe Bridget par-dessus son épaule.
— Viens, ma chérie ! La nuit vient de commencer.
Elle glapit, lui donne une claque sur le cul, puis s'esclaffe quand ils s'en vont.
Je m'approche avec précaution de Finn et pose ma main sur son épaule. Il se dérobe à nouveau. Je m'assois sur un tabouret de bar adjacent.
— Finn. Je suis désolée.
Il renifle fort, finit son verre, puis se ressert du whisky.
— Il est temps de partir, déclare Darcey.
Finn la regarde d'un air renfrogné, serre la bouteille de whisky et grogne.
— Je fermerai quand je serai prêt.
— Quand je dis...
— Je ne suis pas d'humeur pour ta crise d’autorité ce soir, Darcey !
Ils échangent un regard intense jusqu'à ce que Darcey cède. Elle empile les bouteilles d'huile et de vinaigre sur un plateau, puis jette la serviette sur le comptoir.
— Passe une bonne nuit, Brenna !
Je grimace.
— Bonne nuit !
Ses yeux lancent d'autres fléchettes à Finn et elle finit par s’en aller.
Plusieurs moments tendus s'écoulent. Finn m'ignore, termine son verre, puis tend la main vers la bouteille.
— Tu vas m'ignorer jusqu'à la fin de la nuit ? demandé-je.
Il continue à m’ignorer en silence.
— Très bien. Je vais appeler un taxi. Je me lève, mais il passe son bras autour de ma taille et me tire vers lui.
Je le fixe, attendant quelque chose, n'importe quoi, mais il reprend son verre et boit une nouvelle gorgée.
— Finn !
Il le pose et me regarde enfin. Tout ce que je vois, c'est un homme effrayé, en colère et à l'agonie. Je déteste avoir causé cela. Je répète :
— Je ne voulais pas te blesser. Je suis désolée.
Il reste silencieux.
Je lui caresse le côté de la tête.
— S'il te plaît. Dis quelque chose !
— Je veux être assez bien pour toi, Brenna.
— Mais tu l'es ! répliqué-je aussitôt.
Il secoue la tête.
— Je ne le suis pas. Je l'ai su dès que je t'ai rencontrée. Je n'aurais jamais dû te poursuivre.
— Ne dis pas ça !
Il ferme brièvement les yeux. Quand il les ouvre, j'ai peur subitement.
La panique m'anéantit jusqu'à ce que je ne me sente plus que comme un fil ténu, essayant de nous garder ensemble.
— Finn, tu essaies de rompre avec moi, là ?
Il recule le tabouret si vite qu'il s'écrase sur le sol. Son poing s'enroule autour de mes cheveux et il penche son visage sur le mien.
— Tu crois que c'est possible ? Que je puisse un jour te laisser tomber ? Qu'il y a une chance en enfer que je puisse t'oublier ?!
— Alors arrête de dire que tu n'es pas assez bien pour moi ! Je déteste quand tu parles comme ça.
— C'est vrai, pourtant.
— Non, ça ne l’est pas ! Je t'ai choisi, Finn. Toi. Personne d'autre que toi. Si mes parents ne peuvent pas te donner une chance, alors je m'en fiche. J'ai déjà dit ce que j'avais à dire et fait mon choix. Et si je devais le refaire, je te choisirais quand même. Donc, si tu veux y aller demain, on le fera. Mais après c'est fini. Quoi qu'il arrive, je franchirai cette porte avec toi. Toujours. Pour l’éternité. Une larme coule sur ma joue. Alors arrête de faire ça ! Je ne vais pas te laisser continuer ainsi.
— Brenna...
— Non ! Tu n'as pas à laisser les autres décider si tu es ce dont j'ai besoin ou pas ! Je sais que tu l'es. Je décide qui j'aime. Alors peu importe ce que ta mère ou mes parents disent, c'est toi que je choisis, Finn O'Malley ! Leur opinion n'a pas d'importance. Tu es tout ce qui compte pour moi !
Il appuie son front contre le mien et ferme les yeux.
— Finn...
— Je ne veux pas que tu finisses par me détester, ma luciole. Ce sont tes parents.
Je presse ses joues, tenant sa tête devant la mienne.
— Ils ont leurs choix à faire, et j'ai les miens. Je ne t'abandonne pas. S'ils ne veulent pas te donner une chance, c'est leur problème. Et je ne veux pas continuer à porter cette conversation-là. Je ne leur permettrai pas, ni à personne, de se mettre entre nous ou de te manquer de respect. Tu comprends ça ?
— Brenna...
— Demain, Finn. Nous les verrons demain, et quoi qu'il arrive, bien ou mal, nous rentrerons à la maison. Ensemble. Toi et moi. C'est ce que je veux. Alors à moins que tu ne veuilles plus de moi...
Sa bouche s'écrase sur la mienne, en manque, désespérée, si pleine de tout ce que nous représentons ensemble. Je serre mes bras autour de lui aussi fort que je peux, l'attirant aussi près que possible, voulant que cela ne se termine jamais.
— Je t'aime. Je veux faire ce qu'il faut pour toi… murmure-t-il.
— Tu le fais. Tous les jours. Maintenant, range le whisky et rentrons à la maison !
Il m'embrasse sur le front.
— D'accord, ma luciole. Il prend la bouteille.
— Tu pourras peut-être me montrer la vidéo ce soir.
Il secoue la tête.
— Non, elle n'est pas encore prête.
— Oh, allez, ça fait des mois ! soupiré-je. Peu importe le nombre de fois où j’ai demandé à Finn de voir la sextape que nous avons réalisée ensemble, il a toujours la même réponse.
— Sois patiente, ma luciole ! Les bonnes choses viennent à point à ceux qui savent attendre.
— C'est ce que dit l'homme qui a eu l'occasion de la voir, fais-je remarquer, avant de passer derrière le bar et de laver rapidement son verre. Je le pose sur le séchoir. Il range la bouteille sur l'étagère où elle doit se trouver et me conduit à l'arrière. Après avoir fermé le bar, nous montons chez lui et nous nous mettons au lit.
Il m'attire dans ses bras et je me blottis contre lui.
— À quelle heure veux-tu aller chez tes parents demain ?
Mon estomac se retourne. Je n'ai pas hâte d'affronter mes parents, mais je pensais ce que j'ai dit. Finn et moi devons dépasser ça, quoi qu'il en soit. Je réponds :
— À la première heure. Finissons-en et profitons du reste de la journée !
— D'accord.
Je trace l'un de ses tatouages représentant un aigle sur son ventre.
— Je dois faire une lessive demain. Je n'ai plus de sous-vêtements.
Ses lèvres effleurent ma tête.
— N'en porte pas, alors !
Je ris de bon cœur.
— Ce serait trop facile pour toi !
— Peut-être. Il fait glisser ses doigts sur la courbe de ma taille. Je dois faire la mienne aussi. On va chez toi ou chez ma mère ?
— Peut-être dans mon appartement. Je veux changer de vêtements.
Il me fait basculer sur le dos et plaque son corps sur le mien. Ses yeux verts me transpercent.
— Pourquoi on n'emménagerait pas ensemble ?
Mon estomac s'agite. Je me mordille la lèvre.
— Tu es toujours là. Je sais que cet endroit est petit, mais dans quelques mois, j'aurai plus d'argent, et nous pourrons trouver un nouvel appart si tu veux.
— J'aime ta maison.
Il sourit.
— Je préfère que tu sois ici, mais il y a à peine de la place pour ton sèche-cheveux, et encore moins pour tes vêtements. Tu mérites quelque chose de plus agréable.
— C'est pour ça que je t'aime.
— Pour quoi alors ?
Je le taquine :
— Tu t'inquiètes pour les choses importantes. Comme mon sèche-cheveux et mes vêtements.
Il me chatouille la taille et je crie en riant :
— Finn ! Il s'arrête et m'embrasse.
Je lui réponds :
— Mon bail expire dans quelques mois. Pourquoi ne pas envisager que je ne le renouvelle pas ?
Il sourit.
— Pourquoi pas oui ?
J'acquiesce joyeusement. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai passé une nuit dans mon lit depuis que nous sommes ensemble. Nous avons passé quelques nuits chez moi, mais je préfère chez Finn. C'est plus intime que chez Kim qui s'agite partout ou que nous qui essayons d'être silencieux pour qu'elle ne nous entende pas. Je trace les lèvres de Finn.
— Ouais, c'est ça. Pour le reste, on verra plus tard.
Il m'embrasse à nouveau et je bâille.
— Mais… Tu viens de bâiller dans ma bouche ? s'amuse-t-il.
Je me couvre le visage.
— Désolée ! J'ai pris mon service très tôt aujourd'hui.
Je devais être à l'hôpital à trois heures du matin et je n'ai pas fait de sieste comme je l'avais prévu.
Finn se détache de moi et m'entraîne avec lui, si bien que je suis de nouveau dans ses bras. Il embrasse ma tête.
— Dors, ma luciole !
Il ne me faut pas longtemps pour m'endormir. Quand je me réveille, le soleil brille à travers la fenêtre et Finn me regarde d'un air nerveux.
Je roule sur lui.
— Qu'est-ce qui ne va pas ?
— Rien. Bonjour ! Il me donne un bécot sur les lèvres.
— Bonjour ! Quelle heure est-il ?
— Près de midi.
— Quoi ?! m’écrié-je. Je ne dors jamais jusqu'à midi.
Il s'esclaffe.
— Tu as dû en avoir besoin.
— Depuis combien de temps es-tu debout ?
— Depuis huit heures.
— Tu aurais dû me réveiller, enfin !
Il hausse les épaules.
— Ça m'a donné le temps de réfléchir.
— À propos de quoi ?
— De choses et d’autres...
Je penche la tête.
— C'est assez vague. Tu veux pas être plus précis ?
Ses lèvres tressaillent.
— Je pense que nous avons besoin d'une plus grande douche. Celle-ci est trop petite pour les choses que je veux te faire dedans.
Je ricane.
— C'est pour ça que tu avais l'air si nerveux alors ?
Son visage se décompose.
— Non. Je pensais à tes parents.
Mes tripes se tordent. Je me redresse sur lui.
— Je n'ai pas changé d'avis, Finn. Tout ce que j'ai dit hier soir reste vrai.
Il relâche un soupir d'anxiété.
— J'espère toujours que nous aurons un bon résultat aujourd'hui.
Je ne dis pas un seul mot. Ce n'est pas seulement le fait que Finn soit un O'Malley. Il n'est pas riche. Il ne conduit pas une Audi flambant neuve, n'est pas membre d'un country club et n'a pas de relations pour obtenir des faveurs. Si Finn était Al Capone, et qu'il avait ces choses-là, ma mère regarderait ailleurs.
Mon père est différent. Il n'entend que « O'Malley » et sait ce qu'il voit aux informations. Il s'inquiète pour moi, et c'est ça qui me fait mal. Quant à ma mère, je me suis remise de ses frasques depuis longtemps. Mais mon père me manque et ça fait mal.
Je force un grand sourire et me penche vers le visage de Finn.
— N'oublie pas que tu es à moi, Finn O'Malley ! Bon ou mauvais.
Il sourit, mais la tristesse est là. J'hésite à l'aborder, mais je décide que cela ne fera qu'accroître la tension. Je lui fais une bise sur les lèvres, me décolle de lui et annonce :
— Je vais prendre une douche. S'il te plaît, ouvre l'armoire de ma salle d'eau et sors mon sèche-cheveux !
— C'est notamment pour des trucs comme ça nous avons besoin d'un appart plus grand, affirme-t-il.
Je hausse les épaules.
— J'aime mon cabinet de toilette. Et c'est vrai. Après une semaine passée chez Finn, il a vidé la plus grande armoire de son bureau en s'excusant de ne pas avoir de place dans sa salle de bain. C'était gentil et ça m'a montré qu'il était attentif. Il me voulait ici, et il n'y avait pas de jeu à ce sujet.
Nous nous douchons et utilisons la salle de bains à tour de rôle. C'est vraiment une pièce minuscule. Je peux à peine m'y déplacer. Il n'y a aucune chance que deux d'entre nous y trouvent de la place. Puis nous nous habillons et partons.
Une fois dans la Camaro, je me penche sur le levier de vitesse et me glisse dans les bras de Finn. Il m'embrasse sur le front et nous restons silencieux. Je lui indique la direction à prendre et en quelques minutes, nous nous retrouvons dans l'allée de mes parents.
— Moi et toi ! lui rappelé-je.
Il expire et sort. J'attends qu'il vienne ouvrir ma portière. Il a un truc avec ça, et j'ai appris très tôt que ça l'énerve si je n'attends pas qu’il arrive. C'est une autre chose que j'aime chez lui.
Il me tend la main et je ne la lâche pas. Lorsque nous arrivons devant le porche, mon père ouvre la porte. Son expression affiche un mélange de surprise et d'inquiétude. Il jette un coup d'œil sur moi, sur nos mains, puis sur Finn, avant de se concentrer à nouveau sur moi.
— Brenna ! Je ne savais pas que tu venais.
— Mais ça va, n'est-ce pas ? demandé-je, mes entrailles frémissant.
— Bien sûr que oui. Entrez ! Il recule et Finn lâche ma main, me faisant signe de passer.
Je rentre à l'intérieur et il me suit. J'ai la bouche totalement sèche et j'essaie de me rappeler ce que je voulais dire. Tout ce que je trouve à dire, c'est :
— Papa, voici Finn ! Je voulais que tu le rencontres.
— Monsieur, dit Finn en tendant la main.
Mon pouls s'accélère au fur et à mesure que les secondes s'égrènent sur l'horloge du couloir. Mon père fixe la main de Finn et finit par la prendre.
— Vous pouvez m'appeler Brian.
Ouf. D'accord. Ce n'est pas si mal.
Finn sourit.
— Merci, monsieur... euh, Brian.
La tension monte soudain dans la maisonnée. Je pose ma main sur le dos de Finn pendant que mon père le scrute.
Finn s'exclame :
— Je suis amoureux de votre fille. Je ne laisserai jamais rien lui arriver, et je ne veux pas qu'elle n'ait plus de relation avec vous.
Mon père se balance d’un pied sur l’autre, inspirant profondément, de façon calculée.
— Papa !
Il s'adresse à moi.
— Ta mère est dans la cuisine. Elle est bouleversée par ta dernière visite. Va lui parler ! Finn et moi devons avoir une conversation entre quatre yeux.
— Tout ce que tu dis à Finn, tu peux le faire devant moi, répliqué-je.
Le père ouvre la bouche, mais Finn ajoute :
— Va parler à ta mère ! Ton père a raison.
Mes yeux passent d'un à l'autre. Les yeux de Finn m'implorent de partir, alors je le fais, mais pas avant d'avoir dit :
— Je ne suis ici que parce que Finn veut que j'aie une relation avec vous.
— Et tu ne veux pas ça ? demande papa, ses yeux bleus remplis de douleur.
— Bien sûr que si. Mais je l'aime. Je ne le quitterai pas. Et tu ne le connais pas, alors tant que tu ne lui auras pas accordé une chance, ne prends pas de décision qui nous séparera à jamais !
— Brenna ! prévient Finn à voix basse.
Je ne quitte pas mon père du regard. Il serre la mâchoire et je ne sais pas quoi penser. J'ai toujours su lire en lui, mais là, je n'y arrive pas. Il prononce seulement :
— Va voir ta mère !
J'entre à contrecœur dans la cuisine. Dès que ma mère se retourne après avoir coupé ses légumes, elle braque son regard froid sur moi.
— Alors, tu as largué ce voyou ? Brad a dit qu'il était toujours prêt à te reprendre.
Je gémis intérieurement, me demandant pourquoi je suis venue ici et énervée qu'elle parle encore à Brad alors que j'ai été claire sur le fait que je ne me remettrai jamais avec lui.
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