Les dieux du campus Tome 2 - Sander

F.V. Estyer · Chapitre 25 sur 44

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Les dieux du campus Tome 2 - Sander

24 - Jeremiah

24

 

 

JEREMIAH

 

Je suis tellement sous le choc de tout ce que je viens d’apprendre que je ne parviens pas à réagir lorsque Sander se fait la malle. Il se met debout et court, s’éloignant de moi à toute vitesse. Je cligne des yeux, refoulant les larmes qui menacent de me submerger, puis je me lève à mon tour.

— Sander !

Je crie, mais je ne sais pas s’il m’entend, trop perdu dans sa douleur, dans sa colère.

— Sander !

Jamais il ne ralentit le pas. Et tandis que je vois sa silhouette disparaître dans l’obscurité, je prends l’unique décision possible. Je le suis. Ce soir, il n’y a plus de place pour la fuite ni pour l’hésitation. Je dois le rejoindre. Il s’agit d’un besoin viscéral qui me noue les tripes, alors le rythme de mes pas accélère. Je ne peux pas le laisser seul. Pas maintenant. Pas après tout ce qu’il m’a dit.

La porte de son chalet est ouverte lorsque j’arrive à proximité. Là encore, je ne prends pas le temps de réfléchir avant de grimper les trois marches menant à l’intérieur. Lorsque je pousse la porte et pénètre dans le bâtiment, Sander se tourne vers moi. Ses yeux sont rouges et gonflés, ses cheveux, en vrac. Il me scrute avec une certaine bestialité dans le regard, comme s’il voulait me faire fuir. Je vois le vrai lui, celui qu’il s’efforce de cacher au monde, derrière son sourire constant, ses blagues graveleuses et ses rires sonores. Ce soir, plus rien de tout ça n’existe. Le masque est tombé, pour laisser apparaître un homme brisé, empli de rage, qui souffre tellement qu’il ne parvient plus à se contrôler.

J’avance d’un pas, son regard ancré au mien.

— Va-t’en, murmure-t-il. Tu ne sais absolument pas de quoi je suis capable.

C’est vrai. Je n’en ai aucune idée. Mais s’il croit que ça va m’effrayer et me faire fuir, il ne me connaît pas.

— Peut-être pas. Mais je sais une chose : tu ne me feras jamais de mal.

Sander émet un ricanement sournois.

— Vraiment ? Pourtant, c’est déjà arrivé.

Il a raison. Mais il n’est pas le seul responsable de ça. Moi aussi, je lui ai fait du mal, alors je suppose que nous sommes à égalité.

— C’est vrai. Mais il faut croire que ça n’a pas suffi à m’éloigner.

Sander se rapproche de moi, ses yeux brillent d’une folie dangereuse que je ne sais pas comment arrêter.

— Dégage, Jer. Dégage, putain !

Il crie. D’une voix déchirante qui me file la chair de poule. Mais je ne bouge pas d’un pouce.

— Non.

Je suis déterminé à rester à ses côtés. Des heures s’il le faut. Je suis même prêt à sentir son poing s’enfoncer dans mon visage. Même si une part de moi reste persuadée qu’il n’ira pas jusque-là.

— Qu’est-ce que tu attends de moi, hein ? Qu’est-ce que tu attends de moi ?

Il gronde plus qu’il ne parle, tel un animal blessé qui espère qu’on l’achève, pour ne plus souffrir, pour que tout s’arrête.

— Je veux juste être là pour toi.

L’éclat de rire qui résonne dans la pièce m’arrache un frisson.

— Va te faire foutre, crache-t-il.

— Arrête, soufflé-je. Arrête de me rejeter.

Sander écarquille les yeux, puis les plisse après m’avoir dévisagé un trop long moment, la respiration hachée, les narines dilatées.

— Dernier avertissement, Jer. Va-t’en.

— Sinon quoi ?

Je ne cherche pas à le provoquer, je veux simplement l’obliger à faire face. Se noyer dans ses ténèbres ne lui fera aucun bien, il a besoin d’exorciser son mal. Et si je le laisse seul, j’ai peur de la façon dont il finira. Je peux déjà imaginer ses mains couvertes de sang à force de cogner dans tout ce qui l’entoure. Et s’il se blessait sérieusement ? Peut-être que c’est ce qu’il cherche, après tout. Peut-être que la douleur physique est un moindre mal, comparée à celle qui doit l’accompagner dans sa tête constamment.

Sander avance d’un autre pas. On se retrouve si près l’un de l’autre que nos torses sont pratiquement collés. Puis, avant que je puisse bouger, il m’attrape par les pans de mon blouson et me plaque violemment contre le mur. Le choc me coupe le souffle, mais pas autant que ce que je découvre lorsque mon regard se verrouille au sien. Mêlée à la rage, je distingue une faim que je crève de pouvoir rassasier.

Le silence nous entoure, uniquement perturbé par nos souffles erratiques. Je voudrais parler, mais ma gorge est trop sèche, et mon cœur bat si fort qu’il résonne jusque dans mes tempes. Les doigts de Sander se crispent sur mon blouson. Je me lèche les lèvres, hésitant entre crainte et impatience. Heureusement, je n’attends pas très longtemps. Alors que j’ai l’impression que l’électricité crépitant entre nous va avoir raison de moi, sa bouche percute la mienne. Aussitôt, un gémissement s’échappe de mes lèvres, et Sander en profite pour y glisser sa langue. Cette fois-ci, je ne le repousse pas. Je me noie dans ce baiser. Mes mains agrippent ses hanches pour le plaquer fermement contre moi. Nos langues se caressent, se découvrent, comme si c’était la première fois. Nos lèvres glissent les unes contre les autres. Nos bouches soudées, Sander glisse ses mains sous mon blouson pour me l’ôter. Nos doigts luttent pour nous déshabiller. J’agrippe le bas de son sweat-shirt, n’arrêtant de l’embrasser que le temps de le passer par-dessus sa tête.

Nos mouvements sont empressés. Lorsque nous nous retrouvons torse nu, j’attrape Sander par la nuque pour l’embrasser furieusement. Je plante mes dents dans sa lèvre inférieure avant de la lécher, aimant le grognement qui s’échappe de sa gorge. Ses mains découvrent mon corps : mon torse, mes flancs, mes abdos. Il se rue contre moi et son érection s’enfonce dans mon ventre. Je saisis ses cheveux et rejette la tête en arrière, laissant sa langue glisser le long de ma mâchoire puis de ma gorge. Il aspire ma pomme d’Adam, mord ma peau. Je gémis. Un son rauque de plaisir pur.

Sa bouche s’empare de nouveau de la mienne, de manière intense. J’enfouis une main entre nos corps pour trouver le bouton de son jean avant de plonger à l’intérieur de son boxer. Sander gémit lorsque mon poing se referme autour de son membre. Puis il recule, cherche mon regard. Lorsqu’il le trouve, il ne le lâche plus. Je me perds dans ses iris d’un vert intense.

Il saisit mon menton et me scrute avec gravité.

— Si tu veux te rétracter, Jer, c’est maintenant ou jamais.

Je déglutis, mon corps est parcouru de frissons brûlants. Jamais. Je sais qu’il craint que je me défile, et je ne peux pas lui en tenir rigueur. Mais pas ce soir. Pas maintenant. Pas alors que mon corps brûle qu’il me touche, hurle qu’il me prenne. Je veux le sentir en moi. Je veux me perdre en lui et le laisser se perdre en moi. Je veux tout. Tout et plus encore.

— Non.

Ma voix est rauque, le mot m’échappant presque comme une supplication. Un sourire insolent recourbe ses lèvres, puis il agrippe mes cheveux tout en plaquant sa queue érigée contre la mienne, encore dans mon jean. Son souffle contre mon oreille est chaud, lorsqu’il murmure :

— Je vais te baiser, Jeremiah. Vite et fort.

Je suis sur le point de me liquéfier. Jeremiah. Depuis combien de temps ne m’a-t-il pas appelé ainsi ? Le simple fait de l’entendre prononcer mon prénom complet, c’est comme s’il avait appuyé sur un interrupteur que je pensais cassé. J’attrape sa gorge et tire Sander contre moi. Nos bouches se percutent de nouveau, puis il saisit ma taille et m’incite à faire volte-face. Je me retrouve face au mur, les paumes en appui sur le bois. La langue de Sander glisse le long de mes épaules nues, de ma colonne vertébrale. Je me cambre en gémissant, me frottant contre son érection. Il ricane avant de planter ses dents dans mon épaule. Ses mains s’enroulent autour de ma taille puis défont mon pantalon, qu’il baisse en même temps que mon boxer jusqu’à mes chevilles. Sa main caresse mon dos.

— Tellement magnifique, souffle-t-il.

Je tourne la tête et le vois cracher sur ses doigts. Je me tends, anticipant ce qui va suivre. Je ravale un cri lorsque ses doigts me pénètrent. Puis je me pousse contre lui. Son bras enlace ma taille et nous nous embrassons encore, avec fièvre. Sans jamais qu’il cesse d’aller et venir en moi.

Nos grognements emplissent la pièce. Je saisis ma queue, mon gland suinte déjà, je récolte le liquide préséminal pour faciliter le glissement de mon poing. La main de Sander remplace rapidement la mienne, il me caresse au rythme de ses doigts qui vont et viennent en moi.

— Baise-moi, Sander, soufflé-je entre deux baisers.

Il sourit, d’une manière presque douce, cette fois.

Je ravale un soupir de frustration lorsqu’il ôte ses doigts, mais je n’ai pas le temps de râler qu’il m’oblige à me retourner de nouveau, plaquant son corps puissant contre le mien. Nous ondulons ensemble, frottant nos queues l’une contre l’autre. Bordel de merde ! C’est tellement bon que je pourrais crever. Pourtant, ce n’est pas assez. Je veux qu’il me remplisse, que nous fusionnions, ne plus savoir où lui commence et où je finis. Peut-être est-il dans le même état que moi, parce qu’il saisit mon poignet pour me tirer vers le lit. Je manque de me casser la figure en voulant avancer, et baisse la tête vers mon jean toujours autour de mes chevilles.

Sander ricane tandis que je me libère, puis il se plante à nouveau devant moi pour m’embrasser sauvagement. Il aspire ma lèvre entre ses dents, tandis que ses mains agrippent mon cul.

— J’ai tellement envie de toi, souffle-t-il contre ma bouche.

— Vraiment ? Alors montre-moi à quel point

Son regard s’enflamme, il attrape ma main et court presque jusqu’au lit avant de me pousser dessus sans douceur. Je m’écroule sur le matelas, et commence à me masturber tout en observant Sander finir de se déshabiller. Son corps est la perfection incarnée. Des épaules larges, des abdominaux tracés, des cuisses épaisses parsemées de poils clairs, une queue veinée pointant vers le ciel. Je crève d’envie de la goûter, de lécher son gland et de refermer mes lèvres autour de sa longueur.

— Tu es en train de penser à ma bite dans ta bouche, hein ? déclare Sander en souriant.

Je lui rends son sourire en hochant la tête.

— Dommage, il va falloir attendre la prochaine fois.

La prochaine fois. L’idée qu’il envisage déjà de recommencer fait battre mon cœur un peu trop vite. Parce qu’une des raisons de mon refus de me laisser aller avec lui était la crainte de n’être qu’un homme de plus parmi la longue liste de ceux qui ont partagé son lit. Cela dit, peut-être qu’il compte juste profiter des quelques jours qu’il nous reste ici pour s’envoyer en l’air avec moi à plusieurs reprises.

— Qu’est-ce qui t’arrive ?

La voix de Sander me ramène à la réalité.

— Rien. Rien du tout.

Comme pour appuyer mes propos, je tends le bras pour l’inviter à me rejoindre.

— Viens.

Son sourire réapparaît, tout comme son regard brûlant qui va finir par me consumer tout entier. La façon dont il me mate, comme si j’étais une œuvre d’art qu’il rêvait de posséder, crée un incendie au creux de mes reins.

— Tu es trop impatient… Attends.

Il fouille dans un coffre en bois qui trône dans un coin de la pièce, et sort une boîte de capotes entamée ainsi qu’un sachet de gel.

— Tu as tout prévu, à ce que je vois.

— Tu ne crois tout de même pas que tu es le premier mec que je baise dans ce chalet ?

Ses paroles m’ébranlent, même si je refuse de le lui montrer. Non. Mais j’aimerais être le dernier. Je garde cependant cette réponse pour moi. Je me contente de l’observer tandis qu’il déroule la capote sur son érection.

Le matelas s’enfonce lorsqu’il pose un genou sur le lit. Il se penche et lèche ma queue sur toute sa longueur. Un long gémissement s’échappe de mes lèvres et j’agrippe la couette tandis que sa langue s’enroule autour de mon gland. Hélas, ça ne dure pas.

— Retourne-toi, m’intime-t-il.

J’obéis, envoûté par sa voix rauque, emplie d’un désir primal. Son souffle contre mon entrée lorsqu’il écarte mes fesses m’arrache un frisson. Je baisse la tête et halète sous ses doigts lubrifiés qui me pénètrent de nouveau. Il en ajoute un troisième, me préparant. Puis les remplace par son gland.

— Tu es prêt ?

J’ai du mal à parler, ma voix est à peine un murmure lorsque je réponds :

— Ouais.

— Vite et fort, Jeremiah. N’oublie pas.

— Je suis prêt, putain. Baise-moi.

Malgré mon appréhension, et malgré le fait que je n’ai connu aucun homme depuis le lycée, je n’attends que ça.

Lorsqu’il s’enfonce en moi d’un coup, je rejette la tête en arrière et laisse échapper un cri de plaisir. Il reste immobile quelques secondes, puis commence à bouger. Rapidement, tout devient flou. Mes doigts enfoncés dans la couette, les siens plantés dans ma chair, je le laisse me baiser, réclamant plus, plus fort, plus vite.

Il délaisse ma hanche, sa main remonte le long de mon torse avant de s’enrouler autour de ma gorge. Il m’oblige à me redresser, et c’est son torse humide contre mon dos qu’il continue à me pilonner. Je ferme les yeux, perdant la notion de l’espace et du temps. Je suis projeté dans un univers où rien d’autre n’existe que nos peaux claquant l’une contre l’autre, que nos grognements, que nos prénoms répétés telle une prière tandis que nous nous perdons dans l’instant.

— Caresse-toi, murmure Sander contre mon oreille avant d’en aspirer le lobe.

Je m’exécute, agrippant ma queue dans un poing serré, me masturbant rapidement. Notre rythme devient de plus en plus erratique. Une odeur de sueur et de sexe nous entoure. Nos corps soudés, je m’arque sous ses coups de reins de plus en plus violents. Il me repousse alors contre le lit et me fait pivoter. Je me retrouve allongé sur le dos, mon souffle court, tandis que Sander se débarrasse de la capote. J’admire ses doigts refermés autour de son membre et gémis lorsqu’il jouit, déversant son sperme sur mon torse. Puis il attrape mon érection et me branle rapidement, jusqu’à ce que tous mes muscles se tendent et que l’orgasme me transperce de plein fouet. Après que j’ai éjaculé sur sa main et sa peau, Sander se laisse tomber sur moi.

Nos bouches se retrouvent, mais notre faim désormais assouvie, notre baiser est lent, presque trop intime pour mon cœur qui menace d’exploser.

Nous finissons par nous séparer et nous retrouvons à scruter le plafond, cherchant à reprendre une respiration régulière.

— Jer ? murmure Sander après un long moment.

— Ouais ?

Voyant qu’il ne répond pas, je tourne la tête vers lui. Lorsque je croise son regard vert, je constate que la douleur a disparu, laissant place à de l’apaisement.

— Est-ce que… est-ce que tu veux bien rester encore un peu ?

Je déglutis en entendant sa voix presque trop timide, puis je hoche la tête.

— Bien sûr. Autant de temps que tu voudras.

Dans ce chalet au milieu du camp, tandis que nos doigts se frôlent et s’entremêlent, un nouvel espoir naît en moi. Mais je prie pour ne pas me casser la gueule.

Nous restons si longtemps sans parler que je me demande si Sander s’est endormi. Mais lorsque je tourne la tête vers lui, je constate que ses yeux sont toujours ouverts. Je me tourne dans sa direction, attendant qu’il se rende compte que je l’observe.

— Qu’est-ce qui t’arrive ? demande-t-il finalement, sans jamais quitter le plafond des yeux.

Tout à coup, je me trouve à court de mots. Pourtant, il y a tant de choses que j’aimerais lui dire. Mais tout ce qui sort de ma bouche est un :

— Merci.

Il délaisse enfin le plafond pour se tourner vers moi.

— Merci pour quoi ? Pour t’avoir super bien baisé ?

Un sourire ourle ses lèvres, et je ricane.

— Ouais, pour ça aussi, clairement.

Autant être honnête, ce que j’ai ressenti ce soir, Sander enfoncé en moi, cette connexion plus profonde que nos corps emboîtés… Je n’ai jamais connu ça. Même si j’ai flippé au début, et pas uniquement parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas couché avec un homme, mais parce que c’est lui. Ce mec pour qui je craque depuis des mois, celui que j’ai rejeté, avant de rendre les armes.

Sander se positionne sur le côté, puis pose sa tête sur sa main.

— De rien, tout le plaisir était pour moi.

Mon regard s’arrête sur ses lèvres, avec une furieuse envie de me redresser pour l’embrasser. Comme s’il l’avait deviné, il se penche sur moi, ôte ses doigts des miens pour caresser ma joue, mon front, avant de poser ses lèvres contre les miennes dans le plus doux des baisers.

Lorsqu’il recule, je verrouille mon regard au sien, et une émotion soudaine m’étreint si fort que mon cœur se retrouve compressé.

— Merci de m’avoir raconté pour Parker, soufflé-je.

Merci de t’être confié à moi. De m’avoir prouvé que tu me faisais confiance, malgré tout, malgré ce qui s’est passé, malgré la manière dont je t’ai traité. Je voudrais lui dire tout ça, mais j’en suis incapable, alors je me contente du plus important.

Sander glisse ses doigts dans mes cheveux et commence à jouer avec.

— Ça m’a fait du bien, tu sais, de pouvoir partager ça avec toi.

— Moi aussi. Et je suis désolé. Pour tout ce qu’il a vécu, tout ce que toi, tu as vécu.

Sander sourit. Un sourire lointain, comme si mes mots l’avaient projeté dans un passé en compagnie de Parker.

— Ça fait toujours mal, tu sais ? Je pensais que je finirais par oublier, mais même des années après, ça reste compliqué à gérer. Il était… mon meilleur ami, surtout.

Je souris puis tends le bras, saisis sa nuque pour ramener Sander contre moi. Je n’ai pas envie qu’il se noie dans la tristesse. Pas ce soir, pas après ce que nous avons vécu. Alors je l’embrasse, espérant qu’il se perde dans notre étreinte. Rapidement nos lèvres humides glissent les unes contre les autres, jusqu’à ce qu’il pose la tête contre mon torse, ses doigts caressant distraitement mon avant-bras.

— Pourquoi cette passion pour le hockey ? cherche-t-il à savoir.

Sa question me surprend, mais je comprends rapidement qu’il aspire à retrouver une atmosphère plus détendue tout en voulant en apprendre plus sur moi, ce qui me touche plus que je ne l’aurais pensé.

— À cause de mon oncle, qui a été comme un père pour moi pendant longtemps. Il habite à Vancouver. Quand ma mère m’a emmené là-bas pour la première fois, j’ai découvert ce que c’est de patiner.

Je repense au sourire de ma mère lorsqu’elle m’a vu sur des patins. C’était les seules vacances qu’elle s’octroyait, quelques jours pour se reposer, pour passer du temps avec son frère, et aussi, je crois, pour qu’il puisse s’occuper de moi.

— Elle bossait beaucoup, elle cumulait plusieurs boulots, et j’étais une vraie boule d’énergie quand j’étais gamin. Que je passe du temps avec mon oncle lui permettait de souffler un peu, et moi, j’étais content d’avoir une figure paternelle pour s’occuper de moi.

Je ne sais pas pourquoi je raconte tout ça à Sander. Sans doute parce que, moi aussi, j’ai envie qu’il me connaisse mieux.

Nous continuons à discuter, de ma mère, de son nouveau mari avec qui je m’entends très bien et envers qui je suis reconnaissant de l’avoir rendue heureuse et épanouie, puis de hockey, de football aussi. Nous parlons jusqu’à ce que le sommeil devienne trop lourd pour être ignoré. Le silence nous enveloppe de nouveau, et je ferme les yeux, bercé par la respiration régulière de Sander, impatient d’être demain et de me réveiller avec cet homme à mes côtés.

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