Les dieux du campus Tome 2 - Sander

F.V. Estyer · Chapitre 44 sur 44

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Les dieux du campus Tome 2 - Sander

Épilogue - Sander

Épilogue

 

 

SANDER

 

Une fois ma voiture garée dans l’enceinte du camp de vacances Campbell, je sors de l’habitacle pour aller fermer la barrière. Et là, j’inspire à pleins poumons. Cet endroit est mon havre de paix, là où je me sens le plus chez moi. Un jour, je rachèterai le complexe à mes parents, ils ne viennent jamais, de toute façon.

Au mois de juillet, le Tennessee est plus beau que jamais, et le camp ne fait pas exception à la règle. En roulant sur mon quad en direction du chalet principal, j’en profite pour admirer le lac qui scintille au soleil, noyé dans un océan de verdure. C’est ici que je me vois passer ma vie, et même si je ne sais pas encore si ça sera possible, ce but me fait avancer tous les jours un peu plus.

Je contourne l’habitation principale et gare le quad aux côtés de tous les autres véhicules tout-terrain. Passant par l’entrée secondaire, je monte l’escalier jusqu’à la cuisine, range les clés du quad et me dirige vers la terrasse dont les portes-fenêtres sont ouvertes.

Je m’arrête sur le seuil et admire cette vue dont je ne me lasserai jamais. Je ne parle plus du lac, mais de Jeremiah qui se prélasse sur un transat, vêtu uniquement d’un short de bain. Il est au téléphone et je me satisfais parfaitement de ne pas le déranger et de l’admirer de loin sans qu’il en sache rien. Chaque fois que je le regarde, sa beauté me subjugue. Mon admiration est accompagnée d’un sentiment de possessivité puissant. Ce mec est à moi autant que je suis à lui, ce dont je ne reviens toujours pas.

Depuis mon lieu d’observation, des bribes de conversation me parviennent. Je comprends très vite qui est la personne au téléphone.

— C’est génial, Greg, je suis content pour toi, lance Jer. Passe de bonnes vacances et, n’oublie pas, si tu as un problème, tu peux m’appeler.

J’attends que Jeremiah raccroche pour me détacher des portes-fenêtres et avancer vers lui.

— Ça fait longtemps que tu es là ?

— Assez longtemps pour reluquer ton corps d’Apollon.

— Pervers.

— Avec toi ? Toujours.

Il ricane et se décale un peu sur le transat pour me faire de la place.

— Comment va Greg ?

Il est toujours resté proche de ce jeune que nous accompagnons à la P. B. Foundation.

— Il va bien. Il part en vacances au Mexique avec sa mère, la meilleure amie de sa mère et sa fille. Il a un crush sur la fille, je lui ai dit que c’était l’occasion ou jamais pour tenter quelque chose.

— Tu joues les entremetteurs, maintenant ?

Il se tourne vers moi, plante son regard dans le mien.

— J’ai appris cette année que la vie est trop courte pour ne pas prendre de risques. Si je peux partager un peu de cette sagesse chèrement acquise autour de moi, je ne vais pas me gêner.

Il a raison. On a tous les deux payé le prix fort cette année pour comprendre à quel point il faut faire en sorte que chaque jour compte. C’est d’ailleurs ce que nous nous employons à mettre en pratique depuis notre arrivée au camp où nous allons passer notre mois de juillet. Ce moment à deux, rien qu’à deux, on l’a bien mérité ; et on compte bien en profiter.

— Comment s’est passée ta séance ? me demande-t-il après un moment de silence.

Ma psy m’a mis en contact avec une association qui fait de la thérapie équine dans le coin. Elle voulait que j’essaie pour pouvoir poursuivre plus tard, à Saint-Louis, si ça me convient. Je réfléchis longuement à la question posée par Jer. À tel point qu’il finit par en tirer ses propres conclusions.

— Si mal que ça ?

— Non, justement. Mieux que ce que j’imaginais. Et ça me perturbe un peu.

— Pourquoi ?

— Je ne sais pas. Je ne pensais pas être suffisamment agile pour ça et il s’avère que je me suis plutôt bien débrouillé pour une première fois. Là-haut, je n’ai pas le choix que de contrôler mes émotions. Le cheval compte sur moi, en quelque sorte. Et en même temps, je suis quand même obligé de lâcher prise, c’est très déstabilisant.

Jer me dévisage longuement avant de reporter son regard sur le lac.

— C’est plutôt positif, alors ?

— Bien plus que la poterie et la musique.

— Tu oublies le type qui voulait que tu embrasses des arbres. Par contre, je suis pour que tu continues la poterie, ajoute-t-il avec un clin d’œil.

J’éclate de rire. Ma psy m’a branché avec tout un tas de thérapies alternatives ces derniers mois et je dois reconnaître qu’elles n’ont pas toutes fonctionné. Cela dit, je ne me suis jamais senti aussi bien que depuis mon altercation au match de hockey de Jer. Et tout ça sans médicaments me transformant en zombie. Alors même si j’essaie un tas de trucs bizarres, c’est une réussite pour moi.

— On va piquer une tête ? proposé-je. Il fait chaud et tu es déjà en tenue.

Il hoche la tête et me sourit. Tous les jours de ma vie, j’aimerais être baigné par ce genre de sourire.

Allongé au soleil sur la plateforme qui flotte au milieu du lac, Jer a la tête posée sur mon torse et son bras enserre lâchement ma taille. Je crois qu’il s’est endormi. Le nez dans ses cheveux, je respire à pleins poumons. Le ciel est d’un bleu intense et en me laissant bercer par le doux clapotis de l’eau, je prends conscience que je n’ai jamais été aussi heureux.

Dans ce lieu où je me suis toujours senti chez moi, avec l’homme que j’aime dans mes bras, je ne crains plus l’avenir ni ce qu’il pourra se passer. Je sais que quoi qu’il arrive, on traversera les épreuves ensemble. À deux, on est plus forts. Avec Jer à mes côtés, je me sens si puissant que je pourrai abattre les montagnes qui se présenteront à nous.

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