Les dieux du campus Tome 2 - Sander
25 - Sander
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SANDER
Lorsque j’ouvre un œil, que je referme aussitôt, je remarque que la lumière a déjà envahi le chalet. Je sais par expérience qu’il est déjà tard, le soleil ne rentre jamais par les fenêtres de cette façon avant une heure avancée de la journée. Seulement, je n’ai aucune envie d’ouvrir complètement les paupières pour vérifier l’heure sur mon téléphone. Je perçois vaguement la respiration de Jeremiah près de moi et j’ai cette trouille un peu ridicule qu’il ne soit plus là si je décide de me réveiller complètement. Que sa chaleur de l’autre côté du lit ne soit que le fruit de mon imagination très fertile. Je sais que je lui ai demandé de rester hier soir, mais ça ne veut pas dire qu’il s’est attardé plus longtemps qu’il ne le jugeait nécessaire. Certes, il était là quand je l’ai réveillé dans la nuit, à la recherche de sa bouche, désireux d’entendre de nouveau ses cris de jouissance dont je ne suis pas sûr de pouvoir me passer désormais, mais il pourrait avoir filé depuis.
Après de longues minutes à me délecter des images passant dans ma tête, je sens une main glisser sur mon torse. J’ai peut-être une imagination débordante, mais si celle-ci commence à me faire inventer les caresses de Jer, c’est que je deviens vraiment dingue. Décidant que ce n’est pas le cas, j’ouvre brusquement les paupières et tourne la tête vers lui. Il est bien là, en chair et en os ! Je pourrais me délecter de cette vision toute la journée – voire beaucoup plus longtemps que ça. Il est tourné sur le côté et me sourit, ses grands yeux bleus éclairés d’une lueur que je n’arrive pas à interpréter. Puis, je comprends ce qui me perturbe. Le soupçon de défiance et de regret que j’y voyais auparavant a disparu. Il semble content de l’endroit où il se trouve, et ce constat me fait ouvrir de grands yeux ébahis.
— Tu as l’air surpris, remarque-t-il.
Sa voix est délicieusement rauque, j’aimerais pouvoir l’enregistrer pour la réécouter plus tard.
— Tu es resté, expliqué-je.
— Tu me l’as demandé.
Je hoche la tête, essayant de me concentrer sur ce que je voulais dire alors que ses doigts tracent des cercles sur mes pectoraux.
— J’avoue que je pensais que tu serais reparti avant que tout le monde se lève…
Il a un sursaut presque imperceptible. Si je n’avais pas eu sa main sur mon torse, je ne l’aurais pas senti. Ses caresses se sont interrompues pendant moins d’une seconde avant de reprendre comme si de rien n’était.
— Il est tard ? demande-t-il alors.
Je tends mon bras sur la gauche pour attraper mon téléphone portable à tâtons. Je découvre deux appels manqués de Nyx sur l’écran. La connaissant, elle a sûrement déjà additionné deux plus deux concernant Jer et moi. Je ne dis rien à ce dernier, de peur qu’il ne flippe et se sauve en courant une fois de plus. Je ne sais pas du tout de quoi « l’après » sera fait, mais je voudrais profiter un peu de ces moments de sérénité entre nous. Je repose mon téléphone sur la table de chevet avant de tourner encore une fois la tête vers Jeremiah.
— Il est presque midi…
De nouveau, ses doigts interrompent brièvement leur danse sur ma peau. J’attends sa réaction, pas certain de l’apprécier.
— Je sortirai par la fenêtre de la salle de bains, finit-il par dire en haussant les épaules. Et je dirai que je me suis fait attaquer par un autre serpent dans les bois.
J’essaie de ne pas me focaliser sur le coup à l’estomac que sa nonchalance me provoque et décide de remettre à plus tard la conversation que nous devrons avoir sur le sujet. Mettre la tête dans le sable, ça fonctionne pour les autruches, pourquoi pas pour Sander Campbell ?
— Toi, tu n’as pas vu la taille des fenêtres de la salle de bains ! Jamais tes épaules ne passeront.
J’espère que ma voix ne me trahit pas quand je choisis de plaisanter pour masquer mon trouble.
Sa main glisse jusqu’à mon épaule pour venir se placer autour de ma nuque. Jer se rapproche légèrement avant de m’attirer à lui. Il s’empare de mes lèvres, insinue sa langue dans ma bouche en un baiser d’une douceur qui me ferait presque trembler. Je veux plus de matins comme ça, plus de nuits avec lui, de réveils à ses côtés, de conversations sur l’oreiller. Plus de lui, tout simplement. Il finit par me relâcher et je me liquéfie devant ce sourire sexy plein d’assurance qu’il ne m’avait jamais offert avant.
— Et si on prenait une douche ? Tu pourrais me montrer les fenêtres de la salle de bains.
Je suis tellement surpris par sa proposition, par le fait qu’il veuille encore passer quelques moments avec moi, que je reste interdit, incapable de réagir. Je mets si longtemps à me reprendre qu’il finit par se détacher de moi pour se lever.
— Non ? OK, alors je vais aller me doucher seul !
Il commence à se diriger en direction de la petite pièce. Il n’a pas fait trois pas que je me précipite à sa suite. J’aurais aimé en profiter pour continuer de mater son corps d’Apollon, mais hors de question de laisser filer ce Jeremiah sûr de lui et entreprenant que je n’aurais jamais cru connaître un jour.
Je le rattrape alors qu’il ouvre la porte et me colle à lui. Mon érection matinale, que son baiser a réveillée, se colle contre son cul rebondi.
— J’ai cru que tu ne te lèverais jamais, me taquine-t-il.
Je secoue la tête en avançant vers la grande cabine de douche. On pourrait se laver à quatre là-dedans, nous n’aurons donc aucun mal à tenir tous les deux malgré nos carrures athlétiques.
J’ouvre le robinet de la première tête de douche pour que l’eau se réchauffe.
— Tu croyais vraiment que j’allais rester au lit en te sachant nu juste à côté ?
J’actionne ensuite l’eau de la deuxième tête de douche avant de me glisser sous le jet chaud de la première. Je regarde Jer, qui n’est toujours pas entré dans la cabine. Je lève un sourcil comme pour lui dire « Qu’est-ce que tu attends, bordel ? », et il se marre devant mon impatience.
— J’étais seulement en train d’essayer de comprendre l’intérêt d’avoir deux têtes de douche l’une en face de l’autre.
— L’intérêt ?
Je me penche, attrape sa main et l’attire sous le deuxième jet face à moi. Ainsi, nous ruisselons tous les deux d’eau, sans pour autant nous noyer. Bonus, Jeremiah est juste à portée de mes mains, qui se posent sur ses hanches. Je hausse les épaules, plutôt fier de ma petite démonstration.
— Merci de me démontrer que tu as baisé tellement de mecs dans ton chalet que la cabine de douche a été conçue pour ça, grogne-t-il.
— Jaloux, Jeremiah ?
— Je n’ai surtout pas envie d’être une encoche de plus sur ta tête de lit, explique-t-il.
Je me radoucis instantanément. Je le plaque un peu plus contre moi, mes doigts glissant au bas de son dos avant de reposer sur le haut de ses fesses.
— Si c’était le cas, je ne t’aurais jamais demandé de rester hier soir.
Il plante son regard dans le mien comme s’il cherchait à cerner si je suis sérieux ou non. A priori rassuré par ce qu’il y lit, ses lèvres s’incurvent dans un sourire qui illumine son visage. Comment ce mec peut-il être aussi beau ?
Il cherche à se rapprocher davantage, mais je le repousse de quelques centimètres et attrape le gel douche.
— Laisse-moi m’occuper de toi, déjà, murmuré-je.
Je verse une généreuse quantité de savon dans mes mains, les frotte l’une contre l’autre avant de les poser sur son torse. Je commence à masser sa peau en faisant des cercles lents. Je prends mon temps, caresse ses abdos avant de m’arrêter juste là où sa queue déjà dure repose. Je remonte sur ses bras, ses épaules, redescends le long de ses flancs jusqu’à ses cuisses. Je fais durer le plaisir, ne le touche jamais là où je sais qu’il en crève d’envie.
Un grognement de frustration s’échappe de ses lèvres entrouvertes quand j’effleure son sexe tendu avant de glisser mes mains dans son dos. Mes paumes passent sur ses fesses et je laisse courir mes doigts pleins de mousse le long de sa fente. Il se crispe légèrement lorsque je caresse doucement son entrée. J’aurais pu manquer sa réaction si son corps n’était pas collé au mien.
— Tu as mal ?
— Un peu.
J’ai un mouvement de recul dont je n’ai conscience qu’à l’instant où Jer me retient contre lui.
— T’inquiète pas, ça va aller. Ça faisait longtemps, c’est tout.
— Combien de temps ? demandé-je, penaud.
Il hausse les épaules comme si ça n’avait pas d’importance, avant de répondre :
— Depuis le lycée.
Je ferme les yeux, incapable d’affronter son regard.
— J’aurais dû y aller plus doucement…
— Sûrement pas, rétorque-t-il farouchement. C’était parfait.
Il pose ses doigts sous mon menton, me force à relever la tête.
— Je n’aurais pas voulu que ce soit autrement, ajoute-t-il avant de s’emparer lui aussi du gel douche. À mon tour de te torturer un peu.
Son sourire me rassure, je le laisse m’infliger le même traitement que celui que je lui ai fait subir il y a quelques minutes. Je finis par fermer les yeux pour savourer plus intensément la sensation de ses paumes sur mon corps, de ses doigts sur ma peau. Je me délecte de le sentir si proche de moi, de ressentir son envie de me faire du bien, son besoin de moi.
Je grogne à mon tour quand la pulpe de ses doigts frôle la base de ma queue pour la énième fois, ce qui a sans doute raison de sa retenue. Une main accrochée à mon cul, il s’empare de nos sexes érigés dans sa paume savonneuse. Je pousse un râle à la frontière entre soulagement et impatience. Il coulisse de haut en bas. Je le laisse mener la danse pendant un moment, la tête penchée en arrière sous le jet d’eau. Ma respiration s’accélère. Les yeux toujours fermés, je sens le souffle de Jer sur mes lèvres. Nos bouches se percutent comme si elles se connaissaient depuis toujours. Quand sa langue se glisse entre mes lèvres, je rue dans sa paume.
Les va-et-vient de sa main ne s’arrêtent pas et se combinent à ceux de ma queue contre la sienne. Sa paume, son sexe contre le mien, mes coups de reins de plus en plus effrénés, sa bouche qui danse avec la mienne… Les sensations sont d’une intensité telle que je jouis en quelques minutes, en poussant un cri à réveiller tout le camp. Jeremiah me rejoint quelques secondes plus tard, nos spermes se mélangeant sur sa main, sur nos ventres, avant de disparaître sous l’eau des douches toujours allumées.
Je ne sais pas combien de temps nous passons dans les bras l’un de l’autre, front contre front. Une pensée me tétanise toutefois : je voudrais que ça ne s’arrête jamais, que chaque jour soit fait de moments comme ça, et je ne suis pas certain que ce soit ce que Jer veuille. Encore moins qu’il soit prêt pour ça.
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