L’éternité c’est compliqué
Chapitre 7
Le jeudi matin, Paige ne m’attendait pas devant mon casier. Mais Jayden, oui. Son pantalon large ne semblait tenir que par sa seule volonté et une odeur âcre émanait de son tee-shirt des Ravens.
L’air endormi, il était appuyé contre le casier voisin du mien.
— Salut !
Surprise par sa présence, je me contentai de lui sourire.
— Je voulais juste te dire que je connais Hunger Games, annonça-t-il. (Un sourire éclaira son visage enfantin.) Contrairement à ce que pense Paige, je ne suis pas estúpido. (Il fourra les mains dans les poches de son jean et plissa le nez.) Alors, euh… j’ai entendu dire que Rider et toi aviez un passé particulier…
Haussant les sourcils, je fermai la porte de mon casier tout en le dévisageant. Je ne savais pas quoi lui répondre, ni même de quoi Jayden était au courant. Étant donné que sa grand-mère avait recueilli Rider, Jayden et Hector étaient sans doute dans la confidence, mais Rider leur avait-il tout raconté ?
— Je trouve ça cool que tu sois sortie de ce merdier. Que tu aies été adoptée. Mon abuelita, ma grand-mère, aimerait l’adopter, mais l’État arrêterait de la payer, tu vois ? (Les yeux rivés sur le plafond, il se balança d’avant en arrière.) J’ai entendu et vu des choses assez horribles. Je ne comprends pas comment Rider a réussi à s’en sortir.
Je me crispai. Moi, les choses horribles, je les avais vécues.
— Ce que je veux dire, c’est que Rider… il est cool. (Jayden haussa les épaules et baissa les yeux.) Bien mieux que d’autres types qui ont vécu chez mon abuelita. Il n’a jamais profité de la situation ni rien. Il est comme un second grand frère que je n’ai pas demandé à avoir.
Un sourire éclaira son visage.
— Il peut se montrer… (Le rouge me monta aux joues.) Il peut se montrer très… protecteur.
Bouche bée, Jayden écarquilla les yeux. Je m’empourprai de plus belle et pinçai les lèvres.
— Euh. C’est la première fois que je t’entends parler.
Il s’écarta du casier et s’approcha de moi. Plus petit que Rider et Hector, il était légèrement plus grand que moi. Cela faisait du bien de ne pas avoir à me démonter le cou.
— Cool. Je suis discret, moi aussi.
Je haussai un sourcil.
Il rit.
— Bon, d’accord. Je ne suis pas discret. Il y a ma photo sur le contraire de discret sur Wikipedia. Mais ce n’est pas grave. On peut s’entendre quand même… comme le citron et la tequila. Je compenserai ton manque de causerie et vice versa. (Il me donna un coup de coude.) Le duo parfait !
Le sourire réapparut sur mon visage. Je ne le connaissais pas vraiment, mais je l’aimais bien. Il était mignon et charmant, et la gentillesse dont il faisait preuve lui faisait gagner des points. Il me parla d’un match de foot qui aurait lieu ce week-end, puis on se sépara devant les escaliers. Je ne le vis plus de toute la matinée. Pas même au moment d’entrer dans la cantine, même si j’étais bien loin de penser à lui lorsque j’en franchis les portes.
Keira était assise à la même table que la veille et la place à côté d’elle était libre. Elle était arrivée en retard en cours d’anglais et s’était pressée de partir lorsque la sonnerie avait retenti. Je n’avais pas eu le temps de lui parler. Je n’avais pas non plus vu Rider et j’ignorais s’il comptait apparaître par surprise et m’enlever encore une fois.
Et si Keira avait changé d’avis ?
Et si elle me repoussait lorsque je m’approcherais ?
C’était idiot de penser une chose pareille, mais j’avais l’impression que tout était possible.
Pendant que je me dirigeais vers la queue en essayant de deviner ce qui était au menu, car ce que je venais de voir sur l’assiette d’un garçon ne ressemblait pas du tout au poulet rôti prévu, Keira releva la tête et me fit signe.
Le soulagement faillit me couper les jambes. Si elle me faisait signe de la main, cela voulait dire qu’elle n’allait pas me repousser. Mon sourire devait faire peur à voir. Je me dépêchai d’avancer dans la file sans me soucier que la chose qu’on venait de verser dans mon assiette sente le poisson et non le poulet. Mes mains tremblaient contre le plateau.
Lorsque je fis face à la cantine, je regrettai que Rider ne soit pas venu m’enlever encore une fois.
À cette pensée, l’espoir qu’il n’était pas trop tard m’envahit, mais je le repoussai. C’était mal de ressentir un tel besoin. Dépendre de lui était une mauvaise idée et ce n’était pas ce que je voulais. Je resserrai ma prise sur le plateau et carrai les épaules. Mon estomac se noua, laissant peu de place pour l’appétit.
Je peux le faire.
Prenant une grande inspiration, je me résignai à avancer. Je fis deux pas vers la table avant de la contourner pour aller du même côté que Keira. C’est sans doute la chose la plus difficile que j’avais jamais faite. Les gens levaient la tête de leur portable pour m’observer. Leurs yeux brillaient de curiosité et de confusion et le poids de leurs regards alourdissait chacun de mes pas. La panique m’enserra la poitrine lorsque j’entendis une fille murmurer à sa voisine. C’est alors que Keira leva la tête vers moi.
Le temps sembla s’arrêter.
Puis un énorme sourire étira ses lèvres.
— Coucou ! Je t’ai gardé une place !
Elle désigna la chaise à côté d’elle.
Un bourdonnement emplissait mes oreilles, comme si une ruche s’était vidée à l’intérieur de moi. Il me fallut faire appel à toute ma concentration pour poser mon plateau sur la table sans rien renverser et m’asseoir sans trébucher. Lorsque mes fesses touchèrent enfin la chaise en plastique, j’eus l’impression d’avoir gravi l’Everest.
— Je vous présente Mallory Dodge. Tu t’appelles bien Dodge, pas vrai ? me demanda-t-elle.
Ses yeux sombres brillaient dans la lumière des néons.
Je hochai la tête et tentai de lui adresser un sourire qui ne donnerait pas envie aux gens de courir mettre leurs enfants à l’abri.
— Mallory est avec moi en anglais et en expression orale. C’est sa première année ici, reprit Keira en s’adossant à son siège. (Elle me désigna la fille aux yeux verts assise à côté d’elle.) Elle, c’est Rachel.
La jolie blonde agita les doigts dans ma direction.
— Et elle, c’est Jo. (Keira me montra une fille à la peau mate en face d’elle, aux cheveux aussi bouclés que les siens.) Et Anna. C’est elle qui s’est cassé le poignet. D’habitude, elle s’occupe des portés, mais elle a voulu faire son intéressante. Et on sait tous comment ça s’est terminé.
La fille brune à côté de Jo leva le bras pour me montrer le plâtre rose vif qui entourait son avant-bras et la moitié de sa main.
Aïe.
— Si tu t’étais cassé le nez, tu aurais pu continuer de danser, fit remarquer Jo avec un sourire moqueur.
Anna lui fit un doigt d’honneur.
Keira rit.
J’essuyai mes paumes moites sur mes cuisses. J’espérais sincèrement que personne ne me serrerait la main. Est-ce qu’on se serrait encore la main ? Je ne crois pas. Du moins pas au lycée, ce serait bizarre.
— Tu crois ? rétorqua Anna en haussant les sourcils.
— Bref, dit Keira d’un ton appuyé avant de continuer de me présenter les autres personnes attablées.
Tout le monde me sourit ou me fit signe. J’espérais que la grimace sur mon visage ressemblait à un sourire. Je serrais tellement les poings sur mes genoux que je me coupais la circulation du sang. Pendant les présentations, deux garçons vinrent s’ajouter à la tablée. Je reconnus l’un d’eux car on avait un cours en commun. Je crois qu’il s’appelait Peter. Il passa un bras autour des épaules d’Anna. L’autre s’assit à côté de Jo.
— Tu es dans mon cours d’histoire, pas vrai ? me demanda celui qui s’appelait peut-être Peter en plissant les yeux dans ma direction.
Ma langue s’était transformée en plomb à l’intérieur de ma bouche. Aussi me contentai-je de hocher la tête.
— Cool, répondit-il en attrapant un grain de raisin sur l’assiette d’Anna. (Il sortit son portable.) Je pensais bien t’avoir aperçue avant de m’endormir.
L’autre garçon ricana.
Anna gloussa.
— Je me demande vraiment comment tu as fait pour ne pas redoubler.
Il lui fit un clin d’œil.
— C’est ce qui fait mon charme.
— J’en doute, rétorqua Keira en dévisageant Peter. J’ai vu ta photo ce matin sur Instagram. Tu avais perdu ton tee-shirt ?
Peter leva les yeux de son téléphone.
— Ce corps, fit-il en désignant son torse, est fait pour être montré. Regarde : j’ai déjà deux cents « J’aime ».
Jo leva les yeux au ciel.
— Arrête, tu ne vas pas te vanter pour deux cents « J’aime ».
Je n’avais pas de compte Instagram. Qu’est-ce que j’aurais bien pu prendre en photo ? Mes sculptures sur savon ? Ce serait ridicule et en même temps j’avais la curieuse envie de m’y mettre.
Le groupe discutait en toute décontraction. Je les enviais. La camaraderie, les blagues, leur affection les uns pour les autres… c’était quelque chose dont je n’avais presque aucune expérience. Je les observais avec l’œil d’un scientifique examinant une espèce inconnue. J’étais proche d’Ainsley, bien sûr, mais nous n’allions pas au lycée ensemble.
Je passai le repas à picorer mon pseudo-poulet rôti et ce qui ressemblait à un gratin de pommes de terre. Les voix m’entouraient. De temps en temps, on me posait une question ou on m’adressait une remarque. Alors je hochais ou secouais la tête pour répondre. S’ils me trouvèrent bizarre, ils n’en dirent rien. Pourtant, ils avaient sans doute remarqué que je n’avais pas prononcé le moindre mot.
La frustration grandissait en moi, parce que je savais parler. Mais je réfléchissais trop à ce que j’allais dire. Alors je demeurais silencieuse comme s’il y avait un bouchon à l’intérieur de ma gorge qui ne laissait passer que le minimum d’air vital.
Les mots n’étaient pas mon ennemi ni même un monstre tapi sous mon lit, mais ils avaient un pouvoir sur moi. Ils étaient comme le fantôme d’un être cher qui me hantait pour l’éternité.
Je ne parlai donc pas de tout le repas, mais il n’y eut pas non plus de catastrophe majeure… et la fierté me donna envie de bondir hors de la cantine façon comédie musicale, avec mes bras grands ouverts. J’étais vraiment irrécupérable. Quand je quittai Keira, une chaleur agréable courait dans mes veines.
Aujourd’hui avait été une grande première.
D’accord, je n’avais pas parlé. Mais c’était la première fois que je mangeais à la cantine avec d’autres filles. Avant, quand j’allais à l’école avec Rider, je déjeunais avec lui et parfois d’autres enfants, mais jamais comme ça. Jamais toute seule.
Jamais sans quelqu’un pour parler à ma place.
C’était un énorme pas en avant et je marchais sans doute avec plus d’entrain. Un petit sourire presque triomphant ornait mes lèvres. Aujourd’hui était un grand jour. Je pouvais me féliciter. Quand j’entrai dans la classe d’expression orale, j’aperçus Paige assise à sa place. Un peu de joie me quitta. Elle ne dit rien lorsque je m’installai, mais je sentis son regard sur moi tandis que je sortais mes affaires. Une fois que tout fut prêt, je relevai la tête. Un moment passa.
— Il ne viendra pas. Hector non plus.
La voix de Paige me fit cligner les yeux et je me tournai vers elle.
Paige était adossée à son siège, les jambes tendues devant elle et croisées au niveau des chevilles. Ses yeux sombres étaient posés sur moi.
— Du coup, tu peux arrêter de guetter la porte.
Inspirant profondément, j’ouvris la bouche pour lui dire que je n’attendais pas Rider, mais… cela aurait été un mensonge. Le rouge me monta aux joues.
Sourire en coin, elle remonta les jambes sous son bureau et se pencha en avant, la main posée sur la chaise de Rider. Quand elle parla, sa voix n’était qu’un murmure :
— Au cas où tu n’aurais pas bien compris : Rider n’est pas libre.
Mon souffle se bloqua dans ma gorge et je me figeai.
— Je te l’ai dit l’autre jour. Je suis sa copine, reprit-elle. Et te voir l’attendre comme ça, ce n’est pas super sympa.
Elle avait raison.
Ce n’était pas sympa.
— Vous regarder vivre les retrouvailles du siècle n’est pas dans la liste des moments les plus drôles de ma vie, ajouta Paige et je pouvais la comprendre. (Cette conversation ne faisait pas partie de ma liste non plus.) Alors je vais me répéter, histoire qu’il n’y ait aucun malentendu. Rider est mon mec. Arrête d’agir comme si c’était le tien.
La deuxième sonnerie retentit.
Paige se redressa et ouvrit son cahier tandis que M. Santos débutait son cours. Mon regard se posa sur les personnes assises devant nous. Personne ne semblait avoir entendu ce qu’elle m’avait dit, mais moi, j’avais bien compris le message.
Reçu cinq sur cinq.
Le jeudi soir, je devais me débrouiller pour dîner. Rosa et Carl rentraient après 21 heures le mardi et le jeudi, parfois même plus tard, en fonction des urgences. Toutefois, je n’avais pas très faim.
Ni Rosa ni Carl n’avaient mentionné Rider au petit déjeuner, mais il était toujours présent dans mon esprit. Les paroles de Paige me revenaient de temps en temps et je grimaçais, mais ça ne m’empêchait pas de me faire du souci pour lui. Où avait-il disparu ? Était-il blessé ? Avait-il des ennuis ? Mon esprit concevait les pires scénarios, mais Paige aurait su si quelque chose lui était arrivé et n’aurait pas passé son temps à me demander de rester éloignée de lui.
Je touchai à peine le bol de riz que j’avais réchauffé au micro-ondes, alors que je l’avais aspergé d’une telle quantité de sodium que Rosa m’aurait arraché la bouteille de sauce soja des mains.
Abandonnant l’idée de manger, je plaçai le bol au frigo et montai à l’étage. Puis je sortis mon téléphone de mon sac et tapai sur l’écran. Aucun message. J’ouvris le seul SMS que j’avais reçu de Rider. Devais-je lui envoyer quelque chose ? Est-ce que ce serait bizarre de ma part ?
Seigneur.
Je jetai mon portable sur le lit et m’attachai les cheveux en chignon lâche. Comme j’étais trop sur les nerfs pour faire mes devoirs, je me dirigeai vers l’armoire renfermant les draps dans le couloir et en sortis un pain de savon. J’attrapai également le sachet de bâtonnets en bois que Rosa avait mis là pour moi et rapportai le tout dans ma chambre.
Il fallait que je ramollisse le savon avec de l’eau chaude. J’avais également besoin d’un sac plastique pour y faire tomber les chutes et ne pas en mettre partout.
Les yeux fixés sur le savon, j’essayai d’imaginer ce que j’allais sculpter. J’avais déjà fait des arbres, des étoiles, des ballons, des canards, des bateaux et Dieu sait quoi d’autre. Certains, très simples, ne prenaient qu’une heure. D’autres, plus complexes, pouvaient demander des jours de travail.
Au moment où j’allais retirer l’emballage, je m’arrêtai. Je ne voulais pas mettre de savon sur mes habits d’école… ce qui ne manquerait pas de se produire si je restais dans cette tenue. Je posai le savon et les bâtons sur le bureau avant d’enfiler un short de pyjama et un débardeur. Un vieux tee-shirt vint compléter le tout. Il était tellement grand que le col glissait sans arrêt sur mon épaule.
En me tournant vers mon bureau, j’aperçus mon reflet dans le miroir intérieur de mon armoire. Ce n’était pas très flatteur. Je m’approchai du miroir et me tournai sur le côté. Les sourcils froncés, je posai la main sur mon bas-ventre. Il était mou. Je baissai la tête et grimaçai.
Le short n’était sans doute pas une bonne idée. Il était large, mais mes jambes étaient… imposantes. J’avais de grosses cuisses. Je saisis le bord de mon tee-shirt et le soulevai. Mon débardeur avait un soutien-gorge intégré, mais le tissu était fin, comme celui du tee-shirt. Ils ne cachaient aucun de mes bourrelets. Je n’avais rien de fragile. Comme l’avait dit Keira, j’étais plutôt costaude.
Le pain de savon était toujours intact sur mon bureau.
Combien de jeunes de mon âge sculptaient des savons ? À cette heure, Keira rentrait sans doute de son entraînement de pom-pom girl et quand Ainsley n’était pas avec Todd, elle écrivait. Elle aimait inventer des nouvelles. Ou bien elle faisait du shopping. Pour quelqu’un qui n’avait pas de boulot, elle dépensait beaucoup d’argent grâce à sa pension. Quand elle était avec Todd, ils s’embrassaient. Ils n’arrêtaient jamais.
Ça aussi, ça me rendait jalouse.
Je n’aimais pas y penser parce que c’était embarrassant, mais je n’avais jamais embrassé de garçon. Je n’avais même pas parlé à un garçon au téléphone et personne ne m’avait jamais invitée à sortir. Ainsley avait essayé de m’arranger le coup avec un ami de Todd, mais je m’étais défilée. L’idée de le rencontrer m’avait donné envie de vomir.
À bientôt dix-huit ans, je ne savais toujours pas ce que cela faisait d’être embrassée, désirée, et encore moins aimée de cette façon.
Est-ce que je passais à côté de quelque chose ?
Je baissai les yeux et agitai mes orteils. Je n’avais pas le corps idéal, mais Rider m’avait dit que j’étais belle. Sans crier gare, son visage apparut dans mon esprit. Ses yeux marron parsemés d’éclats dorés, ses pommettes hautes, ses lèvres incroyables qui, j’en étais sûre, embrassaient à merveille…
Oh, mon Dieu !
Je ne devais pas m’intéresser à ce genre de choses.
Écartant ces pensées, je rouvris les yeux. Ce qui me manquait n’était pas des cuisses plus fines ou un ventre plat. C’était du courage. La vérité, c’était que j’étais une poule mouillée. Comment pouvais-je penser aux lèvres d’un garçon alors que j’étais incapable de remuer les miennes pour parler ?
Je reportai mon attention sur le savon. La sculpture était un loisir comme les autres, mais silencieux, qui ne nécessitait aucun mot, aucune pensée. Pile dans mes cordes. Je n’avais pas à sortir de ma zone de confort. Pas comme Keira dans sa troupe de pom-pom girls. Le shopping n’était pas un hobby et écrire ne nécessitait pas de contact humain, mais Ainsley était sociable et bavarde. Elle ne se contentait pas de sortir de sa zone de confort. Elle aimait ça. Moi ? Je sculptais des savons. Peut-être que…
Sur ma table de chevet, mon portable bipa. C’était sans doute Ainsley, étant donné que je n’étais pas connectée. J’allai le récupérer.
Ce n’était pas Ainsley.
Tu es chez toi ?
C’était Rider.
J’en eus le souffle coupé.
Avant même que mon cerveau ne se remette en route, un nouveau message apparut.
Seule ?
Mes yeux s’arrondirent comme des soucoupes. Cette fois, je n’allais pas passer des heures à réfléchir. Je lui répondis rapidement.
Oui.
Quelques secondes s’écoulèrent. Une minute se transforma en cinq et je commençai à me demander si j’avais tout imaginé. Puis je reçus un nouveau message et mon cœur cessa de battre dans ma poitrine.
Trois mots.
Je suis dehors.
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