L’éternité c’est compliqué

Jennifer L. Armentrout · Chapitre 37 sur 42

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L’éternité c’est compliqué

Chapitre 34

 

Le temps accéléra, puis ralentit de nouveau.

Rider retira son tee-shirt à manches longues et même si je l’avais déjà vu torse nu, j’avais l’impression de le voir pour la première fois. Sa peau était douce et ferme sous mes doigts. Son corps était si différent du mien… Je n’étais pas musclée comme lui. Pourtant, il paraissait aussi émerveillé que moi. Il explora mon corps et moi le sien. Aucun mot ne fut échangé quand il retira son jean, puis le mien. Mon soutien-gorge glissa de mes bras.

J’avais le trac. Mes mains tremblaient. Personne ne m’avait jamais vue comme ça. Presque nue. L’envie de me couvrir me démangeait, mais lorsque je sentis son torse contre le mien, tous mes doutes s’envolèrent.

Il n’y avait plus que les sensations. La panique que j’avais ressentie la première fois avait disparu, remplacée par une agréable chaleur et une tension que je ne connaissais pas. J’étais nerveuse car j’avançais en terrain inconnu, mais ça ne me donnait pas envie de fuir. Au contraire, mes doigts s’aventurèrent plus bas, bientôt suivis des siens. Nos corps bougeaient l’un contre l’autre, impatients. Sa main glissa sur ma hanche et dessina le contour de ma culotte. Le grognement qui s’échappa de ses lèvres me fit frissonner.

Rider s’allongea sur moi, appuyé sur les coudes, puis m’embrassa profondément. J’enroulai mes jambes autour de ses hanches et enfouis mes doigts dans ses cheveux. Sa bouche quitta la mienne pour déposer des baisers sur ma joue puis ma gorge. Lorsqu’il descendit davantage, la tête me tourna.

— Merde, grogna-t-il en relevant soudain la tête.

Je rouvris les yeux. Mes lèvres étaient délicieusement gonflées.

— Quoi ?

— Il faut… qu’on arrête. (Il remonta et prit mon visage entre ses mains. Arrêter ? Je n’avais pas envie d’arrêter. Et vu sa tête, il était clair qu’il pensait la même chose.) Je n’ai pas de préservatif.

— C’est vrai ?

La surprise m’envahit.

Il pressa son front contre le mien.

— Je suppose que tu n’en as pas non plus.

Je faillis éclater de rire.

— Je croyais… que tous les mecs avaient des capotes dans leur portefeuille ?

Cela me fit rougir.

Rider ricana.

— Bon sang. J’aurais aimé que ce soit le cas. C’est juste que je n’ai… tu le sais. Je ne suis jamais allé aussi loin.

— Je sais. (Je caressai lentement son torse tout en essayant de reprendre mon souffle.) Tu n’en as pas acheté quand… tu étais avec Paige ?

Il me regarda dans les yeux.

— Si. Une fois. Mais on ne s’en est pas servis. (Il m’embrassa au coin des lèvres.) Je n’avais pas prévu de faire ça aujourd’hui.

— Moi non plus.

Je me mordis la lèvre inférieure. Une partie de moi aurait voulu continuer sans se protéger, mais ça aurait été imprudent. Et idiot, aussi. Se montrer responsable n’était vraiment pas drôle. Enfin, si on ne pouvait pas aller jusqu’au bout…

— Il y a… d’autres choses qu’on peut faire…

Ses lèvres se retroussèrent.

— Oh, oui. Des tas de choses.

Et on en fit quelques-unes. On reprit ce qu’on avait commencé le samedi. Mais cette fois, quand sa main se faufila entre mes cuisses, je ne ressentis aucune peur. Au contraire, j’accueillis les sensations inconnues qui m’envahirent avec joie. Et je touchai Rider sans crainte du ridicule. En fait, je compris rapidement que je ne pouvais pas me tromper. La seule chose que l’on entendait dans la pièce par-dessus les battements de mon cœur était mes gémissements et ses grognements rauques.

Après, je me retrouvai épuisée de la plus douce et merveilleuse des façons. J’étais incapable de décrire ce que je ressentais. J’avais l’impression que mon corps avait été tendu jusqu’au point de rupture avant d’être submergé par des vagues de plaisir. Je crois que Rider avait éprouvé la même chose car il s’était effondré à côté de moi et respirait très fort. Une éternité passa avant que je retrouve l’usage de la parole.

— C’était…

Je roulai sur le côté pour lui faire face et croisai les bras sur ma poitrine.

— Parfait ? murmura-t-il en posant une main sur ma nuque. C’était parfait.

— Oui.

Je me serrai contre lui, la tête dans le creux de son cou, et il m’entoura de ses bras. Ce que nous venions de partager avait été si agréable que j’avais hâte que l’on fasse vraiment l’amour. Sauf que la première fois, il paraissait que ça faisait mal. Alors j’étais contente que ma première expérience avec lui n’ait pas été gâchée par la douleur.

— Merci, dit-il au bout d’un moment.

Je relevai la tête.

— Pourquoi ?

Il sourit.

— De m’avoir fait confiance. Et pour tout le reste.

Mon sourire s’élargit et je me lovai contre lui en fermant les yeux. Mon corps tout entier était détendu. J’étais sur le point de m’endormir lorsque j’entendis Rider rire doucement. Je relevai la tête pour le regarder.

— Quoi ?

— Je réfléchissais. (Ses joues s’empourprèrent.) Ça va te paraître idiot, mais j’étais en train de me dire que pour la première fois, j’ai vraiment l’impression que c’est… ma chambre.

— Non, murmurai-je. Ce n’est pas idiot.

Rider effleura ma joue de ses lèvres avant de prendre appui sur un coude.

— Qu’est-ce qu’on fait ?

— Maintenant ?

— Oui. Tu devrais retourner au lycée. Il est bientôt midi.

— Et toi ?

— Je crois que je vais aller chez leur tante. Je veux être avec eux. Ils vont commencer à organiser l’enterrement.

Le poids du chagrin tomba de nouveau sur mes épaules. Bien sûr, nous n’avions pas oublié Jayden, mais pendant ces quelques instants, la peine s’était estompée. J’avais l’impression de me réveiller d’un rêve.

Je hochai la tête.

— Avec de la chance, le lycée n’a pas encore contacté Carl et Rosa. Ils sont déjà bien assez en colère contre moi.

Il haussa les sourcils.

— Pourquoi ?

C’était difficile de le regarder dans les yeux quand il était nu devant moi. J’avais déjà bien profité du spectacle, mais je voulais le contempler davantage.

— Mallory ? fit-il en riant.

Il fallait que je me concentre. Je rougis.

— Ils se sont énervés quand je leur ai raconté ce qui s’était passé samedi.

Son sourire s’effaça lentement.

— C’est compréhensible.

— Pas vraiment, rétorquai-je. Ils… voudraient que j’arrête de te voir.

Surpris, il se redressa et s’assit sur le bord du lit. La mâchoire serrée, il fixa résolument la porte du regard.

— Ah ?

— Oui. On s’est disputés, lui expliquai-je tandis qu’il se levait et enfilait son boxer. (L’espace d’un instant, le mouvement des muscles de son dos me fit perdre le fil de mes pensées.) Ce qui est arrivé à Jayden n’est pas ta faute.

— Mais tu as assisté à la scène parce que je t’ai emmenée là-bas. (Il ramassa son jean par terre et se rhabilla.) De ce point de vue-là, c’est vrai.

Je n’étais pas d’accord.

— Tu ne pouvais pas deviner ce qui allait se passer.

Lorsque Rider se tourna vers moi, je me rendis compte qu’il me tendait mon soutien-gorge. Le visage en feu, je l’acceptai.

— Ça ne change rien. (Il détourna le regard tandis que je couvrais ma poitrine.) Vous vous êtes vraiment disputés ?

— Oui. Je suis partie pour venir te voir. (Descendant du lit, je retrouvai mon pull et le passai. Quand je me relevai, il tomba sur mes cuisses.) Ils ont… réagi de manière excessive.

Ses yeux se posèrent sur moi et descendirent lentement le long de mon corps. Un frisson me parcourut. Il ne dit rien tandis que j’enfilais mon jean. Alors je m’assis sur le bord du lit pendant qu’il terminait de s’habiller.

— Ils ne me comprennent pas. Ils s’attendent à ce que je fasse les bons choix, c’est-à-dire les choix qu’ils auraient faits ou que Marquette aurait faits, mais je ne suis pas comme eux. Je ne suis pas Marquette.

— Ils savent que tu n’es pas Marquette. (Rider s’arrêta devant le lit. Je souris en voyant ses pieds nus dépasser de son jean.) Ils veulent ce qu’il y a de mieux pour toi, c’est tout.

— Je sais. (Je relevai les yeux vers lui.) Carl… il a dit quelque chose que je ne pensais pas entendre un jour. Il a dit à Rosa que cette situation, cette dispute, n’aurait jamais eu lieu avec Marquette.

— Merde, marmonna Rider en se passant la main dans les cheveux. Il ne le pensait pas, Souris.

Je haussai les épaules. Pourquoi ne l’aurait-il pas pensé ? Après tout, pendant quatre ans, j’avais été parfaitement docile.

— Je ne les ai jamais contredits, tu sais ? Je leur dois tellement que j’ai toujours voulu leur faire plaisir. J’ai accepté ce qu’ils pensaient être le mieux pour moi. Comme l’école de médecine… alors que ce n’est pas ce que je veux faire. Pourtant, j’ai accepté de jeter un œil aux brochures. Je ne sais pas pourquoi. Je crois que je veux…

— Qu’est-ce que tu veux ?

— Je crois que je veux devenir assistante sociale. (Je m’attendais à ce qu’il se moque de moi, mais il n’en fit rien. Je me redressai.) Pour moi, ça tombe sous le sens. Je pourrais aider des enfants comme toi et moi… mais Carl a rigolé et m’a demandé si j’étais sérieuse. Il m’a dit que ça ne me rapporterait rien.

— Il n’y a pas que l’argent, dans la vie.

— Exactement.

— Mais ça aide… (Il s’interrompit.) Carl a l’air d’être un gars bien. Il était en colère. On dit toujours des choses qu’on regrette quand on s’énerve. (Je vis sa mâchoire se crisper.) Mais je…

— Quoi ? m’enquis-je quand il ne termina pas sa phrase.

Rider ouvrit la bouche, puis secoua la tête.

— Tu devrais retourner au lycée. Je ne veux pas te causer plus d’ennuis.

Je descendis du lit et trouvai mes chaussettes. Lorsque je finis de les enfiler, Rider avait mis un bonnet. Ses cheveux s’échappaient par en dessous. Ensemble, on descendit les escaliers et on se dirigea vers ma voiture. En silence.

J’avais une boule à l’estomac. Nerveuse, je mis le contact avant de me tourner vers lui.

— Tout va bien ?

— Oui. Ne t’en fais pas. (Il se tourna vers moi.) Tu peux me déposer chez leur tante ? C’est sur le chemin du lycée.

Je le dévisageai un instant avant de hocher la tête. Il fallait que j’arrête d’être aussi paranoïaque.

Je le laissai me guider jusque chez la tante d’Hector. Une fois là-bas, je sortis de la voiture et Rider me rejoignit de mon côté. Il posa les mains sur mes joues et fit glisser ses pouces le long de ma mâchoire. Puis il baissa la tête pour m’embrasser. Le baiser fut doux et tendre et il dura si longtemps que j’en eus le souffle coupé.

Je ne sais pas pourquoi, mais il me paraissait différent de ceux que nous avions déjà partagés.

Comme teinté de tristesse.

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