L’éternité c’est compliqué

Jennifer L. Armentrout · Chapitre 26 sur 42

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L’éternité c’est compliqué

Chapitre 23

 

Pour une fois, je n’analysai pas le moindre détail de la situation avant de prendre une décision.

Je ne réfléchis pas un instant.

J’agis.

— Oui, murmurai-je.

Rider émit un son rauque. C’était un grognement grave et masculin qui me donna des frissons. Il posa la main sur ma joue et se baissa vers moi, mais ne m’embrassa pas tout de suite.

Non.

Son souffle chaud caressa mon front tandis que ses doigts glissaient le long de ma joue pour aller se perdre dans mes cheveux. Son autre main se fraya un chemin jusqu’à mes reins et son poids me rendit dingue. Lorsqu’il la remonta dans mon dos, ce fut comme s’il laissait une traînée de flammes derrière lui. Je fermai les yeux. Ses lèvres frôlèrent ma pommette. C’était la plus douce des tortures.

Et quand elles effleurèrent les miennes, ce fut avec la légèreté d’une plume. Une fois. Deux fois. Je ressentais ce contact au plus profond de mon être. Le feu embrasa mes veines. La tension en moi grimpa en flèche.

Alors Rider m’embrassa réellement.

Un vrai baiser, tendre et magnifique, qu’il approfondit rapidement. Non, il n’était pas timide. Rider savait ce qu’il faisait, et même si ce n’était pas mon cas, une voix dans ma tête me disait que ça n’avait pas la moindre importance. Parce que je me sentais fondre de l’intérieur.

Embrasser Rider était grandiose. Incroyable. Enivrant. J’aurais sans doute pu trouver des centaines d’autres qualificatifs. La tête me tournait, et quand il s’écarta légèrement, on haletait tous les deux. Il pressa son front contre le mien. Pendant un long moment, on resta tous les deux silencieux.

Je ne réfléchissais toujours pas. Je ne me rappelais pas comment mes mains avaient atterri sur le torse de Rider, mais je sentais son cœur battre aussi fort que le mien sous ma paume. L’esprit délicieusement vide, je respirai son parfum, un mélange d’eau de Cologne aux agrumes et d’odeur de peinture.

— Ça va ? me demanda-t-il en remontant ses doigts jusqu’à ma joue.

Hurler « oui, oh, oui ! » aurait sans doute été excessif. Alors je contins mon enthousiasme.

— Oui.

Rider sourit et ses lèvres effleurèrent encore une fois les miennes.

— Tant mieux. Parce que moi, j’ai adoré.

Je pressai mon visage contre la paume de sa main. Rien de tout cela ne paraissait réel. J’avais l’impression que je rêvais et que j’allais me réveiller d’un moment à l’autre dans un monde où il n’y avait que le passé et le présent où je me contentais de survivre. Pas cette réalité où l’on venait de me donner mon premier baiser. Pas cette réalité où je profitais de chaque seconde au lieu d’attendre qu’elle soit passée pour y repenser.

— Il faut qu’on discute, mais je veux… (Rider prit une grande inspiration et sa voix se fit plus grave, plus rauque.) J’ai envie de recommencer.

Mon cœur se gonfla. J’avais l’impression qu’il allait s’envoler. Oui, le plus sage aurait été de discuter de tout ça, mais j’en avais assez d’être sage.

— Je… J’en ai envie… moi aussi.

Rider n’hésita pas une seconde.

Il pencha légèrement la tête et captura tendrement mes lèvres. Ce deuxième baiser fut aussi merveilleux que le premier, mais au bout de quelques secondes, il se transforma. Rider s’attardait davantage sur mes lèvres, comme s’il essayait de graver leur forme dans sa mémoire. J’aurais voulu faire la même chose.

Ma main remonta jusqu’à son épaule et Rider passa un bras autour de ma taille pour me rapprocher jusqu’à ce que ma poitrine soit pressée contre son torse. Aussitôt une vague de sensations déferla en moi. Même si nous nous touchions, j’avais envie de me rapprocher davantage. J’avais besoin de réduire à néant l’espace qui nous séparait encore. Quand je sentis la pointe de sa langue contre ma bouche, je me laissai porter par mon instinct. J’entrouvris les lèvres et…

On se sépara vivement. Un grand bruit venait de résonner à l’avant du garage. Alerte, Rider tourna la tête et fronça les sourcils.

— C’est quoi, ce bordel ?

Mes lèvres me picotaient encore lorsqu’il me libéra de son étreinte.

— On va… avoir des ennuis ?

— Non. Mais il ne devrait y avoir personne ici à cette heure-ci. (Il reporta son attention sur moi. Je remarquai qu’il était tendu.) Je veux que tu restes ici, d’accord ?

— Mais…

— Je suis sûr que ce n’est rien, mais je veux quand même aller vérifier. (Il me lâcha la main.) Reste ici jusqu’à mon retour, OK ?

Je croisai les bras sur ma poitrine avant de hocher la tête. Il me dévisagea un instant, comme s’il ne me croyait pas, puis se retourna. Sur l’établi, il attrapa un long outil en métal.

Si ce n’était rien, pourquoi s’armait-il ?

Rider retourna vers l’avant de la boutique, passant devant les voitures bâchées. Il était hors de question que je reste plantée ici à l’attendre. Cette situation ne me plaisait pas. J’allais avancer lorsqu’une voix retentit dans le garage.

— Hé ! Rider ! T’es là ?

— Bon Dieu, marmonna Rider avant de parler plus fort : Jayden, c’est toi ?

Il y eut une pause.

— Ouais. T’es où ?

Rider tourna la tête vers moi et je me dépêchai de le rejoindre.

— Sa… voix est bizarre, lui dis-je.

On aurait dit que les syllabes se mélangeaient entre elles.

Hochant la tête, Rider me prit la main. Il ne lâcha pas la barre de métal.

— Où tu étais passé, Jayden ? demanda Rider en me faisant faire le tour d’une voiture qui paraissait démontée. Hector et ta grand-mère te cherchent partout. Pourquoi… ?

Je plaquai une main sur ma bouche pour étouffer mon hoquet de surprise.

Jayden nous tournait le dos. Il ne portait pas de tee-shirt et sa peau était couverte d’hématomes bleus et rouges. Quand il se tourna, Rider se crispa et me lâcha la main.

— Putain.

Jayden releva la tête. C’était encore pire de ce côté-là. L’un de ses yeux était gonflé et violet. Il ne pouvait clairement pas l’ouvrir. Et une coupure rouge vif lui barrait la lèvre inférieure.

Il fit un pas en avant.

— Mec… je suis dans la merde.

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