L’éternité c’est compliqué

Jennifer L. Armentrout · Chapitre 35 sur 42

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L’éternité c’est compliqué

Chapitre 32

 

Le bruit que fit mon sac en touchant le sol ne les réveilla pas, mais Paige bougea dans son sommeil. Elle se colla davantage contre Rider. La voir ainsi me fit l’effet d’un coup de poing dans le ventre.

Je n’arrivais pas à y croire.

Pour la énième fois en vingt-quatre heures, je me retrouvai ébranlée. Mon cerveau avait du mal à comprendre ce qui se passait.

J’ouvris la bouche pour parler, mais le spectacle qui se jouait devant moi m’avait rendue muette. Je baissai les yeux vers la petite table où était posé le portable de Rider. Il n’avait répondu à aucun de mes messages ou de mes appels. J’avais cru qu’il était avec Hector, et il était bien chez lui, mais Hector n’était nulle part. La sensation de malaise grandit.

Alors les paroles du garçon que j’avais croisé au rez-de-chaussée me revinrent en mémoire. « Ils sont les uns sur les autres, là-haut. » À présent, je comprenais ce qu’il avait voulu dire. Oh, mon Dieu. La douleur se répandit dans ma poitrine, bien réelle. J’avais l’impression qu’on m’arrachait le cœur.

Même si c’était affreux de ma part, je ne pensais plus à Jayden. Je pensais au moment que nous avions passé seuls, Rider et moi, avant le drame. À son étreinte. À ses baisers. À ses caresses. À ce qu’il m’avait avoué.

Et maintenant, il était là, avec elle ?

Il fallait que je sorte d’ici.

Ramassant mon sac, je me retournai à toute vitesse. Je redescendis l’escalier en grimaçant chaque fois qu’une marche grinçait. Je devais partir avant que Rider se réveille, parce que… je n’avais pas la force de lui faire face.

Je refermai la porte du grenier en silence. Je ne pensais qu’à une chose : sortir d’ici. Après ? Je ne savais pas. Je ne pouvais pas rentrer à la maison. Pas tout de suite. Je ne savais pas ce que j’allais faire. J’étais au milieu du couloir lorsqu’une porte s’ouvrit.

Hector apparut. Il se passa une main dans les cheveux et sursauta en me voyant.

— Salut, fit-il d’une voix rauque en baissant le bras. Je ne savais pas que tu étais là.

Je jetai un coup d’œil derrière moi avant de me concentrer sur Hector. Je fis de mon mieux pour lui cacher la tempête d’émotions qui faisait rage en moi.

— Je… euh… Je suis venue prendre des nouvelles de Rider… et de toi. Je suis vraiment désolée… pour Jayden.

— Moi aussi. (Ses yeux injectés de sang se fermèrent un instant.) Le pire, c’est que je ne suis pas surpris, tu sais ? Après ce qui est arrivé à mon cousin, ce n’est pas étonnant. Il était en train de se reprendre en main. Il allait travailler avec moi, mais… c’était trop tard. Il a joué avec le feu avec des gens qu’il ne faut surtout pas se mettre à dos. Mais pendant un moment, j’ai cru… Je ne sais pas ce que j’ai cru.

J’ignorais quoi lui répondre. Rien de ce que j’aurais pu dire n’aurait pu arranger la situation.

— Il… (Ses épaules s’affaissèrent.) Il ne méritait pas un tel sort. Peu importe la somme qu’il devait.

— Non, murmurai-je.

Je repensais à ce jour-là, dans le garage. Rider avait dit à Jayden : « Tu vas finir par te faire tuer. » Mon Dieu. Rider avait eu raison.

— Il ne méritait pas ça.

Il leva une main et passa ses doigts dans ses cheveux décoiffés.

— Je ne… Je ne pense même pas que la police les arrêtera… ceux qui ont fait ça.

— Elle le fera. (Mon cœur se serra. Je refusais de croire le contraire.) Ils seront arrêtés.

Hector hocha la tête. Cela avait l’air de lui demander beaucoup d’efforts.

— Mon abuelita dort. Elle… Ils l’ont mise sous sédatifs.

Je n’avais pas de mots. De toute façon, dans ces moments-là, ils étaient inutiles. Seuls les actes comptaient. C’était pour cette raison que j’étais venue voir Rider. Pour être présente pour lui.

Sauf que quelqu’un d’autre l’avait réconforté avant moi.

Alors je m’avançai et fis la seule chose que je pouvais faire. Je pris Hector dans mes bras. Au début, il se crispa, mais il finit par se détendre en soupirant et me serra contre lui.

— Merci, murmura-t-il d’une voix râpeuse.

Je hochai la tête avant de m’écarter.

Hector cligna plusieurs fois les yeux.

— Alors, euh… (Il s’éclaircit la voix.) Tu as vu Rider ?

Je faillis cesser de respirer.

— Il dort. Je… Je n’ai pas voulu le réveiller.

— Quoi ? Tu peux le réveiller. Tu es venue jusqu’ici…

— Non, c’est bon. (Je recommençai à avancer.) Je l’appellerai tout à l’heure.

— Mais…

— Ce n’est pas grave. (Je m’efforçai de lui sourire.) Je… suis de tout cœur avec toi.

Un léger sourire apparut sur ses lèvres et il hocha la tête avant de se diriger vers la porte du grenier. Moi, je me dépêchai de quitter la maison le plus vite possible sans courir.

Une fois dans ma voiture, je démarrai aussitôt. J’avais parcouru trois pâtés de maisons lorsque mon portable sonna. Je ne le regardai pas. Je me contentai de resserrer ma prise sur le volant.

Il sonna encore une fois.

Lorsqu’il s’arrêta, il bipa pour m’indiquer qu’on m’avait laissé un message. Je ne le regardai pas.

Je me concentrai sur la route.

Au bout du compte, je ne conduisis pas sans but. Trente minutes après avoir quitté la maison d’Hector, je me retrouvai devant la porte d’Ainsley. Heureusement, ce fut elle qui m’ouvrit. Elle portait un short en coton, des chaussettes hautes et un sweat à capuche bien trop grand pour elle.

Elle réussissait quand même à être adorable.

— Hé ! Qu’est-ce que tu fais… ?

En me voyant, elle se tut et m’attrapa par la main pour me tirer à l’intérieur. La douce chaleur réchauffa ma peau glacée.

— Maman ! cria-t-elle en me guidant vers l’escalier. C’est Mallory. On monte dans ma chambre.

— D’accord. (Il y eut une pause, puis le son de la télévision fut coupé.) Vous voulez du chocolat chaud ?

— « Du chocolat chaud », articula-t-elle en levant les yeux au ciel. Non, Maman. On n’a plus dix ans !

Moi, j’aurais bien aimé un chocolat chaud.

— Vous êtes sûres ? (La voix de sa mère paraissait de plus en plus proche. On était à la moitié des marches.) J’ai acheté les petits chamallows que vous aimez tant.

— Oh, mon Dieu… (Puis plus fort :) Oui, Maman. On est sûres.

— OK, répondit sa mère.

— Il nous faudrait plutôt de la tequila, marmonna Ainsley en haut de l’escalier.

Sa mère apparut en bas.

— Qu’est-ce que tu as dit ?

— Rien du tout ! s’exclama Ainsley avec un grand sourire avant de me traîner dans sa chambre. (Elle ferma la porte derrière elle.) Bon sang. Elle a l’ouïe d’une chauve-souris, c’est dingue ! Enfin, je ne sais même pas si les chauves-souris entendent bien. Sans doute. (Elle s’éloigna de la porte.) Qu’est-ce qui se passe ? On dirait que tu as de la fièvre.

— Je n’ai pas de fièvre.

Je lâchai mon sac avant de me laisser tomber tête la première sur son lit.

Ainsley fit un pas en avant.

— Tu es sûre ? Parce que si tu es malade, je vais devoir désinfecter mes draps…

Je souris faiblement et roulai sur le côté.

— Oui, je suis sûre.

Elle se mit à courir et sauta sur le lit. Je rebondis.

— Qu’est-ce qui se passe ? Il s’est forcément passé quelque chose parce que c’est la première fois que tu viens chez moi à l’improviste. (Elle écarquilla les yeux.) Oh, attends. Tu t’es disputée avec Rider ? Je vais devoir le frapper ?

Ma poitrine se serra.

— Non. Pas vraiment.

— Pas vraiment ? (Comme je ne répondais pas, elle me pinça la jambe.) Mais encore ?

Je m’assis et attrapai un coussin que je serrai contre moi.

— Je… voulais t’appeler hier, mais tu es déjà assez occupée comme ça.

Ainsley haussa les sourcils.

— Je vais peut-être devenir aveugle, Mallory. Je ne suis pas occupée.

Je n’étais pas convaincue. Elle avait beau essayer de me faire croire que le diagnostic ne lui faisait pas peur, la façon dont elle détourna le regard et plissa les lèvres prouvait le contraire.

— Parle-moi, ordonna-t-elle.

Alors je lui racontai tout ce qui s’était passé depuis la veille : Jayden, ma dispute avec Carl et Rosa, et Paige et Rider qui dormaient ensemble sur le canapé.

Comme moi, Ainsley eut du mal à cacher ses émotions. Elle n’avait jamais rencontré Jayden, pourtant ses yeux se remplirent de larmes.

— Oh, mon Dieu, il était… Je ne sais pas quoi dire. (Elle posa la main contre son cœur.) Comment va Hector ? Bon, d’accord. C’est une question bête. Comment vas-tu ? Tu as vu… OK. Autre question bête.

Elle se pencha en avant pour me frapper sur le bras.

Surprise, je reculai vivement.

— Pourquoi tu me frappes ?

— Tu aurais dû m’appeler, hier, cria-t-elle. Tu as vécu une scène extrêmement traumatisante. Tu as vu quelqu’un… Seigneur. Je n’arrive même pas à le dire. Après tout ce que tu as subi dans ton enfance, il faut encore que tu vives une chose pareille.

— Rien… Rien de ce que j’ai vécu n’est comparable à ce qui est arrivé à Jayden. (Ma gorge me brûlait.) C’est… du gâchis. Peu importe ce qu’il a fait, ou ce qu’il n’a pas fait, il ne méritait pas de mourir.

— Non, c’est vrai, acquiesça-t-elle en s’essuyant les yeux du revers de la main. Tu sais si la police a arrêté le coupable ?

Je secouai la tête.

— Aucune idée. Hector… pense qu’ils ne le feront jamais. Mais il faut qu’ils le fassent ! Tout le monde savait que… Braden et Jerome l’avaient dans le collimateur.

Ainsley frissonna.

— C’est affreux.

Ma gorge était nouée, pourtant aucune larme ne s’échappait de mes yeux. Je ne pleurais jamais. Mes canaux lacrymaux étaient défectueux.

J’étais défectueuse.

— Pauvre Jayden. (Elle croisa ses bras contre ses hanches.) Pauvre Hector. Mon Dieu. Je n’arrive même pas à imaginer ce qu’il ressent. Et je ne veux pas savoir. Tu sais quand auront lieu les funérailles ? Ou c’est trop tôt ?

— Trop tôt, je pense, répondis-je en replaçant une mèche de mes cheveux en arrière. Je n’ai pas posé la question à Hector quand je l’ai vu. Mais je le saurai. Je te tiendrai au courant.

Pendant un moment, le silence retomba. Puis Ainsley soupira.

— Bon. Maintenant, parlons de Rider.

La pression autour de mon cœur s’accentua, comme si une main de fer l’enserrait.

— Je ne sais même pas quoi te dire. (Elle secoua la tête.) C’était peut-être innocent.

Je haussai les sourcils.

Ainsley grimaça.

— Regarde les choses de façon objective. Ils étaient habillés, non ?

Oh, mon Dieu. À présent, j’imaginais Paige et Rider nus et j’avais envie de vomir.

— Oui. Ils étaient habillés.

— En même temps, ça ne veut rien dire. Quand Todd et moi on a couché ensemble la première fois, on ne s’est pas complètement déshabillés. Ils auraient très bien pu avoir remis leurs vêtements.

Je repensai à ce que Rider et moi avions fait la veille. Nous étions habillés. Plus ou moins. Tout à coup, ce qu’insinuait Ainsley me frappa en plein cœur.

— Tu crois qu’ils ont couché ensemble ?

— Hein ? Non ! Enfin… Ce serait le pire scénario. Envahi par le chagrin, il se serait tourné vers elle. (Elle me dévisagea.) Tu ne pensais pas à ça ?

— Je…

En vérité, je ne le savais pas moi-même. Après ce que Rider m’avait confié la veille, je ne pouvais pas croire qu’il ait couché avec Paige. Je soupirai.

— Je les ai vus ensemble et j’ai paniqué. C’est tout. (Je serrai le coussin plus fort contre moi.) Je venais… de le défendre devant Rosa et Carl. J’étais partie de la maison pour lui, pour être à ses côtés et… il n’avait pas besoin de moi. Il avait… (J’avais du mal à respirer.) Il avait Paige. Il ne m’a même pas répondu quand j’ai appelé ou quand je lui ai envoyé un message. Il était avec Paige, Ainsley, alors qu’hier on est allés plus loin et je…

Je refermai la bouche.

— Quoi ? me demanda-t-elle d’une voix douce.

Je ne voulais pas le dire parce que ça ne faisait qu’amplifier la douleur dans ma poitrine et parce que ça me faisait peur. J’étais terrifiée. Je savais que ce que je ressentais était fort. Mettre des mots dessus rendrait le sentiment plus réel.

— Tu es amoureuse de lui, c’est ça ? me dit-elle.

Fermant les yeux, je poussai un long soupir tremblant. La veille, l’idée de tomber amoureuse, d’être amoureuse, me paraissait aussi terrifiante qu’excitante. Aujourd’hui, c’était seulement terrifiant.

— Je crois. (J’ouvris les yeux et croisai le regard d’Ainsley.) Non. Je ne crois pas. J’en suis sûre. Je suis amoureuse de lui. Je pense que j’ai toujours été amoureuse de lui. J’aimais le petit garçon qu’il était, mais j’aime encore plus l’homme qu’il est devenu. (Mon pouls s’emballa.) Et ça me fait peur.

— Ne m’en parle pas, acquiesça-t-elle en souriant. C’est pour ça que je me moque de m’éloigner de Todd. Je ne suis pas amoureuse de lui. Je ne sais même pas ce que ça fait, mais je me doute que c’est effrayant.

Je la dévisageai un instant. Mon ventre se noua davantage.

— Je croyais qu’il ressentait la même chose.

— Ne nous emballons pas. D’accord ? On ne sait pas ce qui s’est passé. Ils dormaient ensemble sur un canapé. Ils n’étaient pas dans les bras l’un de l’autre…

— Elle était collée contre lui. (Ces quelques mots me rendirent malade, mais il fallait que je les prononce pour que les choses soient claires.) Il ne la serrait pas contre lui, mais il n’y avait pas d’espace entre eux non plus. Pas le moindre.

— Ça ne veut rien dire quand même.

Je haussai les sourcils.

— Je suis d’accord qu’il a intérêt à avoir une sacrée excuse, mais on ne sait pas ce qui s’est passé. Paige est son amie et celle d’Hector, pas vrai ? Elle connaissait Jayden ?

Je hochai la tête.

— Alors c’était peut-être innocent.

Je voulais que cela le soit. Et en même temps, une part de moi aurait préféré le contraire. C’était dingue, mais dans ce cas-là, ma vie reprendrait son cours. Je n’aurais plus à m’inquiéter de ce genre de choses. Ou de ce que Carl et Rosa pensaient de Rider. Je n’aurais plus à me battre pour lui.

Ni à me battre en général.

Je me crispai. Je n’aimais pas la direction que prenaient mes pensées.

Ainsley posa la main sur mon bras.

— Il a essayé de t’appeler depuis que tu es partie ?

Je jetai un coup d’œil à mon sac.

— Mon téléphone a sonné une ou deux fois. Je… n’ai pas regardé.

Elle me dévisagea comme si j’étais stupide.

— Tu devrais. Fais-moi confiance.

— C’est sans doute Rosa ou Carl. (J’allai quand même chercher mon sac et le rapportai sur le lit. Lorsque je sortis mon portable et déverrouillai l’écran, la déception m’envahit.) Ce n’est pas Rider. C’est un numéro inconnu.

— Oh.

Elle soupira violemment.

— En tout cas, on m’a laissé un message. Je vais voir qui c’est.

— Carl et Rosa ont peut-être engagé un détective privé pour te retrouver.

Malgré tout ce qui était en train de se passer, je ris de bon cœur avant d’appeler mon répondeur.

— Ce serait un peu excessif… Oh !

Je m’interrompis en reconnaissait la voix sur le message.

— Quoi ? (Les yeux grands ouverts, elle se pencha vers moi.) Quoi ?

Secouant la tête, je tendis le portable entre nous et activai la fonction haut-parleur. La voix grave de Rider résonna dans la chambre.

— Mallory, c’est Rider. Je t’appelle avec le téléphone d’Hector. Le mien n’a plus de batterie. Je ne m’en étais même pas rendu compte. Il est en train de charger. Bref. Peu importe. Il m’a dit que tu étais là. Que tu étais montée dans le grenier. Pourquoi est-ce que tu ne m’as pas réveillé ?

Il y eut une pause pendant laquelle Ainsley murmura :

— Bonne question.

Je lui adressai un regard agacé tandis que Rider reprenait la parole.

— Non, je sais pourquoi. Rappelle-moi, Mallory. Sur ce numéro ou sur mon portable. Mais appelle-moi. (Une porte se referma derrière lui et il dit :) Je t’en prie, Mallory. Appelle-moi.

Le message se termina et on resta quelques instants à fixer mon téléphone.

Ainsley fut la première à briser le silence.

— Tu vas l’appeler ?

— Je…

L’espoir grandit en moi. Comparé à l’amertume de la déception et de la frustration, il avait un goût doux et sucré.

— Il a dit que son portable n’avait plus de batterie. Ça explique pourquoi il n’a pas répondu quand tu l’as appelé, me dit-elle. Il ne t’a jamais menti, non ?

Je secouai la tête. Sa batterie était faible. Je m’en souvenais, à présent.

— Et il t’a visiblement appelée juste après ton départ, poursuivit-elle. C’est forcément positif.

Je le pensais également, mais je ne savais plus ce que je devais croire.

— Appelle-le, me dit-elle. Laisse-lui une chance de s’expliquer. (Lorsque je levai les yeux vers elle, elle me sourit légèrement.) Je ne suis pas experte dans ce domaine, mais si tu l’aimes, tu dois lui laisser une chance de s’expliquer. Et tu l’aimes, pas vrai ?

Mon cœur cria « oui ».

— Appelle-le.

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