Par-delà le danger - Un suspect très séduisant
Chapitre 11
11
Cessant de faire les cent pas, Riley se tourna brusquement vers Hannah. Son menton résolu, qu’il trouvait adorable d’ordinaire, commençait à l’irriter. Cela faisait maintenant une demi-heure que Joe et lui tentaient de la persuader de renoncer à ce plan aussi dangereux qu’insensé.
— Tu ne vas pas le faire, un point c’est tout.
Près de lui, Joe prit une brève inspiration et lui lança un regard d’avertissement qu’il ignora.
— Tu n’as pas d’ordres à me donner ! rétorqua-t-elle, les yeux étincelants de colère.
Ne sachant que faire, Riley jeta un coup d’œil à Joe.
— Dis-lui que c’est une mauvaise idée.
— Il y a une demi-heure que je me tue à le lui répéter, lui rappela Joe. Cela dit, elle a raison. C’est à elle d’en décider. Même si elle se trompe, ajouta-t-il en décochant à Hannah un regard sévère, empreint de frustration.
— Il ne me reste pas beaucoup de temps pour vous aider, et je ne vois pas comment je pourrais retourner à ma vie tranquille en Alabama sans avoir fait mon possible pour empêcher ce monstre d’assassiner une autre femme.
Son expression s’adoucit, ses yeux verts suppliant Riley de comprendre.
— Emily aurait fait la même chose à ma place, n’est-ce pas ?
Riley ravala la réponse cinglante qui lui était venue.
— C’est injuste, Hannah, se borna-t-il à dire.
Il lança un regard de biais à Joe, qui comprit le message et sortit de la cuisine pour les laisser seuls.
Le visage d’Hannah s’adoucit encore.
— Ne m’en veux pas. Je voulais juste que tu comprennes.
Souhaitant lui faire prendre conscience de ce qu’elle exigeait de lui, il la saisit par les bras.
— Je ne suis pas sûr que tu te rendes compte du danger. J’ai perdu Emily il y a trois ans exactement, dit-il en s’efforçant de maîtriser son émotion.
Il ne quêtait pas sa pitié ; il voulait qu’elle sache ce qui était en jeu.
— Elle ne faisait rien de dangereux. Elle rentrait simplement du travail et, tout à coup, elle n’a plus été là. En une fraction de seconde, tout ce que nous avions construit ensemble avait disparu.
Elle leva la main et lui caressa le visage de sa paume douce et tiède.
— Je suis désolée.
— Je ne veux pas que tu sois désolée ! Je veux que tu comprennes que je ne veux pas voir ce salaud tuer quelqu’un d’autre à qui je tiens.
— Je ne crois pas que ce soit si dangereux, répondit-elle, le regard embué de larmes. Ecoute, nous savons déjà qu’il prend plus de risques que d’habitude, sinon il n’aurait pas tué cette femme près de Moran. Je lui ai échappé, et ça le rend dingue.
Elle lui prit la main et l’entraîna vers le canapé. Ils s’assirent et gardèrent le silence quelques instants, comme s’ils avaient tous deux décidé de laisser leurs émotions refluer un peu avant de continuer.
D’un geste doux mais ferme, elle enveloppa ses doigts des siens.
— Il a perdu le contrôle de la situation, reprit-elle. Si c’est vraiment lui qui a averti la presse, il a pris un risque. Le reporter le connaît, maintenant.
— Il l’a certainement fait anonymement.
— Peu importe. C’était un risque quand même, et il l’a pris parce qu’il ne peut pas supporter l’idée que je lui aie échappé. Que j’aie été plus maligne que lui. C’est ainsi qu’il voit les choses. Et il ne peut pas l’accepter.
— Qu’est-ce qui te fait penser que nous pouvons l’arrêter sans te mettre en danger ?
— Nous détenons toutes les cartes. Nous savons qu’il me cherche. Nous sommes vigilants. C’est lui qui va prendre des risques idiots.
Riley dégagea sa main et se leva.
— Non. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.
Il n’était pas question de lui laisser courir le moindre risque, de l’exposer au danger. Il ne restait plus qu’une seule chose à faire. Une chose qui lui répugnait plus qu’il ne l’aurait jamais imaginé, mais c’était la seule façon de la garder en sécurité.
Il se retourna et la regarda longuement, avec intensité, pour graver ses traits dans sa mémoire. Lorsqu’il parla de nouveau, sa voix était teintée de regret, mais déterminée.
— Il est temps que tu rentres en Alabama.
* * *
— Vous allez nous manquer, commenta Jack en caressant le flanc de Bella.
Ils étaient seuls dans l’écurie. Joe et Riley étaient à la maison, réfléchissant à une nouvelle stratégie pour piéger le tueur sans qu’Hannah soit mêlée à l’opération.
Elle avait préféré s’éloigner de Riley avant de dire des choses qu’elle regretterait.
— Il n’essaie pas de se débarrasser de vous, vous savez.
Elle le savait ; elle avait vu le regret dans les yeux de Riley. Curieusement, cela ne faisait que l’attrister davantage.
— Et en ce qui me concerne, je pense que vous avez raison de vouloir parler à la presse, ajouta Jack en lui tendant la brosse. Si nous voulons avoir une chance d’arrêter ce monstre…
Sachant à quel point c’était important pour lui, Hannah lui effleura le bras.
— Qu’allez-vous faire ? demanda-t-il, songeur.
— Je ne sais pas, avoua-t-elle. Il ne me reste pas beaucoup de temps.
— Je vous aiderai, si vous voulez.
Le regard sombre de Jack rencontra le sien.
— Je connais un journaliste à Jackson. Je peux organiser une interview avec lui. C’est un type bien — il se pliera à toutes les précautions que nous jugerons nécessaires pour vous protéger.
— Riley sera furieux contre vous.
— Je suis un grand garçon. Et de toute façon, je cours plus vite que lui. Il faudra qu’il m’attrape.
Hannah eut un petit rire.
— Combien de temps vous faudrait-il pour organiser ça ?
— Je peux lui téléphoner tout de suite, suggéra Jack en tirant son téléphone portable de sa poche. Vous êtes sûre de vouloir le faire ?
Maintenant que la décision lui appartenait, Hannah sentit le doute l’envahir et se mordilla la lèvre. Ne valait-il pas mieux faire ce que voulait Riley ? Devait-elle prendre le premier avion en partance pour l’Alabama, même si cela signifiait qu’elle renonçait à la meilleure chance qu’il aurait peut-être d’arrêter le tueur de sa femme ?
Lorsqu’elle songea que Riley serait prisonnier de son besoin de justice jusqu’à la fin de ses jours, sa décision fut prise.
— Allons-y, répondit-elle au regard interrogateur de Jack. Appelez votre ami.
* * *
— Tu n’es tout de même pas en train de dire que tu es d’accord avec elle ?
Riley fit volte-face et lança à son ami un regard incrédule.
— Non, protesta Joe en levant les mains dans un geste d’apaisement. Enfin, pas exactement.
Au comble de la frustration, Riley se laissa tomber dans un fauteuil. S’il s’agissait de n’importe qui d’autre, s’opposerait- il à son idée ? Au fond, son plan tenait la route. Le tueur prenait des risques et devenait négligent. Sans doute le moment était-il bien choisi pour passer à l’offensive.
Pourtant, la seule pensée qu’Hannah puisse servir d’appât à ce salaud lui glaçait le sang.
Perdre Emily avait failli le tuer. Si Hannah mourait, elle aussi…
— Que dirais-tu d’un compromis ? demanda Joe. Je ne parle pas de faire d’elle une cible, mais si elle restait jusqu’à la fin de ses vacances ?
— Il est trop facile de remonter jusqu’à elle.
— Dans ce cas, emmène-la quelque part. Elle voulait visiter le parc, non ? Je peux demander à Jim Tanner de vous réserver deux chambres à Jackson Hole pour que vous alliez jouer les touristes. Peut-être qu’elle se détendra un peu, qu’elle se souviendra d’autres détails…
— Elle serait encore plus près du terrain de chasse du tueur.
— Tu es amoureux d’elle.
Riley tressaillit.
— Qu’est-ce que tu racontes ?
— Ce ne serait pas un crime.
La douceur qu’il percevait dans le ton de Joe ne fit qu’attiser la colère qui grondait en Riley.
— Hannah Cooper est ici parce que j’espérais qu’elle se souviendrait d’autres détails sur son agression ! s’exclama-t-il avec une fermeté qui n’était qu’apparente. Je crois que ça ne va pas se produire. Donc, il est temps qu’elle retourne chez elle.
— C’est bon à savoir, dit Hannah d’une voix étranglée depuis le seuil.
— Hannah…
Elle lui tourna le dos et se dirigea vers sa chambre.
Joe le toisa durement.
— Qui essaies-tu d’impressionner dans ton rôle de grand solitaire, Riley ? Emily ?
Là-dessus, l’air furieux, il se leva et gagna la porte à grands pas.
— Emily détesterait l’homme que tu es en train de devenir, asséna-t-il avant de sortir.
Riley ferma les yeux en soupirant. Il n’avait pas pleuré depuis l’enterrement d’Emily, mais des larmes brûlantes lui picotaient soudain les yeux. Se refusant à céder à la faiblesse, il cilla pour les refouler. Ce n’était plus le chagrin, mais la colère qui le faisait aller de l’avant. Il ne pouvait se permettre de s’effondrer.
Pas maintenant, alors qu’il était peut-être sur le point d’arrêter enfin l’homme qui l’avait dépouillé du meilleur de sa vie. * * *
— Il ne voulait pas dire ça, plaida Jack en sortant le T-shirt de la valise d’Hannah pour le remettre sur la pile posée sur le lit. Je le connais depuis plus longtemps que vous. Il tient à vous.
Elle reprit le T-shirt d’un geste sec et le jeta dans la valise.
— Je sais qu’il tient à moi. Mais pas suffisamment pour me garder ici.
— Vous êtes amoureuse de lui ?
Elle le foudroya du regard.
— Je ne suis pas stupide !
— Ce n’est pas une réponse.
— Si ! riposta-t-elle en fourrant d’un geste rageur une paire de chaussettes dans la valise.
— Aimer quelqu’un n’est pas stupide.
— Ça l’est quand il est amoureux d’une autre, répondit-elle en s’asseyant sur le lit.
Jack inclina la tête.
— J’ai l’impression que nous ne parlons plus de Riley…
— Pas seulement, avoua-t-elle.
— Parlez-en au Dr Jack, dit-il en s’asseyant près d’elle.
Hannah leva les yeux au ciel, mais l’humour de Jack était si contagieux qu’elle ne put s’empêcher de lui rendre son sourire.
— Il y a une semaine, ce n’était qu’un souvenir désagréable, commença-t-elle. Je veux dire… ça s’est passé il y a quatre ans…
— Il est parti avec une autre femme ?
— Elle avait été son premier amour, et ni l’un ni l’autre ne s’en étaient vraiment remis. Je croyais l’aimer assez pour nous deux.
Embarrassée au souvenir de sa naïveté, elle enfouit le visage dans ses mains.
— J’ai été une vraie idiote !
— J’ai vu de pires idiots, croyez-moi, répondit Jack avec compassion. Jusqu’où est-ce allé ?
Elle rougit de gêne.
— Jusqu’à l’enterrement de sa vie de célibataire.
Jack fit la grimace.
— Si loin que ça ?
Puisant dans sa force intérieure alors qu’elle sentait son cœur se briser un peu, elle redressa les épaules.
— Je sais que Riley ne va pas du jour au lendemain se remettre de la mort d’Emily simplement parce qu’il m’a rencontrée. Je ne vais pas me faire d’illusions là-dessus. Ça répond à votre question ?
— Non, mais le plus important n’est pas là, affirma-t-il en souriant. Allez-vous rentrer chez vous ?
Elle secoua la tête.
— Il me reste trois jours de vacances et j’ai rendez-vous avec un journaliste.
— Bravo !
— Mais je vais partir d’ici, ajouta-t-elle en tendant de nouveau la main vers la pile de vêtements.
— Je crois que vous devriez rester.
— Riley veut que je m’en aille.
— Et moi, je vous demande de rester, insista-t-il. En tant que mon invitée.
— Riley est chez lui.
— Il va revenir à la raison, affirma Jack, sûr de lui. Tant que vous ne lui parlez pas de l’interview.
— Vous croyez que je devrais lui mentir ?
— Je crois que vous ne devriez pas le mentionner, c’est tout. Mark Archibald doit nous retrouver au restaurant Kent à 17 heures. Je vais dire à Riley que vous avez besoin de vous calmer un peu et que je vous emmène dîner en ville. Ce n’est pas un mensonge, si ?
Se souvenant que Riley lui avait conseillé de rester aussi proche que possible de la vérité dans les mensonges qu’ils racontaient à Jack, Hannah ne put réprimer un sourire. Les deux hommes se ressemblaient plus qu’ils ne l’imaginaient.
— Non, convint-elle. Nous allons dîner au restaurant, et c’est vrai que j’ai besoin de me calmer.
Et peut-être qu’une fois le plan en marche, Riley comprendrait qu’elle n’avait pas vraiment eu le choix.
* * *
L’interview avec le journaliste se déroula aussi bien qu’elle aurait pu l’espérer. Mark Archibald était amical, drôle et attentif. Il posa des questions pertinentes auxquelles elle répondit de son mieux, se gardant néanmoins de parler de la boucle de ceinturon et du fait que le tueur portait des gants en latex. Elle savait que la police aimait tenir certaines informations secrètes, au cas où elle recevrait un appel de quelqu’un prétendant être l’auteur de l’agression.
Espérant que cela apparaîtrait dans l’article de Mark, elle laissa cependant clairement entendre qu’elle se souvenait d’autres choses. Il fallait tenter l’assassin autant que possible.
— Ce sera dans le journal demain matin, déclara Jack sur le chemin du retour.
Il semblait fébrile, débordant d’énergie, comme si leur manœuvre secrète l’avait soudain rendu à la vie.
— Soyez prudent devant Riley, sinon il va se douter de quelque chose, l’avertit-elle.
Il sourit.
— Je sais. C’est juste que… je sens que ça va marcher. Je crois que ce type va craquer et sortir de son trou. Et que nous allons obtenir justice pour Em.
— Et pour les autres femmes aussi, ajouta Hannah sobrement.
Le sourire de Jack s’effaça.
— Pour les autres femmes aussi, répéta-t-il.
Il se gara à côté du pick-up de Riley.
— Allez-y. Je vais donner à manger aux chevaux.
— Espèce de lâche ! lança-t-elle d’un ton léger.
Au fond, elle était soulagée. Mieux valait qu’il domine son excitation avant d’être face à son beau-frère.
Elle entra donc seule. Riley avait laissé le plafonnier allumé dans la cuisine. Le couloir était plongé dans la pénombre, mais une lumière brillait dans la chambre d’amis.
Riley était là, assis sur le lit, tenant à la main le pull qu’elle avait laissé lorsqu’elle s’était changée pour aller dîner.
Il leva les yeux vers elle, le visage empreint de regret.
— Je n’ai pas dit la vérité à Joe, avoua-t-il.
Elle prit place dans le rocking-chair à côté du poêle et posa les mains à plat sur ses genoux. Elle garda son regard soudé au sien, attendant qu’il continue, sans savoir au juste ce qu’elle voulait entendre — la vérité sans fard ou des excuses à moitié convaincantes. Dans un cas comme dans l’autre, cela lui ferait mal.
— Tu n’es pas seulement un moyen de m’aider à trouver l’assassin d’Emily, poursuivit-il. Je ne veux pas qu’il t’arrive quoi que ce soit.
Il se pencha en avant, l’air las, appuyant les avant-bras sur ses genoux.
— Les trois dernières années ont été dures.
— C’est le moins que l’on puisse dire, je crois, murmura-t-elle.
Riley leva vers elle des yeux assombris par la douleur.
— J’étais différent, avant. Je prenais la vie comme elle venait, j’étais insouciant. J’étais en bonne santé, j’avais des amis, j’avais Emily…
Malgré elle, Hannah songea que la vie qu’il décrivait ressemblait à la sienne. Hormis la déception sentimentale qu’elle avait relatée à Jack, elle avait mené une existence sans nuages. Elle avait grandi entourée d’amis et d’une famille aimante, était allée à l’université et puis était revenue travailler dans l’entreprise familiale comme elle en avait toujours eu l’intention.
Quelles épreuves avait-elle vraiment connues jusqu’à aujourd’hui ?
— Parfois, je me dis que Joe a du mérite de rester mon ami. Jane et lui ont eu des ennuis terribles il y a deux ans, et c’est tout juste si j’ai réagi à temps pour leur donner un coup de main.
Rouge de honte, il détourna la tête.
— Tous mes autres amis ont renoncé il y a longtemps. Quant à mes parents, je leur dis que tout va bien, mais ils ne sont pas dupes. Seulement, ils ne savent pas quoi faire.
— Il est difficile de savoir quoi dire à quelqu’un qui souffre, répondit-elle, songeant à son frère J.D.
Lui, au moins, avait la chance d’avoir deux enfants qui lui donnaient le courage de continuer.
— C’est ma faute.
Il pressa brièvement les paumes contre ses tempes avant de laisser retomber ses mains.
— J’ai éloigné tout le monde de moi parce que j’avais besoin de toute mon énergie pour me concentrer sur l’enquête. Je ne… je ne peux pas laisser d’autres choses compter.
Sa voix s’éteignit. Hannah eut envie d’aller à lui et de l’entourer de ses bras, de partager son fardeau, mais il était évident qu’il n’était pas prêt.
Peut-être ne le serait-il jamais.
— Mais toi, tu comptes pour moi, dit-il enfin, si bas qu’elle l’entendit à peine.
Il la regarda, ses yeux bleus étincelant d’intensité.
— Tu comptes pour moi.
Il se leva, resta un instant debout, puis se pencha vers elle et mit les mains sur les accoudoirs du rocking-chair. Il était tout près, si près qu’elle sentait son haleine tiède sur ses joues.
— Tu ne dois pas t’exposer au danger. Tu comprends ? Si jamais il t’arrivait quelque chose…
Des larmes brûlèrent les yeux d’Hannah et roulèrent sur ses joues tandis qu’il se redressait et la prenait par la main pour la faire se lever. Lorsque la bouche de Riley prit possession de la sienne, douce, passionnée, insistante, elle noua les bras autour de son cou et se blottit contre lui, éprouvant le besoin de sentir sa chaleur, envahie par un désir teinté de remords.
Ils tombèrent ensemble sur le lit. Riley lui encadra le visage de ses mains, une question dans ses yeux.
Elle mourait d’envie qu’il continue à la caresser, à l’embrasser, à remplir le vide qu’elle sentait en elle. En même temps, le regret la submergeait, car elle avait déjà mis en branle un processus qui allait la mettre plus encore en danger, alors qu’il venait précisément de la supplier de n’en rien faire.
— Arrête, dit-elle doucement comme il se penchait pour reprendre ses lèvres.
Riley s’immobilisa, l’air soudain méfiant. Elle sentit les battements rapides de son cœur contre le sien.
— J’ai parlé à un journaliste.
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