Par-delà le danger - Un suspect très séduisant

Chapitre 14

14

 

 

Riley se réveilla brusquement, le cœur battant à tout rompre. Ses yeux s’ouvrirent sur l’obscurité. Le cadran bleuté du réveil posé sur la table de chevet affichait 5 h 30.

Le corps d’Hannah était blotti contre le sien, souple et chaud. Sa respiration régulière indiquait qu’elle dormait encore.

Le souvenir de leur nuit de passion se confondait avec le rêve qu’il venait de faire, au point qu’il n’était plus sûr de distinguer le réel de l’imaginaire. Etait-ce vraiment le corps d’Hannah qui épousait le sien si parfaitement qu’ils semblaient avoir été faits l’un pour l’autre ? Avaient-ils instinctivement trouvé le rythme familier des amants, l’intimité partagée qui ne vient d’ordinaire qu’avec les années ?

Avec précaution, il s’écarta d’elle et se leva. Hannah bougea un peu, puis retomba dans un profond sommeil.

Il enfila son caleçon qui gisait sur le sol, puis se dirigea vers la salle de bains et observa avec curiosité l’homme qui lui rendait son regard dans le miroir.

Il paraissait reposé, constata-t-il avec surprise, malgré l’heure matinale et la nuit agitée qu’il venait de passer. Les rides de tension qu’il voyait d’ordinaire sur son front avaient presque disparu. Ses yeux étaient clairs, calmes, et, pour la première fois depuis trois longues années, n’exprimaient pas la douleur.

Environ un an après le meurtre d’Emily, l’isolement qu’il s’était imposé avait commencé à le rendre fou et il était allé passer un week-end à Jackson, histoire de rencontrer des gens qu’il ne connaissait pas et qui ne savaient rien de lui. Il n’avait pas eu de mal à trouver une femme qui ne recherchait rien de plus que lui. Ses voyages à Jackson étaient devenus une habitude, et il s’y rendait une ou deux fois par mois.

Les autres nuits, les autres femmes, toutes avaient laissé leur marque. Jamais pour le mieux.

Il éteignit la lumière et sortit dans le couloir. Que devait-il faire, maintenant ? Retourner dans la chambre où Hannah dormait, chaude et nue entre les draps ? Ou aller dans la cuisine pour réfléchir à la manière de la dissuader de persister dans ses intentions ?

Elle prit la décision pour lui en sortant de la chambre, vêtue en tout et pour tout de son T-shirt.

— Bonjour, lui dit-elle avec un sourire timide.

Ses cheveux étaient ébouriffés, ses lèvres roses, encore gonflées par leurs baisers.

Le désir envahit Riley.

Un petit sourire espiègle se dessina sur le visage ensommeillé d’Hannah. Elle s’avança vers lui, le regard rivé au sien, et mit la main sur son torse.

— Il fait froid, dans ce couloir, murmura-t-elle en promenant les doigts sur son ventre, avant de descendre plus bas. Si nous retournions au lit ?

Même s’il l’avait voulu, il n’aurait pas pu refuser. * * *

Deux heures plus tard, ils prirent leur douche séparément, étrangement réticents à partager cette intimité-là. Peut-être était-ce une manière tacite d’admettre le caractère éphémère de leur relation.

Hannah passa la première, et quand Riley sortit de la salle de bains, vêtu d’un jean et d’une chemise en coton bleue, elle avait déjà préparé du café et cassait des œufs dans une poêle.

— Deux œufs ou trois ? demanda-t-elle par-dessus son épaule en s’efforçant de ne pas penser à la nuit qu’ils venaient de passer ensemble.

Si elle était distraite, comment pourrait-elle s’acquitter correctement de son rôle dans le plan du shérif Tanner ?

Elle ne pouvait se permettre de rêvasser.

— Trois, répondit Riley en sortant une miche de pain du placard. Je vais faire des toasts. Tu en veux ?

— Oui, merci.

Elle se tourna vers lui.

— Le shérif Tanner n’a pas téléphoné hier soir, si ? Je n’ai pas entendu de sonnerie.

— J’ai vérifié. Pas de messages, affirma-t-il sans chercher à cacher son soulagement.

— Je suis sûre qu’il ne va pas tarder à le faire, dit-elle doucement pour ne pas paraître sur la défensive.

Elle ne s’était pas attendue à ce qu’une nuit d’amour le fasse changer d’avis. Au contraire, il devait être encore plus résolu à la protéger du danger.

Pour sa part, elle avait aussi réfléchi à la question. Riley avait éveillé en elle des sentiments qui allaient bien au-delà du désir ou du plaisir, et qui lui avaient fait prendre conscience qu’elle pourrait aimer de nouveau.

Qu’elle pourrait aimer Riley, plus précisément, rectifia-t-elle intérieurement. Trouverait-elle jamais un autre homme capable de lui faire éprouver cela ? Ou Riley était-il l’homme de sa vie, celui qu’elle avait cru voir en Craig avant de découvrir son erreur ?

Ce serait bien sa chance d’être tombée amoureuse d’un homme qui ne cesserait jamais d’aimer sa femme disparue !

Bien qu’elle n’ait soudain plus d’appétit, elle se força à manger. En face d’elle, Riley mangeait de bon cœur, tout en promenant rêveusement son regard sur elle. Chaque fois que leurs yeux se rencontraient, il souriait, et elle était tentée de croire qu’il n’était pas aussi hors d’atteinte qu’il l’imaginait.

Heureusement, le téléphone sonna avant la fin du petit déjeuner, la ramenant à la réalité. Riley se leva pour répondre et se rembrunit aussitôt. Il lui tendit l’appareil.

— Jim Tanner.

Le shérif alla droit au but.

— J’ai demandé à McCoy Edwards, de la chaîne Douze, de vous interviewer pour les informations de 17 heures. Il voudrait que vous le retrouviez aux studios vers 11 heures pour l’enregistrement. C’est possible ?

— Bien sûr, dit-elle en jetant un coup d’œil en direction de Riley.

— Demandez à Patterson de vous amener à mon bureau pour 10 h 30. Comme ça, je pourrai vous déposer au studio moi-même. Riley peut nous accompagner s’il le désire, mais discrètement. Je ne veux pas que notre tueur entende dire que vous êtes sous la protection d’un policier de Canyon Creek.

— Entendu.

La conversation terminée, Riley alla remettre le téléphone sur son socle puis se laissa tomber sur une chaise en face d’elle.

— Tu vas vraiment le faire ?

— Oui.

Il poussa un profond soupir, et termina son petit déjeuner en silence. * * *

Riley avait l’estomac noué quand ils arrivèrent au studio où McCoy Edwards les attendait.

Agé d’une cinquantaine d’années, le journaliste avait des yeux verts perçants et des cheveux bruns qui commençaient à grisonner. Il salua le shérif comme un vieil ami, puis entraîna Hannah à l’écart dès les présentations faites.

Riley les regarda partir, gardant l’œil sur Edwards qui conduisait Hannah vers deux fauteuils placés devant un arrière-plan gris. Il entendait le murmure de leurs voix mais sans pouvoir comprendre ce qu’ils disaient.

— Vous êtes sûr qu’on peut avoir confiance en lui ? demanda-t-il en se tournant vers Tanner.

— Nous avons besoin de faire bouger les choses. Edwards est l’homme qu’il nous faut.

Ce n’était pas vraiment la réponse qu’il avait espérée, songea Riley, en reportant son attention sur Hannah. Elle regarda dans sa direction, un sourire hésitant aux lèvres. Il savait qu’elle ne pouvait pas voir grand-chose à cause des projecteurs braqués sur elle, mais il sourit pour l’encourager malgré l’angoisse qui le rongeait.

Lorsque l’interview commença, Riley put entendre clairement leur conversation. Edwards posa des questions intelligentes, qui suggéraient qu’il ne s’était pas contenté de lire l’article de Mark Archibald dans le journal, mais qu’il avait fait des recherches plus approfondies.

Enfin, il parvint à celle qu’Hannah attendait.

— Croyez-vous que vous finirez par recouvrer toute votre mémoire des événements de ce jour-là ?

— Je l’ignore. Cela dit, je vais aller consulter un médecin à l’hôpital de Jackson demain matin. Une spécialiste de l’hypnose. J’espère que cela me permettra de faire des progrès et d’aider davantage la police.

Le cœur de Riley se serra brusquement. Avec cette réponse, elle avait posé le piège. A présent, ils ne pouvaient plus reculer.

Il ne lui restait plus qu’à prier pour qu’Hannah soit saine et sauve quand tout serait terminé.

* * *

— Tu continues à croire que j’ai fait une erreur, murmura Hannah en se tournant dans les bras de Riley pour lui faire face.

Elle distinguait à peine ses traits dans la pénombre, mais elle sentait la tension que ses paroles faisaient naître en lui.

— Je crois que tu prends un énorme risque, dit-il.

Une réponse prudente, pensa-t-elle avec une bouffée de tendresse mêlée de frustration.

— Je sais. Ça ne veut pas dire que j’ai eu tort.

La main de Riley trouva son visage, et ses doigts se glissèrent dans ses cheveux alors qu’il la caressait gauchement.

— Tout dépend de qui en est juge.

Elle mêla ses doigts aux siens et l’embrassa. Le contact de sa bouche chaude et douce réveilla le désir au creux du ventre d’Hannah.

— Il faut que je le fasse, souffla-t-elle.

— Si tu le fais pour moi…

— Je t’ai déjà dit que c’était autant pour moi que pour toi.

Fermant les yeux, elle se laissa retomber contre les oreillers.

— Et s’il ne se passe rien ? demanda-t-il à voix basse. S’il ne mord pas à l’hameçon ?

Elle éprouva un pincement de douleur.

— Eh bien, je rentrerai chez moi comme prévu.

— Et moi, je continuerai à chercher.

Riley roula sur le dos jusqu’à ce qu’ils soient allongés l’un à côté de l’autre, sans se toucher.

« Demain matin, songea Hannah, je vais faire mes bagages pour être prête à embarquer sur le vol de l’après-midi au départ de Jackson Hole. Demain soir, je serai de retour dans ma petite maison au bord du lac, entourée des miens. Où sera Riley, à ce moment-là ? »

— Si le plan fonctionne et si nous l’arrêtons, que se passera-t-il ensuite ? demanda-t-elle. Que feras-tu alors ?

Perdu dans ses réflexions, Riley ne répondit pas immédiatement. Au bout d’un moment, il haussa les épaules.

— Je ne sais pas. Je n’ai jamais pensé aussi loin.

Elle glissa sa main dans la sienne.

— J’espère que tu vas devoir commencer à y penser.

La main de Riley se referma sur la sienne, et elle sourit tristement dans le noir.

* * *

— Eh bien, je dois dire que c’est un des moments les plus étranges que j’aie connus au cours de ma carrière, déclara le Dr Janis Templeton en souriant à Hannah de l’autre côté de son imposant bureau. C’est la première fois que je participe à une opération de police. Je ne sais pas si c’est excitant ou terrifiant.

Bien qu’elle ait l’estomac noué, Hannah lui rendit son sourire.

— A vrai dire, c’est la même chose pour moi.

— Quand saurez-vous si le plan a fonctionné ?

— Je suis censée rester une heure avec vous. Ensuite, je traverserai seule l’hôpital pour retrouver le shérif à l’accueil.

Hannah baissa les yeux sur sa montre. Elle était là depuis dix minutes.

Le Dr Templeton se cala confortablement dans son fauteuil et croisa les jambes. Elle était à peine plus âgée qu’Hannah, jolie dans un style naturel, le visage dépourvu de maquillage, et les cheveux courts. Son tailleur sobre et bien coupé soulignait sa minceur.

— Puisque vous êtes là, voulez-vous parler un peu de votre amnésie ? Avez-vous recouvré certains souvenirs ?

— Quelques-uns, mais je ne sais pas si je peux vous en parler.

Le Dr Templeton acquiesça.

— Bien sûr. Je me demandais seulement si vous aviez envisagé sérieusement de recourir à l’hypnose pour y parvenir.

— Pas vraiment, avoua Hannah avec un sourire d’excuse.

— Il existe des techniques de relaxation qui pourraient vous y aider, continua le médecin. Il est évident que vous souhaitez recouvrer la mémoire, sinon vous ne seriez pas là, prête à vous exposer au danger. Peut-être devriez-vous songer à consulter un hypno-thérapeute quand vous serez rentrée chez vous.

— J’y réfléchirai, répondit Hannah, quoique sceptique.

— En attendant, nous pourrions profiter des trois quarts d’heure qui nous restent pour faire connaissance, proposa Janis Templeton. Parlez-moi de vous.

* * *

— Avons-nous une liste du personnel présent ce matin ? demanda Riley à Jim Tanner alors qu’ils s’installaient à l’accueil.

Joe Garrison était là lui aussi, à portée de voix.

— On me l’a envoyée par fax, répondit Tanner en ouvrant sa serviette pour en sortir une feuille. Sept membres du personnel se sont fait porter malades : deux aides-soignantes, un manutentionnaire, un employé de la cafétéria, un médecin et deux infirmières.

— Personne du service de sécurité ?

— Non.

Tanner lui tendit une autre liste.

— J’ai noté leurs noms pour vous. Je sais que vous pensez que la sécurité est le point faible.

Riley fronça les sourcils.

— Je ne reconnais pas ce nom-là.

— Mike Sanchez ? C’est un ancien gardien de prison. C’est moi qui l’ai recommandé personnellement. Il ne répond pas à la description faite par votre petite amie.

« Votre petite amie. » Riley éprouva un pincement au cœur. Il était vrai qu’Hannah et lui avaient passé les deux dernières nuits dans les bras l’un de l’autre.

Il jeta un coup d’œil à sa montre.

— Il est presque midi. Elle va descendre d’un moment à l’autre.

Chaque muscle de son corps était tendu à craquer. Il se força à respirer lentement, calmement, afin de reprendre le contrôle de lui-même. Le revolver glissé dans le holster qu’il portait sous sa veste en cuir pesait contre sa hanche.

Il savait que deux adjoints de Tanner étaient postés au troisième étage, non loin du cabinet du Dr Templeton. L’un d’eux avait pour consigne de suivre Hannah dans l’ascenseur. Joe, Jim Tanner et lui se chargeraient de la faire sortir sans encombre de l’accueil.

Il aurait dû espérer que le tueur se manifeste — avec tant d’agents autour d’eux, le type serait une cible facile — mais, en réalité, il ne le souhaitait pas, car cela impliquerait de voir Hannah en danger. Il aimait mieux passer le reste de sa vie à traquer l’assassin.

Une petite sonnerie annonça l’ouverture des portes de l’ascenseur. Quelques secondes plus tard, Hannah en sortit, l’adjoint sur ses talons. Ce dernier échangea un regard avec le shérif et secoua légèrement la tête.

Le plan avait échoué.

Hannah vint les rejoindre et se laissa tomber à côté de Riley.

— C’est raté, je crois.

Riley lui passa un bras autour des épaules.

— Tout dépend de qui en est juge, murmura-t-il.

Elle le regarda avec une tendresse mêlée de déception.

— Eh bien, je suppose que le prochain arrêt est l’aéroport…

Le cœur de Riley se serra. Ils avaient fait ses bagages ce matin et les avaient mis à l’arrière du pick-up. Son avion décollait de Jackson Hole vers 15 heures, si bien qu’ils n’auraient pas le temps de retourner à la maison.

Il passait ses dernières heures avec elle.

Le shérif Tanner se leva, et ils l’imitèrent. Riley mit une main au creux du dos d’Hannah tandis qu’elle suivait Tanner et Joe sur le parking.

Il demeura vigilant, jetant des coups d’œil à droite et à gauche pour s’assurer que le tueur n’allait pas frapper au dernier moment.

Tout se passa sans anicroche.

Tanner s’arrêta devant le pick-up et lui tendit la main.

— Ça a été un plaisir de vous rencontrer, miss Cooper. Je vous souhaite un bon retour. Je vous appellerai si nous trouvons quoi que ce soit.

Puis il salua Riley et Joe d’un signe de tête et se dirigea vers son véhicule, garé tout près.

Hannah se tourna vers Joe.

— Merci pour tout, Joe. Et dites à Jane que j’ai vraiment apprécié son aide quand je suis arrivée. Elle a promis de m’envoyer un mot à la naissance du bébé. Vous le lui rappellerez, n’est-ce pas ?

— Bien sûr. Bon voyage, Hannah.

Joe l’étreignit, tout en lançant à Riley un regard plein de questions par-dessus son épaule.

Des questions auxquelles Riley était incapable de répondre.

Joe parti, Hannah lui fit face, pâle comme un linge.

— Allons-y. Jane m’a dit que l’aéroport était assez loin.

Il l’aida à s’installer dans le pick-up, puis en fit le tour pour se mettre au volant.

— C’est assez loin, admit-il, mais le paysage est magnifique.

Elle boucla sa ceinture.

— Je suis désolée que le plan ait échoué.

— Pas moi, répondit-il sincèrement.

Elle posa sur lui des yeux brillants de larmes.

— Je voulais que ce soit terminé pour toi. Ça semble injuste de partir en te laissant continuer à chercher des réponses.

« Alors, reste », songea-t-il, sans pouvoir prononcer les mots. Qu’avait-il à lui offrir, sinon une moitié de lui-même, alors qu’elle méritait infiniment mieux ?

Ils s’arrêtèrent en cours de route pour déjeuner, et mangèrent en silence, conscients que tout avait déjà été dit. Ils ne parlèrent de nouveau qu’une fois arrivés à destination, lorsqu’il l’accompagna à l’enregistrement.

Elle tourna vers lui ses yeux verts assombris par la tristesse.

— Ce n’est pas la peine que tu attendes. Ça ne ferait que me donner envie de pleurer, avoua-t-elle avec un sourire incertain.

Il lui encadra le visage de ses mains.

— Appelle-moi dès que tu seras rentrée, d’accord ? Je veux être sûr que tu es bien arrivée.

Souriant encore à travers ses larmes, elle acquiesça.

— Tu es sûre que tu ne veux pas que je demande à la police locale de te placer sous protection ?

— Mon frère est adjoint au shérif, et j’ai un fusil. Tout ira bien. D’ailleurs, il y a peu de risques pour qu’il me suive jusqu’en Alabama, n’est-ce pas ?

Refoulant ses craintes et ses regrets, Riley lui effleura les lèvres d’un baiser puis la prit dans ses bras et la serra très fort contre lui.

— Merci pour tout, lui souffla-t-il à l’oreille.

Il la lâcha et recula, le cœur cognant sourdement dans sa poitrine. Il aurait voulu en dire davantage, lui expliquer à quel point il souffrait de la voir s’en aller, mais il avait appris depuis longtemps à faire la différence entre ce qu’il désirait et ce qui devait arriver. Aussi, il se contenta de lui adresser un sourire triste avant de se diriger vers la sortie.

En arrivant à la porte, il se retourna une dernière fois. Hannah se tenait toujours à l’endroit où il l’avait laissée, immobile, et le regardait.

La mort dans l’âme, il quitta l’aéroport.

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