Par-delà le danger - Un suspect très séduisant
Chapitre 3
3
Le bourdonnement des conversations sembla se taire brusquement autour d’Hannah tandis qu’elle digérait la nouvelle.
C’était bien vrai, son agresseur avait tenté de la tuer de nouveau. Ce ne pouvait être que lui. Il n’était guère probable que deux individus distincts s’en prennent le même jour à une touriste ordinaire comme elle. Mais pourquoi cette deuxième tentative ? Elle ne se souvenait de presque rien à son sujet ! En quoi représentait-elle une menace ?
Elle chercha des yeux Riley Patterson, l’unique visage familier dans la pièce. Leurs regards se rencontrèrent, et son expression, bien que grave, la rassura. Il s’accroupit de nouveau à côté d’elle et posa la main sur son bras.
— Ça va ?
Elle hocha la tête, et se força à redresser le menton.
— Je voudrais bien savoir comment il a pu arriver aussi facilement jusqu’à moi.
— Moi aussi, déclara Tanner. Cela dit, Jackson Hole est une petite ville. Les nouvelles y vont vite et les mesures de sécurité ne sont pas très importantes.
— Ce type se croit invulnérable, marmonna Riley. Il s’en est tiré jusqu’ici.
— Joe m’a dit que vous pensez que cette attaque est liée à d’autres meurtres ?
Riley jeta un coup d’œil en direction d’Hannah qui comprit qu’il ne désirait pas évoquer l’affaire en détail devant elle.
— J’ai des classeurs pleins de notes, répondit-il. Je suis prêt à les partager. Plus nous serons nombreux à chercher le coupable, mieux ça vaudra.
Joe acquiesça.
— Riley a raison. Cet homme a déjà tué, et il recommencera si nous ne l’arrêtons pas.
Le shérif Tanner parut contrarié.
— Bien. Envoyez-moi des copies de vos notes, et je mettrai un inspecteur sur l’affaire, histoire de voir si nous pouvons trouver un lien avec des meurtres non élucidés.
— Et peut-être aussi des affaires classées, suggéra Riley. Je n’ai commencé à enquêter qu’il y a trois ans, mais je pense qu’il pourrait y avoir des crimes plus anciens.
— Pourquoi il y a trois ans ? demanda Hannah.
Joe et Tanner se tournèrent vers Riley, mais celui-ci resta impassible.
Comme il gardait le silence, elle répéta sa question.
— Vous avez dit que vous avez commencé à enquêter il y a trois ans. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Riley la dévisagea longuement puis baissa les yeux sur ses mains.
— Il y a trois ans, dit-il d’une voix rauque, ce salaud a assassiné ma femme.
Hannah eut l’impression de recevoir un coup de poing dans l’estomac. Pas étonnant qu’il soit personnellement affecté par cette affaire.
— Je suis désolée.
Les lèvres serrées, il hocha brièvement la tête.
— Je tiens tout autant que vous à arrêter ce type, ajouta-t-il doucement, comme si ces mots ne s’adressaient qu’à elle.
Hannah déglutit avec peine en songeant que, quelques instants plus tôt, elle ne désirait qu’une chose : prendre le premier avion pour l’Alabama. Une petite partie d’elle-même le désirait d’ailleurs encore.
Elle était souvent rentrée se réfugier à la maison, ces dernières années…
Cependant, sachant ce qu’elle savait à présent, pouvait-elle vraiment prendre la fuite ? Alors qu’elle était l’unique témoin survivant capable d’identifier un assassin ?
Un homme qui avait tué l’épouse de Riley Patterson.
— Excusez-moi…
Hannah tressaillit au son d’une nouvelle voix. Le médecin qui l’avait soignée lors de son arrivée à l’hôpital était là, l’air soucieux.
— J’aimerais vérifier que ma patiente va bien, dit-il fermement.
Riley s’interposa.
— Ça vous ennuie de me montrer votre badge ?
En voyant l’expression interloquée du médecin, Hannah faillit pouffer de rire.
— Ça vous ennuie de me montrer le vôtre ?
Riley s’était exécuté avant même que son interlocuteur n’ait fini de poser sa question. Le médecin esquissa un sourire, puis lui tendit son badge.
— James Andretti. Je travaille ici depuis dix ans. Demandez à n’importe qui.
— Il m’a soignée aux urgences, intervint Hannah en effleurant le bras de Riley.
— J’aimerais vérifier que ma patiente va bien, répéta le Dr Andretti. Pouvez-vous sortir ?
— C’est une scène de crime, répondit Riley.
— C’est aussi une chambre d’hôpital.
Le shérif Tanner s’avança.
— Les techniciens ont terminé autour du lit. Nous allons sortir quelques minutes et laisser le médecin faire son travail. Quand il aura terminé, je reviendrai vous parler, miss Cooper.
Hannah acquiesça et jeta un coup d’œil furtif en direction de Riley. Elle trouva son regard fixé sur elle, indéchiffrable, mais il suivit ses collègues.
Lorsqu’ils furent seuls, le médecin prit son stéthoscope et se pencha pour écouter le cœur d’Hannah.
— Le pouls est un peu rapide, mais je suppose que c’est normal. Comment va la tête ?
— Mieux, à vrai dire.
— Vous ne voyez pas double ? Vous n’avez plus de trous de mémoire ?
— Non.
— Bien. Je pense que nous vous laisserons sortir demain matin. Mais je suis d’avis de vous transférer dans une autre chambre pour que vous puissiez vous reposer.
— Ai-je vraiment besoin de rester ?
— C’est la procédure habituelle en cas de traumatisme crânien.
— Mais je ne présente plus de symptômes inquiétants, n’est-ce pas ? Vous ne m’avez gardée qu’en observation, et vous venez de dire que tout va bien.
Le médecin l’interrogea du regard.
— Quelqu’un a essayé de me tuer ici ce soir. Je ne suis pas très à l’aise à l’idée de lui donner une autre chance.
— Je peux faire poster un garde devant la porte de votre chambre.
— Comment savez-vous que ce n’est pas un des gardes qui m’a attaquée ? Ou même un médecin ou un infirmier ?
Le Dr Andretti parut choqué.
— C’est fort peu probable.
Hannah soupira.
— Sans doute. C’est seulement que je n’ai pas envie de rester. Je n’ai pas besoin d’autorisation pour m’en aller, si ?
— Non.
— Dans ce cas, faites le nécessaire, s’il vous plaît.
— Que comptez-vous faire ? Il est 4 heures du matin. Aucun motel digne de ce nom n’est ouvert… à supposer que vous trouviez une chambre disponible.
— Je veux sortir d’ici, répéta-t-elle, sentant la panique renaître en elle.
L’idée de rester dans cette chambre jusqu’au lendemain lui était insupportable.
— Je vais aller en parler aux policiers, mais je suis sûr qu’ils seront de mon avis, déclara le Dr Andretti en achevant de griffonner quelques notes. Ne bougez pas.
Il la laissa seule dans la chambre, qui ressemblait à une zone de guerre après le passage des techniciens. Elle croisa les bras, s’adossa à son fauteuil, et ferma les yeux. Jamais elle ne s’était sentie aussi épuisée. Pourtant, il n’était pas question de dormir.
Pas ici, alors qu’elle était entourée de gens qu’elle ne connaissait pas et en qui elle ne pouvait avoir confiance.
* * *
— Six meurtres en trois ans, ce n’est pas énorme, commenta Jim Tanner en tendant à Riley une tasse de café. Je croyais que les meurtriers en série avaient tendance à tuer de plus en plus fréquemment. Ce type est plutôt régulier.
— Hannah Cooper aurait été la troisième victime cette année, lui fit remarquer Riley. Et je n’ai peut-être pas recensé tous les cas. Les deux autres dont je parle sont ceux que j’ai pu trouver dans des sources relativement publiques.
— Pourquoi le FBI ne s’intéresse-t-il pas à tout ça ?
— Certains des liens sont un peu vagues, admit Joe, refusant le café que Tanner lui offrait. Le spray au poivre, par exemple, n’a été décelé que sur trois des victimes, sans compter Hannah.
— Mais toutes ont été enroulées dans du plastique et jetées à l’eau, insista Riley. Et toutes ont été étranglées à l’aide d’un cordon.
— C’est une méthode relativement courante. Avec le même type de cordon chaque fois ?
— Non, dit Riley. Je crois qu’il prend ce qu’il a sous la main.
Tanner hocha la tête.
— Je vois. Je ne suis pas surpris que le FBI ait besoin d’éléments supplémentaires.
Riley lança un coup d’œil à Joe. Son vieil ami était-il secrètement d’accord avec Jim Tanner quant au manque de liens entre les affaires ? Faisait-il mine d’y croire par loyauté envers lui ?
Tanner reposa sa tasse sur le comptoir en Formica.
— Vous savez quoi ? Il est évident que vous êtes sûr que ces meurtres sont liés, et je ne suis pas du genre à mépriser l’instinct d’un collègue. Je mettrai un de mes gars sur les meurtres non élucidés dans ma juridiction, histoire de voir si certains correspondent à vos critères. Peut-être qu’on va trouver quelque chose. On ne sait jamais.
Riley lui adressa un sourire reconnaissant.
— Merci.
— Shérif Tanner ?
Riley se retourna. Le médecin d’Hannah s’approchait, l’air soucieux.
— Que puis-je pour vous ? demanda Tanner.
— Miss Cooper demande à quitter l’hôpital plus tôt que prévu. Dès maintenant, à vrai dire. Elle se sent mal à l’aise ici…
— Vous l’avez laissée seule ? l’interrompit Riley, l’estomac noué.
— J’ai fait poster quelqu’un devant…
Sans attendre le reste de sa phrase, Riley bouscula Joe et se dirigea vers la chambre d’Hannah. Il n’y avait personne devant sa porte ; le couloir était désert.
Le cœur battant à toute allure, Riley s’engouffra dans la chambre et faillit entrer en collision avec un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années, aux cheveux noirs et au teint hâlé. Ce dernier se retourna, un sourire aux lèvres.
Riley alla se placer entre Hannah et lui.
— Tout va bien ? demanda-t-il, sans quitter des yeux le gardien visiblement surpris.
— Oui. Charlie était seulement en train de se présenter, puisqu’il doit me servir de baby-sitter.
Un mélange d’humour et d’irritation transparaissait dans la voix d’Hannah.
— Et je lui disais que j’envisageais de creuser un tunnel pour m’enfuir.
L’air sévère, Riley toisa le jeune homme.
— Vous ne devriez pas vérifier qui je suis ?
Charlie parut penaud.
— Il vous fait marcher, intervint Hannah. Riley, laissez-le tranquille.
— Allez monter la garde dehors, et ne laissez personne entrer sans vérifier ses papiers.
Le jeune garde s’empressa d’obéir.
Riley se tourna vers Hannah, encore assise dans le fauteuil à côté de la fenêtre. Elle avait remonté ses genoux contre sa poitrine et ses grands yeux verts le regardaient, tout ensommeillés. Il éprouva une curieuse sensation au creux du ventre.
— Vous avez l’air épuisé.
— Merci du compliment, répondit-elle avant d’étouffer un bâillement.
— Le médecin dit que vous voulez partir.
— A votre avis ?
Il sourit malgré lui.
— Il n’y aura pas de vol avant 8 heures du matin. Que comptez-vous faire ? Camper devant l’aéroport où vous ne connaissez personne ?
— Je campe bien dans un hôpital où je ne connais personne.
On frappa à la porte. Un instant plus tard, Joe et Jim entrèrent, suivis par un technicien tenant un ordinateur portable.
— Trammell a ici une copie des images prises par la caméra de surveillance, annonça Tanner en faisant signe à celui-ci de poser l’appareil sur la table au pied du lit. Je voudrais que vous les regardiez et que vous me disiez si quelqu’un vous paraît ressembler à votre agresseur.
— Je ne l’ai pas bien vu.
— Peut-être pourrez-vous tout de même éliminer des suspects éventuels. Ce sera toujours ça.
Riley et Joe se penchèrent vers l’ordinateur tandis que Trammell appuyait sur une touche. Riley sentit un picotement de chaleur sur son côté gauche et se rendit compte qu’Hannah s’était levée et rapprochée de lui, tel un chaton qui se pelotonne contre une source de chaleur.
Il tendit la main derrière elle pour attraper la couverture pliée au bout du lit, et aperçut un pan de chair hâlée émergeant du dos de sa chemise d’hôpital. Elle le remercia d’un sourire lorsqu’il l’enveloppa de la couverture, puis reporta son attention sur l’écran.
— Voici l’entrée, expliqua Trammell en désignant des portes vitrées. Nous avons toutes les images disponibles depuis environ une heure avant votre admission jusqu’au moment où vous avez appelé l’infirmière, vers 1 heure du matin.
Il désigna une touche.
— Si vous appuyez là-dessus, l’image s’accélère. Et là, elle passe au ralenti.
Environ la moitié des visiteurs pouvaient être éliminés en raison de leur sexe, et les autres de leur âge ou de leur corpulence. Hannah arrêta le film trois fois, mais finit par secouer la tête.
— Je ne crois pas.
Soudain, Riley fronça les sourcils.
— Qu’est-ce que…
Il tendit la main et appuya sur « Pause », puis revint en arrière.
— Qu’y a-t-il ? demanda Hannah.
— Je n’en suis pas sûr…
Il arriva au passage qui l’avait troublé et pressa de nouveau la touche « Pause ».
— Oh ! fit Hannah, surprise.
Sur l’écran, on apercevait le bout d’une chaussure noire, juste au bord de la moquette chinée de l’entrée.
— Bon sang ! grogna Tanner avec une grimace.
— Quelqu’un a supprimé des images, conclut Riley.
Le regard bleu de Joe s’était assombri.
— Comment a-t-il pu faire ça ? s’étonna Hannah.
Riley posa une main sur son épaule. Elle tressaillit légèrement puis leva la tête vers lui. Après un instant, il la sentit se détendre.
Tanner poussa un soupir.
— Un gars qui travaille ici ?
Joe acquiesça.
— Sans doute. C’est par là qu’il faut commencer.
— Je vais demander une liste du personnel, déclara Tanner. Trammell, envoyez l’original au labo de Cheyenne. Peut-être pourront-ils en tirer davantage.
Puis il se tourna vers Hannah.
— Je crois que vous avez raison, miss Cooper. Mieux vaut que vous ne restiez pas ici ce soir. Je peux vous installer en lieu sûr à Jackson, sous bonne garde…
Hannah regarda Riley.
— Vous avez dit que j’étais la seule à en être sortie vivante.
— Pour autant que nous le sachions, oui.
— Je suis la seule à l’avoir vu.
Sa voix était devenue presque inaudible. Elle s’éloigna d’eux et se plaça devant la fenêtre, s’entourant de ses bras comme si elle était subitement glacée. Son mouvement fit glisser la couverture qu’elle rattrapa et rajusta sur ses épaules. Riley eut cependant le temps d’entrevoir son dos hâlé et la courbe douce de son postérieur que découvrait en partie sa chemise d’hôpital.
Une pointe de désir monta en lui et il serra les dents, atterré par la réaction traîtresse de son corps. Il s’éclaircit la voix en jetant un coup d’œil à Joe et à Tanner, qui semblaient n’avoir rien remarqué.
— Vous avez parlé au médecin ? demanda Joe à Tanner dans un murmure. Est-il possible que des souvenirs de l’attaque lui reviennent ?
— Personne ne le sait, admit ce dernier. Les réactions aux blessures à la tête sont imprévisibles.
— Peut-être n’y a-t-il rien d’autre à se rappeler, marmonna Joe d’un ton sombre.
— Nous en savons déjà beaucoup plus qu’avant, intervint Riley.
Hannah s’était retournée et les observait, les sourcils froncés.
— Je suis là, dit-elle. Et comme il est évident que vous parlez de moi, pourquoi ne pas m’inclure dans la conversation ?
Riley s’avança lentement vers elle.
— Nous parlions de vos souvenirs de l’agression.
— Je ne me souviens pas de grand-chose, avoua-t-elle sur un ton d’excuse. Hormis d’un jean et d’une boucle de ceinturon en argent. Il semblait sportif, musclé… du moins, c’est l’impression que j’ai eue. Mais tout s’est passé si vite…
Riley lui effleura l’épaule de nouveau.
— Vous nous avez dit qu’il s’était fait passer pour un policier. C’est quelque chose que nous ignorions jusqu’ici, et je crois que ça pourrait être important.
En tout état de cause, cela suggérait que l’homme avait peut-être travaillé dans le secteur du maintien de l’ordre, ou qu’il connaissait mieux le monde de la police que le citoyen lambda.
— Et si ça ne suffit pas ? demanda Hannah. Si je pars d’ici et qu’il continue à tuer ?
Perplexe, Riley fronça les sourcils.
— Nous allons continuer à le chercher, de toute manière.
Elle leva soudain la tête vers lui, les yeux pleins d’une émotion qu’il ne sut déchiffrer.
— Je suis le seul témoin en vie. Si je m’en vais…
Bien qu’elle n’ait pas fini sa phrase, Riley comprit ce qu’elle voulait dire.
— Si vous partez, cela pourrait nuire à l’enquête, admit-il.
Elle baissa la tête et ses épaules s’affaissèrent, comme si elle portait un terrible fardeau. Riley éprouva un élan de pitié envers elle, car il devinait ce qu’elle ressentait. C’était affreux de penser que l’on était peut-être la seule personne capable d’aider à résoudre six épouvantables meurtres.
— Je ne peux pas quitter le Wyoming, n’est-ce pas ? demanda-t-elle doucement.
Sachant que c’était une question à laquelle elle devait répondre seule, il garda le silence.
Elle s’humecta les lèvres et déglutit. Lorsqu’elle releva la tête, son regard était direct et solennel.
— Il me reste cinq jours de vacances. Je ne pourrai pas rester indéfiniment, mais je peux vous donner ces cinq jours. Peut-être que cela suffira.
— Nous pouvons vous mettre en lieu sûr, répéta Jim Tanner.
— Il faut qu’elle aille quelque part où le tueur ne s’attend pas à la trouver, intervint Riley en lançant un coup d’œil à Joe.
— Dans un endroit calme, isolé ? suggéra ce dernier avec une pointe d’ironie.
Riley haussa les épaules et se tourna vers Hannah.
— Canyon Creek est à environ une heure et demie d’ici. J’ai une maison là-bas. Je peux vous loger. La vue est splendide.
Un pli apparut sur le front d’Hannah.
— Vous voulez que j’aille chez vous ? Je ne vous connais même pas.
— Vous n’avez pas besoin de me connaître. Seulement de me faire confiance.
Le silence se fit dans la chambre tandis qu’Hannah réfléchissait à ses paroles. Les murs semblèrent se resserrer autour d’eux, comme si chaque molécule, chaque atome attendait sa réponse.
Maintenant qu’il avait fait son offre, Riley n’était pas sûr de savoir ce qu’il désirait qu’elle réponde. Il vivait seul depuis trois ans. Sans Emily, sa maison étant à la fois un refuge et une prison. Il avait trouvé un certain réconfort dans la solitude, et ne laissait personne la troubler.
La présence d’Hannah changerait tout cela, inévitablement.
Elle lâcha un long et profond soupir, puis hocha la tête.
— D’accord.
Riley eut l’impression que la terre cédait sous ses pieds.
— Allons-y, ajouta-t-elle, en redressant les épaules. Allons à Canyon Creek.
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