Réception funeste à Oxford

Faith Martin · Chapitre 28 sur 35

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Réception funeste à Oxford

Chapitre 26

26

 

 

Dès l’instant où Trudy arriva au commissariat de bon matin, elle comprit qu’elle avait des ennuis. Le doyen des agents du poste, Walter Swinburne, lui adressa un regard compatissant et l’avertit d’un léger signe de tête. Quelques instants plus tard, la porte du capitaine s’ouvrit à la volée et Jennings sortit de son bureau pour la toiser d’un œil torve.

En entendant Rodney Broadstairs ricaner derrière sa table, elle eut le moral dans les chaussettes.

— Loveday, au rapport ! aboya le capitaine.

Trudy ravala la boule qui lui obstruait la gorge et, les jambes en coton, suivit son supérieur jusqu’à son antre, veillant à bien fermer la porte derrière elle. Chaque fois que le capitaine convoquait quelqu’un en n’employant que son patronyme, cela bardait.

Comme prévu, il alla directement s’asseoir dans son fauteuil et ramassa une feuille qui, selon toute évidence, devait comporter les résultats des analyses toxicologiques.

— Qu’est-ce que ça signifie ? beugla-t-il. Et pourquoi je ne découvre ceci que maintenant ?

— Chef, répondit Trudy avec raideur en se plantant au garde-à-vous devant le bureau, le Dr Ryder ne m’a informée qu’hier qu’il avait demandé à un ami de la morgue de traiter de toute urgence les prélèvements sanguins de Mr Parker. Je suis venue vous voir dès qu’il m’a remis ce document, mais vous étiez sorti. Je l’ai déposé sur votre bureau, avant de repasser tard hier soir pour vous en informer, mais, une fois encore, j’ai fait chou blanc.

Jennings fulmina silencieusement pendant un moment. Ils savaient l’un comme l’autre qu’il avait à peine mis les pieds au commissariat. Le manque persistant de personnel l’obligeait à plonger les mains dans le cambouis beaucoup plus qu’à l’accoutumée, ne lui laissant guère de temps pour s’occuper de ses tâches administratives. Le fait qu’il n’ait pas de repartie à opposer à son explication raisonnable ne signifiait pas pour autant que Trudy était tirée d’affaire.

— Ne pouvez-vous pas museler ce vieux vautour ? s’emporta-t-il, toutefois conscient de l’injustice de cette question.

L’agent Loveday n’était qu’une gamine ; comment aurait-elle pu faire filer droit ce vieux salopard alors que des pontes de la police, des maires et peut-être bien même la présidente de l’Institut des femmes britanniques n’y parvenaient pas ? (Et, selon la rumeur, cette dernière était un tel dragon qu’on la soupçonnait de cracher du feu.)

Il parut se raviser et agita la main d’un geste impatient.

— Laissez tomber, oubliez ça. Dites-moi précisément ce que vous avez mijoté pendant que j’avais le dos tourné, et n’omettez aucun détail, si insignifiant qu’il puisse paraître.

Trudy prit une grande inspiration et lui révéla tout. Elle énuméra le contenu de chaque interrogatoire, ainsi que les conclusions que le Dr Ryder et elle avaient tirées des faits déterrés jusqu’à présent. Elle ne parvenait pas à déterminer s’il était heureux ou non de leur minutie, mais elle voyait son visage s’assombrir à mesure qu’elle parlait. Quand elle eut terminé, il resta silencieux pendant plusieurs instants, puis reprit lentement sa respiration et soupira.

Elle avait clairement annoncé que le coroner et elle-même pensaient que quelque chose de fâcheux s’était déroulé au réveillon du nouvel an de Millie Vander, et que la présomption initiale selon laquelle la mort de Terrence Parker était le résultat d’un malheureux accident dû à de mauvaises conditions climatiques se trouvait désormais sérieusement mise en doute. Elle allait bien vite découvrir si son supérieur partageait ou non son opinion.

Le capitaine Jennings la considéra d’un air sardonique. Il voyait une jeune policière attendant avec inquiétude un savon bien mérité et fut fugacement tenté de laisser éclater sa colère. Mais il était fatigué, excédé par le climat, surchargé de travail et, par-dessus tout, conscient que le Dr Clement Ryder possédait de nombreux amis dans les hautes sphères. Même cet agent situé tout en bas de l’échelle ne manquait pas d’admirateurs parmi les huiles.

Il était indéniable que le vieux vautour et elle avaient tiré un certain nombre de lapins de leur chapeau au cours des deux années écoulées. Ils avaient peut-être bien de nouveau mis le doigt sur quelque chose de funeste ; auquel cas, il passerait pour le dernier des imbéciles s’il ne le gérait pas convenablement.

Il se contenta donc de soupirer, ravala son humeur et sa lassitude, et se résolut à donner ses consignes pour la suite des événements.

— Si j’ai bien compris, l’autopsie de Parker se déroule à l’heure où l’on se parle, déclara-t-il d’une voix accablée en consultant sa montre.

Quand il était tombé sur le rapport (après avoir patiemment épluché la paperasse qui s’était mystérieusement accumulée par-dessus !), il avait commencé par téléphoner au Dr Douglas Carey pour l’entendre confirmer ses découvertes et lui demander quand l’examen du corps du défunt aurait lieu.

Son appel était tombé à point nommé, car le docteur était justement sur le point d’entamer la procédure. Jennings lui avait tout de même arraché la promesse d’appeler le commissariat dès la fin de l’autopsie pour lui faire un compte rendu préliminaire verbal sans perdre un instant. Car, s’il devait attendre le rapport écrit, personne ne savait combien de temps cela pourrait durer.

— Quand nous aurons obtenu les résultats de l’autopsie, nous en saurons déjà beaucoup plus, dit-il à Trudy. Si nous avons effectivement affaire à une mort suspecte – et vu la teneur des nouvelles informations, je pense que la probabilité est très forte –, nous devrons alors ouvrir une enquête plus solide et officielle. J’en confierai la charge au sergent O’Grady. Il est encore un peu patraque, mais il a appelé pour dire qu’il reprendrait du service aujourd’hui. Comme ces fichus météorologues annoncent que la neige ne risque pas de s’arrêter de sitôt et que nous peinons toujours à faire venir le personnel en ville, il devra serrer les dents et faire avec.

Trudy, après cette litanie de malheur, sentit alors l’espoir renaître dans sa poitrine.

Jennings s’en rendit compte et la rabroua, mais sans grande méchanceté. Cette petite avait de l’ambition, on ne pouvait pas le lui reprocher.

— Puisque c’est vous qui connaissez le mieux l’affaire, vous travaillerez désormais sous les ordres du sergent, en le tenant informé de tout, c’est bien compris ?

— Oui, chef ! répondit Trudy du tac au tac.

— Soyez son bras droit tant qu’il n’est pas totalement rétabli, insista le capitaine de mauvaise grâce. Vous allez devoir travailler dur, car j’ignore combien d’officiers je vais pouvoir affecter à cette enquête.

— Oui, chef ! répéta joyeusement Trudy.

En considérant son visage radieux, Harry Jennings tenta de se rappeler la dernière fois qu’il s’était senti aussi enthousiasmé par son travail. Le fait de n’en avoir aucun souvenir le déprima.

— Je présume que vous et le vieux… le Dr Ryder avez des projets pour la journée ? enchaîna-t-il.

— Oui, chef. Et je suis sûre que le Dr Ryder sera ravi de continuer de nous aider, lança-t-elle avec audace, d’autant qu’il sait que nous tournons en effectifs réduits.

Jennings soupira derechef en songeant au bonheur du vieux vautour quand il apprendrait qu’il pouvait continuer à fourrer son nez dans les affaires de la police.

— Il se montre en effet très zélé et patriote, grommela-t-il amèrement. Bien. Je préviendrai le sergent O’Grady à son arrivée et lui laisserai le temps de se mettre à jour. En attendant qu’il soit en mesure de vous donner des consignes, vous pouvez poursuivre vos activités. En fin de journée, nous nous organiserons pour que vous reportiez directement les informations au sergent à partir de maintenant. Et vous nous avertirez sur l’instant de toutes les découvertes significatives que vous pourrez faire aujourd’hui, c’est bien compris ? ordonna-t-il en brandissant un index menaçant dans sa direction. Jusqu’à présent, il y a eu beaucoup trop de spéculations, de théories et de fadaises. (Il désigna ses rapports d’un geste méprisant.) Dorénavant, nous ferons tout dans les règles. Compris ?

— Oui, chef ! répondit Trudy.

Peu lui importait que le sergent O’Grady prenne bientôt la relève, car elle venait de se voir attribuer pour la première fois un rôle significatif et officiel dans une enquête pour meurtre ! Ne serait-ce pas formidable si elle arrivait à réaliser, avant le sergent, une avancée notable qui ferait parler d’elle pour une bonne raison ?

Hélas, cela paraissait peu vraisemblable. Ils travaillaient désormais depuis des jours et ne pouvaient pas prétendre avoir identifié un suspect principal. Que pouvait-elle raisonnablement espérer de plus au cours des neuf heures à venir ?

Clement s’attendait avec philosophie à être dépossédé de l’enquête quand Trudy se présenta à son domicile une demi-heure plus tard. Après tout, ils n’étaient pas encore complètement hors jeu, n’est-ce pas ? Il l’invita aussitôt à venir partager le petit déjeuner, et Vincent glissa obligeamment de nouvelles tranches de pain dans le toaster avant de mettre un autre œuf à bouillir.

Tout en préparant une nouvelle théière, Vincent observait Trudy à la dérobée. Il avait questionné son père au sujet de ce Duncan Gillingham la veille au soir, et ce qu’il avait appris ne lui avait pas plu. Surtout quand Clement lui avait expliqué comment le reporter les avait tous deux sauvés d’une situation potentiellement très fâcheuse au cours de leur dernière enquête. Naturellement, il en avait tiré un excellent article, qui lui avait valu un prix ! Vincent, cependant, avait été heureux d’apprendre que, malgré les exploits pas tout à fait désintéressés du beau journaliste, Trudy Loveday était assez sensée pour ne pas vouloir frayer avec lui.

À présent, il observait son père et elle élaborer joyeusement leurs plans pour la journée, impatient de pouvoir leur prêter main-forte une fois encore. Même s’il n’était associé à l’enquête que depuis la veille, il pouvait comprendre pourquoi Clement était à ce point regonflé.

Il dressa la tête en entendant prononcer son nom, mais se sentit un peu déçu d’apprendre qu’il serait une nouvelle fois de corvée de bibliothèque. Il avait espéré pouvoir passer la journée avec Trudy.

 

Patsy Arles était au désespoir. Depuis l’accident et la visite de Jasper et Juliet Vander à son domicile qui s’en était suivie, elle se sentait de plus en plus nerveuse.

Ce qui lui avait naguère paru être une grande aventure faisait désormais figure de cauchemar.

Même si Juliet avait précisé que le tour qu’ils comptaient jouer à Terrence Parker était amplement mérité, comment pouvait-elle être certaine que c’était bien la vérité ? Elle avait senti la tension dans l’air le soir où ils étaient venus la trouver pour lui intimer de se taire, ce qui signifiait qu’eux-mêmes n’étaient pas tranquilles, qu’ils doutaient. Cela avait suffi à l’effrayer.

Débordant de confiance en eux, intouchables, Juliet et Jasper n’avaient jamais connu d’autre loi que la leur. Patsy les voyait comme deux êtres vivant sur un plan différent de celui des pauvres mortels dont elle faisait partie, et les voir presque… paniquer l’avait ébranlée.

Elle avait d’autant plus peur que tout le monde savait combien Jasper pouvait se montrer terrifiant quand il était contrarié ou se sentait attaqué. N’avait-il pas fait exclure du lycée ce pauvre Lionel Willis, la fois où ce dernier avait eu l’outrecuidance de le battre lors d’un match de cricket ? Tout le monde savait que Jasper trempait dans diverses histoires mais que les professeurs ne pouvaient rien contre lui. Toutes ses amies à l’école s’étaient entichées de lui, tout en redoutant sa réputation de mauvais garçon.

Et Patsy savait que Juliet n’était pas moins intimidante. Derrière son allure de fille magnifique, chic et brillante, elle pouvait s’avérer aussi dangereuse qu’une vipère.

Et pourquoi lui avaient-ils donné tout cet argent ? Si le tour qu’ils avaient prévu de jouer à Terry James était effectivement inoffensif, pourquoi avaient-ils tant tenu à s’assurer qu’elle ne parlerait pas aux policiers qui enquêtaient sur l’accident ?

Patsy n’était pas naïve au point de ne pas avoir appris que, quand les choses tournaient mal, ce n’étaient pas les nantis aux nombreuses relations comme les Vander qui finissaient par payer les pots cassés, mais ceux qui se situaient bien plus bas dans la chaîne alimentaire. En l’occurrence, une Patsy Arles !

Une fois encore, Jasper et Juliet avaient intelligemment arrangé les choses pour que, si l’affaire tournait mal, ils puissent nier toute participation – la marque de fabrique des gens de leur espèce.

Car tout compte fait, c’était elle qui était partie dans la nuit avec Terry Parker – pas Juliet. Elle qui s’était trouvée dans la voiture quand il s’était affalé sur son volant et était rentré dans une congère – pas Jasper. Elle encore qui s’était enfuie après l’accident, omettant de le signaler – pas Mrs Millicent Vander.

Et elle avait lu l’article dans le journal indiquant que la police enquêtait encore sur le drame, demandant à quiconque possédait des informations de se faire connaître. Transgressait-elle la loi en ne révélant rien ? Elle avait vu un jour, au cinéma, l’une des protagonistes se faire arrêter après coup pour complicité, ou quelque chose dans le genre.

Et s’ils s’en prenaient à elle ? S’ils l’arrêtaient ? Sa mère serait… Mais, pour une fois, l’imagination de Patsy lui fit défaut. Elle était tout bonnement incapable d’envisager la honte ou le scandale que cela provoquerait.

Voilà pourquoi, au cours des trente-six dernières heures, elle se trouvait tendue au point de rupture. Elle avait atteint les limites du supportable.

Et si, en cet instant même, les jumeaux étaient en train de mentir à la police à son sujet ? De couvrir leurs traces en la laissant assumer à leur place, ainsi qu’ils en avaient l’habitude ? Elle n’aurait pas la moindre chance de se défendre ! Après tout, qui les autorités croiraient-elles ? Les très respectables Vander ou une fille de rien comme elle ?

Mieux valait sans doute qu’elle pense d’abord à elle et livre la première sa version des événements. Voilà donc pourquoi elle s’éclipsa de chez elle au petit matin, un exemplaire de l’Oxford Tribune sous le bras, pour se rendre à la cabine téléphonique la plus proche.

Elle composa alors le numéro indiqué par Duncan Gillingham et demanda à parler à l’agent Trudy Loveday. Le simple fait de passer cet appel suffit à soulager une partie de la pression qu’elle endurait. Elle se laissa aller contre la vitre glaciale de la cabine, les genoux ployant sous l’effet du soulagement.

Elle faillit pleurer de frustration quand on lui répondit que l’agent Loveday n’était pas disponible. Elle avait rassemblé son courage pour trouver la force de faire sa confession, mais n’avait finalement obtenu aucune espèce de soulagement.

Néanmoins, elle parvint à tenir le choc le temps de laisser un message.

— Je m’appelle Patsy Arles.

Elle récita rapidement son adresse, avant d’ajouter précipitamment, de peur de se défiler :

— Pourriez-vous demander à l’agent Loveday de passer me voir au plus vite ? Je dispose d’une information au sujet de cet homme mort dans un accident de voiture, à la veille du nouvel an.

Elle raccrocha avant que la standardiste de la police lui demande davantage de détails.

 

Si Juliet et Jasper Vander avaient eu connaissance de ce qu’elle était en train de faire, alors Patsy Arles aurait eu toutes les raisons d’être encore plus effrayée qu’elle ne l’était déjà. Mais, pour l’heure, ils avaient un autre chat à fouetter. Et le nom de ce félin-ci était Phyllis Raynor – même s’ils ne la connaissaient que sous le nom d’Irene.

La veille au soir, ils avaient eu la présence d’esprit d’enfiler un manteau et de la suivre jusqu’à une maison d’hôtes à près d’un kilomètre de là, ils savaient donc où elle logeait. Ils avaient ensuite consacré l’essentiel de la soirée à passer leurs options en revue.

Tous deux étaient indignés d’avoir éliminé une menace pour en voir une autre pointer le bout de son horrible nez aussitôt après.

— C’est typique de ce porc assoiffé d’or de nous causer des problèmes même après sa mort, avait fulminé Juliet en faisant les cent pas dans sa chambre. Et maintenant, sa traînée d’épouse – tu m’en diras tant – qui essaie de mettre ses sales pattes sur notre héritage. Je ne le tolérerai pas, Jasper, ça non !

Même si elle avait crié face à son jumeau, tous deux ne se disputaient pas. À la rigueur, son frère était presque encore plus fou de rage qu’elle.

Ils avaient fini par se calmer et étaient convenus qu’ils devaient affronter la situation frontalement. Ils ne pouvaient pas compter sur leur mère pour conserver son sang-froid et refuser de céder à cet ignoble chantage. Tous deux savaient combien Millie aimait être au centre de l’attention, ce qui avait d’ailleurs jusqu’ici été pour eux une perpétuelle source d’hilarité. Mais, à présent, ils n’avaient plus le cœur à rire. La crainte d’être taxée de bigamie, avec un escroc de basse extraction qui plus est, devait lui être insupportable – au point qu’elle serait sans doute prête à tout ou presque pour éviter cette humiliation.

Dès qu’elle commencerait à payer, la garce qui la faisait chanter ne la lâcherait plus jamais, Jasper et Juliet en étaient convaincus. Ce qui signifiait qu’ils n’avaient d’autre choix que d’écraser l’affaire dans l’œuf, avant que leur mère effectue le premier règlement.

Une chance que leur visiteuse indésirable ait accordé à Millie jusqu’au lendemain pour y réfléchir. Elle voulait sans doute laisser à sa victime le temps de ruminer et de bien prendre la mesure des conséquences désastreuses qu’auraient ces révélations humiliantes sur sa vie publique. D’un point de vue stratégique, cela se tenait parfaitement, les jumeaux devaient bien en convenir ; toutefois, cela leur offrait également une chance d’agir.

La seule action possible, conclurent-ils après des heures de débat, devait être rapide et brutale. Avec du temps, ils auraient pu élaborer un plan plus subtil et raffiné – comme celui qu’ils avaient mis au point pour se débarrasser de Terry Parker –, mais le temps était un luxe dont ils ne jouissaient pas à présent.

Comme l’avait dit Jasper, leur unique recours était de tâcher de convaincre l’intruse que Millie Vander n’était pas une cible aussi facile qu’elle l’imaginait. Et que les maîtres chanteurs pouvaient s’exposer à de sévères représailles.

Ainsi, en approchant du Raven’s Rest, tous deux étaient animés d’un dangereux mélange de peur et de rage.

— N’oublie pas que nous devons la terroriser, siffla Juliet à son frère alors qu’ils se dirigeaient vers la porte d’entrée de la respectable villa victorienne.

— Ne t’en fais pas, grogna Jasper. Compte sur moi pour faire paniquer ce chameau !

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