Une suspecte trop parfaite - Un allié aux yeux d'émeraude (Black Rose) (French Edition)
Chapitre 3
3
— C’est moi que ce « elle » désigne ? demanda Megan.
Evan hésita un instant avant de lui répondre. Elle se tenait au milieu du désordre de la chambre d’hôtel. Le ou les intrus avaient clairement voulu laisser des traces de leur passage : ses vêtements étaient éparpillés au sol, tout comme ses affaires de toilette. Heureusement, les notes concernant les circonstances de la mort de Vince Randall étaient dans sa mallette, qu’il avait gardée avec lui.
— J’en ai bien peur. Quand j’ai commencé à poser des questions à droite et à gauche, je ne me suis pas montré particulièrement discret.
Megan fixait le message écrit sur le miroir en lettres majuscules au cirage à chaussures.
— Pourquoi n’ai-je jamais su que vous meniez une enquête ?
— J’ai interrogé avant tout des gens travaillant au sein des différents services du Pentagone et je ne crois pas qu’ils avaient très envie de vous le faire savoir.
— Insinuez-vous que c’est quelqu’un du Pentagone qui s’est introduit dans votre chambre et a laissé ce message ? lui demanda-t-elle d’un ton sceptique.
— Non, mais en revanche quelqu’un du Pentagone a peut-être parlé de mes investigations à la mauvaise personne.
— La mauvaise personne étant un ancien membre de MacLear Security ?
Il acquiesça.
— Quand la preuve des activités illégales de la société a éclaté au grand jour, de nombreux agents se sont éparpillés dans la nature. On ne connaissait même pas l’identité de tous. Mais ça, vous le savez mieux que moi.
En effet, Megan, comme plusieurs membres de sa famille, travaillaient à Cooper Security, la société de sécurité dirigée par son frère Rick. Or, deux mois plus tôt, Amanda Caldwell, un ancien membre de la CIA, avait demandé à Rick de la protéger et de l’aider à identifier ceux qui avaient tenté de l’éliminer. L’enquête avait établi qu’il s’agissait d’anciens membres des services spéciaux de MacLear, qui avaient cherché à couvrir d’autres actes illégaux.
— Maintenant, nous disposons quand même de quelques noms, répondit Megan. Cooper Security a constitué un dossier sur le SSU dès que nous avons découvert que plusieurs anciens membres s’étaient de nouveau réunis.
— Je suppose que votre frère doit en savoir long sur eux.
— Il a formellement identifié plusieurs agents, mais pas encore tous. En tout cas, à vous entendre, vous êtes très bien renseigné sur ce qui s’est passé au mois de mars.
Il acquiesça.
— Votre frère est reconnu comme quelqu’un de très compétent. Son travail pour Amanda Caldwell a beaucoup fait parler dans le milieu du renseignement.
Megan eut un petit sourire.
— Si vous pensez vraiment que le SSU est derrière tout cela, dit-elle en désignant le message sur le miroir, vous devriez parler à Rick et à Amanda. Ou alors, si vous préférez appeler la police, j’ai également de la famille parmi les autorités locales.
Il se tourna pour lui faire complètement face.
— Qu’êtes-vous prête à faire exactement ?
— A parler à ma famille de vos soupçons et à mobiliser tous ceux qui pourront nous être utiles. Si le SSU est véritablement impliqué, alors, nous les Cooper, nous sommes tous concernés de près ou de loin.
Il regarda de nouveau le miroir. Avant, s’il avait découvert son appartement mis à sac, il n’aurait pas hésité une seconde. Il aurait appelé la police et les aurait laissés tout prendre en charge. Il aurait respecté les procédures sans sourciller.
Quand il avait commencé à avoir des soupçons sur la mort de Vince Randall, il avait fait de même. Il avait suivi la voie officielle.
Au final, il s’était retrouvé dans une impasse.
Il fixa Megan.
— D’accord, appelez votre famille.
En l’espace de quelques minutes, plusieurs véhicules se garèrent devant l’hôtel et plus d’une dizaine d’hommes et femmes en sortirent. Evan en fut abasourdi.
— Mais vous êtes combien dans la famille Cooper ? demanda-t-il à Megan.
— Il y a longtemps que j’ai cessé de compter, répliqua-t-elle. Mais, avoir beaucoup d’enfants est pour ainsi dire une tradition depuis plusieurs générations.
Le frère aîné de Megan, Jesse, était arrivé le premier, suivi de près par Kristen Cooper, leur cousine. En tant que membre de la police du comté, elle prit la direction des opérations et assigna une tâche à chacun. Tandis que les autres membres de la famille interrogeaient les clients de l’hôtel ainsi que le personnel, Jesse et Rick, un autre frère de Megan, les rejoignirent dans la chambre.
— Evan, pourquoi aurait-on voulu vous faire peur en menaçant Megan ? lui demanda Jesse. Vous ne vous connaissiez même pas.
— J’enquête sur la mort de son mari.
Jesse le fixa.
— Alors vous êtes vraiment sûr qu’on l’a assassiné ?
— Disons que c’est plus que probable.
Jesse sortit une carte professionnelle de sa poche et la lui tendit.
— Si vous souhaitez mon aide, appelez-moi à ce numéro. Mais je préférerais que vous laissiez ma sœur en dehors de ça.
Megan se posta face à son frère, outrée.
— Ce n’est pas à toi d’en décider, Jesse !
— Tu veux vraiment t’en mêler, tu es sûre ? répliqua son frère sans ciller.
— S’il y a une possibilité que Vince ait été assassiné, alors, oui, je veux être impliquée dans l’enquête.
Son frère lui posa une main sur l’épaule.
— Ecoute, Megan, ce n’est pas raisonnable. Il faut être objectif pour mener une enquête dans de bonnes conditions. Toi, tu ne pourras jamais l’être totalement. Et puis, ça ne te fera aucun bien de revivre cette terrible période. Tu es en meilleure forme aujourd’hui que…
Megan lui jeta un nouveau regard irrité.
— En meilleure forme ? A t’entendre, on croirait que j’ai sombré dans la dépression.
— Ecoute, Megan, si je dois t’ordonner de…
— Ça suffit, Jesse, le coupa-t-elle de nouveau, furieuse. Tu n’arriveras nulle part ainsi. Tu veux jouer au patron et à l’employée ? Eh bien, dans ce cas, je préfère démissionner de Cooper Security sur-le-champ.
Jesse prit un air contrit.
— Bien, tu veux participer à l’enquête, alors d’accord…
— J’aimerais vous rappeler que, pour le moment, je ne vous ai pas encore demandé votre collaboration, intervint à son tour Evan.
Megan se tourna vers lui.
— Si le SSU a bien un rapport avec la mort de Vince et que quelqu’un en haut lieu tente d’étouffer l’affaire, vous aurez forcément besoin d’aide.
— Nous avons déjà eu affaire au SSU, et le réduire à néant est un de nos objectifs depuis plusieurs mois, lança Rick depuis l’autre bout de la pièce. En plus, chez Cooper Security, il y a autant d’analystes et d’agents de terrain que vous en désirerez.
— Et quel est votre tarif ? s’enquit prudemment Evan.
— Nous vous aiderons gratuitement, répliqua Megan, qui regarda tour à tour ses deux frères, comme pour les mettre au défi de la contredire.
— Cette enquête ne doit pas prendre une trop grande envergure, les avertit Evan. Il faut au contraire jouer la discrétion au maximum.
— Certes, mais on dirait bien qu’il y a déjà quelqu’un qui a compris ce que vous faisiez, rétorqua Rick en désignant le miroir.
— Et le fait que la moitié de Chickasaw County ait débarqué ici ne va rien arranger, ajouta Evan d’un ton fataliste.
— A moins que ça ne serve d’avertissement à ceux qui se sont introduits ici, car ils constateront que vous n’êtes pas tout seul, intervint Megan.
— Je n’y crois guère, reprit Rick. Si c’étaient des types du SSU, il en faudra plus pour les intimider. Sans compter qu’ils ont sans doute encore en travers de la gorge ce qui s’est passé en mars. Mais je suis d’accord : pour le moment, il faut faire profil bas. Si quelqu’un veut étouffer l’affaire, il faut absolument éviter que vos faits et gestes puissent être anticipés. Sinon, l’enquête n’aboutira jamais.
— D’accord, on joue la discrétion, renchérit Jesse. Je vais m’arranger pour faire courir le bruit que des vandales se sont introduits dans l’hôtel et ont saccagé une chambre. En revanche, vous devrez aller ailleurs, Evan.
— C’est également quelqu’un de notre famille qui gère Cooper Cove Properties, intervint Megan. On pourrait vous installer dans un chalet de location en vous offrant un tarif hors saison. Vous serez à cinq minutes de chez moi, à un quart d’heure de nos bureaux à Maybridge et vous aurez plein de membres de la famille autour de vous.
— Pas sûr que ce soit rassurant, répliqua Evan avec un petit sourire narquois.
— Il faudra vous enregistrer sous un nom d’emprunt, ajouta Megan.
Un coup frappé à la porte les interrompit. Megan ouvrit et laissa entrer Kristen, sa cousine policière. Arrivée au milieu de la pièce, celle-ci observa le message sur le miroir.
— Pas très subtil, commenta-t-elle en ouvrant sa mallette à prélèvements.
— Je serais étonné que vous trouviez quoi que ce soit, prédit Evan. Ceux qui ont pénétré ici ont eu une heure entière pour tout fouiller. Et, à mon avis, ils savent comment faire disparaître d’éventuelles preuves.
— Vous avez certainement raison mais, si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je préfère quand même vérifier.
— Mais je vous en prie, faites comme chez vous.
* * *
Evan vit ses présomptions vite confirmées. La chambre avait eu beau être retournée de fond en comble, les intrus n’avaient laissé aucune empreinte ou autre trace qui puisse trahir leur identité.
C’était seulement le début de la saison touristique, songea Evan. L’hôtel n’avait pas encore fait le plein. Et puis, à l’heure présumée des faits, la plupart des autres résidents étaient sortis. En plus, il avait volontairement demandé une chambre le plus à l’écart possible. Personne n’avait donc rien vu ni entendu de suspect. Quant au directeur de l’hôtel, après vérification, il confirma que les deux clés de sa chambre étaient bien à leur place.
Mais des agents du SSU n’auraient pas forcément besoin d’une clé pour s’introduire quelque part.
Finalement, ce qui l’intrigua le plus fut la façon dont l’ensemble des membres de la famille Cooper se comportaient avec Megan. Tous l’aimaient beaucoup, mais ils donnaient également l’impression qu’elle était fragile et ils la traitaient avec une douceur excessive.
Cela l’étonnait car, même s’il la connaissait encore peu, Megan lui était vite apparue comme une femme au caractère très affirmé et à la détermination farouche.
Elle avait été visiblement très amoureuse de son mari et le perdre avait dû lui causer un chagrin immense. Mais qu’avait-elle réellement vécu pour que sa famille semble tant redouter une rechute ?
Jesse Cooper avait déclaré qu’elle était en meilleure forme aujourd’hui.
Mais comment était-elle avant ?
Dissimulait-elle sa vulnérabilité ? Et, s’il lui livrait l’ensemble de ses soupçons, à savoir qu’il croyait que Vince Randall avait passé un accord secret avec le SSU au Kaziristan et s’en était ensuite désengagé, causant ainsi sa perte, comment réagirait-elle ? Encaisserait-elle mal le coup, au point de s’effondrer ?
Il devrait se montrer prudent, surtout si Megan prenait part à l’enquête.
Peu avant midi, Hannah Patterson, une autre cousine de Megan, se présenta pour l’accompagner au chalet où il résiderait le temps de son séjour à Chickasaw County. C’était un endroit charmant, à flanc de colline, avec vue sur le lac en contrebas.
— J’ai ouvert l’eau et l’électricité, déclara Hannah en lui faisant faire le tour des lieux.
— Merci, répondit-il. Au fait, avez-vous une carte de la région ?
— Oui, bien sûr, je vous en procurerai une. Ah, j’allais oublier, mon frère Gabe a laissé quelques filets de poisson dans le réfrigérateur à votre intention. J’espère que vous aimez le poisson ?
— Oui, merci, c’est très généreux de votre part. Souhaitez-vous que je vous raccompagne quelque part en voiture ?
— Non, merci, répondit-elle, je vais profiter de mon passage pour rendre visite à d’autres locataires et m’assurer qu’ils ne manquent de rien. A ce sujet, Megan se charge de faire quelques courses pour vous qu’elle apportera plus tard. Vous devriez donc avoir de quoi voir venir pour quelques jours.
Elle lui tendit une carte de visite et ajouta :
— Mon numéro est sur la carte. Si vous avez le moindre ennui, appelez-moi. J’alerterai ma famille et je vous garantis que, en quelques minutes, une dizaine d’hommes armés viendront à la rescousse.
— Cela arrive fréquemment ? lui demanda-t-il sur le ton de la plaisanterie.
Elle lui retourna un sourire amusé.
— Normalement non. Mais, ces derniers temps, nous avons eu notre lot de soucis.
Elle le salua de la tête et s’en alla.
Il regarda autour de lui. C’était un chalet rustique mais avec un mobilier à la modernité étonnante. Il y avait une immense télévision dans le salon, une baignoire encastrée dans la salle de bains, un coin cuisine spacieux et tout équipé.
C’était vraiment mieux que sa chambre d’hôtel.
Il alla chercher ses affaires dans la voiture et les porta à l’intérieur. Rick Cooper avait pris soin de vérifier qu’on n’y avait pas glissé de micro ou de mouchard. Personne ne viendrait donc le dénicher ici pour le moment.
Cependant, il était toujours inquiet. Tôt ou tard, ceux qui s’étaient introduits dans sa chambre découvriraient que ces chalets étaient loués par la famille Cooper et ils viendraient certainement le chercher ici.
Que se passerait-il alors ? Chercherait-on à l’éliminer pour récupérer les notes qu’il avait prises sur l’affaire Vince Randall ?
Il avait effectué des copies de tous ses documents et les avait mises à l’abri dans un coffre. Il avait même laissé des instructions à son avocat sur les démarches à entreprendre au cas où il lui arriverait malheur. Peut-être était-ce un comportement paranoïaque mais, au cours de ces quatre dernières années, il avait appris que, même quand on cherchait à faire profil bas et à éviter les ennuis, les ennuis finissaient toujours pas venir vous chercher.
Cependant, cette fois-ci, il était résolu à ne pas être pris en défaut.
* * *
— Que savons-nous de ce type, en fait ?
A l’autre bout du fil, Shannon, une des sœurs de Megan, semblait davantage contrariée qu’inquiète, sans doute parce que Jesse et le reste de la famille l’avaient tenue à l’écart de la descente à l’hôtel d’Evan.
— Nous ne savons pas grand-chose, c’est vrai, admit Megan. Mais Vince faisait de temps en temps référence à lui dans ses lettres.
— Et est-il prévu de procéder à une enquête sur lui ? Je pourrais m’en charger.
Un sourire aux lèvres, Megan se cala le téléphone entre le menton et l’épaule pour prendre une boîte de chili con carne dans le rayon devant elle. Shannon travaillait elle aussi à Cooper Security, en tant qu’archiviste et technicienne de maintenance informatique. Elle n’était jamais sur le terrain et avait récemment fait connaître son souhait d’être associée directement aux investigations. Elle était même allée jusqu’à rencontrer de potentiels clients sans en informer Jesse au préalable, ce qu’il n’avait guère apprécié. Cependant, aux yeux de Megan, sa petite sœur méritait d’obtenir une chance de démontrer ses capacités.
— Appelle Jesse et propose-lui de l’aider, lui suggéra-t-elle.
— Ouais, je sais déjà ce qu’il va répondre, répliqua Shannon d’un ton bougon. Au fait, où es-tu exactement ?
— Je suis à la supérette de Maybridge, en train de faire des courses pour notre visiteur, répondit-elle en prenant deux briques de soupe. Nous avons décidé que mieux valait qu’il sorte le moins possible, au cas où quelqu’un chercherait à s’en prendre à lui.
Elle eut alors la sensation d’être observée et se retourna. Un homme vêtu d’un jean noir et d’une chemise dont il avait relevé les manches se tenait au bout de l’allée. Quand il tendit le bras pour se servir dans le rayon, elle s’aperçut qu’il avait un tatouage tribal.
Il ne la regardait pas, mais était tout à fait conscient de sa présence, elle en était certaine.
— Eh bien voilà, Jesse te laisse jouer les baby-sitters pour un étranger en danger, poursuivit sa sœur du même ton agacé. Mais, moi, je n’ai même pas le droit de participer à une petite enquête de routine.
— Shannon, tu sais que je suis de ton côté.
Elle s’empressa de passer trois allées plus loin, toujours sur ses gardes.
— Mais si tu continues à gémir comme une gamine, ne compte pas sur moi pour continuer à plaider ta cause, poursuivit-elle.
— Oh ! Je sais que tu en as marre de m’entendre me plaindre, mais j’ai vingt-six ans, quand même ! Jesse était plus jeune que moi quand il s’est engagé dans les marines. Peut-être devrais-je en faire autant pour qu’on me prenne enfin au sérieux ?
— Je crois plutôt que, quand tu lui demandes de te confier de nouvelles responsabilités, tu ferais mieux d’éviter de te comporter comme une ado…
Shannon poussa un soupir agacé à l’autre bout de la ligne.
— D’accord, d’accord, j’ai compris, je vais faire un effort. Et je vais l’appeler pour lui proposer de l’aider pour l’enquête de routine. De toute façon, ce sera avant tout du travail de bureau, donc il n’a aucune raison de se montrer réticent, n’est-ce pas ?
— Voilà, ça, c’est le bon état d’esprit.
Megan mit un paquet de biscuits dans son panier et jeta un regard par-dessus son épaule. L’homme au tatouage était de nouveau dans la même allée qu’elle, le regard fixé sur le rayon devant lui.
Etait-ce une coïncidence ?
Elle repassa dans l’allée précédente et fit mine de détailler le contenu des rayons. En vérité, elle était à l’affût de bruits de pas. Quand elle arriva au bout de l’allée, elle jeta un nouveau regard derrière elle. L’homme tatoué était là, à observer les épices.
Elle était loin d’avoir terminé ses courses mais se dirigea d’un bon pas vers la caisse et paya. Heureusement, l’homme ne la suivait pas et elle ne l’aperçut pas non plus quand elle chargea les courses dans sa voiture. Elle monta, démarra et prit la direction de Gossamer Ridge.
Elle ne repéra aucun véhicule derrière elle mais, par précaution, se rendit chez elle plutôt qu’au chalet où Evan était désormais installé. Elle se gara et porta les courses à l’intérieur.
Quand elle ouvrit la porte, elle s’attendit à être accueillie par Patton. Quand il la voyait revenir avec des paquets, il était toujours pressé de savoir ce qu’il y avait pour lui.
Mais, à l’intérieur, le silence régnait.
— Patton ?
Elle traversa la maison, le cœur battant.
N’entendant toujours rien, elle posa doucement ses sacs et se dirigea vers la chambre, où elle laissait son arme. Mais, avant d’arriver à la table de nuit, elle repéra Patton, allongé au sol le long du lit.
Inerte.
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