Une suspecte trop parfaite - Un allié aux yeux d'émeraude (Black Rose) (French Edition)

Chapitre 13

13

 

 

La musique les enveloppa et Megan sentit son cœur battre au rythme du banjo.

Un groupe était installé sur une scène circulaire au centre du hall et se composait d’une violoniste qui paraissait n’avoir guère plus de treize ans, à la mandoline d’une femme qui pouvait être sa mère, d’un jeune homme d’une vingtaine d’années à la basse et de deux hommes plus âgés à la guitare. Enfin, au banjo, il y avait une ado un peu plus âgée que la violoniste et qui attirait l’attention par son jeu d’une dextérité peu commune.

— La première fois que j’ai entendu les Meade jouer, je devais avoir l’âge de la joueuse de banjo, dit Evan à l’oreille de Megan.

— Vous connaissez ce groupe ?

— Oui, les Meade sont les propriétaires du motel. C’est une affaire de famille depuis deux générations. Ils se partagent les différentes tâches de la gestion de l’établissement. Et, le soir, ils jouent pour les clients afin d’arrondir leurs fins de mois.

Un homme au visage anguleux qui tenait un chapeau de paille à la main s’avança alors vers eux.

— Vous êtes deux, donc ça fera dix dollars, s’il vous plaît, leur dit-il en tendant son chapeau avec un accent du Kentucky à couper au couteau qui fit sourire Evan.

Celui-ci sortit son portefeuille, posa un billet de vingt dollars dans le chapeau et d’un geste refusa la monnaie. Puis, il prit Megan par la main et leur fraya un chemin dans la salle pour trouver une meilleure place.

La joueuse de mandoline l’aperçut alors. Immédiatement, un large sourire éclaira son visage. Elle se pencha pour parler à l’oreille d’un des guitaristes, qui annonça qu’ils faisaient une pause.

— Evan Pike ! Bon sang, je commençais à croire que tu ne reviendrais jamais nous voir ! s’exclama la joueuse de mandoline, une femme élancée d’une quarantaine d’années aux longs cheveux châtains. Del m’a dit qu’il t’avait vu ce matin mais, comme tu n’es pas passé dire bonjour dans la journée, j’ai cru que tu étais déjà reparti. Alors, où étais-tu toutes ces années ?

— C’est une longue histoire, Nola, répondit Evan qui, de nouveau, retrouvait son accent. J’allais dire que ça me fait plaisir de constater que rien ici n’a changé, mais ce n’est pas tout à fait exact. Tes enfants sont presque aussi grands que toi la dernière fois que je t’ai vue.

— Oui, et parfois je trouve qu’ils grandissent beaucoup trop vite. Tammie Jane a un petit ami et il semblerait que ce soit du sérieux. Mais moi, je tiens à ce qu’elle obtienne son diplôme universitaire avant de songer à s’installer. Quant à Dorrie, qui joue du violon, elle va entrer au lycée l’année prochaine.

Nola posa alors les yeux sur Megan et ajouta :

— Oh mais je suis désolée, je jacasse, je jacasse et je ne me suis même pas présentée.

— Non, non, c’est moi qui manque à tous mes devoirs, intervint Evan. Je te présente Megan Randall, Nola. Megan, je te présente Nola Meade. Son mari et elle dirigent ce motel depuis des années.

Il se tourna de nouveau vers Nola et ajouta :

— Le mari de Megan était… un ami à moi.

L’emploi du passé n’échappa pas à Nola, qui répondit :

— Je vois.

— Mon mari était dans l’armée, intervint Megan, sans autre précision.

— Je l’aide à faire toute la lumière sur les circonstances de sa mort, ajouta Evan.

Ce n’était pas l’entière vérité, mais ce n’était pas faux non plus, songea Megan.

— C’est un sujet sensible, nous cherchons donc à être discrets sur notre présence ici.

Nola haussa les sourcils.

— Compte sur nous pour ne pas faire savoir que vous êtes là. Après, pour ce qui est de la discrétion…

Elle désigna d’un geste la salle bruyante et bondée.

Les Meade avaient complètement transformé la réception en music-hall dédié au bluegrass et, visiblement, l’endroit s’était fait une belle réputation.

Evan posa les yeux sur la mandoline que Nola tenait en main et parut surpris.

— C’est une Chesterfield ? demanda-t-il.

Nola lui retourna un sourire.

— Absolument.

Megan regarda à son tour l’instrument.

— Pourtant, elle a l’air flambant neuve.

Nola et Evan tournèrent tous deux un regard étonné vers elle.

— Vous vous y connaissez en mandolines ? lui demanda Nola.

Megan acquiesça.

— Un peu car, quand j’étais étudiante à Nashville, j’ai travaillé dans un club où on jouait du bluegrass et j’avais un ami qui ne jurait que par les mandolines Chesterfield.

— Celle-ci, je l’ai achetée l’an dernier à Cecil, la cousine d’Evan, reprit Nola. Cecil a pris la suite de ton oncle Thomas, ajouta-t-elle à l’intention d’Evan. Et elle s’en sort vraiment bien.

Elle prit une expression plus sombre et continua :

— Le décès de ton oncle nous a tous attristés. Les Chesterfield sont une institution, par ici.

— Vous êtes un Chesterfield ? demanda Megan à Evan.

— Du côté de ma mère, oui.

— Son oncle Thomas créait des instruments d’une qualité inégalable, reprit Nola, mais il fallait quasiment le supplier pour le convaincre d’en faire un, quelle que soit la somme qu’on était prêt à débourser. On dit que les génies sont généralement de drôles d’oiseaux et Cecil semble prendre la même voie.

— Puis-je la voir ? demanda Evan à Nola en désignant sa mandoline.

— Bien sûr, répondit Nola en lui tendant l’instrument.

Megan le regarda avec intérêt poser les doigts sur les cordes. Il parut d’abord hésitant mais, très vite, il prit de l’assurance et joua quelques accords de Blue Moon of Kentucky,

— J’aurais dû me douter qu’il ne faudrait pas longtemps à un Chesterfield pour se rappeler comment se servir d’une mandoline, intervint Nola en l’applaudissant. Et vous, madame Randall, vous jouez d’un instrument ?

— Appelez-moi Megan, répliqua-t-elle avec un sourire.

Nola lui était spontanément sympathique.

— Je joue un petit peu de guitare et, avant, je chantais, mais…

— Dans ce cas il faut que vous chantiez ce soir ! s’exclama Nola, ravie.

Megan tourna un regard paniqué vers Evan.

— Oh non, cela fait des années que je n’ai pas chanté et…

— Je vous accompagne ? la coupa Evan.

Il joua de nouveau quelques notes sur la mandoline qu’il avait encore en main.

— Non, je ne sais plus chanter, insista Megan.

— Mais si, allez, je suis sûre que vous ferez un duo du tonnerre, intervint Nola, en se penchant vers Megan. Vous savez, quand Evan travaillait ici dans sa jeunesse, tous les mardis, il y avait une soirée où tout le monde pouvait venir chanter ou jouer un morceau de son choix. Evan participait chaque fois. Tu n’as pas envie de réessayer, Evan ?

— Nous ne sommes pas mardi, répliqua-t-il avec un sourire bienveillant. En revanche, dès que vous vous mettrez tous à rejouer, nous danserons avec grand plaisir.

Il prit la main de Megan et ajouta :

— Un beau morceau très lent, ce serait parfait.

Nola lui retourna un grand sourire.

— Tu n’as pas changé, Evan.

Elle reprit sa mandoline, monta sur scène en invitant sa famille à la rejoindre et chuchota à l’oreille du bassiste. Quelques secondes plus tard, le groupe entamait The Tennessee Waltz.

— Je suis une piètre danseuse, vous savez, l’avertit Megan tandis qu’il lui posait une main sur la taille.

Cependant, elle se laissa aller avec un sourire. Elle se sentait bien, il y avait même très longtemps qu’elle n’avait pas été d’aussi bonne humeur.

Evan était un très bon danseur. Il se déplaçait avec légèreté et elle n’avait qu’à se laisser conduire. Il la serra davantage contre lui et elle sentit son visage tout contre ses cheveux.

— Pourquoi avez-vous quitté le Kentucky ? lui demanda-t-elle. A cause de la mort de votre frère ?

Elle le sentit se figer un bref instant, mais il se reprit très vite.

— Mes parents avaient placé énormément d’attentes en Nate. Ils voulaient qu’il fasse des études et devienne quelqu’un. Hélas, mon frère n’a jamais su dire non à un ami. Et, quand un de ses copains de lycée lui a proposé de vendre un peu de résine de cannabis, il s’est laissé convaincre. Il était certain qu’il pourrait faire cela pendant quelques mois pour se faire un peu d’argent et ensuite laisser tomber…

— Ça ne se passe jamais ainsi.

Megan sentit Evan se crisper sous l’effet de la colère que lui provoquait l’évocation de ce souvenir.

— Nate a fichu sa vie en l’air. Et sa mort a définitivement ruiné le mariage de mes parents, qui n’était déjà pas très solide et ne reposait pas sur de bonnes bases.

— Je suis désolée.

— Je suis parti dès que je l’ai pu pour laisser ces mauvais souvenirs derrière moi et prendre un nouveau départ. Et c’est moi qui ai fait des études de droit, alors que c’était l’ambition de Nate…

— Mais était-ce ce que, vous, vous vouliez ? le coupa-t-elle en relevant la tête pour le fixer droit dans les yeux.

Il fronça les sourcils.

— A l’époque, je le croyais. Mais, désormais, j’ai envie d’autre chose.

— Autre chose ?

— Autre chose que faire appliquer les règles du Pentagone, qui ne servent souvent qu’à mettre des vies humaines en danger. Je pourrais peut-être essayer le FBI !

— Je ne suis pas certaine que les règles du FBI vous conviendraient davantage que celles du Pentagone, l’avertit-elle. Du moins si je me fie à ce que dit ma sœur Isabel.

— Lui arrive-t-il de regretter d’avoir quitté le FBI ?

Elle fit non de la tête et songea au bonheur que vivait sa sœur depuis qu’elle avait rencontré Ben.

— Non, maintenant que Ben travaille lui aussi à Cooper Security, elle a retrouvé tous les avantages de son travail au FBI sans les inconvénients.

Le slow se termina et, depuis la scène, Nola leur lança un regard d’excuse avant que le groupe ne se lance dans un morceau beaucoup plus enlevé.

— Vous avez faim ? demanda Evan en désignant le bar.

— Oh oui, je meurs de faim, répliqua Megan.

Ils n’avaient rien avalé depuis le sandwich pris la veille sur la route près de Nashville, se souvint-elle soudain.

Le choix de plats proposés sur l’ardoise au-dessus du bar était réduit et simple, mais elle fut ravie d’y voir figurer des pâtes à la bolognaise.

— C’était le plat presque exclusif que nous faisait notre père quand nous étions enfants, confia-t-elle avec un sourire après avoir commandé.

Evan opta pour un sandwich au poisson. Une fois servis, ils allèrent s’installer à une table au fond de la salle et dégustèrent leur premier repas en vingt-quatre heures.

Rassasiée et détendue pour la première fois depuis trois jours, Megan incita Evan à retourner sur la piste de danse où elle l’entraîna dans un two-step endiablé. A la fin du morceau, tous deux rirent de bon cœur.

— Demain matin, ma cheville va se rappeler à mon bon souvenir, soupira-t-il tandis qu’ils retournaient à leur table. Mais ça valait le coup.

Elle n’allait pas dire le contraire. Il y avait plusieurs années qu’elle n’avait pas passé une aussi bonne soirée.

Quatre ans, précisément. Depuis la mort de Vince.

— Oui, ça valait le coup, dit-elle avec un sourire ému.

Evan lui prit la main.

— Je sais que ce n’était qu’une parenthèse, Megan, mais j’avais besoin d’une soirée comme celle-ci.

Une parenthèse. Elle sentit un poids s’abattre sur ses épaules. Hélas, c’était la triste réalité.

— Moi aussi j’en avais besoin. Mais, maintenant, je pense que nous devrions retourner à notre chambre. Et peut-être rappeler à Nola de ne pas révéler que vous êtes de retour dans le Kentucky, non ?

— Nola et sa famille ne diront rien, n’ayez crainte, lui affirma-t-il avec certitude. Allons dire au revoir.

Elle lui donna la main et, ensemble, ils traversèrent la salle et s’approchèrent de la scène où les Meade s’apprêtaient à commencer une nouvelle chanson. A leur vue, Nola et son mari descendirent à leur rencontre.

— Vous pensez rester encore quelques jours ? demanda Nola à Evan d’un ton plein d’espoir.

— Non, ce n’est pas sûr, répondit-il avec contrition.

Il prit Nola dans ses bras.

— En tout cas ça m’a fait très plaisir de vous revoir tous les deux. A l’avenir, j’essaierai de repasser plus souvent.

— Je vais me souvenir de cette promesse, déclara Del, le mari de Nola, en lui serrant la main avec chaleur.

Il se tourna vers Megan et lui dit au revoir avec la même chaleur.

— J’aime bien vos amis, déclara-t-elle tandis qu’ils retournaient à leur chambre. Et vous, vous m’avez bluffée. Jamais je n’aurais cru que vous saviez jouer de la mandoline.

— Cela fait des années que je n’ai plus joué, répliqua-t-il avec un petit sourire modeste. Quand j’ai quitté le Kentucky, j’ai tout arrêté.

Au ton de sa voix, il semblait regretter d’avoir tout laissé derrière lui de manière aussi radicale.

— Vous pourriez demander à votre cousine de vous en fabriquer une.

Il lui retourna un sourire confus tandis qu’elle ouvrait la porte.

— Pour le moment, je n’ai plus de boulot, alors les mandolines de Cecil ne sont pas dans mes prix.

— A Maybridge, pas très loin des bureaux de Cooper Security, il y a un magasin de seconde main, dit-elle tandis qu’ils entraient dans la chambre. Je sais qu’ils ont de bonnes mandolines à des prix tout à fait abordables…

Evan lui prit le visage entre les mains et lui sourit.

— Megan, vous n’avez pas à vous sentir obligée de chercher une solution à tout prix.

— Pardon, répondit-elle avec un petit rire gêné. Quand je vois un problème, j’ai tendance à vouloir le résoudre sans attendre.

Il laissa doucement glisser ses pouces sur ses joues.

— Donc, pour vous, j’ai un problème ?

— Vous voulez vraiment le savoir ?

— Oui, j’aimerais bien savoir quel est mon problème, selon vous.

— Je crois que vous avez eu une enfance plutôt malheureuse et que vous en avez rendu responsable l’endroit où vous avez grandi. Dès que vous en avez eu l’opportunité, vous avez donc quitté le Kentucky, vous avez fait comme si vous étiez d’ailleurs et vous avez coupé les ponts avec toutes les personnes et tout ce qui pouvait vous rappeler d’où vous veniez.

Evan laissa tomber ses bras le long de son corps et se détourna. Elle s’en voulut d’avoir la langue trop bien pendue. Elle avait tendance à parler trop franchement, même quand la situation exigeait de faire preuve de tact et de prudence.

— Le plus dur, ce fut de me débarrasser de mon accent, soupira Evan. D’ailleurs, je parie que vous avez constaté qu’il m’est naturellement revenu. Quand j’ai commencé à travailler au Pentagone, j’étais persuadé d’y être parvenu. Mais, dès que j’ai en face de moi quelqu’un qui a les mêmes origines, c’est fichu.

Il s’assit sur le lit et elle vint s’installer à côté de lui.

— Moi, j’aime bien votre accent, vous savez. Je trouve qu’il vous donne de la personnalité.

Il la regarda avec un sourire attendri.

— Moi aussi, j’aime bien le vôtre. Je le trouve authentique et sincère.

Il la fixa plus intensément et ajouta :

— Et très sexy.

Megan sentit la température dans la pièce monter subitement de plusieurs degrés.

— Evan…

Il lui passa une main dans les cheveux, puis l’autre, l’attira à lui et poussa un grognement de dépit.

— Je sais que je ne devrais pas, je ne cesse de me faire la leçon, mais rien n’y fait. J’ai toujours autant envie de vous.

Elle ferma les yeux, incapable de lutter contre la réceptivité de son corps à ses caresses.

— Je n’ai plus…, bafouilla-t-elle. Pas depuis…

— Je sais. Et je sais que je devrais en tenir compte mais…

Il n’acheva pas sa phrase et ses lèvres effleurèrent les siennes. Il sembla hésiter un instant. Puis, il s’empara de sa bouche.

Elle n’avait pas la force de résister non plus. Pire encore, elle n’en avait pas la moindre envie, au contraire. La passion et le désir que ses baisers et ses caresses réveillaient en elle étaient trop intenses.

Elle passa une main sous sa chemise, caressa les contours de ses pectoraux, lui arrachant un soupir de bien-être qui la fit vibrer et la rendit fière.

Lentement, il l’incita à s’allonger et la couvrit de son corps vigoureux. Son regard était embrasé de désir et elle fut bouleversée de susciter une telle émotion chez lui.

D’une main tremblante, il défit le premier bouton de son chemisier, puis le second. Quand il effleura ses seins, un frisson délicieux lui parcourut l’échine et une douce chaleur monta dans son bas-ventre.

Mais soudain, Evan s’immobilisa et la fixa avec un regard troublé. Puis il éclata de rire et roula de côté.

D’abord, elle ne comprit pas. Puis elle sentit une vibration dans sa poche. C’était son téléphone.

— Vous feriez mieux de répondre, dit Evan sans se départir de son rire.

Elle poussa un grognement de frustration et extirpa son portable de sa poche.

— Oui ?

— Tu as dû courir pour venir répondre ? demanda la voix de Jesse. Tu sembles essoufflée.

Elle se sentit rougir de confusion.

— Oui, plus ou moins. Tu as du nouveau ?

— Eh bien, oui. Pike est près de toi ? Tu peux mettre le haut-parleur pour qu’il entende également ?

Elle tourna les yeux vers Evan. Il était allongé sur le dos et l’observait en souriant.

— Oui, vas-y, il peut t’entendre, dit-elle après avoir enclenché la fonction haut-parleur.

— Nous avons retrouvé la trace du capitaine Gantry, reprit Jesse. Ou plutôt devrais-je dire du major Gantry puisqu’il est monté en grade à son retour du Kaziristan pour être affecté comme formateur à Carlisle, en Pennsylvanie.

— Je connais cette base, intervint Evan. Ce n’est pas loin d’où nous sommes, si nous partons tôt demain matin, nous pouvons y être avant la tombée de la nuit.

— En fait, Gantry a quitté la Pennsylvanie l’année dernière pour être affecté à un nouveau poste à fort Bragg en Caroline du Nord ; ce qui signifie…

— … que si nous partons à l’aube, nous pourrons rencontrer Gantry à l’heure du déjeuner, termina Evan, le regard brillant d’excitation.

Megan aurait aimé partager son enthousiasme, mais plus la perspective d’obtenir toutes les réponses sur les circonstances de la mort de Vince se rapprochait, plus elle hésitait. Se sentirait-elle mieux quand elle saurait la vérité ? Avait-elle réellement envie d’apprendre que des gens très haut placés avaient voulu la mort de son mari ?

Et surtout, était-elle prête à dire adieu à Evan ?

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