Une suspecte trop parfaite - Un allié aux yeux d'émeraude (Black Rose) (French Edition)
Chapitre 9
9
Evan se souvenait précisément de la première fois où il avait vu un cadavre, et il n’avait jamais oublié l’odeur.
Donald Gates devait être mort depuis un peu plus de vingt-quatre heures. Il était encore parfaitement identifiable malgré son teint cyanosé. Il avait reçu deux balles : une dans la jambe, l’autre en plein cœur. Celle dans la jambe ne l’avait probablement pas tué. En revanche, la seconde ne lui avait laissé aucune chance.
Il resta immobile quelques instants, à l’affût du moindre bruit. L’assassin de Gates n’était sans doute plus là, mais il attendit tout de même une minute complète avant de bouger de nouveau. Il contourna le corps en prenant soin de ne pas contaminer la scène de crime.
— Nous devons appeler la police, lança-t-il.
Megan était restée sur le pas de la porte d’entrée, une main sur la bouche, le regard fixé sur le cadavre qui gisait au sol dans une mare de sang. Elle ôta sa main pour lui demander :
— C’est Gates ?
— Ouais.
— Avant d’appeler la police, nous devons fouiller la maison pour savoir si le paquet que Vince lui avait confié y est encore.
— Megan, nous sommes sur le lieu d’un meurtre…
— Nous n’aurons peut-être pas d’autre occasion de savoir si le paquet est là ! le coupa-t-elle en le fixant d’un regard implorant. Je ne toucherai rien, je…
— Vous allez mettre vos empreintes partout.
— J’ai emporté une trousse à pharmacie avec des gants en latex.
Il la fixa silencieusement : elle ne lâcherait pas.
— La police va effectuer toutes sortes de prélèvements, de fibres, de cheveux…, contra-t-il.
— Nous leur dirons que nous avons fait le tour de la maison pour vérifier qu’il n’y avait pas d’autres victimes.
Il ne savait plus que faire. Habituellement, il suivait toujours les procédures à la lettre mais, là, c’était différent.
S’ils laissaient les policiers fouiller la maison en premier et qu’ils découvraient le paquet, ils l’emporteraient comme preuve et il faudrait plusieurs mois avant que Megan puisse le réclamer.
Encore fallait-il que ce paquet soit là… d’autant que quelqu’un était passé avant eux.
— D’accord, dit-il finalement. Mais, dans dix minutes, nous appelons la police.
Ils se répartirent les pièces de la maison et commencèrent leurs recherches. Au bout de cinq minutes, Megan l’appela depuis une petite chambre du fond. Il traversa le couloir à grandes enjambées et la découvrit devant une boîte en carton sur l’étagère d’un placard ouvert. Elle la fixait comme si elle avait découvert le Graal.
— Ce n’est peut-être qu’une boîte, l’avertit-il.
— Lisez ce qui est écrit sur le côté, répliqua-t-elle en pointant un doigt.
Il se décala de quelques pas et lut en grosses lettres majuscules écrites au feutre : « PATTON ».
— C’est l’écriture de Vince, dit Megan avec certitude. Avez-vous un stylo ?
Evan chercha dans sa poche de veste et lui en tendit un. Il remarqua alors que le ruban adhésif du carton avait déjà été coupé. Il n’y avait donc peut-être plus rien à l’intérieur.
Ou alors le carton était piégé, songea-t-il soudain alors que Megan soulevait déjà un rabat avec le stylo.
— Attendez…
Trop tard.
Mais il ne se passa rien. Il poussa un soupir de soulagement et s’avança pour savoir ce qu’il y avait dans le carton.
C’était un jouet en peluche, un renard bleu avec des yeux dorés. Megan tendit la main et le sortit, les yeux humides.
— C’était un jouet pour Patton, dit-elle d’une voix entre émotion et désespoir.
Evan regarda silencieusement le jouet pendant plusieurs secondes, consterné. C’était cela que Vince Randall avait envoyé à son épouse ? Un jouet en peluche ?
— Je veux l’emporter, déclara Megan. Ce jouet n’a rien à voir avec la mort de Gates.
— Au contraire, c’est certainement à cause de ce jouet qu’on l’a tué.
— La police ne fera pas le lien et ce jouet ne leur sera d’aucune utilité, insista-t-elle. C’est la dernière chose que Vince m’a envoyée, Evan. Et, pour une raison que nous ignorons, Gates ne me l’a pas fait parvenir.
Et, encore une fois, si la police classait ce jouet comme preuve, il lui faudrait des mois pour le récupérer.
— D’accord, Megan, mais prenez garde que personne ne s’aperçoive que vous l’avez sorti de la maison.
Elle souleva son T-shirt, exhibant un bref instant son nombril. Dans d’autres circonstances, cette vision aurait suffi à lui échauffer les sens. Puis, elle glissa le jouet sous sa ceinture et rabattit son T-shirt.
Elle se dirigea vers la porte et il lui emboîta le pas, soulagé de sortir. Il prit une grande inspiration pour s’emplir le nez et les poumons de bon air. Il était impatient de pouvoir prendre une douche pour se débarrasser définitivement de cette odeur de mort qui semblait imprégner ses vêtements et sa peau.
Megan se rendit à la voiture et disparut quelques secondes à l’intérieur. Puis elle ressortit et vint le rejoindre. Il avait son téléphone à la main et s’apprêtait à appeler la police.
— J’ai rangé le jouet dans mon sac et je me suis également débarrassée de mon arme. Je vous suggère d’en faire autant.
Sage précaution, en effet, songea-t-il. Son permis de port d’arme était certes valable dans le Tennessee, mais en avoir une sur soi à l’arrivée de la police sur une scène de meurtre par arme à feu, ce n’était pas malin.
Quand il eut un interlocuteur au téléphone, il lui expliqua la découverte macabre qu’ils venaient de faire et donna l’adresse précise. Puis, après avoir raccroché, il alla lui aussi déposer son arme dans la voiture.
Un véhicule de police arriva sur les lieux dix minutes plus tard. Un policier resta avec eux dehors tandis que le second se rendit à l’intérieur. Il revint quelques instants plus tard en faisant la grimace et alerta la brigade criminelle par radio.
Tandis qu’ils attendaient l’arrivée des analystes de scènes de crime, un policier leur demanda ce qu’ils étaient venus faire chez Donald Gates.
Tandis que Megan répondait, le second officier prit Evan à part. Interroger deux témoins séparément pour vérifier que leurs récits concordaient était la procédure habituelle. Mais, de toute façon, ils avaient eu dix minutes pour se mettre d’accord sur ce qu’ils diraient.
— M. Gates était dans l’armée avec le défunt mari de Mme Randall, confia-t-il au policier. Elle souhaitait lui poser des questions sur les dernières heures de son mari, car M. Gates participait à la patrouille au cours de laquelle il a trouvé la mort.
— Et vous, pourquoi étiez-vous là ?
— A l’époque de la mort du sergent Randall, j’étais détaché auprès de son unité comme agent de liaison du Pentagone. Et j’ai aidé Mme Randall à retrouver la trace de Donald Gates.
C’était la vérité, même si elle était très incomplète. Mais ce n’était pas le moment de parler de l’enquête qu’ils menaient. Cela ne ferait guère avancer les investigations sur le meurtre de Donald Gates et les obligerait à rester plus longtemps à Nashville pour répondre à des questions supplémentaires.
Or, la journée avait déjà été suffisamment éprouvante pour Megan. Quand ils avaient découvert le cadavre de Gates, elle avait fait preuve d’un aplomb remarquable, mais c’était sans doute en partie parce qu’elle était animée de l’espoir de retrouver le paquet. La déception qui avait suivi sa découverte avait été un coup difficile à encaisser.
Elle avait les traits tirés, le teint encore plus pâle que d’habitude, les épaules légèrement affaissées.
Une vingtaine de minutes plus tard, deux enquêteurs arrivèrent. L’un était un grand balaise d’une quarantaine d’années, l’autre un type plus jeune à l’allure décontractée. Tous deux se rendirent directement à l’intérieur de la maison et en ressortirent au bout de quelques minutes. De nouveau, Megan et lui furent séparés pour répondre à quelques questions. Evan fit à l’enquêteur le récit de leur macabre découverte.
Ils avaient trouvé la porte ouverte et avaient immédiatement été assaillis par une odeur nauséabonde. Ils avaient fait le tour de la maison pour savoir ce qui s’était passé et vérifier qu’il n’y avait pas de blessés ou d’autres victimes. Ils n’avaient aucune idée de qui avait pu commettre ce crime et disposaient tous deux d’un alibi pour les dernières quarante-huit heures.
Les deux enquêteurs passèrent quelques coups de fil et ne mirent pas longtemps à comprendre que leur alibi était effectivement solide et que, à l’heure supposée de la mort de Donald Gates, ils étaient à plusieurs centaines de kilomètres de Nashville.
— Je mettrai votre déposition par écrit plus tard, dit le plus jeune des deux enquêteurs à Evan. Pourrez-vous passer la signer ?
— En fait, nous comptions retourner dans l’Alabama dès ce soir. Vous est-il possible d’envoyer une copie de notre déposition aux autorités de l’Alabama pour que nous la signions sur place ?
L’enquêteur accepta à contrecœur. Ils durent lui laisser un numéro de téléphone au cas où il aurait des questions supplémentaires.
Finalement, alors qu’il était près de 19 h 30, ils purent enfin reprendre la route. Evan observa de nouveau Megan. Elle avait l’air aussi épuisée que lui.
Seule la perspective de retrouver son lit douillet dans le chalet de Gossamer Mountain l’aida à garder les yeux ouverts le long de la route.
— Comment les types qui ont tué Gates ont-ils pu savoir pour le paquet ? demanda soudain Megan.
— Je n’en sais rien, admit-il. Mais ils ont une longueur d’avance sur nous, car ils ont tué Gates avant même que, nous, nous apprenions l’existence de ce paquet.
— Il a été tué d’une balle en plein cœur, n’est-ce pas ? reprit-elle d’une voix sombre.
Il acquiesça. Tout comme Vince Randall, sauf que, cette fois-ci, le meurtre avait sans doute été commis avec une arme de poing équipée d’un silencieux, et non avec une carabine.
— C’est le SSU, vous ne croyez pas ? demanda-t-elle.
— Si.
L’arme utilisée et le mode opératoire lui faisaient effectivement penser au SSU.
— On lui a d’abord tiré dans la jambe, reprit-il. Certainement pour le faire parler.
— Vous croyez vraiment qu’on l’a tué pour ça ?
Il tourna la tête vers elle. Elle serrait le jouet en peluche dans sa main.
— Nous n’avons aucun moyen d’en avoir la certitude. Ce pourrait être pour un motif complètement différent. Après tout, nous ignorons quel genre de vie menait Gates depuis son départ de l’armée.
— Et Merriwether ?
— Votre frère se charge de se renseigner. Tant que nous n’avons pas de preuves du contraire, nous devons considérer que sa mort est due à un accident et rien d’autre.
Megan tourna vers lui des yeux fatigués.
— Je veux rentrer chez moi. Je veux retrouver mon chien, lui donner le cadeau de Vince et oublier cette journée. Vous voulez bien ?
— Bien sûr.
Megan ferma les yeux et garda les mains serrées autour du petit renard en peluche. Elle semblait abattue.
Il comprenait ce qu’elle éprouvait. Il était dans le même état d’esprit.
* * *
Megan retrouva un peu le sourire lors de leur arrivée à Gossamer Ridge, aux environs de 22 h 30. Evan insista pour la suivre chez Isabel, où elle devait récupérer Patton. Il la suivit ensuite jusqu’à chez elle, se gara derrière sa Jeep et la raccompagna à la porte.
Il se pencha alors sur elle, comme s’il avait l’intention de l’embrasser. Elle en eut le rouge aux joues.
— Les micros n’ont pas été ôtés, n’est-ce pas ? chuchota-t-il.
Elle avait complètement oublié ces satanés micros.
— Personne n’y a touché, donc je suppose qu’ils fonctionnent toujours.
— Dans ce cas, laissons croire aux oreilles qui nous écoutent que nous n’avons rien trouvé.
Quand il redressa la tête, sa joue effleura accidentellement la sienne, et ce léger contact la fit frissonner de toutes parts. Sa barbe de trois jours rendait ce contact rugueux mais terriblement masculin et viril. Et très agréable.
Elle sortit ses clés et ouvrit la porte le cœur battant. A l’intérieur, tout semblait calme. Patton tira sur sa laisse, impatient de retrouver sa maison, et elle le détacha pour le laisser aller.
— Content d’être de retour chez toi, mon beau ? lança Evan au chien qui avait déjà disparu dans la maison.
— Pour sûr qu’il l’est, répliqua Megan. Moi aussi, d’ailleurs. Tout ce que nous avons fait aujourd’hui a été une perte de temps.
— Je suis désolé de vous avoir embarquée dans cette quête qui n’aura servi qu’à vous faire vivre des moments désagréables.
— Ne vous excusez pas, Evan. Au moins, nous avons obtenu la confirmation que notre enquête dérange, sinon nous n’aurions pas été suivis.
— Oui, mais j’étais tellement persuadé que nous retrouverions ce paquet.
Les paroles d’Evan lui rappelèrent la présence du renard en peluche dans son sac. Elle l’ouvrit et sortit le jouet. A sa vue, Patton, qui était revenu dans la pièce, agita joyeusement la queue en levant des yeux brillants vers elle. Elle lui tendit le jouet. Il s’en empara aussitôt et partit en courant.
Megan sentit son cœur se serrer : Vince n’était plus là pour voir Patton jouer avec son cadeau. Cependant, le jouet ne ferait pas long feu. Patton mordillait déjà les yeux en plastique et attaquait le rembourrage.
— Pourquoi avoir tué Donald Gates puisqu’il n’y avait pas de paquet ? demanda-t-elle à voix haute. C’est absurde.
— Je commence à croire que toutes mes théories sont erronées, répondit Evan en prenant un air contrit. Peut-être devrais-je repartir de la case départ.
— C’est-à-dire ? Retourner au Pentagone ?
— Peut-être. Ou alors, je vais arrêter de me taper la tête contre les murs et rentrer en Caroline du Nord.
Il ne disait pas cela à cause des micros, non. Il envisageait manifestement de tout laisser tomber et de rentrer chez lui. A cette perspective, elle eut l’estomac noué.
— Quand ?
— Peut-être dès demain.
Megan fut assaillie par tant d’émotions qu’elle n’aurait pas su les interpréter. Elle s’accrocha donc à la plus prégnante.
Un désir ardent.
Evan Pike s’apprêtait à sortir de sa vie et elle n’y était pas préparée. Elle voulait qu’il reste.
Sans réfléchir, elle se jeta dans ses bras. Il écarquilla les yeux de surprise, hésita quelques secondes puis lui caressa doucement le dos, comme s’il se demandait s’il avait le droit de la toucher.
Mais soudain, il posa plus fermement les mains sur sa taille et inclina doucement la tête. De nouveau, sa joue vint frotter contre la sienne. Mais, cette fois, c’était volontaire.
— C’est pour de vrai ou de faux ? murmura-t-il.
Elle recula d’un pas pour le fixer droit dans les yeux. Mais qu’est-ce qu’elle faisait ?
— Je ne sais pas ce que c’est, répondit-elle, incapable de trouver meilleure réponse.
Il prit alors son visage entre ses mains puissantes et, des pouces, essuya les larmes qui avaient coulé sur ses joues.
— Vous êtes une femme superbe, Megan, dit-il à voix haute, malgré les micros. Et j’ai envie de vous.
Sa déclaration à la fois solennelle et résolue la mit totalement sous son emprise. Incapable de résister, elle se hissa sur la pointe des pieds pour croiser les bras autour de son cou.
Il la serra contre lui et resta à la regarder de longues secondes, si longues qu’elle eut la sensation de se consumer sur place. Enfin, il inclina la tête et l’embrassa doucement.
Elle fut tellement émue qu’elle en trembla, puis s’abandonna complètement à son baiser, subjuguée par une myriade de sensations délicieuses.
De l’autre côté de la pièce, Patton émit un grognement rauque inhabituel. Megan interrompit leur baiser et se tourna vers l’animal. Patton était assis, le renard entre ses pattes avant. Il prit la peluche dans sa gueule et la secoua énergiquement.
Un cylindre métallique s’échappa de l’intérieur du jouet et roula au sol. Megan s’approcha, arrêta le cylindre avec sa chaussure et le ramassa, ébahie.
C’était une douille de balle de gros calibre avec de petits morceaux de papier roulés très finement à l’intérieur.
Elle la montra à Evan, qui en resta lui aussi bouche bée.
Elle tenta de sortir les papiers de la douille mais ne parvint pas à les atteindre.
Evan sortit alors son couteau suisse de sa poche et le lui tendit. Il se pencha en avant et lui chuchota à l’oreille :
— Il y a une petite pince à épiler sur ce couteau suisse.
— Je suis triste de savoir que vous allez partir, vous savez, dit Megan tout fort tandis qu’elle ouvrait la pince et la glissait dans la douille.
Après quelques secondes, elle sortit quatre petits rouleaux de papier. C’étaient des notes rédigées à la main.
Et, sans aucun doute possible, c’était l’écriture de Vince.
Elle déroula un des papiers et lut en silence ce qui ressemblait à la première page de la missive.
« Megan, ma chérie, si Patton est toujours le même, alors tu auras découvert ce message environ cinq minutes après lui avoir donné le jouet. »
Cette remarque la fit sourire tant elle était juste et elle sentit des larmes lui piquer les yeux. Elle les retint et continua sa lecture :
« J’ai choisi de t’envoyer ces informations en secret parce que je crains que le courrier régulier ne soit lu par nos officiers supérieurs. Ces pages font état de ce qui se passe à Tablis, au Kaziristan. Je sais déjà que certains propos te seront incompréhensibles, mais j’espère pouvoir bientôt rentrer à la maison et être en mesure de tout tirer au clair… »
De nouveau, sa vision se brouilla ; elle battit des paupières et lut :
« Prends bien soin de ces informations. Des gens haut placés pourraient prochainement perdre leur poste. »
Elle leva la tête. Evan avait une expression à la fois intriguée et pleine de sollicitude.
Il se pencha encore une fois sur elle et lui chuchota :
— Allons-nous-en d’ici. Occupez-vous de Patton, je prends votre sac.
Les mains tremblantes, elle rangea les rouleaux de papier dans sa poche et prit la laisse de Patton.
Tous trois sortirent de la maison et Evan ouvrit la portière arrière de sa voiture pour faire monter Patton pendant que Megan s’installait côté passager.
Il monta à son tour et, avant de démarrer, la regarda brièvement.
— Est-ce ce que je pense ?
Elle acquiesça.
— Oui, c’est ce qu’on voulait nous empêcher de trouver.
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