Une suspecte trop parfaite - Un allié aux yeux d'émeraude (Black Rose) (French Edition)

Chapitre 4

4

 

Assis sur le siège passager de la voiture de Rick Cooper, Evan s’inquiétait. Quelques minutes plus tôt, Rick était passé le chercher en toute hâte : une effraction avait eu lieu chez Megan et Patton était inconscient.

— Elle m’a affirmé que vous souhaiteriez être présent, lui avait déclaré Rick sans plus d’explications.

Ils approchaient maintenant de la clinique vétérinaire de Gossamer Ridge, un bâtiment de pierre qui se confondait avec la colline à laquelle il était adossé, nota Evan.

Rick se gara promptement à côté d’une Jeep bleue, sortit et se dirigea sans attendre vers l’entrée, le laissant le rattraper.

Quand ils pénétrèrent à l’intérieur, Evan repéra aussitôt Megan. Elle était appuyée contre le comptoir, en discussion avec l’hôtesse d’accueil de la clinique. Le bruit de leurs pas la fit se retourner, et un soulagement évident se marqua sur son visage.

— Patton va s’en sortir, lui confia-t-elle. Il a été neutralisé avec une fléchette paralysante, mais il commence déjà à se réveiller et à récupérer.

Evan soupira.

— Et la maison ? Les intrus ont-ils emporté quelque chose ?

— J’avoue ne pas avoir pris le temps de vérifier, répliqua-t-elle. Je craignais de ne pas arriver ici à temps et…

Elle se passa nerveusement la main dans les cheveux.

— Le vétérinaire souhaite le garder en observation cette nuit pour s’assurer qu’il ne souffre pas d’effets secondaires. Je ferais donc mieux de rentrer pour passer la maison en revue.

Evan l’observa. Elle paraissait plus en colère qu’inquiète. Elle n’avait certainement pas encore deviné ce que les intrus étaient venus chercher chez elle.

Au contraire de lui. S’ils avaient pris soin d’endormir Patton, ce n’était pas seulement pour lancer un avertissement. Ils avaient eu besoin de temps et s’étaient donc introduits dans la maison dans un but précis.

Il était quasiment sûr de savoir lequel.

Ses soupçons ne tardèrent pas à être confirmés.

Quelques minutes après leur retour chez Megan, cette dernière sortit de sa chambre, le regard embrasé de fureur.

— La seule chose qui manque, c’est la boîte qui contenait les lettres de Vince.

— Je suis désolé, répondit-il, sincèrement compatissant.

La disparition de ces lettres compliquait encore son enquête mais, pour elle, ce devait surtout être émotionnellement très lourd.

Elle le regarda en fronçant les sourcils.

— Vous saviez ce qu’ils voulaient en pénétrant ici, n’est-ce pas ?

— Disons plutôt que j’en ai eu l’intuition dès que Rick m’a appris que votre maison avait été visitée. Quelqu’un recherche les mêmes preuves que moi pour les faire disparaître. Je suis vraiment désolé pour les lettres de…

Mais, à son grand étonnement, Megan partit d’un petit rire.

— La méfiance a parfois du bon.

— Quoi ?

Son rire céda la place à un sourire.

— Quand vous avez débarqué ce matin en déclarant que vous souhaitiez lire ces lettres, je me suis méfiée, car je n’étais pas certaine que vous ne tenteriez pas de les dérober d’une façon ou…

— Attendez, vous ne pensez tout de même pas que c’est moi qui…

— Non, je n’en crois rien, s’empressa-t-elle de le couper. Mais j’ai néanmoins décidé de mettre ces lettres en sécurité. Avant d’aller faire des courses pour vous, j’ai donc fait un crochet par les locaux de Cooper Security et je les ai rangées dans un coffre-fort.

— Mais vous avez dit que la boîte qui contenait les lettres de Vince avait disparu…

— Des lettres qui dataient de notre adolescence. Elles me manqueront, bien sûr, mais elles n’ont rien à voir avec celles qu’il m’a écrites après notre mariage et son départ en mission à l’étranger.

Elle reprit son sérieux et ajouta :

— Je devrais vous remercier, Evan.

— D’être apparu si peu digne de confiance que vous avez jugé préférable de placer ces lettres hors de ma portée ?

— Oui, répondit-elle en lui adressant un nouveau sourire.

Il sentit un petit picotement lui parcourir l’ensemble du corps. Chaque fois qu’elle lui souriait, il ne restait pas indifférent. Les rousses n’avaient jamais vraiment été son genre, mais Megan bousculait ses préjugés.

— Nous devrions retourner au chalet avant qu’on remarque votre présence, dit-elle à voix basse en désignant brièvement de la tête les agents en uniforme qui montaient la garde devant la maison et les enquêteurs qui continuaient d’effectuer des prélèvements à l’intérieur.

— Comment ça, ce ne sont pas tous des parents à vous ? répliqua-t-il, lui aussi à voix basse.

— Très drôle. Je connais la plupart de ces policiers par leur nom de famille mais je n’ai pas suffisamment confiance en eux pour leur faire des confidences.

— Vous croyez que le service de police local pourrait avoir été infiltré ?

— L’argent ouvre beaucoup de portes. Dans la région, il y a pas mal de gens qui ont du mal à joindre les deux bouts et, si le SSU est bien lié à la mort de Vince, comme vous le soupçonnez, alors quelqu’un a bel et bien payé ces hommes pour le tuer.

— Barton Reid ? lança-t-il.

Barton Reid, l’ancien chef du Département d’Etat, travaillait pour le compte de l’ambassade des Etats-Unis au Kaziristan à l’époque de la mort de Vince Randall. MacLear Security avait également des agents sur place. C’était précisément pour cela qu’il soupçonnait les agents spéciaux de MacLear d’être responsables de la mort de Randall.

De plus, les hommes de Randall lui avaient déclaré que, lors des deux semaines précédant son décès, ce dernier avait passé beaucoup de temps à Tablis, la capitale du Kaziristan. Plus que d’habitude.

Plus que nécessaire.

— Il est évident que Reid tentait d’établir sa position et d’accroître son influence en utilisant des moyens illégaux, reprit-il. Alors, maintenant, peut-être essaie-t-il de couvrir ses traces pour éviter la prison. Peut-être espère-t-il même reconquérir l’influence dont il disposait.

— Ça n’arrivera pas, tonna Megan. Même si, pour le moment, il est impossible d’apporter la preuve formelle de ses malversations, le nom de Reid apparaît dans trop de scandales pour que le Département d’Etat prenne le risque de le réintégrer.

— Ce n’est pas à cela que je pensais, répliqua-t-il en lui posant la main dans le bas du dos pour l’inciter à se diriger vers la cuisine.

C’était un geste tout à fait banal. Pourtant, il sentit une onde de désir le parcourir. Megan tourna la tête vers lui. Elle avait le rouge aux joues et les lèvres légèrement entrouvertes.

Elle était si près de lui qu’il n’aurait eu qu’à se pencher pour l’embrasser et, l’espace d’une seconde, il en eut très envie.

Aussi s’empressa-t-il de retirer sa main et de faire quelques pas en direction de la cuisine.

Il s’éclaircit la voix, puis reprit :

— Ce que je voulais dire, c’est qu’il est possible que Barton Reid tente de réunir les membres du SSU pour en faire sa milice personnelle.

Megan sembla dubitative.

— L’enquête que Cooper Security a effectuée sur le SSU a démontré que ces hommes travaillent avant tout au contrat. Je les imagine mal tous au service d’un seul homme.

Evan leva les yeux vers un policier qui passa tout près d’eux. Même si Megan et lui s’exprimaient à voix basse, ce policier pouvait certainement entendre leur échange.

— Ils en ont encore pour un moment, reprit-il. Préférez-vous aller ailleurs ?

Megan suivit son regard, semblant comprendre son allusion.

— Oui, d’accord. Je vais prévenir Kristen que nous partons.

Quand elle s’éloigna, il poussa un soupir et s’efforça de reprendre le contrôle de lui-même.

Quelques instants plus tard, Megan revint avec un sac à dos sur l’épaule et une arme à la ceinture. Elle lui fit signe de la suivre en se dirigeant vers la porte arrière.

— Où allons-nous ? lui demanda-t-il tandis qu’ils traversaient la pelouse à l’arrière de la maison.

Elle tourna la tête et lui adressa un sourire énigmatique.

* * *

Megan avait décidé d’emmener Evan à mi-chemin du sommet de Gossamer Mountain.

Tout juste derrière elle, il gravissait la pente sans se plaindre ni éprouver de difficultés à suivre son rythme. Apparemment, il faisait régulièrement de l’exercice physique et son allure musclée n’était donc pas que de la pure « gonflette ». C’était un bon point pour lui, conclut-elle.

Là où elle le conduisait, ils pourraient discuter sans craindre d’être écoutés. Elle connaissait le jeune flic qui se tenait près d’eux quand ils avaient quitté la maison. Il n’avait pas la réputation d’être malhonnête, mais c’était quelqu’un d’influençable. Si on venait à lui offrir de l’argent en échange de ce qu’il avait pu voir et entendre chez elle, serait-il capable de résister ?

— C’est une interrogation légitime, admit Evan quand elle lui fit part de ses pensées alors qu’ils marquaient une pause.

Elle sortit deux petites bouteilles d’eau de son sac à dos et lui en tendit une.

Evan fixa le sac à dos.

— Vous auriez dû me laisser le porter un moment…

— Vous le porterez au retour, quand nous serons vraiment fatigués, le coupa-t-elle avec un sourire malicieux.

Elle but deux gorgées d’eau et tendit le bras en direction du sentier en contrebas.

— Venez, nous y sommes presque.

Un bruit caractéristique indiquait la proximité d’un ruisseau. Après quelques minutes de marche, un cours d’eau scintillant apparut en effet à travers les arbres.

— Missacoula Creek, dit-elle en descendant au bord de l’eau, où deux gros rochers plats formaient un banc naturel.

Elle s’assit, ôta chaussures et chaussettes, et trempa ses pieds dans l’eau fraîche en poussant un soupir de contentement.

— Effectivement, ici, il y a peu de chances qu’on nous entende, déclara Evan en s’asseyant à côté d’elle.

Il baissa les yeux sur ses pieds nus.

— Vous venez souvent ici ?

— Pas assez souvent, hélas. A environ une cinquantaine de mètres plus loin, le ruisseau s’élargit et forme une cavité naturelle très profonde. L’eau y est tellement limpide qu’on peut nager tout en regardant les petits poissons évoluer autour de soi.

Cette simple évocation, qui lui rappelait de bons moments passés avec ses frères et sœurs, suffisait à l’emplir de joie.

— Ça a l’air sympa, sourit Evan.

— Quand nous étions plus jeunes, mon père nous y emmenait régulièrement en été. Il était flic et n’avait pas beaucoup de temps à nous consacrer. Alors, quand il était avec nous, il voulait que ce soit chaque fois un moment spécial, surtout après le départ de ma mère.

— Je suis désolé.

Elle lui retourna un regard interrogateur et il précisa :

— Que votre mère soit partie.

— Oh ! C’était il y a longtemps. Et puis, ce n’est pas comme si nous ne la voyions plus du tout. Elle vient ici au moins une fois par an nous rendre visite.

Megan réprima un soupir. Ses frères et sœurs avaient eu plus de mal qu’elle à pardonner à leur mère. Mais, elle, elle avait compris depuis longtemps que ses parents s’aimaient toujours. Ils n’avaient jamais divorcé et ni l’un ni l’autre n’avait refait sa vie. Ils n’avaient tout simplement pas réussi à être heureux ensemble au quotidien et avaient décidé de ne plus se voir que de temps en temps.

— A la fin de leur vie commune, mes parents à moi ne se parlaient quasiment plus, dit Evan d’une voix mélancolique.

— Oh ! Vraiment ?

— Oui, ils ont toujours eu des relations tumultueuses. Mais, après la mort de mon frère, elles se sont envenimées et il n’y avait plus d’espoir pour eux. Mon frère traînait avec des gens dangereux et il a été victime d’un règlement de comptes.

A son regard sombre, ç’avait dû être une période très difficile, devina Megan. Se sentirait-il coupable de la mort de son frère ? Cela lui fit penser à Vince.

— Qu’espérez-vous réussir exactement, Evan ? Prouver que la mort de Vince était un meurtre ? Pour le moment, vous ne savez toujours pas qui a pu le commettre.

— Si nous parvenons à prouver que Barton Reid est responsable de la mort de votre mari, cela donnera plus de poids aux accusations auxquelles il doit faire face. Et cette fois il n’échappera pas à la justice.

— Tout cela reste du domaine de l’hypothèse.

— Quelqu’un a pénétré chez vous, quelqu’un s’est introduit dans ma chambre d’hôtel. Ce ne peut pas être une coïncidence.

Elle ne pouvait pas le contredire, encore moins après ce qui s’était passé à Maybridge.

— Au fait, il faut que je vous raconte, lança-t-elle.

Elle lui décrivit l’homme tatoué qu’elle avait remarqué à la supérette.

— J’ai eu l’impression qu’il me suivait. En revanche, je suis pratiquement sûre qu’il ne m’a pas filée quand je suis partie, et ça ne peut pas être lui qui s’est introduit chez moi. Alors peut-être me suis-je fait des idées.

— A quoi ressemblait son tatouage ? lui demanda Evan.

— A un motif tribal. Noir avec des formes pointues.

Evan ramassa une brindille et se mit à dessiner dans le sable humide à ses pieds. Rapidement, un motif sommaire mais semblable à une grosse araignée avec huit pattes pointues et deux plus courtes prit forme.

— Un peu comme ça ?

— Mais oui, tout à fait, répliqua-t-elle, abasourdie.

Comment pouvait-il le savoir ? A moins que…

D’instinct, elle porta la main à son arme.

Evan suivit son mouvement des yeux.

— Je ne suis pas armé, dit-il d’une voix crispée.

— Comment savez-vous à quoi ressemblait ce tatouage ?

— Je l’ai déjà vu, expliqua-t-il. Il y a deux ans, un ancien agent du SSU est mort dans une rixe. C’était un certain Thomas Phelan. Il avait exactement le même tatouage au niveau de la clavicule. Par ailleurs, j’ai également vu ce tatouage sur des photos d’autres anciens du SSU arrêtés en mars, après la tentative de meurtre sur Amanda Caldwell.

Soudain, Megan perçut un craquement. Elle prêta plus attentivement l’oreille. Autour d’eux, tout était d’un calme inhabituel. Il n’y avait aucun chant d’oiseaux, aucun bruit d’animaux.

Quelqu’un se cachait-il tout près ?

Elle tourna la tête et continua à écouter.

Là. Un nouveau petit craquement.

Elle regarda Evan.

— C’était un écureuil, je pense, murmura-t-elle.

Calmement, sans se presser, elle remit ses chaussures et ses chaussettes, puis tendit la main et serra le poignet d’Evan.

Il lui jeta un regard étonné.

— Nous ne sommes pas seuls, lui dit-elle tout bas en se penchant vers lui.

Elle s’était tellement approchée qu’elle sentait la chaleur de son corps et distinguait les petits reflets dorés de ses yeux verts.

— Que voulez-vous que nous fassions ? lui demanda-t-il tout bas à l’oreille.

Sa joue effleura la sienne, et cette petite sensation suffit à lui rappeler ce que c’était d’être caressée par un homme, même si ce n’était pas Vince.

Mais ce n’était pas le moment de se laisser distraire.

— Si nous ne bougeons pas, nous sommes à la merci de n’importe qui, et ça ne me plaît pas du tout.

— Moi non plus, répliqua-t-il tout bas.

Elle resserra son étreinte sur son poignet et l’invita à glisser au sol pour être à l’abri du rocher sur lequel ils étaient assis.

— Et maintenant ? demanda-t-il.

Elle sortit son arme de sa ceinture et vérifia la sécurité.

— Vous m’avez dit que vous n’étiez pas armé…, chuchota-t-elle.

— J’ai ceci, dit-il en sortant un couteau suisse de sa poche. Et ça, également, ajouta-t-il avec un regard d’excuse en extirpant un revolver d’un étui fixé à sa cheville et dissimulé sous son jean.

— Nous reparlerons plus tard de ce mensonge.

— Etes-vous sûre que ça ne peut pas être quelqu’un de votre famille ?

— Si c’était le cas, nous n’aurions rien entendu du tout. Quand nous étions enfants, notre père nous a appris à nous déplacer en silence dans les bois. Il était très fort à ce petit jeu.

— Mais vous avez vu quelqu’un ?

— Non, mais j’ai senti une présence.

Evan l’observa d’un air dubitatif, comme s’il se demandait s’il devait s’en remettre à son jugement. Finalement, il acquiesça et déclara :

— Si quelqu’un cherche à nous approcher, c’est soit pour tenter d’entendre ce que nous nous disons, soit pour nous tendre une embuscade.

— Et vous penchez pour quoi, Evan ?

— Je pense qu’on veut nous écouter. A l’heure qu’il est, ceux qui se sont introduits chez vous ont constaté que les lettres qu’ils vous ont dérobées ne sont pas celles qu’ils cherchent. Ils souhaitent donc savoir où elles se trouvent.

Elle tourna la tête : il fixait ses lèvres. Ils étaient tout près l’un de l’autre et il s’efforçait visiblement de rester à distance respectable, mais le désir était inscrit dans son regard, malgré le danger.

Elle poussa un petit soupir.

— Cela fait près de deux minutes que je n’ai rien entendu, dit-elle.

— Vous croyez qu’il n’y a plus personne ?

Elle n’en était pas certaine.

— Nous devrions sortir d’ici, murmura-t-elle.

Alors qu’Evan allait ranger son arme, elle lui saisit de nouveau le poignet. Il la dévisagea avec une intensité qui la fit frémir.

— Où allons-nous ? demanda-t-il.

— Pas chez moi. Il y a trop de monde.

A peine eut-elle prononcé ces paroles qu’elle les regretta : elles pouvaient sembler ambiguës.

Il ne la quittait pas des yeux.

— A quelle distance sommes-nous de mon chalet ?

— A une quinzaine de minutes de marche dans la montagne.

— Alors tentons le coup. Je ne pense pas qu’on nous tirera dessus et, si par malheur ça arrivait, nous sommes tous deux armés, nous pourrions riposter.

Elle acquiesça.

— Prête ?

Elle fit de nouveau oui de la tête, se redressa légèrement et épousseta son jean. Autour d’eux, la forêt n’était pas complètement silencieuse, mais cette fois c’était plutôt rassurant, car tout semblait avoir repris son cours normal, et elle ne percevait plus de présence étrangère.

Elle tendit la main à Evan.

— Allons-y.

Il accepta sa main, se leva et garda ses doigts entre les siens un peu plus longtemps que nécessaire. Il finit néanmoins par la lâcher et désigna les bois devant eux.

— Passez devant.

Le cœur battant, elle se mit en route, Evan sur ses talons.

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