Une suspecte trop parfaite - Un allié aux yeux d'émeraude (Black Rose) (French Edition)

Chapitre 5

5

 

 

— C’est ma faute, déclara Evan en regardant à travers les rideaux de la fenêtre du chalet. J’aurais dû prévoir que…

— Pourquoi ? Vous avez l’habitude d’être épié par des déséquilibrés ? le coupa Megan.

Elle se tenait derrière lui, la main sur la crosse de son revolver. C’était une bien grosse arme compte tenu de sa taille, songea Evan, mais elle saurait très certainement s’en servir avec dextérité. Elle était en excellente condition physique. Sur la route du chalet, elle avait modéré son allure pour qu’il parvienne à la suivre. Et encore ! Il était arrivé à bout de souffle, alors qu’elle pas du tout…

— Non, je n’ai pas pour habitude d’être épié par des déséquilibrés, répliqua-t-il. Mais, ces dernières semaines, j’ai eu la sensation qu’on me suivait.

— C’est fort possible, répliqua-t-elle en se postant à la seconde fenêtre.

Le soleil de midi éclairait ses cheveux de reflets rougeoyants.

— A votre avis, que veulent les types qui vous suivent ? Vous faire taire ?

— Je l’ignore, répondit-il. Je ne sais pas qui me fait surveiller.

— Le tatouage sur le bras de l’homme du supermarché semble indiquer que c’est le SSU.

— Oui, mais je ne crois pas que les hommes qui me suivaient chez moi, en Caroline du Nord, étaient du SSU. Ils ressemblaient davantage à des agents de la CIA.

Elle tourna la tête vers lui, l’air sceptique.

— La CIA, n’est-ce pas aller chercher un peu…

— … loin ? Oui, peut-être. De toute façon, ce pouvait être des agents de n’importe quelle agence du renseignement, voire du Pentagone.

— Mais si vous avez vu juste sur la mort de Vince, quel intérêt auraient-ils à vouloir éviter à tout prix que la vérité éclate ? MacLear est décédé, Barton Reid est mis en examen…

— Sauf que, pendant des années, MacLear Security a été la société privée à laquelle le gouvernement a eu le plus souvent recours pour appuyer l’armée dans des opérations délicates, même quand les premiers soupçons sur les méthodes de ses hommes ont éclaté. Quand MacLear est mort, de nombreuses têtes sont tombées. Qui sait combien d’autres pourraient suivre si nous parvenions à prouver que le SSU, avec la complicité d’un membre haut placé du Département d’Etat, a éliminé un soldat américain ?

— Je ne vois personne dehors, dit Megan après un long silence. Nous perdons du temps à rester reclus ici à guetter le moindre bruit.

Elle laissa retomber le rideau et se tourna pour lui faire face.

— Je vais descendre à la marina et trouver quelqu’un pour me reconduire chez moi afin de récupérer ma voiture.

— Non ! répliqua-t-il en lui bloquant le passage alors qu’elle se dirigeait vers la porte.

— Non ?

Elle lui retourna un regard assassin.

— Pour qui vous prenez-vous ? Vous n’avez pas à me dire ce que je peux faire ou pas.

Effectivement, il n’avait aucun droit de lui donner des ordres, et elle ne lui faisait pas suffisamment confiance pour le considérer comme un « associé ». Il ne pouvait d’ailleurs pas l’en blâmer, car il ne lui avait toujours pas fait part de ses soupçons sur son mari. Contrit, il s’écarta.

Mais, quand elle ouvrit la porte, il reprit :

— Laissez-moi au moins vous raccompagner.

Elle parut hésiter.

— Comptez-vous essayer de nouveau de me convaincre de vous laisser lire les lettres de Vince ?

— Oui.

Elle ne put réprimer un demi-sourire.

— Ce sera sans doute en vain.

Il haussa les sourcils. Sans doute ? C’était déjà un progrès.

Le trajet jusqu’à la maison de Megan fut silencieux, mais ce n’était pas un silence pesant. De temps à autre, elle lui indiquait la direction, le reste du temps, elle regardait devant elle d’un air songeur.

A sa grande contrariété, il avait du mal à rester concentré sur sa conduite et à résister à l’envie de l’observer. Pourtant, jamais une femme ne l’avait distrait de son travail, encore moins quand il avait un objectif précis. Il aimait les femmes, il appréciait leur compagnie. En revanche, jamais il n’avait éprouvé le désir de se lancer dans une relation durable, persuadé que cela finissait invariablement par mal tourner.

Megan était certes une femme séduisante, mais ce n’était pas un canon de beauté. Son visage était couvert de taches de rousseur, et son nez un peu trop retroussé. Elle avait également une personnalité difficile à gérer : elle était d’une indépendance farouche et il n’en fallait pas beaucoup pour la mettre en colère.

Toutefois, à tout moment, il tournait les yeux vers elle, presque à son insu. C’était tellement exaspérant que, quand il bifurqua pour remonter l’allée qui menait à sa maison, il fut presque soulagé.

Tous les policiers étaient partis et il ne restait plus que la voiture de Rick Cooper garée le long de la maison. A peine se fut-il arrêté que Megan descendit de voiture, lui fit un bref signe de tête et partit vers la porte arrière de sa maison. Elle ne ferait manifestement pas d’autres efforts pour l’inviter à l’accompagner. Il se gara correctement puis la rattrapa alors qu’elle était déjà à la porte.

Rick était dans la cuisine, en conversation au téléphone. Quand il les vit, il haussa les sourcils et déclara à son interlocuteur :

— Elle arrive à l’instant. Oui, oui, elle va bien. Je te rappelle plus tard.

— Vous étiez sur le point d’organiser une battue pour me retrouver, c’est ça ? s’enquit Megan d’un ton à la fois agacé et résigné.

— En effet, nous y avons pensé, admit Rick. En fait, c’est surtout Jesse qui y tenait. J’ai beau lui dire que tu es une grande fille, que tu sais ce que tu fais, rien n’y fait.

— Tu parles, répliqua-t-elle en ouvrant un placard. Qui a fait le ménage ?

— Isabel et Shannon sont passées pour te voir et elles se sont dit que tu n’aurais certainement pas très envie de retrouver la maison en chantier à ton retour. Tu étais où ?

— J’ai raccompagné Evan à pied au chalet, répondit-elle d’un ton ironique. Et ensuite, c’est lui qui m’a raccompagnée ici en voiture. Tu veux déjeuner avec nous ?

Tiens, elle se sentait encore le devoir d’offrir à manger, songea Evan, amusé.

— Non merci, je dois rejoindre Amanda en ville, alors je vais y aller.

Puis, se tournant vers lui :

— Au revoir, Evan.

Il ne lui faisait pas encore entièrement confiance, sentit Evan. Comme sa sœur…

Rick parti, il se tourna vers elle, un peu étonné.

— Vous ne lui racontez pas ce qui s’est passé au bord du ruisseau ?

— Nous n’avons vu personne, nous n’avons pas la certitude qu’il y avait bien quelqu’un, répondit-elle sèchement.

— En fait, vous voulez éviter par tous les moyens que votre famille vous surprotège en vous tenant à l’écart de l’enquête.

— Si vous étiez à ma place, vous l’accepteriez ?

— Non, avoua-t-il. Mais ce n’est pas forcément désagréable d’avoir des gens qui s’inquiètent pour vous. Ecoutez, je sais que vous souhaitez m’inviter à déjeuner par politesse mais…

— Vous redoutez de goûter encore une fois à ma cuisine ? le coupa-t-elle avec malice.

— Je devrais ?

— Oh, certainement ! répliqua-t-elle dans un éclat de rire. J’avoue que Vince ne m’a pas épousée pour mes talents de cuisinière.

Elle reprit son sérieux et ajouta :

— Ecoutez, je vais relire ces fameuses lettres.

Cette nouvelle emplit Evan de satisfaction.

— Aujourd’hui ?

Elle acquiesça.

— Autant que je me souvienne, rien dans leur contenu ne m’avait intriguée, mais je n’ai pas relu les dernières depuis son décès.

Cet aveu l’étonna.

— Pour quelle raison ?

— Parce que ç’aurait été trop douloureux, je pense.

Elle prit un air coupable, comme si elle lui dévoilait une faiblesse.

— Si c’est trop dur pour vous, je peux…

— Non, l’interrompit-elle, je les relirai moi-même. Ces lettres sont personnelles et je ne veux pas les montrer à qui que ce soit.

— Vous voulez dire que vous ne souhaitez pas me les montrer.

— Je ne veux pas les montrer à qui que ce soit, insista-t-elle.

Elle écarta une mèche de cheveux de son visage puis reprit :

— Qu’est-ce que cette maison est calme sans Patton !

— Il a l’air heureux avec vous.

Il avait envie d’argumenter encore au sujet des lettres, mais la presser ne mènerait nulle part. Elle avait changé de sujet en évoquant Patton et il s’en accommoda.

— Vous avez même réussi à lui inculquer quelques manières.

— C’est un chien très intelligent. Son arrivée il y a quatre ans a été un véritable don du ciel.

Elle soupira puis reprit :

— Mon invitation à déjeuner tient toujours. Je ne suis pas un cordon-bleu mais je suis capable de nous concocter des sandwichs au fromage.

— Pourquoi ne me laisseriez-vous pas vous inviter à déjeuner quelque part, en guise de remerciement ?

Elle fronça les sourcils.

— Remerciement pour quoi ?

— Pour avoir accepté de relire les lettres.

Elle secoua la tête.

— Je le fais pour moi, pas pour vous. Si Vince a bien été assassiné, il faut absolument que le coupable soit arrêté avant de pouvoir tuer un autre soldat qui se trouvera au mauvais endroit au mauvais moment.

Evan aurait aimé se convaincre que Vince était aussi innocent qu’elle le croyait. Mais il était rare que des innocents deviennent la cible d’assassins professionnels. Vince détenait certainement des informations compromettantes. Autant qu’il sache, il ne s’en était jamais ouvert à ses supérieurs. Tout portait donc à croire qu’il avait gardé ses secrets pour lui.

L’unité de Vince avait agi en coopération étroite avec des agents de MacLear Security. Vince avait-il passé un pacte avec le diable ?

— J’étais sérieux en vous proposant de vous inviter à déjeuner, reprit-il, sortant de ses pensées. Là où cela vous fera plaisir.

— Oh ! En fait, je n’ai pas très faim. Je préférerais aller lire ces lettres le plus tôt possible.

— D’accord. Si vous trouvez quelque chose, vous me préviendrez ? lui demanda-t-il en se dirigeant vers la porte.

— Promis.

Il se retourna pour s’en aller, mais il n’avait pas envie de la laisser seule, et pas seulement parce que quelqu’un s’était introduit chez elle.

— Vous serez prudente, n’est-ce pas ?

Elle lui jeta un regard noir, mais il le soutint sans ciller. Enfin, son expression s’adoucit et elle déclara :

— Oui, je ferai attention.

Elle tapota la crosse de son arme à sa hanche et ajouta :

— Et je serai armée.

Il fit de son mieux pour se rassurer.

Il quitta la maison avec l’intention de retourner au chalet en faisant un détour par la station-service pour faire le plein. Mais, quand il passa devant le petit cimetière où il avait repéré Megan pour la première fois, il ne put s’empêcher de s’arrêter. Il descendit de voiture, entra dans le cimetière et trouva rapidement la tombe de Vince Randall.

Elle n’était pas fleurie, remarqua-t-il avec étonnement.

Il s’accroupit devant la tombe.

— Dans quoi t’étais-tu fourré, Randall ? Dans une histoire qui va revenir la hanter ?

* * *

Par la fenêtre, Megan vit la nuit tomber. Elle était assise à son bureau dans les locaux de Cooper Security. Cela faisait des heures qu’elle lisait et relisait les lettres de Vince. A cette heure-ci, elle était toute seule, elle avait sauté le déjeuner, n’avait pas encore dîné et son estomac commençait à protester.

Cependant, sa lecture lui avait au moins appris quelque chose : au fil du temps, l’opinion de Vince sur Evan Pike avait favorablement évolué.

Un passage d’une lettre où Vince décrivait l’intervention d’Evan suite à un « accrochage » dans un village qui avait coûté la vie à un civil avait particulièrement retenu son attention. Vince expliquait clairement que, sans Evan, la population locale aurait pu se retourner contre eux et rendre leur mission encore plus délicate.

Dans d’autres lettres, Vince reconnaissait la qualité du travail d’Evan, admettant sans le dire vraiment qu’au départ il s’était trompé sur lui. Elle avait déjà lu ces lettres, alors pourquoi n’avait-elle pas remarqué ce changement d’opinion ? Vince se plaignait souvent des agents du Pentagone, alors peut-être cette défiance avait-elle déteint sur elle, au point qu’elle n’avait plus été capable de constater que son mari était revenu sur ses préjugés.

Elle mit de côté les lettres de Vince et ouvrit la chemise que Shannon avait laissée sur son bureau à son intention. Elle contenait un résumé de l’enquête de routine menée sur Evan Pike.

« Pour le moment, les résultats ne concernent que le volet professionnel, l’avait avertie Shannon. Nous recherchons encore ce qu’il faisait avant d’entrer au Pentagone. »

Tout ce qu’elle lut correspondait à ce qu’Evan lui avait dit. Depuis sa démission du Pentagone, il était consultant à son compte et faisait notamment du conseil légal pour une société de Norfolk, en Virginie, qui collaborait avec le ministère de la Défense. Il vivait dans un modeste appartement, dans une résidence en Caroline du Nord.

Etonnant pour un homme qui avait occupé un poste important au Pentagone, songea-t-elle.

Etait-ce une façon pour lui d’expier la culpabilité qu’il éprouvait ?

Elle reprit la dernière lettre qu’elle avait lue et la scanna sur son ordinateur, comme elle l’avait fait pour les autres. Puis elle la remit dans la boîte où elle les gardait toutes. Il ne lui en restait plus qu’une à relire. Vince l’avait écrite deux jours avant de perdre la vie.

La lettre commençait par quelques paragraphes personnels, puis Vince revenait sur son quotidien au Kaziristan et décrivait la capitale, Tablis. Elle se renfonça dans son siège et lut :

« En ville, ça grouille de monde. On s’habitue tellement aux grands espaces, à faire des kilomètres sans voir un village, que se retrouver au milieu d’une telle foule est un véritable choc. C’est une ville très cosmopolite où l’on entend sans cesse parler des langues différentes. Parfois, il m’arrive de regretter que tu ne sois pas là pour voir cela, et, d’autres fois, pas du tout. Car c’est un endroit dangereux. Il ne faut jamais l’oublier. »

Elle avait les larmes aux yeux. Elle aussi, elle aurait voulu être là-bas. Alors, peut-être aurait-elle vu ou entendu quelque chose qui…

Elle poussa un soupir agacé. C’était inutile de ressasser de telles idées. Si elle voulait se rendre folle, elle n’avait qu’à continuer ainsi.

Elle lut le reste de la lettre et fut intriguée par une phrase peu avant la fin.

« Dans quelques semaines, tu devrais recevoir un paquet. Guette son arrivée. »

Un paquet ? Elle n’avait rien reçu du tout, ni avant ni après la mort de Vince. De quoi parlait-il ?

La sonnerie de son téléphone de bureau retentit, brisant le silence, et la fit sursauter. Elle saisit le combiné pour répondre.

— Allô ?

— J’étais sûr que vous étiez toujours au bureau, déclara la voix d’Evan. Encore en pleine lecture ?

— Je viens de terminer, admit-elle. Et je découvre à l’instant que Vince parle d’un paquet qu’il m’aurait envoyé. Or, je n’ai jamais rien reçu.

— Un paquet ? répéta-t-il, intrigué.

— Ce n’est peut-être rien du tout, le modéra-t-elle.

— Vous avez dîné ?

A cette question, son estomac se manifesta.

— Non, pas encore.

— Je suis dans un resto qui propose des plats de viande grillée au barbecue à emporter, pas très loin des locaux de Cooper Security. Vous voulez m’y rejoindre ?

— Non, merci…

Elle avait les yeux bouffis et sa lecture l’avait rendue d’humeur mélancolique. Elle ne serait pas de bonne compagnie.

— Alors c’est moi qui viens vous rejoindre.

— Pike…

— Vous avez déjà sauté le déjeuner. Ce n’est pas sain.

— Et la viande grillée au barbecue, ça l’est ?

Il ignora sa remarque.

— Poulet, porc ou bœuf ?

Elle soupira.

— Poulet. Un simple sandwich, ça suffira. Avec de la salade. Et, comme boisson, du thé. Du thé vert sencha, s’il y en a.

— J’arrive d’ici un quart d’heure, conclut Evan.

Megan termina de scanner les lettres de Vince et enregistra le tout sur son ordinateur. Après avoir remis les lettres proprement dites dans le coffre, elle fit une copie du fichier électronique sur une clé USB qu’elle rangea dans son sac à main. Ainsi, en plus des originaux, elle disposait de deux copies numériques. Ne souhaitant rien laisser au hasard, elle transféra également le fichier sur le serveur informatique de la société.

Alors qu’elle allait quitter le bureau, elle repéra des phares de voiture par la fenêtre. Evan était déjà là, si vite ?

Elle éteignit la lumière, ferma derrière elle et s’empressa de descendre l’escalier pour éviter qu’il ne déclenche le système d’alarme en approchant du bâtiment.

Mais la silhouette sombre qu’elle distingua devant la porte n’était pas celle d’Evan.

C’était un homme vêtu de noir de la tête aux pieds, un revolver muni d’un silencieux en main.

Elle recula de quelques pas pour être tapie dans l’ombre et se félicita d’avoir éteint la lumière. Les petites lampes de sécurité qui balisaient l’escalier et le vestibule jusqu’à la porte lui suffisaient pour se repérer mais n’étaient pas assez fortes pour que l’individu au-dehors puisse la voir.

Elle sortit son portable de son sac à main et composa le numéro de Jesse.

Il répondit à la troisième sonnerie.

— Salut Megan, ne me dis pas que tu es encore au bureau.

— Si, et je ne suis pas toute seule.

Elle jeta un regard vers la porte. Pourquoi l’individu n’avait-il pas encore tenté d’entrer ?

Elle expliqua à son frère ce qu’elle avait vu.

— J’ai repéré un seul homme, je ne sais pas s’il a des complices. Personne n’a encore essayé d’entrer mais…

— Possible qu’il cherche à désactiver l’alarme, la coupa Jesse.

Megan percevait des bruits de fond dans le téléphone. Sans doute son frère s’était-il déjà mis en route pour venir à son secours.

— Sois discret, l’avertit Megan. S’il ne te voit pas arriver, on a une chance de prendre ce type en flagrant délit.

— Tu peux aller te cacher dans la pièce sécurisée sans être vue ?

Dans le téléphone, Megan entendit un moteur démarrer. Jesse était déjà dans sa voiture.

— Oui, je pense, répondit-elle, même si la perspective d’aller se cacher et de laisser son frère s’occuper de neutraliser un individu armé ne lui plaisait pas.

Elle risqua un nouveau regard vers la porte. L’homme n’était plus là. En revanche, elle vit d’autres phares approcher. Une voiture allait entrer sur le parking.

Evan ! Elle avait oublié de l’appeler pour le mettre en garde !

— Ecoute, il faut que je raccroche, mais je te rappelle dès que possible.

Elle mit fin à la communication et s’affaira pour faire défiler son historique d’appels. Evan avait essayé de l’appeler quelques jours plus tôt, elle devrait donc retrouver son numéro.

Là ! Elle pressa le bouton d’appel et attendit.

Mais Evan ne répondit pas.

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