Une suspecte trop parfaite - Un allié aux yeux d'émeraude (Black Rose) (French Edition)

Chapitre 8

8

 

 

— Un accident de la route ? demanda Megan.

— Oui, confirma Delgado. Il roulait sur une petite route de montagne du côté de Chattahoochee quand une voiture a déboulé en face de lui. Il a fait une manœuvre pour l’éviter et son véhicule a chuté dans le ravin et a pris feu. Le conducteur de l’autre voiture a pris la fuite sans même alerter les secours. Quand les pompiers sont arrivés sur place, il ne restait plus grand-chose.

— Voilà une bien triste nouvelle, soupira Megan.

Elle jeta de nouveau un regard à Evan, qui lui retourna un bref signe de tête. Il ne souhaitait manifestement pas livrer le fond de sa pensée devant Delgado et Raines, il le ferait plus tard.

Un témoin potentiel du meurtre de Vince qui trouvait la mort dans un accident de la route ?

Drôle de coïncidence…

— Et Gates ? s’enquit Evan. Où est-il maintenant ?

— Aux dernières nouvelles, il travaillait à Nashville, répondit Raines.

— Chez Butler Construction, ajouta Delgado. Je crois que son cousin est chef de chantier dans cette société et l’a aidé à y entrer.

— Y a-t-il autre chose que vous pourriez nous apprendre ? demanda Megan.

— Les derniers temps, Vince se rendait souvent à Tablis, déclara Raines. Je l’ai remarqué parce que, habituellement, il passait la plus grande partie de ses moments de repos à vous écrire.

Megan fronça les sourcils, perplexe. Dans ses lettres, Vince parlait très peu de Tablis, hormis dans celle où il lui décrivait la ville. Sinon, il disait éviter au maximum de s’y rendre.

— Dans ses lettres, il m’écrivait que c’étaient surtout les officiers qui s’y rendaient pour aller exhiber leurs insignes et jouer les importants.

— Oui, d’ailleurs, une fois, nous l’avons charrié en lui disant qu’il était allé à Tablis pour se faire bien voir et essayer de monter en grade, dit Delgado avec un sourire.

Il reprit son sérieux et ajouta :

— Evidemment, c’était une plaisanterie, nous savions très bien que ce n’était pas le genre du sergent. Mais je ne sais vraiment pas ce qu’il allait faire à Tablis.

Megan observa Evan. Il ne paraissait pas étonné.

Il avait plutôt un air coupable.

Savait-il déjà que Vince se rendait fréquemment à Tablis au cours des semaines précédant sa mort ? Pourquoi ne lui en avait-il pas parlé ?

Raines consulta sa montre et jeta un regard d’excuse à Megan.

— Nous avons une réunion de groupe dans dix minutes, il va donc falloir qu’on y aille. Si je repense à quoi que ce soit, je vous envoie un e-mail.

De sa poche, il sortit un stylo et un petit carnet à spirale.

— Quelle est votre adresse ?

Megan la lui donna puis le serra brièvement contre elle pour le remercier.

— Donnez mon adresse à Allie et dites-lui de m’envoyer un petit message. Ça me ferait vraiment plaisir d’avoir de ses nouvelles.

Delgado lui donna également l’accolade avant de partir.

— Je vous souhaite de trouver toutes les réponses à vos questions.

En les regardant quitter le restaurant, elle eut le cœur serré. C’étaient les hommes de Vince, les derniers à l’avoir vu vivant. Elle sentit Evan lui poser la main sur l’épaule, et ce léger contact la fit réagir.

— Y a-t-il quelqu’un d’autre à qui vous souhaitez parler ? lui demanda-t-il.

Elle le fixa droit dans les yeux.

— Vous saviez que Vince avait pris l’habitude d’aller régulièrement à Tablis.

De nouveau, il prit un air coupable.

— Oui.

— Et vous n’avez pas cru utile de m’en parler ?

Il regarda autour de lui, hésitant.

— Allons parler de cela dans la voiture.

* * *

Megan connaissait mieux fort Benning que lui et, au moment de quitter la base, il la laissa donc prendre le volant. Tandis qu’ils roulaient en direction de la sortie et franchissaient les différents points de contrôle, elle ne lui posa pas de nouvelles questions, à son grand étonnement.

Ce ne fut que lorsqu’ils eurent rejoint la nationale qu’elle reprit la parole.

— Alors, maintenant, voudriez-vous me dire pourquoi vous ne m’avez pas parlé plus tôt des fréquents déplacements de Vince à Tablis ?

— Je n’étais pas certain que ce soit nécessaire, répondit-il, ce qui n’était que partiellement vrai.

En fait, s’il lui avouait tout, elle ne le lui pardonnerait pas, pressentait-il. Or, Delgado et Raines ne s’étaient pas montrés extrêmement chaleureux à son égard. Ils ne lui auraient certainement pas parlé si Megan ne l’avait pas accompagné. S’il voulait avoir une chance d’approcher Donald Gates, ce n’était donc pas le moment de se brouiller avec elle.

C’est ainsi qu’il se justifiait à lui-même son attitude. Il n’avait pas envie de se demander si d’autres motivations sous-tendaient son souhait de ne pas se mettre Megan à dos. Il était venu dans l’Alabama pour découvrir la vérité sur la mort de Vince Randall, pas pour se lier d’amitié avec sa veuve.

— Pas nécessaire ? reprit-elle.

— De nombreux soldats se rendaient à Tablis car, au Kaziristan, c’est ce qui ressemble le plus à la civilisation telle que nous la concevons. Il y a des bars, des restaurants…

— Vince n’était pas du genre à sortir dans les bars. Il ne buvait pas d’alcool.

— Ecoutez, j’ignore pourquoi Vince allait à Tablis. Peut-être cherchait-il un joli cadeau d’anniversaire pour vous. Ce pourrait même être ce que contenait ce mystérieux paquet.

Elle détourna le regard.

— Vous n’y croyez pas vous-même.

— Nous allons retrouver Donald Gates et lui poser directement la question. Ensuite, avec un peu de chance, nous en saurons davantage.

— Et l’accident de Merriwether. Pensez-vous que ça puisse être autre chose qu’un accident ?

— Il ne faut pas céder à la paranoïa. Personnellement, je ne savais même pas que Merriwether était dans le secteur le jour de la mort de votre mari. Je serais même incapable de l’identifier. J’avais très peu de contacts avec son unité. J’ai donc du mal à croire qu’on ait voulu le tuer après toutes ces années.

— Ça fait quand même deux morts sur les cinq hommes qui ont effectué cette patrouille.

— Et trois qui sont encore en vie, contra-t-il.

Elle ne répondit pas et fixa la route devant elle. Cherchait-elle un argument à lui opposer ? Mais alors, il la vit jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, froncer les sourcils et serrer les mains autour du volant.

Il se retourna et vit un gros SUV remonter sur eux à grande vitesse.

— C’est quoi, ça ?

— Accrochez-vous, l’avertit Megan.

Elle donna un brusque coup de volant pour s’engager sur une petite route qui s’enfonçait dans les bois. Malgré sa ceinture de sécurité, il tapa de l’épaule contre la portière.

Il se retourna de nouveau. Le SUV avait effectué la même manœuvre, même s’il avait perdu un peu de terrain.

Megan roulait à tombeau ouvert sur la route étroite, et les arbres sur le bas-côté défilaient à toute vitesse.

— J’espère que cette route ne se finit pas en cul-de-sac, déclara-t-il en se cramponnant au tableau de bord.

— Non, non, répliqua sèchement Megan.

Elle jeta un nouveau regard dans son rétroviseur.

— Accrochez-vous, reprit-elle. Et cette fois, je suis sérieuse.

Elle enfonça la pédale de frein et donna un brusque coup de volant. La voiture fit demi-tour dans un crissement de pneus assourdissant et se retrouva face au SUV qui dut freiner brusquement pour ne pas les percuter.

Le véhicule fit une embardée sur la gauche pour les éviter, et Megan choisit précisément ce moment pour redémarrer et repartir dans le sens inverse.

— On vous apprend à conduire comme ça à la Sécurité intérieure ? lui demanda Evan, complètement abasourdi par la manœuvre.

— Non, c’est un truc que nous avons développé à Cooper Security, répliqua-t-elle.

Elle tourna à la première intersection et s’engagea sur une route encore plus étroite. Evan se retourna : le SUV n’avait pas encore atteint le carrefour.

Megan, elle, se concentrait sur la route et plissait les yeux.

— Que cherchez-vous ? s’enquit-il.

— Là.

Elle indiqua un chemin de terre et s’y engagea. Après quelques dizaines de mètres, ils se retrouvèrent au milieu d’une clairière. Megan y fit demi-tour pour que le véhicule soit tourné en direction de la route, coupa le moteur, descendit de voiture et partit vers les arbres.

— Que faisons-nous ? voulut savoir Evan en la suivant.

— Attrapez des branches aussi grosses que possible pour camoufler la voiture, répondit-elle.

Avaient-ils vraiment le temps de la recouvrir entièrement avant que leurs poursuivants ne les retrouvent ?

— Seulement le côté droit et le capot, suggéra-t-il. La végétation dissimulera naturellement le reste.

En deux minutes, c’était fait.

Evan prit alors le risque de retourner à l’entrée du chemin pour observer la route. Aucun signe du SUV.

Il se retourna. S’il n’avait pas su que la voiture était dissimulée sous des branchages, il ne l’aurait pas vue.

— Nous restons cachés dans la voiture ou nous allons plus loin ? lui demanda Megan quand il revint.

— Nous allons rester près de la voiture, mais à l’extérieur, répondit-il.

Ainsi, s’ils voyaient le SUV passer et s’éloigner, ils pourraient repartir en sens inverse. Si, au contraire, les occupants du SUV les avaient repérés, ils pourraient détaler sans demander leur reste.

— J’espère que vous aimez les balades en forêt, dit-il à Megan.

— Ne vous inquiétez pas, répondit-elle simplement.

Le bruit d’un véhicule en approche les fit taire tous deux. Evan prit Megan par le bras pour la tirer derrière un buisson et l’inciter à se baisser.

A travers les feuilles, il aperçut une carrosserie noire passer à hauteur de l’intersection avec le chemin. A peine le SUV fut-il passé que Megan voulut se relever, mais il la retint.

— Restez là, je vais en reconnaissance.

Prudemment, en restant à l’abri de la végétation, il retourna une fois de plus à l’entrée du chemin pour risquer un regard. Il eut juste le temps de voir l’arrière du SUV disparaître au virage suivant.

— Allons-y ! lança-t-il à Megan.

Ensemble, ils débarrassèrent la voiture des branchages, montèrent et partirent au plus vite.

— A votre avis, combien de temps leur faudra-t-il pour comprendre qu’ils se sont fait avoir ? demanda-t-il tandis qu’il bouclait sa ceinture de sécurité.

— La route se termine en cul-de-sac cinq cents mètres plus loin, répondit-elle. Nous disposons tout au plus de quelques minutes avant qu’ils ne fassent demi-tour.

— Mais ensuite ils vont chercher à quel niveau nous avons bifurqué, vous ne croyez pas ?

— Possible.

Quand ils atteignirent l’intersection suivante, Megan ralentit.

— Selon vous, demanda-t-elle, dans quelle direction s’attendent-ils à ce que nous partions ?

— Je suppose qu’ils penseront que nous avons repris notre itinéraire initial.

Elle acquiesça et partit dans la direction opposée.

— Par là, nous allons rejoindre la nationale 85. Ensuite, nous prendrons la nationale 5 en direction du nord.

— Pour retourner à Gossamer Ridge ?

Elle fit un signe de dénégation.

— Non, en direction de Nashville. Visiblement, quelqu’un veut à tout prix éviter que nous découvrions ce qu’il y avait dans le paquet que Vince avait confié à Donald Gates. Alors allons lui demander pourquoi je ne l’ai jamais reçu.

* * *

Megan conduisait à vive allure et, lorsqu’ils furent certains d’avoir semé leurs poursuivants, Evan lui demanda de s’arrêter dès que possible. Elle entra dans la première station-service qu’elle repéra et il lui fit signe de se garer devant la pompe à pression d’air.

— Vous pensez que nous avons besoin de regonfler les pneus ? lui demanda-t-elle, perplexe.

Evan se retourna pour ramasser sa mallette posée derrière son siège. Il fouilla à l’intérieur et finit par en sortir un document qui ressemblait à un contrat.

— Mince, c’est ce que je redoutais, dit-il après avoir parcouru le document des yeux. La société de location chez qui j’ai pris cette voiture place des émetteurs de géolocalisation sur tous ses véhicules.

— Vous croyez que c’est par ce biais qu’on nous a retrouvés ? lui demanda Megan d’une voix inquiète, comme si elle avait la sensation d’être épiée à son insu.

— Non, j’en doute. Je pense plutôt qu’on nous a vus quitter Gossamer puis qu’on nous a suivis jusqu’à fort Benning. Ils savent qui vous êtes et ce que nous recherchons. Peut-être pas précisément, mais ils se doutent de notre objectif, donc…

— … ce n’était pas difficile de deviner que nous finirions par nous rendre à fort Benning, finit-elle pour lui. Mais maintenant, ils ont la plaque d’immatriculation de la voiture, et s’ils parviennent à obtenir la collaboration de l’agence de location…

— Vous avez compris. Nous ne pouvons pas courir ce risque, il nous faut trouver l’émetteur et l’enlever.

— Ça ne va pas plaire à l’agence, fit-elle remarquer.

— Oui, je suppose qu’ils ne m’autoriseront plus jamais à louer une voiture chez eux, mais tant pis. Est-ce que par hasard vous avez une idée de ce à quoi peut ressembler un émetteur de géolocalisation ?

— Tout dépend s’il s’agit d’un modèle sophistiqué ou pas.

Elle actionna la manette d’ouverture du capot.

— Vous devriez faire mine de vérifier la pression des pneus pendant que je cherche, ajouta-t-elle. Ce n’est pas le moment d’attirer l’attention.

Tous deux descendirent et il se mit à faire le tour du véhicule en donnant de petits coups de pied dans les pneus pendant que Megan soulevait le capot. Elle repéra rapidement un petit boîtier sous l’aile droite.

— Si vous devez payer une amende, Cooper Security couvrira les frais, dit-elle en jetant le petit boîtier dans une poubelle à proximité. Allons faire le plein, et ensuite, on file.

Une heure et demie plus tard, ils traversaient Birmingham. Megan chercha un drive-in, où ils commandèrent deux sandwichs. Après un rapide passage aux toilettes, ils étaient prêts à repartir.

Au moment de remonter en voiture, Megan repensa à ce qui s’était passé un peu plus tôt. Elle se mit à trembler un peu.

— Vous voulez que je prenne le volant ? lui proposa Evan.

Elle accepta de bonne grâce.

— Ça va ? s’inquiéta-t-il.

— Oui, je commence simplement à ressentir la fatigue. C’est une journée assez stressante.

— Peut-être ferions-nous mieux de rebrousser chemin, de passer une bonne nuit de sommeil et de repartir frais et dispos demain matin.

Elle agita la tête en signe de dénégation.

— Je veux atteindre Nashville avant la tombée de la nuit et repérer où habite Gates. Ensuite, il nous faudra déterminer la meilleure façon de l’approcher.

Elle fut interrompue par la sonnerie de son portable. Elle le sortit et consulta l’écran : c’était Jesse.

— Salut Jesse, quoi de neuf ?

— Je pourrais te poser la même question. Tu m’avais promis de m’appeler pour me donner régulièrement des nouvelles.

— Désolée, j’étais trop occupée, dit-elle en regardant Evan.

Devait-elle parler à son frère de la course-poursuite avec le SUV ?

Evan restait impassible et ne lui fut pas d’une grande aide. Elle décida de donner à Jesse une version édulcorée des événements.

— Pendant un moment, nous avons cru que nous étions suivis et nous avons changé d’itinéraire. Nous avons une piste au sujet d’un homme qui pourrait nous apprendre ce qu’est devenu le paquet qui n’est jamais arrivé jusqu’à moi. Nous sommes en route pour aller lui rendre visite.

— Et ce type habite où ?

— A Nashville. D’ailleurs, j’aurais besoin que tu me trouves l’adresse qui correspond à son numéro de téléphone.

Elle lui transmit le numéro de portable de Donald Gates.

— D’accord, je te rappelle dès que j’ai l’info, répliqua Jesse avant de raccrocher.

Megan tourna la tête vers Evan. Il l’observait avec une expression à la fois admirative et amusée.

— Nous avons cru que quelqu’un nous suivait ?

— Ce n’est pas le moment que la cavalerie Cooper rapplique, rétorqua-t-elle.

— Mais c’est quand même bien pratique de les avoir sous la main pour leur demander de trouver une adresse à partir d’un numéro de portable, lui fit-il remarquer.

Elle ne pouvait pas dire le contraire.

— Croyez-moi, vous avez vraiment de la chance d’avoir une famille qui veille sur vous de la sorte, dit-il avec un brin d’envie dans la voix.

Pensait-il à son frère, qui n’était plus de ce monde ?

— Je sais, confessa-t-elle. Je suppose que j’ai tellement l’habitude d’être entourée que je ne me rends plus compte que c’est un privilège.

Elle se sentit soudain coupable de se plaindre aussi fréquemment. Sans sa famille, elle aurait eu beaucoup plus de mal à affronter ces quatre dernières années.

Evan reprit le volant et elle s’installa sur le siège passager. Elle ôta ses sandales et boucla sa ceinture, puis se tourna vers Evan.

— Vous attendiez-vous à ce que les choses évoluent ainsi ?

— A quoi faites-vous référence ? A ma décision de venir dans l’Alabama ou à mon enquête sur la mort de Vince ?

— Les deux, j’imagine.

— A vrai dire, je n’avais pas d’attentes particulières, car je me suis déjà heurté à de nombreux murs.

— Depuis quand enquêtez-vous précisément ? voulut-elle savoir, étonnée de ne pas avoir pensé à lui poser la question plus tôt.

— Depuis près de deux ans.

Elle le fixa d’un air ébahi.

— Et il vous a fallu tout ce temps pour venir me voir ?

Il quitta un bref instant la route des yeux pour croiser son regard.

— Au départ, je m’interrogeais, car j’avais la vague impression que des éléments de l’histoire officielle ne cadraient pas.

— Et, à ce moment-là, vous vous sentiez déjà coupable.

Il tourna de nouveau brièvement les yeux vers elle.

— Oui.

— Si c’est ce qui vous motive…

— Il n’y a pas que cela, la coupa-t-il avec fermeté. Désormais, ce n’est même plus du tout ce qui me motive vraiment.

— Tant mieux. Sinon, moi aussi j’aurais dû me sentir coupable et ç’aurait été dur à vivre, dit-elle dans un sourire.

Elle reprit son sérieux et ajouta :

— Même si le SSU n’est pas responsable de la mort de Vince, maintenant, je suis convaincue qu’il n’a pas été tué par les rebelles. Car, s’il était mort au combat, pourquoi chercherait-on à nous empêcher de découvrir la vérité ?

Quelques instants plus tard, son téléphone sonna de nouveau. Jesse avait l’adresse qu’elle lui avait demandée. Elle la nota.

— Merci beaucoup. Puis-je te demander une autre faveur ? J’aimerais que tu te renseignes sur les circonstances du décès d’un certain Scott Merriwether, qui s’est tué dans un accident de la route il y a deux mois environ.

— Pourquoi ? Tu as des raisons de croire que ce n’était pas un accident ?

— Je l’ignore et j’aimerais le découvrir.

— Je vais faire mon possible pour me renseigner. Toi, tu fais attention, d’accord ? ajouta-t-il d’un ton protecteur.

— Oui, oui, promis.

Elle raccrocha puis leva la tête.

— Il s’inquiète.

Evan haussa les sourcils.

— Moi aussi.

Quand ils arrivèrent à Nashville, ils avaient déjà essayé trois fois de joindre Donald Gates par téléphone, sans succès.

— Qu’en pensez-vous ? demanda-t-elle à Evan. Est-ce que nous nous mettons en quête d’un endroit pour la nuit et attendons demain matin pour essayer de le rappeler, ou bien tentons-nous de passer le voir chez lui dès ce soir ?

— Allons le voir, histoire de ne pas perdre de temps.

Ils se rendirent à l’adresse transmise par Jesse et se retrouvèrent devant une petite maison toute simple dans un quartier modeste.

Dans la faible lumière de la fin d’après-midi, tout semblait calme à l’intérieur de la maison et aucune lumière n’était allumée. Megan regarda sa montre. Il était plus de 18 heures. Gates travaillait-il tard ? Etait-il allé boire un verre ?

Elle avança jusqu’à la porte d’entrée et frappa. La porte s’entrouvrit avec un grincement.

Elle sentit immédiatement une odeur nauséabonde qui provenait de l’intérieur. L’appréhension la gagna.

A côté d’elle, Evan poussa un juron. Lui aussi avait identifié l’odeur.

A l’intérieur de la maison, il y avait certainement un cadavre en décomposition.

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