Vasilyssa - L'appel de l'équilibre: Fantasy / Romance (Gyara t. 3) (French Edition)

Chapitre 39 Son vrai visage

Chapitre 39

 

Son vrai visage

 

Ilyesse

 

Adreka

 

En arrivant dans la salle du trône, entouré de mes ténèbres, je ne pus m’empêcher de sourire. La mascarade de Neels avait pris fin. Je n’avais plus besoin de courber l’échine ou de guetter derrière mon épaule à chaque heure de la journée. J’étais à nouveau moi. Lorsque mon nuage se dissipa, j’aperçus Hénes assis fièrement sur le trône d’Adreka avec à ses pieds deux gardes. Je reconnus les traits de Samuel et me demandai si lui aussi était l’un de ses « esclaves ». Hénes, sentant mon regard appuyé sur son « chien », tira sur sa chemise d’un coup sec. Les boutons ricochèrent sur le marbre.

Rien. Sa poitrine était aussi lisse et imberbe que celle d’un nouveau-né.

— Samuel a su de quel côté se placer, rien de plus.

Le garde opina en baisant la chevalière d’Hénes. Cet idiot pensait réellement que sa loyauté serait récompensée ? Il n’avait pas compris que pour lui, sa vie ne valait rien.

Mon ancien amant descendit les quelques marches de l’estrade et avança vers moi d’une démarche féline qui ne fit qu’accroître mon malaise. Sa tunique, typique du palais de Gresa, épousait son torse à la perfection. Je luttai pour ne pas me perdre dans sa contemplation, préférant me focaliser sur son visage.

— Quel plaisir de te voir sous tes véritables traits. Cela m’avait manqué.

À d’autres.

— Tu sais, j’ai souvent eu des doutes à ton sujet, ajouta-t-il en rôdant autour de moi. Cependant, je n’imaginais pas que tu serais assez fou pour t’infiltrer ici.

— Au final, est-ce si surprenant ? Nous avons eu la même idée, je me trompe ? Tu es venu pour le pouvoir, alors que je suis là pour le contrer.

Hénes m’offrit une révérence amusée avant de caresser ma joue du bout de son doigt. Son contact me fit frémir. Il dégageait une telle élégance, une telle aura qu’il était impossible de rester indifférent. Hénes ne possédait pas une beauté pure ou des traits fins comme Elivio. Il était brut, teinté de défauts, qui lui conféraient ce charisme saisissant. La seule chose qu’il tenait d’Amedéa était ses yeux. Ce même regard profond qui avait capté mon âme en une fraction de seconde. Et c’était sans compter sur cette nouvelle musculature qui lui allait comme un gant.

— Toi et moi ne sommes pas si différents, susurra-t-il à mon oreille en glissant sa paume le long de ma colonne. Tu courais aussi derrière le pouvoir. C’est ce qui nous avait réunis au départ.

Avant, sentir son souffle chaud sur ma peau m’aurait fait fondre. Je me serais enroulé contre son torse pour en savourer chaque centimètre. Pendant quelques secondes, des rémanences de nos corps en nage s’immiscèrent dans mon esprit. Je les chassai à grands coups de pied. Je devais garder la tête froide et ne pas retomber dans ses filets. Il était impératif que je n’oublie rien de ce qu’il m’avait fait. Hénes m’avait lâchement jeté après avoir obtenu ce qu’il désirait. À ses yeux, je n’étais qu’un jouet avec à peine plus de valeur qu’Arguin ou Samuel.

— Je ne suis plus l’homme que tu as connu, cinglai-je froidement. Cette quête ne m’intéresse plus depuis bien longtemps.

— Vraiment ? C’est ce que tu penses… Alors pourquoi ma sœur ignore-t-elle encore que tu l’as utilisée pour libérer Inas ? Car j’imagine bien que tu ne lui as pas confié que tu aurais pu briser ton propre sceau avec nos sangs.

Des perles de sueur froide naquirent au creux de ma nuque.

— Je n’aurais jamais pu contenir Inas, c’était impossible. Je ne suis pas un…

— Originel ? compléta-t-il en enroulant son bras autour de mes épaules. Ilyesse… Pas à moi. Tu penses que je n’ai pas eu le temps de faire des recherches ? Un petit Notaren, rien que ça.

Je me raidis en fixant le fond de la salle, le cœur battant à tout rompre. Personne n’avait fait le lien, absolument personne.

À part lui.

J’avais moi-même mis un temps fou à découvrir qui étaient mes véritables parents. Ma mère m’avait abandonné devant le temple d’Inas à ma naissance et je ne connaissais d’elle que son nom : Lyria Narkrem, l’une des sœurs de Neven. Tous pensaient que j’étais le fruit d’une liaison interdite, un simple bâtard. Nous n’étions pas si loin du compte… Sauf que mon père n’était pas un villageois ou un soldat. Même si avec le recul, j’aurais largement préféré cette option…

Ce fut en découvrant ma capacité à manier la magie divine que j’avais compris que je n’étais pas un simple Noctranien. Il n’y avait qu’un Originel au sang pur qui pouvait consommer autant d’essence vitale sans en payer le prix fort. J’avais donc passé les années suivantes à éplucher les archives du palais. Cela m’avait demandé un travail de fourmi, mais j’y étais parvenu. Quelques mois avant de rencontrer Hénes, j’avais enfin découvert son nom : Amyrn Notaren, frère du roi et oncle d’Amenis.

Je l’avais confronté, exigeant des réponses de sa part et sa réaction avait été pour le moins brutale. Mon propre géniteur m’avait jeté hors de l’enceinte du palais royal avec pour ordre de ne plus jamais y remettre un pied, sous peine de me voir exécuté sur-le-champ.

Eh oui, qui aurait accepté de voir l’engeance d’une telle liaison pointer le bout de son nez ? Ce fou était marié à la sœur cadette des Sampan. Cela aurait fait tache dans le tableau familial, surtout vu la réputation de la lignée Narkrem.

Je me détachai d’Hénes puis marchai jusqu’à la fenêtre en serrant les pans de ma veste. Cela faisait des siècles que je n’avais plus pensé à Amyrn, allant jusqu’à oublier ma filiation avec mes amis. Je pensais naïvement avoir dépassé cette humiliation. Mais la colère qui grondait au creux de ma poitrine, elle, ne mentait pas.

— Et si tu admettais enfin que ton choix a été dicté par la vengeance ? ajouta Hénes en se postant à côté de moi. Je me souviens bien de lui, et de l’affection qu’il portait à ma sœur. Amenis a profité de l’amour de cette raclure qui la considérait comme sa propre fille. Les Notaren sont la cause de nos maux…

— C’est vrai, avouai-je enfin d’une voix éraillée. Au début, c’était pour cette raison. J’éprouvais de la jalousie pour cette vie qui aurait dû être la mienne. Amenis avait tout : une famille, l’amour, un avenir radieux, alors que moi je vivais dans un taudis avec juste ma rage comme alliée. Sans compter que tu m’avais jeté comme un vulgaire linge sale. Donc oui, en lui donnant les clés de la Table, je faisais d’une pierre deux coups… Je t’empêchais d’atteindre ton but et je faisais payer les Notaren en salissant leur nom. Sauf que j’ai réalisé trop tard que j’avais commis une erreur. Je m’étais attaqué à la mauvaise personne. Amenis était innocente et j’avais ravagé sa vie. Alors pour apaiser ma culpabilité, je l’ai aidée, acceptant de rester à ses côtés même quand ses choix se sont révélés insensés.

À la fin de ma confession, je laissai ma honte rouler sur mes joues. C’était la première fois de ma vie que je confiais ce secret à quelqu’un et je me sentais soulagé d’un poids. Mon regard dévia de la cité vers mon propre reflet au cœur de la vitre. Si Hénes était un monstre que j’avais créé, je ne valais pas mieux que lui.

Tout ce qui se passait aujourd’hui était entièrement ma faute. En l’utilisant de la sorte, j’avais détruit la seule personne qui m’avait tendu la main. Voilà pourquoi il m’était si difficile de me regarder dans un miroir… Je me dégoûtais.

— Voilà, un peu d’honnêteté. Il était temps…

Je ricanai en secouant la tête. Il voulait jouer cartes sur table, très bien.

— C’est pour cette raison que tu m’as jeté comme un malpropre ? Tu t’es dit que baiser avec le neveu de ton ennemi serait une expérience intéressante…

Hénes se tourna vers moi, la mine fermée. Il leva sa main au niveau de ma joue puis laissa son bras retomber le long de son corps.

— Je ne le sais que depuis quelques dizaines d’années.

— Merde ! pestai-je en frottant mon visage. J’ai accepté d’unir mon âme à la tienne, Hénes ! Alors, si ce n’était pas par simple esprit de vengeance, explique-moi pourquoi ? Je pense que j’ai enfin le droit d’en connaître les raisons.

J’avais besoin de l’entendre de sa bouche, sans cela, je ne pourrais tourner la page.

— Et notre lien est toujours actif, souffla-t-il avec douleur. Je sais que tu as tenté de le détruire… ça a bien failli me tuer.

Je sentis un trémolo dans sa voix qui n’échappa pas aux deux gardes toujours assis. Nous ne pouvions pas parler de ça ici. Cela ne concernait personne d’autre que nous.

J’empoignai Hénes et nous téléportai en plein cœur du désert d’Ancerasse, à la frontière d’Alyrane. J’aurais pu nous mener au chalet, mais je ne lui faisais aucunement confiance pour lui confier son existence.

Il fronça les sourcils puis invoqua ses deux armes.

— Ce sujet ne concerne pas tes chiens de garde. Range-moi ça, Hénes… De toute manière si tu me blesses, tu le sentiras passer. Maintenant réponds à ma question et plus de mensonges. Tu me dois au moins la vérité…

Il fit disparaître ses deux instruments mortels avant de se tourner vers l’immensité désertique. Les minutes s’étirèrent sans qu’aucun mot ne s’échappe de ses lèvres. Le soleil se couchait au loin, nimbant la plaine d’une aura orangée. Je fis un pas vers lui, prêt à le secouer pour qu’il me parle enfin, mais Hénes se laissa tomber à genoux dans le sable.

— La vérité, c’est que j’avais peur de ne pas réussir à aller au bout de mon projet, m’avoua-t-il d’une voix morne. Tu es la seule personne à tout connaître de moi. Je t’ai confié mes rêves, mes espoirs.

— Et alors ? m’écriai-je, fou de rage. En quoi était-ce une raison valable ? Merde, je t’aimais à en crever !

Je regrettai immédiatement d’avoir prononcé ces mots.

— C’était devenu un problème. Tu étais mon unique faiblesse… J’ai préféré renier mes sentiments pour être certain de ne pas flancher le moment venu. Car je savais que si tu m’avais demandé de renoncer, je l’aurais fait.

Le choc de ses paroles me fit l’effet d’un uppercut. Je reculai dans le sable fin en secouant la tête.

— Tu… tu mens, balbutiai-je entre deux respirations.

Hénes se tourna vers moi, le regard rougi et la mine défaite.

— Tu voulais la vérité ? Tu l’as…

— Non, tu essaies de m’amadouer, c’est tout !

La mine sombre, il sortit quelque chose de sa poche et le lança sur le sable, juste à mes pieds. Je reconnus sa forme et surtout sa pierre : son collier.

C’est une blague.

— Je n’ai rien à gagner à t’avouer ça… Bien au contraire.

— Tu penses que ça va changer quelque chose et que je vais tout oublier du jour au lendemain ! C’est ça que tu veux ? Que je coure dans tes bras comme si de rien n’était ?!

Un rire nerveux s’échappa de mes lèvres. J’entendis son écho se perdre entre les dunes. Je m’attendais à des dizaines d’excuses différentes, mais celle-ci ne faisait pas partie de la liste. Qui anéantirait la personne qu’il aime juste pour aller au bout de ses ambitions ?

— Non. Je sais que je t’ai blessé… Il m’a fallu des années pour comprendre mon erreur. En réalité, j’ai peut-être changé, à voir. Je n’en sais rien.

— C’est une blague, crachai-je avec amertume. Tu me prends pour un idiot.

— Ilyesse, tu es toujours libre de partir ou de rester, me confia-t-il avec une voix éteinte. Je ne te ferai rien et ne crois pas que cela à quoi que ce soit à voir avec notre lien. Si je le voulais, je pourrais te tuer sans ressentir la moindre douleur physique… Gyara me soignera à la seconde où la magie opérera. Seulement, tu es la seule personne que je refuse de voir mourir.

Hénes tendit ses bras et, à mesure que l’essence blanchâtre s’échappait de son corps, mon sang se glaça. Je découvris à ses côtés une silhouette vaporeuse. Des milliers de pensées se bousculèrent dans mon crâne. Cependant, je ne parvins à en formuler aucune, incapable de détourner mon regard d’elle. Ses yeux me transperçaient, tétanisant chacune des fibres de mon corps.

— N’aie pas peur, tenta-t-il de me rassurer. Elle n’est pas un danger.

Pas un danger ?!

Nous parlions d’une déesse complètement folle qui n’avait pas hésité à assassiner la compagne de son fils, par simple jalousie avant d’enfermer son alter ego. Gyara était de loin la pire des divinités !

— Elle est sous mon contrôle. Sa magie est mienne.

— Sous ton contrôle, articulai-je comme pour graver cette phrase dans mon crâne. C’est ridicule.

Il haussa les épaules en marchant vers moi. Plus il se rapprochait, plus mon cœur manquait de défaillir.

— Quand ma sœur a dévoilé son véritable visage en déchaînant Inas, elle a déclenché un raz de marée au mont Hyrphan. Amenis a réussi à secouer les dieux sans s’en rendre compte.

— C’est pour ça que tu étais à Ingras, réalisai-je à voix basse.

— Exact. Vous étiez occupés à courir après ma sœur. Dire que vous l’avez traquée pendant des semaines, alors que j’étais là, sous votre nez.

— Tu n’as fait que profiter de ma faiblesse, rien de plus, siffla la déesse.

Je sursautai en entendant sa voix claire se réverbérer au milieu des dunes.

— N’oublie pas où est ta place ! Ne m’oblige pas à sévir, Gyara, tu sais très bien de quoi je suis capable.

La déesse inclina sa tête en s’excusant. À ce moment précis, mes jambes flanchèrent. Hénes me rattrapa avant que je ne m’écroule sur le sable. Son contact déclencha un éclair le long de ma colonne. Je me raidis, le souffle court.

— C’est grâce à tes enseignements que je suis parvenu à ce résultat.

Mon estomac se tordit. Je ravalai la bile acide qui remontait le long de mon œsophage.

— Maintenant que les Originels sont hors d’atteinte, tu veux assujettir le monde, réalisai-je d’une voix blanche.

C’est encore pire que je ne l’avais imaginé… Il a perdu l’esprit.

— Je veux y remettre de l’ordre, me rectifia-t-il. À ton avis, que se passera-t-il quand la malédiction se lèvera ? Le sang coulera sur les pavés de toutes les cités. Jamais Alyrane ou Noctrane n’accepteront que les humains subsistent et eux ne capituleront pas non plus. Ce cycle perdurera. Que ce soit toi, Amenis, ou même moi, nous n’avons été que des victimes de cette haine qui ronge notre monde à la racine. Ils ont besoin de craindre une puissance supérieure. C’était pour cette raison que les dieux avaient choisi de vivre parmi nous. L’Équilibre, ce n’est pas cette utopie décrite par les bien-penseurs… Non, c’est juste la peur d’une punition divine, ni plus ni moins. Et pour y parvenir, j’ai besoin de ma sœur.

— Tu aurais déjà pu le faire ! (Je pointai l’aura de Gyara du doigt.) Si elle est là, pourquoi as-tu besoin de ta sœur ? Je comprends la notion d’Équilibre et ce bordel, sauf qu’en vérité, ça n’a plus aucune signification.

— Ilyesse, réfléchis. Noctrane et Alyrane maintenaient l’ordre grâce à leur puissance. Personne n’allait se rebeller contre un dieu. L’Équilibre n’est qu’un idéal archaïque martelé par une horde de prêtresses… Rien de plus. La vérité est que si nos ancêtres avaient vécu sans divinités pour les diriger, leur nature profonde aurait pris le dessus. C’est aussi simple que ça. Malheureusement, la notion d’Équilibre est profondément ancrée dans les mentalités. Si nous voulons que cela fonctionne, nous devons être deux extrêmes opposés…

Comme l’étaient l’ombre et la lumière. Il veut reproduire le schéma initial avec Gyara et Inas…

— C’est de la folie, soufflai-je, elle ne te suivra pas, pas après tout ce que tu as fait.

Il caressa ma joue en souriant.

— Je n’en serais pas si sûr… Elle a parfaitement conscience des enjeux. Amenis a accès à la mémoire d’Inas et elle a vécu des deux côtés de l’océan. Les humains feront leur possible pour accaparer un pouvoir qui ne leur appartient pas. Nous n’avons pas d’autre solution.

Je me dégageai de lui et reculai à genoux sur le sol brûlant.

— Ma sœur est le symbole même de la destruction absolue. Elle l’a toujours été. Tous m’ont vu comme un monstre alors qu’elle ne valait pas mieux que moi. Sans compter qu’Inas n’est pas prisonnier de son corps. S’il est encore avec elle, c’est qu’il le veut bien.

— Quoi ?

— Tu as bien entendu. J’ai dû enchaîner Gyara à un morceau de mon âme, ce qui me crée certains désagréments. Ma sœur ne les a pas. Je l’ai côtoyée assez sous la forme de Seifedin pour le comprendre. Ils communiquent constamment ensemble. C’est fascinant.

Je manquai de défaillir à nouveau. Je n’avais jamais eu de comparaison et je pensais que cette connexion était « normale ». Cela changeait la donne. Amenis était un vecteur parfait pour Inas. Toute la colère et toute la rage qu’elle avait accumulées au fil des siècles permettaient au dieu de se gaver. Néanmoins, jamais Amenis n’accepterait de s’allier à son frère et nous courions droit vers un affrontement divin. 

Ça va être un carnage.

— Amenis peut lui laisser la place et toi…

— Je ne prendrai jamais ce risque, me coupa-t-il. Je ne fais qu’user de sa magie à ma guise. Mais je ne prendrai jamais ce risque avec Gyara, car je sais qu’elle détruira ma conscience pour récupérer mon corps.

Le ciel s’assombrissait au loin et pendant que le tonnerre grondait, je tentai d’avaler cette information.

— Alors pourquoi voulais-tu la Table ?

Hénes dégagea ses longues mèches de son visage en soufflant.

— Pour éviter qu’un Originel s’y essaie. Il ne reste que de la magie à l’intérieur et je ne suis pas certain que tes protections soient encore d’actualité. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense qu’elles ont disparu. Quand j’ai mis la main sur ton morceau, je n’ai pas senti ta trace.

Amenis n’était pas capable de les briser… Elle ne maîtrisait pas assez la magie pour ça.

Inas… C’était lui. Par les dieux, on est foutus.

 

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