All I Want Is You

Brenda Beli · Chapitre 24 sur 38

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All I Want Is You

Chapitre 24

 

Jace

 

Dès que nous atterrissons, nous récupérons nos bagages. Le véhicule que j’ai loué nous attend près de la sortie.

– Aspen ! s’exclame Ely sans réussir à cacher son sourire, même si elle est fatiguée.

Le décor est majestueux. La neige recouvre tout le paysage et les lumières de Noël sont encore plus belles que celles de New York. Le vent glacial nous coupe la respiration, alors nous nous dépêchons d’entrer dans le minibus, où le chauffage tourne à plein régime.

Il est presque seize heures. Je suis épuisé par le voyage et la pression me flingue le moral. J’ai embarqué Ely dans cette aventure, mais, depuis que nous avons atterri, son téléphone n’arrête pas de sonner et elle semble prête à exploser d’une minute à l’autre.

L’ambiance est joyeuse, mais plus calme dans le minibus. Les heures d’avion nous ont achevés. Même Gabie n’a plus assez d’énergie pour observer ce qu’il se passe dehors.

Le chalet de mes parents est immense. Déjà, adolescent, je le trouvais démesuré. S’élevant sur deux étages, il comporte six chambres, dont trois ont leur propre salle de bains, un salon entouré de baies vitrées et une cuisine typiquement américaine, avec un îlot central aussi grand qu’une table à manger.

Malgré la fatigue, la petite troupe ne peut pas s’empêcher de s’extasier devant les poutres en bois et la façade décorée par les soins de la décoratrice d’intérieur de ma mère. Comme d’habitude, ma mère en a trop fait, mais on ne la changera pas.

Les enfants sont excités et ils n’attendent pas mon feu vert pour entrer dans le chalet. Nina et Cooper les suivent, enlacés. Je cherche Ely du regard, mais elle n’est ni dans le véhicule ni dans l’allée qui mène au perron enneigé.

– Ely ! l’appelé-je.

– Je suis là.

Sa voix est brouillée par le vent hivernal. Je la retrouve près du lac, à quelques pas de la maison. Le lac n’est pas grand, mais il crée tout de suite un environnement magique avec les arbres gelés et la neige qui recouvre chaque parcelle de la forêt. Tout en serrant ses bras autour d’elle, Ely observe l’eau figée, qui brille sous le coucher de soleil.

– Tu le regrettes déjà ? plaisanté-je en serrant son corps contre moi.

– C’est sublime, murmure-t-elle, troublée.

– Ouais, et l’été, c’est aussi beau.

Sa tête repose sur mon épaule. J’embrasse sa joue froide et attends qu’elle me dise ce qu’il ne va pas.

– Est-ce que tu fais ça pour toutes les familles ?

– Non.

Chaque famille est différente, chaque enfant aussi, mais les enfants adoptifs de Louise et Stephan ont su me toucher plus que je ne l’avais prévu. Ils sont bordéliques, bruyants, bousillés par la vie pour certains, généreux et attachants. Putain, c’est sûr que je me suis attaché à chacun d’eux !

Ely se tourne pour me faire face. La luminosité due à la neige fait ressortir la brillance de ses yeux caramel. Elle caresse ma barbe fine et passe son doigt sur mes lèvres.

– Tu as froid, me dit-elle simplement.

– Réchauffe-moi, alors.

Par esprit de contradiction, elle lève les yeux au ciel, mais ses mains passent sous mon manteau pour s’accrocher à ma taille. Ses lèvres se posent enfin sur les miennes. J’attrape son visage pour que nous soyons encore plus proches. L’addiction que nous créons après chaque baiser est aussi dévorante qu’un feu ardent. On ne contrôle rien quand on est ensemble. On pourrait même se faire repérer, puisque les balcons du chalet donnent directement sur le lac, mais on s’en fout.

– C’est donc pour ça que tu n’es pas venu hier, murmure-t-elle. Pour être sûr que je ne t’empêche pas de mettre du Mariah Carey dans toute la maison.

Je ris contre ses lèvres.

– C’est surtout parce que je n’étais pas sûr de réussir à sortir du lit si je m’étais réveillé à côté de ton corps nu.

Je l’embrasse encore une fois pour faire taire ses pensées.

– Jace, hésite-t-elle, je ne peux pas rester aussi longtemps…

– Comment ça ?

Ely doit rejoindre son nouveau journal très rapidement, ça, je l’ai compris. Et, en plus, elle part vivre à Los Angeles pour développer sa chronique. Mais je pense que des vacances loin de New York lui feront le plus grand bien.

– J’ai encore tellement de choses à faire au journal, soupire la brune en s’éloignant de moi. Je devais reprendre le travail tout de suite après le retour de Louise et de Stephan, mais tu viens de chambouler tous mes plans.

Elle déteste ça. Elle aime quand tout se passe comme elle l’a prévu, sauf que je ne suis pas d’accord avec sa vision des choses. Il est parfois bon de se laisser aller et de ne pas réfléchir aux conséquences ; il faut trouver un juste milieu.

– Nous repartons le 26 décembre, Ely. Tu penses tenir pendant six jours ?

Elle mord sa lèvre et s’apprête à me répondre, mais Cooper nous appelle depuis le chalet. Sans un mot, elle revient sur ses pas et se dirige vers son beau-frère. Je la suis en silence. Est-ce que j’ai fait une connerie ? L’idée était de la soulager un maximum de la pression qu’elle subissait à New York, mais peut-être que je lui ai donné plus de travail involontairement.

La fin de journée est étrangement calme. Nous nous répartissons les chambres. Les filles s’extasient devant le réfrigérateur, qui est plein. Cooper et moi décidons de partir chercher du bois, au fond de la propriété, où traîne un vieux cabanon.

– C’est génial, cet endroit, me dit Cooper. Encore merci ! Nina est aux anges.

– Ça me fait plaisir, et ma mère va être ravie de pouvoir cuisiner pour tout le monde à Noël.

J’attrape deux bûches pour la cheminée, et Cooper en rajoute une troisième.

– Tes parents ne sont pas tout seuls pour Noël, au moins ? m’inquiété-je un peu tard.

– Ils partent dans la famille de ma mère, grimace Cooper. Nous ne sommes pas très proches. Ils n’ont jamais compris pourquoi mes parents avaient accepté de l’inceste chez eux.

– De l’inceste ?

Je le regarde avec un air ahuri. Cooper éclate de rire en passant une main dans ses cheveux.

– Ouais ! Ma tante et mon oncle sont très vieux jeu. Ils ne disent rien devant mes parents, mais je n’ai pas envie que Nina subisse leur stupidité.

Je hoche la tête avant de rire avec lui. Certaines personnes créent des problèmes là où il n’y en a pas. Nous entassons dans nos bras un certain nombre de bûches et nous repartons vers la maison en essayant de ne pas glisser sur la neige.

L’odeur du repas a envahi toute la maison. Ely et Nina sont aux fourneaux. Elles s’éclatent, vu leur sourire. La musique de Michael Bublé sort des enceintes. Janice est installée près de la cheminée, en attendant que nous allumions le feu. Zack et Ben sont en train d’installer leurs affaires dans la chambre qu’ils vont partager et Gabie s’est endormie sur le canapé.

Ely se contente de préparer le repas et m’ignore purement. J’aimerais qu’elle me fasse assez confiance pour me dire ce qu’il ne va pas, mais elle refuse de s’ouvrir une fois encore. J’essaie d’attirer son attention à de nombreuses reprises, mais, à part quelques sourires, elle ne décroche pas un mot.

Quand nous nous couchons, j’hésite à la rejoindre pour la nuit. Alors que mes yeux fixent le plafond, toutes mes pensées sont dirigées vers Ely. Elle s’est infiltrée dans mon esprit avec une telle facilité, comme si je n’avais plus le contrôle. Les sentiments qui grandissent en moi me dépassent totalement, si bien que je ne sais plus comment me comporter.

Je n’ai pas le temps de me prendre la tête avec ça : ma porte s’ouvre. Je vois Ely entrer dans ma chambre en nuisette. Je me redresse dans mon lit et l’observe avancer vers moi d’un pas déterminé. Les courbes de son corps m’ensorcellent. Ce n’est pas qu’une question de beauté physique. Ely est une femme qui assume sa personnalité volcanique. Sa confiance en elle la rend très attirante.

– Je n’ai pas envie de dormir toute seule, souffle-t-elle.

Ses jambes rencontrent les miennes. J’attrape ses hanches pour rapprocher son corps. Je fourre mon nez contre son ventre. La soie de sa nuisette me caresse le visage. Ely passe ses mains dans mes cheveux. Je frissonne à son contact. Je glisse mes mains sur son corps, embrasse son ventre et relève sa nuisette. Elle ne porte pas de soutien-gorge. Ses pointes roses sont à ma portée. J’incline le visage et en prends une dans ma bouche.

Son gémissement fait grimper mon excitation. Mon short devient rapidement étroit.

Je me redresse pour assouvir ce désir qui nous brûle. Nos baisers sont parfaits, un mélange de hargne et de tendresse, un équilibre à l’image de nos personnalités. Nos langues se cherchent, insatiables malgré nos baisers déjà échangés en cachette dans la journée.

– Je veux juste profiter, me dit-elle à bout de souffle. Demain, nous parlerons, mais ce soir…

– On s’amuse, acquiescé-je avec un sourire.

Ely m’embrasse pour toute réponse. Puis elle attrape mon tee-shirt pour le passer au-dessus de ma tête. Je perds aussi vite mon short et mon caleçon pour me retrouver entièrement nu devant elle. Ses doigts griffent mes abdominaux, descendent plus bas et attrapent mon sexe avec fermeté.

– Tu ressens ça entre nous ? me demande Ely dans un murmure gourmand. C’est incroyable… On se connaît à peine.

– Et alors ? soupiré-je contre sa peau. C’est important ?

Elle secoue la tête. Elle gigote pour enlever son string en dentelle et passe ses bras autour de moi pour que je la serre. Tout est tellement intense entre nous ! Je crains de ne pas pouvoir assumer le bordel que ça va créer après son départ.

Tout en essayant de me vider la tête, j’attrape la main d’Ely pour la diriger vers la fenêtre. Aspen est encore plus belle la nuit. Les lumières s’éternisent jusqu’à minuit avant de s’éteindre jusqu’à la prochaine soirée. La forêt enneigée est illuminée par la lune. C’est un spectacle dont je ne me lasse jamais.

Réchauffé par nos corps, je fais glisser mes mains sur les fesses d’Ely et la mène avec douceur contre le rebord de la fenêtre. Sa peau frissonne sous la différence de température.

– Tu me fais confiance ? murmuré-je.

Son hochement de tête ne me suffit pas.

– Réponds-moi, Ely.

– Oui, chuchote-t-elle contre mon torse. Je te fais confiance.

Je la retourne. Ses mains se posent sur la vitre glacée pour assurer son équilibre. J’attrape ses hanches pour orienter ses fesses vers moi. Mes paumes épousent ses formes et je prends le temps d’apprécier cette vue.

– T’es magnifique.

– Jace, gémit-elle quand je passe mes doigts sur son point sensible.

Je ne fais pas durer le supplice plus longtemps. Quand je suis sûr qu’elle est prête à me recevoir, j’attrape un préservatif et l’enfile rapidement. Mon premier coup de reins lui arrache un gémissement presque suppliant. Elle bouge les fesses et j’accentue ma prise sur elle. Nous nous mouvons à l’unisson, parfaitement synchronisés. J’accélère le rythme. Ses bras cèdent sous la pression et ses seins s’écrasent contre la fenêtre. Le contraste des températures fait geindre Ely.

– C’est froid, glousse-t-elle sans pour autant se dégager.

– C’est bon, rectifié-je.

J’embrasse les frissons qui parcourent son dos. Ely redresse la tête pour me regarder à travers le reflet de la vitre. Nos yeux s’attirent et s’affrontent alors que le plaisir grimpe progressivement. Sa chaleur me transperce.

– Encore, siffle-t-elle quand je glisse une main entre ses jambes.

Son visage se tord de plaisir. Ely ne cesse de se mordre les lèvres. Elle pose une main sur la mienne et m’intime une cadence plus lente, plus sensuelle. Nos doigts se croisent sur son intimité. Elle souffle de plaisir et ses jambes se tendent.

Toute mon attention est sur elle, sur ses yeux brouillés de désir, sa peau recouverte d’une fine pellicule de sueur, ses cheveux humides. Je ne vois et ne ressens qu’elle. Pendant un petit instant, alors qu’elle se laisse aller contre moi pour jouir, de nouveaux sentiments m’inondent.

Des sentiments doux et profonds, que je n’ai pas ressentis depuis longtemps.

Des sentiments que je n’ai pas prévus en acceptant ce travail. Des sentiments qui n’ont pas leur place, et qui pourtant s’installent à mesure que les jours passent.

Des sentiments que je ne contrôle pas.

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