All I Want Is You

Brenda Beli · Chapitre 7 sur 38

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All I Want Is You

Chapitre 7

 

 

Ely, 5 ans

 

– Bonnes vacances, les enfants, et joyeux Noël !

Je regarde la maîtresse dire au revoir à toute la classe. Elle donne des chocolats à chaque enfant qui passe à côté d’elle. Daphné est belle et elle est très gentille. Quand c’est mon tour, elle sourit encore plus et m’embrasse sur le front.

– Joyeux Noël, jolie Ely.

– Maman dit que, Noël, c’est pour les riches.

Daphné fait une grimace sur son visage et regarde la dame qui l’accompagne tout le temps.

– Noël, c’est pour tout le monde, dit Daphné. Tous les enfants méritent d’avoir des cadeaux, et surtout beaucoup d’amour.

Je n’ai pas de cadeaux pour Noël. Maman dit que c’est à papa de ramener de l’argent, mais aussi que c’est un bon à rien qui préfère sortir avec ses copains. Mamie m’a apporté une robe, une fois, mais maman l’a échangée contre de l’argent pour payer à manger.

– Ely, qui vient te chercher aujourd’hui ? demande ma maîtresse.

Je hausse les épaules. Des fois, c’est maman, des fois, c’est papa, mais jamais tous les deux.

– Ça fait déjà trois fois qu’ils sont en retard pour la récupérer, dit Daphné à Maria.

– Le signalement a été fait ?

– Oui, on attend que l’assistante sociale récupère le dossier.

– Pauvre petite !

Elles parlent souvent comme ça. Ma copine m’a dit que, si elles parlent doucement, c’est toujours pour dire des secrets. Et là, elles parlent très, très doucement, donc c’est un secret, et personne ne doit dire les secrets. J’aimerais bien savoir, mais je suis trop petite.

J’attends en jouant avec mon gant. Il a un petit trou près de mon doigt et je l’agrandis de plus en plus. Maman arrive en courant, les cheveux en pétard et en colère. Elle est tout le temps en colère, mais souvent, c’est contre papa.

– Salut, petit monstre, dit-elle en riant. Désolée, j’ai pas vu l’heure. À lundi, mesdames.

Maman prend ma main et tire sur mon bras pour me faire avancer. Elle est jolie des fois, mais elle dort beaucoup.

– Madame, l’appelle Daphné, ce sont les vacances scolaires.

– Quoi ? Déjà ? crie maman. Combien de temps je dois la garder ?

Ma maîtresse fronce les sourcils. Elle fait toujours ça quand on fait une bêtise, et souvent on finit au coin si on ne dit pas pardon. Maman devrait dire pardon d’avoir crié si elle ne veut pas aller au coin.

– Deux semaines, dit Daphné.

– Je devrais survivre, marmonne maman.

Je fais un dernier signe de la main à Daphné et Maria, qui nous regardent partir. Maman tire encore sur mon bras pour traverser la route. Un père Noël nous fait signe, mais maman ne veut pas s’arrêter.

– Maman, c’est Noël bientôt.

Elle me regarde et se baisse pour coller son nez au mien. Il est tout froid et humide, alors je recule en riant. Maman ferme les yeux et caresse ma joue.

– Qu’est-ce que je vais faire de toi, petit monstre ?

– Bah, me garder !

– Je devrais faire mieux.

Maman se relève et nous avançons jusqu’au train qui passe sous la route. Je fais coucou au père Noël et maman me tape sur la main.

– Foutue fête de riches, dit-elle avant d’allumer une cigarette.

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