All I Want Is You

Brenda Beli · Chapitre 5 sur 38

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All I Want Is You

Chapitre 5

 

Ely

 

Gabie met du temps à s’endormir, mais je lui promets de venir au moindre cauchemar qui s’infiltrerait dans son sommeil. Je redescends après m’être assurée que Janice et Zack étaient couchés sans leur téléphone. Je laisse Ben tranquille. Il a 17 ans et il est assez mature pour ne pas faire l’imbécile.

Quand j’arrive dans la cuisine, Jace est déjà en train de laver la vaisselle. Son tee-shirt met en valeur ses épaules et ses bras, qui sont tatoués à de nombreux endroits.

– Tu n’es pas obligé. Va te coucher si tu veux, grommelé-je.

– J’ai l’habitude. Je travaille dans un foyer. C’est toujours à cette heure-ci qu’on peut se permettre de penser un peu à soi.

Je hoche la tête, absente. Je pars dans le salon chercher les cartons vides et les cannettes de soda afin de les mettre à la poubelle. Je rejoins Jace pour essuyer ce qu’il a nettoyé. Si je ne l’aidais pas, il serait capable de faire un rapport à Louise et à Stephan en disant que je ne sais pas tenir une maison correctement.

Il me passe une assiette trempée, que j’attrape en affrontant son regard. Je n’ai pas oublié l’arrogance dont il a fait preuve. Je refuse de me laisser marcher dessus sous prétexte qu’il a une carte professionnelle, et pas moi. Ses bras se contractent quand il passe un coup de jet sur les verres. Il s’éclabousse involontairement. Je recule à temps pour ne pas être mouillée. Je retiens un commentaire sur son tee-shirt quasi transparent.

– Ils t’aiment vraiment beaucoup, me dit Jace en me tendant un verre mouillé.

Je renifle, de mauvaise humeur. S’il cherche à faire la causette, il se trompe lourdement.

– Je les ai vus grandir, rétorqué-je comme si ça expliquait tout.

Pourtant, je sais que ce n’est pas suffisant. Ce sont des enfants qui ont été abandonnés par les êtres censés les aimer plus que leur propre vie. Ils n’accordent pas leur confiance aussi facilement qu’un enfant qui a grandi dans les meilleures conditions. Il faut s’armer de patience et avoir une grosse dose d’amour à leur donner. Même si je n’ai pas toujours été présente, en raison de ma vie d’adulte, je ne les ai jamais laissés tomber avant que je quitte la maison définitivement.

– Tu n’as jamais été adoptée ?

Il ne se gêne pas pour me poser la question, alors que certaines personnes auraient pris des pincettes pour aborder le sujet. Je n’ai pas honte de mon passé, mais je ne suis pas habituée à en parler à quelqu’un que je ne connais pas. D’ailleurs, j’en parle très rarement. J’estime que ça ne définit pas la femme que je suis aujourd’hui.

– J’ai été placée deux ou trois fois, mais ça ne s’est pas bien passé. Je ne suis jamais restée longtemps et je retournais toujours chez Louise et Stephan.

– Tu ne voulais pas partir de chez eux.

– Non, en effet.

Je faisais toujours en sorte d’être rejetée par ma famille d’accueil pour retourner chez Louise et Stephan. Les services sociaux ne savaient plus quoi faire de moi. J’étais intenable et je refusais d’aller dans une autre famille. Finalement, les procédures d’adoption ont tellement traîné que je me suis retrouvée majeure sans avoir été adoptée par qui que ce soit.

Quand vous arrivez à l’adolescence, le système vous oublie un peu, préférant se concentrer sur de jeunes enfants qui pourront grandir au sein d’une bonne famille. Ce n’est pas que vous êtes une cause perdue, c’est juste que vous êtes trop âgé pour intéresser une famille. À 18 ans, vous sortez des radars des services sociaux et vous pouvez faire ce que vous voulez. J’ai eu de la chance d’être aimée par Louise et Stephan, qui ne m’ont pas laissée tomber à la première occasion.

– Ils ont besoin de toi, ça se voit.

– Ce n’est pas de moi dont ils ont besoin, c’est de Louise et de Stephan. Je ne suis que leur sœur adoptive.

– Mais ils se sentent bien avec toi. Tu dois passer beaucoup de temps avec eux.

Ça me serre le cœur de voir à quel point il se trompe. J’ai quitté la maison pour aller à l’université et étudier la psychologie humaine. Au début, je revenais tous les week-ends. L’université n’était pas spécialement loin et ça ne me coûtait pas cher de faire les allers-retours.

Mais, ensuite, j’ai apprécié le fait de ne pas être à la maison. J’ai pris mes études au sérieux tout en profitant de ma vie étudiante. Je rentrais de moins en moins et je trouvais toujours des excuses. Quand j’ai obtenu mon travail au New York Times, je pensais que j’aurais plus de temps pour ma famille, mais je me suis concentrée sur moi et sur mes objectifs. Les mois ont défilé plus vite que je ne l’avais prévu. J’appelais quelquefois pour prendre des nouvelles, mais j’ai arrêté de venir régulièrement. J’ai commencé par manquer des anniversaires, des occasions particulières, comme la fête des Mères et celle des Pères, et il était hors de question que je vienne pour Noël.

Je ne pense pas que mon absence ait réellement eu un impact sur leur vie. Tout le mérite en revient à nos parents, qui ne vivent que pour le bien-être de leurs enfants.

– Et toi ? Tes parents ? demandé-je, le torchon toujours à la main.

En vérité, ça ne m’intéresse pas plus que ça, mais je veux que nous soyons sur un pied d’égalité.

– Ma mère est médecin en clinique privée et mon père est juge.

Wouah ! Sacré pedigree ! Mais il n’a pas suivi leurs traces.

– Papa est en colère pour les études de droit ? plaisanté-je.

– Comment ça ?

Je me tourne un peu vers lui, légèrement surprise par le ton qu’il a employé. Il ne regarde plus les assiettes sales. Toute son attention est sur moi et il n’a pas l’air amusé par ma blague. Ses sourcils sombres sont froncés d’incompréhension, comme si j’étais débile. OK, c’était une blague de mauvais goût avec une bonne dose de préjugés, mais une blague quand même.

– Tu n’as pas voulu suivre le chemin de ton père ou de ta mère ? reformulé-je.

Jace pose les mains sur le bord de l’évier, le visage tourné dans ma direction. Une mèche de ses cheveux tombe sur son œil droit. Le verre que j’essuie est désormais sec, mais je continue de le manipuler pour éviter d’avoir les mains libres et pour m’empêcher de remettre en place ses cheveux. Ses iris bruns me scrutent. Il n’est pas désagréable, mais il me fixe comme si j’étais une petite chose qu’il ne comprenait pas, comme si j’étais un mystère à résoudre.

– Ce n’était pas ma vocation.

Jace se ferme. Même si j’ai envie d’insister, je ne le fais pas. Nous continuons la vaisselle dans un silence gêné. Qu’est-ce que je pourrais ajouter ? Nous ne nous connaissons pas. Je suis malgré tout irrésistiblement attirée par la chaleur qu’il dégage et les mouvements maîtrisés de ses mains.

Je le regarde du coin de l’œil et suis l’encre de ses tatouages, de son bras à son poignet, qui disparaît sous l’eau. Les veines de ses avant-bras sont rougies par l’eau chaude et le devant de son tee-shirt est complètement trempé. Je continue mon inspection, de ses lèvres fines à la courbe de son nez, jusqu’à ses cheveux.

Il est vraiment canon, je ne peux pas le nier. Et mon esprit est plus que d’accord avec cette affirmation, puisqu’il ne cesse de m’envoyer des images toutes plus torrides les unes que les autres.

– C’est indécent.

Je sursaute. Jace me tend une assiette, qui goutte sur le sol. Je m’empresse de l’attraper et de l’essuyer en mordant ma lèvre. Une boule de chaleur se répand dans mon ventre et me donne envie de me mettre une gifle.

Il a forcément vu que je le détaillais comme une lionne aurait reluqué un zèbre.

Ce n’est pas le moment de ressentir ce genre de chose !

– De ?

Je feins l’ignorance. Jace s’approche en me donnant un verre, qu’il refuse de lâcher. Je fronce les sourcils alors qu’il s’humidifie les lèvres. Mon regard est tout de suite attiré par le bout de sa langue, aussi rose que sa bouche.

– La façon dont tu me dévores des yeux, chuchote-t-il comme s’il me révélait un secret.

– Très drôle.

Prise en flag, j’essaie malgré tout de reprendre contenance. Je tousse un peu, pose le torchon près de la vaisselle et me tourne pour m’appuyer sur la table. J’ai besoin d’un moment pour reprendre mes esprits. Sa présence fait disjoncter tous mes sens. Sa voix… Même son odeur, aussi sucrée qu’un bon vin, me fait craquer !

Mon téléphone vibre dans ma poche et me sauve la mise. Je décroche en m’approchant de la fenêtre.

– Enfin ! souffle Anissa. J’ai cru que tu n’allais jamais me répondre.

– Désolée, marmonné-je. C’est un peu la course ici. De quoi as-tu besoin ?

– De toi ? De tes mots ? Que tu répondes à tes putains de mails ?

Anissa travaille pour moi, mais c’est aussi ma seule véritable amie à New York.

– J’ai répondu ce matin !

– Et tu as loupé la réunion vidéo, m’accuse-t-elle.

– Ani, je suis chez mes parents pour gérer les monstres, je ne peux pas assister à une réunion vidéo !

– J’ai besoin de ton accord pour la double page dans le magazine. Apparemment, je ne suis pas assez qualifiée pour choisir une police d’écriture. Sérieusement ? Est-ce qu’ils pensent que j’ai eu mon diplôme de communication dans une boîte à surprises ?

– Tu adores les boîtes à surprises.

– Ce n’est pas une putain d’excuse ! s’énerve-t-elle avant de souffler un grand coup. Bref, je t’envoie la maquette, tu me signes ça électroniquement et on n’en parle plus. J’ai répondu à tes fans du mieux que j’ai pu. J’ai repris tes mots, tes vieilles expressions et ta manie de mettre des cœurs partout.

– Mes lectrices adorent les cœurs rouges, plaisanté-je.

– Ça me dégoûte.

– Rappelle-moi pourquoi tu travailles encore pour moi alors que tu es contre l’amour dans sa globalité ? demandé-je en attrapant le mug fumant que me tend Jace.

Je le remercie rapidement d’un signe de tête et hume le parfum du café. Quand il pose la boîte de sucre devant moi, je refuse. J’aime quand mon café est bien serré. Jace s’installe en face de moi. J’essaie de poser mon regard partout, sauf sur lui.

– Parce que je suis géniale comme assistante, et encore plus géniale comme amie.

– Ça doit être ça, ricané-je.

Nous finissons par raccrocher quelques minutes plus tard. Je m’installe à la table de la cuisine et sors mon ordinateur portable de sa pochette. J’ai beaucoup de mails en retard. Je me concentre sur celui d’Anissa pour lui répondre. J’aime cette sensation de reprendre le contrôle. La chronique, les échanges de mails, les réponses personnalisées pour mes lecteurs : ça, je sais y faire et je maîtrise parfaitement le sujet.

Ben apparaît dans la cuisine, vêtu d’un sweat et d’un jean, ses baskets à la main. Il me regarde avec un sourire.

– Je sors, annonce-t-il. Je ne reviens pas tard, OK ? Je vais juste au terrain de basket rejoindre des copains.

– Je ne suis pas sûre…

Louise et Stephan ne m’ont pas donné de directives par rapport à Ben. J’imagine qu’il est assez grand pour pouvoir sortir le soir s’il n’a pas cours le lendemain. À son âge, même si je ne méritais pas de sortir, je faisais le mur et rentrais avant que tout le monde ne se réveille. J’ai envie de lui faire confiance, mais j’ai simplement peur de me planter.

– J’ai le droit de sortir, Ely, m’explique Ben. Je reviens toujours avant minuit. Je vais au terrain de basket avec des copains. Tu peux appeler mam’s pour lui demander.

Je n’ai pas envie d’appeler Louise. Ça lui prouverait juste que je suis en galère dès les premières vingt-quatre heures. Je ne prends pas la peine de demander l’avis de Jace. S’il avait voulu intervenir, il l’aurait fait.

– À minuit, tu es à la maison. Je ne dormirai pas.

– Merci, sœurette.

Il m’embrasse sur la joue, fait un signe à Jace et part sans se retourner. J’ai la sensation de ne pas avoir fait ce qu’il fallait. Je me reconcentre sur mon ordinateur, mais mes pensées sont tournées vers Ben. Je mords la pulpe de mon pouce. Je suspends mon geste quand je remarque le rictus amusé de Jace.

– Il a l’air sérieux, tu ne devrais pas t’inquiéter.

– C’est juste que…

Sa fossette apparaît. Il se moque de mon comportement.

– Laisse tomber, soufflé-je. Nous ne sommes pas tous aussi confiants que toi.

– Tu as confiance en Ben, non ? Alors, tu n’as pas de raison de t’inquiéter. À minuit, il rentrera et tu pourras dormir sur tes deux oreilles.

– Si tu le dis.

Ben est sûrement le membre de ma famille le plus raisonnable. Je sais qu’il sera là en temps et en heure, mais je ne peux pas m’empêcher de me demander si j’ai pris la bonne décision.

Jace finit par monter pour prendre une douche. Je le suis afin de lui donner une serviette propre. Louise range toujours le linge dans la petite buanderie, dans un meuble aussi vieux que la maison. J’ouvre le premier tiroir, mais il reste bloqué. Je réessaie, en tirant plus fort, essayant de limiter le bruit.

– Attends, murmure Jace derrière moi.

Ses mains se posent sur la commode, juste au-dessus des miennes. Doucement, j’écarte les doigts pour le laisser attraper les poignées rondes. Son souffle s’écrase derrière mon oreille et crée une multitude de frissons jusqu’au creux de mon ventre. Je ne bouge pas, incapable de faire le moindre geste. Son torse se colle à mon dos quand il force sur le tiroir, bloqué par les serviettes qui débordent.

– Merci, soufflé-je.

– Je t’en prie.

Son chuchotement me caresse la joue. Il attrape une serviette et quitte la buanderie. Brûlante, je continue de regarder le tiroir ouvert pour réussir à contrôler ma respiration.

Quelques semaines d’abstinence après une rupture… C’est trop pour moi.

Quand je remarque la pile de linge à laver, je décide, sur un coup de tête, de m’en occuper. Je trie les vêtements et mets de côté les chemises de Stephan pour ne pas les abîmer. Vingt minutes plus tard, alors que je m’apprête à lancer la machine, Jace apparaît sur le seuil.

– Est-ce que je peux mettre mon linge sale ?

Je hoche la tête, impassible. Je ne sais pas si je suis une très bonne actrice, mais il ne se soucie pas de mon indifférence et entre dans la pièce en fermant la porte derrière lui. Il pose un vêtement sur le meuble, puis, d’un geste rapide, passe devant moi et se baisse pour ouvrir le hublot de la machine.

Je suis sans voix. Ses cheveux gouttent le long de son dos, où je découvre un magnifique tatouage égyptien qui le recouvre en entier. Je m’approche pour le voir de plus près. Les détails sont fins et très bien réalisés. Les ombres bougent en même temps que ses muscles. La tête du pharaon domine son omoplate et des hiéroglyphes se baladent près de sa nuque.

Ce tatouage est tellement beau que je ne peux m’empêcher de vouloir le toucher du bout des doigts, mais je suspends mon geste dès qu’il se retourne.

– Désolée, murmuré-je en m’écartant. C’est juste que ton tatouage est vraiment…

– À couper le souffle.

Son ton suffisant me fait lever les yeux au ciel.

– Ouais, soupiré-je.

L’attraction physique est là. Je sais que, si je creuse un peu plus, l’intérieur me plaira aussi fort que son apparence. C’est ce qui me fait reculer d’un pas. Il fronce les sourcils, perturbé par la distance que j’instaure entre nous alors que, deux secondes plus tôt, je m’extasiais sur son tatouage.

– Je dois travailler un peu. Je vais attendre Ben. Va te coucher.

Je m’apprête à quitter la buanderie, mais sa voix m’interrompt.

– Tu travailles dans quoi, au fait ?

Je pince les lèvres et me retourne brusquement, la main sur la poignée.

Je reste bloquée devant son torse, de ses pectoraux jusqu’à la fine ligne de poils bruns qui disparaît sous son short de boxe. Mes yeux dévorent sa peau. Deux petits grains de beauté, sur ses abdominaux, me donnent envie de les lécher. Je déglutis, fiévreuse, avant de croiser les bras. Difficile de clarifier mes pensées quand elles sont toutes tournées vers le physique avantageux de l’éducateur.

– Je suis chroniqueuse au New York Times.

J’adore voir ses traits se mouvoir de surprise. C’est un journal mondialement connu, peut-être même le plus célèbre à ce jour, et je suis fière de faire partie de cette équipe de journalistes.

– Quelle rubrique ?

– « Love&Ely ». C’est tout récent.

– En quoi ça consiste exactement ?

– C’est un courrier du cœur.

Est-ce que nous allons sérieusement avoir cette conversation dans la buanderie ? En plus de ça, je n’arrive pas à me concentrer sur autre chose que ses abdominaux, qui se contractent légèrement dès qu’il prend une inspiration. Jace me regarde intensément, la bouche ouverte pour parler, mais sa voix reste en suspens.

– Quoi ? soufflé-je.

Il reprend contenance et enchaîne.

– Des personnes te parlent de leurs problèmes, et toi, tu donnes des conseils, c’est bien ça ?

– Pourquoi ça a l’air si bizarre quand c’est toi qui le dis ? marmonné-je.

– Je veux juste comprendre.

Il hausse les épaules et ça me sort par les yeux.

– J’ai fait des études de psychologie et j’ai tenu un blog pendant des années. Une chose en amenant une autre, on m’a proposé ce job de chroniqueuse.

Je parle vite, mais c’est trop tard, je suis lancée.

– Je ne dis pas être experte en amour. Mes lecteurs ont juste besoin d’entendre – ou de lire, en l’occurrence – ce qu’ils pensent tout bas. Je ne leur conseille pas de quitter leur mari ou leur femme, ni de renoncer à l’amour. Je leur donne mon avis et ils en font ce qu’ils veulent.

Jace lève les mains devant lui, comme s’il voulait se défendre, mais je vois bien qu’il rêve de me dire ce qu’il pense. Décidée à ne pas le laisser m’embrouiller encore plus l’esprit, j’attrape le vêtement propre qu’il a laissé sur la commode et m’approche de lui. Je suis si près que je vois sa poitrine bouger au rythme de sa respiration. Je plaque son tee-shirt sur son torse et me penche vers son oreille. J’ai brutalement conscience que mes seins touchent son épaule.

– Habille-toi, tu pourrais traumatiser un enfant, chuchoté-je avant d’appuyer sur le bouton de la machine à laver pour la lancer.

Je quitte la buanderie sans me retourner et me réfugie dans ma chambre. Une journée que nous sommes dans la même maison, et je suis déjà en ébullition.

Qu’est-ce que ça sera au bout de trois semaines ?

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