All I Want Is You

Brenda Beli · Chapitre 38 sur 38

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All I Want Is You

Extrait "Smut in the Kitchen" d'Anna Bel

Découvrez Smut in the Kitchen d'Anna Bel

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SMUT IN THE KITCHEN

 

Premiers chapitres du roman

 

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1. New York, New York !

 

Je fends la foule de l’aéroport JFK de New York à la recherche de Suze, ma valise en main, excitée comme une puce. Peut-être parce que ma nouvelle vie commence là, tout de suite ! Et aussi parce que je vais retrouver…

Une voix familière m’interpelle :

– Camélia !

La voilà ! Toujours aussi « voyante ».

Mon amie Suze frôle une mamie avec un caniche en courant vers moi sur des hauts talons vert pomme qui, étrangement, s’accordent parfaitement à sa robe trapèze violette. Suze est tout mon contraire : très brune, assez grande et longiligne, alors que je suis blonde et assez fine, avec un aspect presque fragile qui déroute quand on me connaît mieux.

Elle me saute dessus, en mode bulldozer à stilettos et parfum Guess, et je ris sous son assaut.

– Tu m’as manqué.

– Je vois ça ! J’ai deux côtes brisées.

– Laisse-moi te regarder ! exige-t-elle, me tenant à bout de bras. Tu as encore minci : comment c’est possible en cuisinant toute la journée ? Quel scandale !

Pas de doute, c’est ma Suze ! Toujours à geindre sur les kilos imaginaires qu’elle doit perdre d’urgence !

Cela fait deux ans que nous ne nous sommes pas vues. Nous sommes amies depuis l’enfance, mais elle est partie vivre aux États-Unis quand nous avions quinze ans. Heureusement que nous sommes de la génération Skype, Instagram et Facebook, sinon l’une de nous aurait fini par faire la grève de la faim ! C’est même sûrement grâce à elle que je parle si bien anglais : j’ai déjà passé des vacances dans le Connecticut avec elle et nous chattons souvent en anglais. Autant dire que j’ai eu la note maximum au bac sans me fouler !

Mais comme je suis chef de partie dans un palace parisien, nous avons moins de temps pour nous depuis un an, et je me rends compte en la voyant à quel point elle m’a manqué… Enfin, les choses ont changé. J’ai quitté mon poste il y a deux mois. Ce qui m’amène à penser à Simon.

Mauvaise idée ! On zappe les connards d’ex !

Alors qu’elle m’entraîne vers le métro qui nous mènera de l’aéroport du Queens à Manhattan, nous papotons comme des pies. C’est à celle qui parlera le plus !

Et Suze a un débit version mitraillette !

– Comment vont tes parents ?

Mon cœur se serre ; c’est la première fois que j’envisage de vivre loin des miens, dont je suis pourtant proche, mais je sais qu’il me faut en passer par là pour atteindre l’objectif que je me suis fixé, et leur prouver ce que je vaux. En attendant, nous nous sommes mis d’accord, je ne les contacterai pas avant la fin du jeu. Pendant les semaines à venir, je dois uniquement me concentrer sur mon but. Un quelconque accès de nostalgie risquerait de me faire perdre mes moyens.

– Bien ! Ma mère n’a pas changé, malgré sa nouvelle lubie pour la marche nordique. Mon père rase les murs pour lui échapper et pouvoir continuer à lire tranquille.

Suze éclate de rire et me donne des nouvelles des siens. Le trajet de métro dure une bonne heure et demie que je ne vois pas filer, absorbée par notre discussion et nos retrouvailles.

***

Ma première découverte de Manhattan commence donc, la valise à la main, le vent printanier soufflant dans les rues de la Grosse Pomme tandis que nous remontons Canal Street. Quand nous arrivons en bas de chez mon amie, en bordure de Chinatown qu’elle m’a fait traverser, je réalise à quel point Paris est loin ! Suze me prévient avec un grand sourire qui sent le roussi :

– J’ai trouvé cet appart par un pote, il reste deux ans en Allemagne et me le sous-loue. Il n’y a pas d’ascenseur et c’est au quatrième. Ça entretient la ligne !

Elle grimpe et je lui emboîte le pas. Après avoir passé le deuxième palier à tracter ma valise qui pèse un âne mort, je finis par regarder de travers la prochaine volée de marches.

Superman n’est jamais là quand on a besoin de lui ! Quel lâcheur ce Henry Cavill !

Sa porte d’entrée est à l’image de l’immeuble : décrépite ! Une fois dans le salon, je jette un coup d’œil curieux autour de moi : bariolé, bric-à-brac et déco fouillis… On dirait sa chambre d’ado en fait. C’est, eh bien…

« Cosy » est la version positive de « minuscule », je suppose ?

– Merci de m’héberger, ma belle, c’est adorable, ça me dépanne bien. J’essaierai de me faire toute petite, promis.

– Évite, tu n’es déjà pas grande…

– Très drôle, râlé-je.

Suze me fait son célèbre clin d’œil supposé irrésistible, celui qu’elle a mille fois testé devant sa glace et même Skype à l’occasion, juste pour moi.

– Oh, je ne crois pas que tu seras bien envahissante, mademoiselle, avec Keep Calm and Cook !. Dire que tu seras bientôt une star !

Je souris, amusée. J’ai débarqué à New York pour remplacer au pied levé un candidat qui a dû abandonner la compétition culinaire ultra-médiatique Keep Calm and Cook !. C’est l’un des concours télévisés les plus connus, tous les concurrents voient leurs carrières prendre leur envol, et le vainqueur reçoit la modique somme de 100 000 dollars. Petit pactole qui pourrait, par exemple, m’aider à monter mon propre resto !

Enfin, j’en suis pas là encore !

– Je serai peut-être la première à être expulsée par le jury, et tout ça devant des caméras.

Pendant que j’entasse tant bien que mal mes affaires dans un coin, Suze part dans la pièce attenante, que je devine être une cuisine. Elle revient avec une bouteille de Coca, des verres et un paquet de crackers.

Tiens, un océan a beau la séparer du pays qui l’a vue naître, mon amie continue de prendre l’apéro comme une vraie Frenchie.

– Beurk, comment fais-tu pour manger ces trucs industriels bas de gamme ! Si tu me donnes une demi-heure et un four, je suis sûre de pouvoir te proposer bien mieux que ça.

– Repos, soldat ! Tu n’es pas de service, me réprimande-t-elle.

Elle se laisse tomber sur un canapé rouge qui me pique les yeux et je l’y rejoins.

– À toi, ma puce, lance-t-elle gaiement, ne ratant jamais une occasion de souligner le quasi-décimètre qui nous sépare. Au moins ton ex, Slash connard, Slash patron, nous aura permis de nous retrouver, je le remercie de ça… Et le voue bien sûr aux enfers, comme il se doit !

Je soupire. Depuis que c’est arrivé, je préfère éviter le sujet : tout ça n’a rien de glorieux et je continue un peu à ruminer cette histoire malgré moi.

– Il était plutôt mignon et il prépare un bœuf Stroganov à se rouler par terre… Après, il m’a prise pour une idiote et je ne lui pardonnerai jamais ça. Dire qu’il a le bras assez long pour intervenir à chaque fois que je décroche un entretien après avoir quitté ses cuisines… Rien que d’y repenser, ça m’énerve.

– Écoute, il faut oublier tout ça, tente de m’apaiser Suze. Keep Calm te permettra un nouveau départ. Je suis sûre que tu as le niveau et que tu vas cartonner. En plus de Double Slash qui en prendra pour son grade, tu prouveras à tes parents ce que tu vaux et ça sera tout bénéf… Et puis surtout tu m’as gagnée, moi ! Je mérite carrément qu’on traverse un océan…

J’éclate de rire sous son regard amusé et elle me ressort son clin d’œil de séductrice.

– Tu es en tout cas ma bonne étoile ! Si je n’avais pas refait mon passeport pour venir te voir à l’automne, je n’aurais jamais pu répondre à cette annonce auprès du chasseur de têtes. Avec toutes ces nouvelles normes biométriques, j’étais une des seules à pouvoir partir immédiatement aux États-Unis !

– Il est arrivé quoi au candidat que tu remplaces, tu ne m’as jamais dit ?

– Il s’est brisé le poignet et ils avaient besoin de quelqu’un sous dix jours. Heureusement que tu pouvais m’héberger, d’ailleurs ! Mais on arrête de parler du concours, je stresse déjà !

Suze penche la tête sur le côté, dans ce tic que je reconnais avec plaisir tant il est rassurant. Je réalise à quel point elle m’a manqué !

– Tu veux aller te coucher pour te remettre du décalage horaire ? Les six heures en moins par rapport à Paris peuvent être assez rudes.

– En fait, j’ai dormi une partie du vol, je devais être épuisée…

– J’ai vu ça : tu avais encore la trace de couture du siège incrustée sur ta joue quand je t’ai retrouvée, je peux en attester !

La voix de la raison me rattrape et j’admets à regret :

– Après, je suppose que je devrais penser au concours et me coucher : j’ai besoin d’être au top pour les épreuves.

Suze secoue la tête et engloutit un cracker de plus.

– Et si tu oubliais tout pour te lâcher un peu ? Je suis sûre que tu n’as pas fait la fête depuis des mois… Je me trompe ?

Je préfère ne pas répliquer. Surtout quand mon amie tente de me faire passer pour un genre de mormone qui n’a pas bu une goutte d’alcool depuis…

Super, en fait elle n’a pas tort, impossible de me rappeler ma dernière soirée en boîte… Quelle mamie je fais !

– Ça te dirait de sortir ? Il est à peine 21 heures, on se pomponne et on décolle ? J’avais prévu une virée dans une boîte pour fêter ton arrivée, le Black Dog. Hyper-branché et classe !

J’éclate de rire et secoue la tête. Mon amie trépigne sur place. Déjà à sept ans, j’avais du mal à lui refuser quoi que ce soit…

Et a priori je n’y parviens pas plus à 24 !

– Comment refuser une telle proposition ! OK, je vais fêter comme il se doit ma rencontre avec la Grosse Pomme, et j’aurai une semaine pour manger sain, me coucher tôt et me préparer mentalement… Mais ce soir, on s’amuse !

***

Quand nous arrivons au club dont Suze m’a parlé, le Black Dog, du côté du Chelsea Market, je marque un temps d’arrêt. Je ne connais pas encore la ville qui ne dort jamais, c’est ma première fois à New York, et je suis légèrement surexcitée. L’air est doux et une légère brise caresse mes bras nus. La façade chic du bâtiment me laisse songeuse. Cette boîte est forcément l’une des plus huppées de Manhattan. L’emplacement, la file de it-girls peu couvertes qui se gèlent sur le trottoir et la carrure des gardes du corps en disent long. Ma petite robe noire et l’ensemble mauve de Suze ont beau être classe, pas sûr que ça suffise…

– Suze, on ne pourra jamais entrer !

– T’inquiète, j’ai eu une aventure avec le videur, le grand black… Bref, on va rentrer : il espère trop qu’on remette ça !

Ceci explique la robe ultra-décolletée, version Grand Canyon et Wonderbra…

Je la suis donc, alors qu’elle remonte la file d’un pas conquérant. Effectivement, la baraque à droite de la porte sourit dès qu’il aperçoit Suze. Il nous fait signe d’entrer. Je tente de ne pas loucher sur son biceps qui fait presque la largeur de mon crâne, comment est-ce possible ?!

Ce type est le fils caché de Hulk, sans le côté vert…

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous nous retrouvons dans le hall du club. Pour accéder à la salle principale, nous devons gravir des marches étroites à l’éclairage succinct. La rumeur de la boîte nous parvient déjà dans une pulsation sourde. Les murs sont tendus de tissu noir. Ce n’est pas du cuir, mais la matière mate me donne envie de l’effleurer tant elle paraît douce.

Nous débouchons dans une vaste pièce, dans les mêmes tons et au plafond haut. Un immense lustre central dans des teintes rouges complète les lumières indirectes. La boîte est bondée, il y fait chaud, et de la musique électro que j’ai déjà entendue à la radio y résonne.

Sur la gauche, un imposant escalier d’un noir brillant confère un réel cachet à l’ensemble. Il s’envole vers une mezzanine qui surplombe la piste de danse et ne possède aucun garde-corps. Si cela me semble très contemporain, je me demande combien d’accidents cet élément architectural a pu provoquer.

On se dirige vers le bar et il nous faut une bonne demi-heure pour obtenir nos cocktails au milieu de dizaines de bimbos court vêtues.

Pourquoi ma robe, sexy jusque-là, paraît soudain hyper-stricte ? À moins que se balader en tee-shirt et culotte soit tendance…

Alors qu’on trinque au milieu d’un vacarme assourdissant, Suze hausse la voix pour se faire entendre.

– Normalement on peut croiser des stars ici, avec un peu de chance : c’est une boîte vraiment branchée, tout le monde vendrait son chihuahua pour y entrer !

Mon amie parcourt la salle d’un œil curieux. Me fichant bien des people – surtout après avoir supporté leurs caprices au palace où je travaillais, quand ils venaient saluer le chef et visiter les cuisines, sans se gêner, en plein coup de feu –, je me contente d’essayer de me rappeler du titre de la chanson électro… Sûrement du David Guetta ? La pulsation se répercute jusque dans mon ventre et je commence à avoir envie de danser.

– J’ai trouvé ! Tu vois la fille là-bas ? La grande tige, brune, avec un side-hair totalement has been ? C’est Mila, une star de Lollipop… Je pense qu’à côté, c’est Woody Faretto, dans quoi il joue déjà ?

Si elle croit que j’ai une quelconque idée de ce dont elle parle, elle se trompe lourdement ! La dernière série que j’ai dû suivre régulièrement c’était How I Met Your Mother, qui a disparu des écrans depuis un bon moment !

Remarquant que je ne réagis pas, Suze hausse les épaules, presque vexée. Son regard pétille et un sourire carnassier étire ses lèvres « rouge Acapulco ».

Si elle aime bien se moquer de ma taille, j’ai tendance à me moquer de son addiction au maquillage.

– J’ai reconnu un ami, rejoignons-le !

Je hoche la tête pour lui montrer que j’ai décrypté le message. Elle me fait signe du doigt que nous allons monter et j’acquiesce à nouveau.

Oui, chef !!!

Nous nous faufilons donc jusqu’au fameux escalier. La boîte bondée complique considérablement notre progression, et j’ai l’impression de danser avec ces inconnus. Je chasse sur le côté pour éviter une blonde et sa bière, fais un pas en arrière ou me mets de profil pour laisser passer un hipster trop pressé, qui me pousse au passage. Sauf qu’à ce moment de la valse, déjà proche du bord de la marche, je ne trouve rien à quoi me raccrocher, et… bascule dans le vide pour de bon.

Et mer…

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2. Une nuit de rêve à Manhattan

 

 

Alors que mes paupières se ferment – tentative assez étrange pour nier la réalité –, l’atterrissage survient, plus rapide et moins brutal que prévu. La chaleur contre mon flanc est agréable. Je rouvre un œil curieux et croise un regard qui me laisse pantoise, au point d’ouvrir le second.

Je suis dans les bras d’un homme aux yeux fascinants ; à la fois clair, presque lumineux, ce vert contraste avec la couleur halée de sa peau. D’ailleurs, le reste du visage tout autour n’est pas mal non plus : un nez et des sourcils droits, une bouche pulpeuse, des cheveux bruns un peu en bataille, la légère barbe, tout s’accorde en… eh bien, un vrai canon. Je l’admire, abasourdie.

En même temps, ça serait dommage de bouder un tel plaisir.

Je sens mon cœur faire une embardée quand il se penche un peu plus vers moi, jusqu’à ce que je réalise qu’il veut seulement se faire entendre au milieu de ce brouhaha.

– Ça va ? J’ai essayé d’amortir votre chute quand j’ai compris que vous alliez tomber, mais j’ai peur que vous ne finissiez avec un bleu malgré tout…

Je me préoccupe plus de sa voix basse que du sens de ses paroles. Ou de son odeur ?

C’est quoi ce parfum ? « Mâle à tomber » ?… Mais pourquoi je m’inquiète de ça ?! Parle ! Remercie-le, n’importe quoi !

Mes quelques neurones toujours en état de marche saisissent enfin l’idée générale et mes lèvres s’étirent finalement en un sourire convaincant.

– Ça va, merci beaucoup… Je n’avais pas vu que quelqu’un avait vidé l’eau du bassin.

Normalement, j’ai un esprit assez caustique, voire de la repartie, les bons jours…

Pas aujourd’hui.

– Vous êtes sûre que vous vous sentez bien ? s’enquiert-il, perplexe devant ma sortie.

Soyons honnête, comment l’en blâmer ?

Au top… À part une légère envie de disparaître sous terre, bien entendu.

– Bien sûr, juste une belle peur. Je réfléchis au fait de porter plainte contre le proprio qui a oublié de sécuriser son escalier design pour me venger, il paraît que ça se fait aux USA, plaisanté-je maladroitement.

– Alors, je vous offre un verre pour vous présenter toutes nos excuses, m’annonce-t-il, avec une expression que je ne parviens pas à identifier.

– Pourquoi ? Vous bossez ici ?

Il me sourit et, au lieu de me répondre, me relâche. Je quitte le cocon de ses bras avec une pointe de regret. Il desserre son étreinte et m’aide à me rétablir sur mes pieds, gardant mon coude le temps que je remette mon stiletto perdu dans la bataille.

Et non, ma main sur son torse n’est pas inutile, et je n’en profite pas pour peloter au passage le pectoral bien dessiné que je sens sous le tissu de sa chemise. Je souhaite juste éviter de m’étaler devant lui… une fois de plus, disons. Il y a une quantité d’humiliations que toute femme normale peut supporter.

Surtout quand on sort un tel festival de blagues douteuses.

Une expression complexe passe sur son visage et il effleure ma joue d’un doigt. La tendresse inattendue du geste contraste avec l’autorité qu’il dégage. Je me fige sous ce contact familier de la part d’un total inconnu, surprise de ce qu’il déclenche en moi.

Ça me semble… naturel ?

Son regard remonte le long de mes jambes et la chaleur qui brûle mes pommettes depuis le sauvetage honteux se répand comme une traînée de poudre vers le bas de mon corps.

Je pourrais presque croire que je ne suis pas la seule à vivre un méga-crush à cet instant…

J’essaie de localiser Suze mais, a priori, elle n’a même pas remarqué ma mésaventure et a continué sa route. Je soupçonne le fameux « ami » d’être plutôt une future proie.

L’inconnu m’entraîne vers le bar. Incapable de m’en empêcher, je le détaille un peu mieux. Son costume ajusté met en valeur des épaules larges et un bassin étroit. Il doit mesurer plus d’un mètre quatre-vingt sans problème. Ce qui, du haut de mon mètre cinquante-cinq, plus dix de triche grâce aux stilettos, me semble toujours grand.

Alors que tout à l’heure il fallait jouer des coudes, j’ai l’impression que les gens s’écartent sur notre passage, comme pour lui laisser le champ libre. À peine sommes-nous arrivés au comptoir rutilant que la barmaid s’approche. Soit il bosse vraiment ici… soit elle craque sur lui. Le sourire qu’elle lui adresse aurait tendance à accréditer… les deux théories, en fait !

– Qu’est-ce que vous souhaitez boire ? demande-t-il.

J’hésite. Un alcool fort pourrait servir de « liant » social, et m’éviter une honte supplémentaire en anesthésiant le souvenir de ma récente maladresse.

– Un Cosmo, merci.

OK, ça sonne horriblement cliché, « un Cosmo », mais j’ai passé mon adolescence à visionner des redifs de Sex and the City et ça laisse des traces ! Il commande une vodka. Devant cet exemple de virilité un peu affolant, je m’attends presque à ce qu’il ajoute « on the rocks » ou « au shaker, pas à la cuillère », comme un certain agent secret.

J’ai l’impression qu’il détaille mes lèvres et, sans beaucoup me forcer, je lui rends la pareille. Il se tient à moins d’un mètre de moi et il y a trop de gens autour de nous et trop de bruit pour que nous puissions nous éloigner, mais cette proximité met déjà à mal mon rythme cardiaque…

Et ce n’est pas dit que ça ne s’emballe pas plus bas…

– Vous avez une bouche magnifique.

Voilà ce qu’il me sort, comme ça, de but en blanc. Pas de sourire, non, il semble tout à fait sérieux. Le peu d’équilibre mental que j’ai restauré depuis qu’il m’a lâchée explose.

Respire, tu vas faire une attaque si tu continues… ou l’attaquer tout court.

– Et un prénom, peut-être ? me relance-t-il, comme je persiste à me taire.

L’amusement se lit dans son regard pétillant, comme si nous venions d’entamer un jeu dangereux. Et, je le sens, cet homme est un excellent joueur.

– La vôtre aussi est pas mal.

Ô joie. Qui a dit cette idiotie ? Qu’il se dénonce et soit fusillé !

J’ai l’impression qu’il fait son possible pour ne pas rire.

– Content de voir que vous avez retrouvé votre… langue. Vous étiez devenue bien silencieuse tout à coup.

La serveuse lui confie nos verres et il me fait signe de le suivre. Aisément, il se fraye un chemin dans le dédale des danseurs qui oscillent sur une musique syncopée. La techno ne fait que souligner le rythme affolant de mon cœur.

Nous contournons la piste et rejoignons le fond de la salle où un vigile patiente, bloquant l’accès à un couloir. Aussitôt, ce dernier se décale pour nous laisser passer.

Alors à moins que lui aussi ne craque pour le beau brun qui m’accompagne, c’est définitivement quelqu’un de la boîte…

Je repense à l’histoire de Suze et des stars qui traînent au Black Dog. Il n’est pas connu quand même ? Pour la première fois de ma vie je regrette de ne pas être adepte de Voici et consorts. Nous empruntons une passerelle et je profite d’une pause que doit marquer mon inconnu, interpellé par un homme, pour récupérer mon smartphone. Je dois prévenir Suze par SMS, au cas où elle s’inquiète. Visiblement, nous avons eu la même idée.

[Ai trouvé un avion de chasse. Dis-moi que tu ne m’en veux pas ? ]

Je souris et tape rapidement.

[Idem de mon côté. Je bois un verre et je t’envoie un SMS après, promis.]

Presque immédiatement la réponse arrive.

[OK, ne fais rien de raisonnable surtout !]

Je range mon portable dans mon sac quand « l’avion de chasse » se tourne vers moi.

– Vous avez l’air très demandé… tenté-je, sans oser me montrer plus directe.

Nous rejoignons un box en retrait. Depuis que nous sommes arrivés sur la passerelle, le bruit a nettement diminué et je peux lui parler sans forcer. Avec sa carrure et son magnétisme, j’ai presque l’impression qu’il va me toucher alors qu’il se trouve de l’autre côté de la table.

–Tout le monde semble aux petits soins à votre égard, ne me dites pas que vous êtes une superstar que j’aurais dû reconnaître ? Vous travaillez ici ?

Il me sourit comme si je l’amusais, ce qui pique ma curiosité.

– En effet. Je suis là pour… rattraper au vol les jolies filles.

– « Tombeur » professionnel en somme ?

Cette fois, j’ai droit à un éclat de rire.

– J’ai été ravi de jouer ce rôle ce soir. Un instant… j’ai cru que vous m’aviez repéré et que votre chute était préméditée, avoue-t-il plus sérieux.

– Pourquoi aurais-je fait ça ? Je ne connais pas les stars en général. Il paraît qu’il y a une Mily au bar et…

– Mila, rectifie-t-il en ayant visiblement de plus en plus de mal à ne pas rire.

Étrangement, ça n’a rien de vexant, je sens qu’il se détend en ma compagnie plus qu’il ne se moque. Je bois de mon cocktail et remarque ses yeux qui ne quittent pas mes lèvres.

– En effet, répond-il, toujours énigmatique.

– Pitié, vous n’êtes pas un baseballeur connu, au moins ?

Je dois être la seule femme sur terre mal à l’aise avec l’idée de croiser une star, mais c’est ainsi.

Je ne servirai plus de faire-valoir à un homme à l’ego surdimensionné !

– Le mot « baseballeur » n’existe pas, précise-t-il, ses yeux clairs pétillants, un léger sourire mettant en valeur ses lèvres si sexy. Pourquoi cela vous contrarie-t-il autant ? Vous froncez les sourcils depuis que vous avez posé la question.

– Vous êtes réellement connu ? Dites-moi que vous n’êtes pas en procès pour un truc genre suspicion de meurtres en série…

– Je ne serais pas dans ce bar si j’étais réellement un danger pour la société, s’amuse-t-il.

La société, peut-être pas. La femme en face de vous, sûrement…

– Sérieusement, vous me diriez votre prénom ? osé-je, obnubilée par cette idée depuis cinq minutes.

– Je n’ai jamais refusé de le faire, remarque-t-il. Je m’appelle Alessandro. Et vous êtes ?

– Alessandro ? Un Italien ?

Vu la couleur de ses cheveux et de sa peau, il a effectivement un côté méditerranéen.

– D’origine italienne, mais new-yorkais pur et dur ! J’ai grandi ici et je pense que c’est la ville que je préfère au monde, même si Little Italy reste un de mes coins favoris de Manhattan… Mais Paris a aussi son charme, j’avais beaucoup aimé, reprend Alessandro, après un instant à me dévisager. Vous êtes bien française, non ?

Mes yeux s’écarquillent sous la surprise.

– Comment avez-vous deviné ?

– Votre accent, léger, mais identifiable. C’est la seule raison pour laquelle je veux bien croire que vous n’êtes pas tombée sciemment de cet escalier… Je vous imaginais bien parisienne, une certaine classe, le chic « à la française ».

L’entendre dire quelques mots dans ma langue provoque une série de frissons incontrôlés le long de mon dos.

– Je vais essayer à nouveau : vous êtes ?

– Très tentée par vous… Désolée. Je vous ai prévenu que l’alcool me rendait affreusement honnête ?

Là, je le jure, j’ignore qui parle, sûrement pas moi, c’est impossible !

Il paraît presque déstabilisé et immobilise son verre à quelques centimètres de ses divines lèvres. Après avoir avalé une gorgée, il reprend :

– Votre prénom, jolie Française, répète-t-il, comme s’il ne s’intéressait à rien d’autre, alors que je viens de lui faire l’invite la plus franche de toute ma vie.

Il se penche soudain en avant, diminuant l’espace entre nous. Sa main entoure ma nuque et un frisson remonte sur ma peau.

– Réponds-moi, je dois savoir le prénom de la fille qui me regarde comme tu le fais en ce moment, susurre-t-il, passant brusquement au tutoiement.

Ma bouche s’assèche. Son doigt parcourt ma nuque dans une caresse infime qui monopolise malgré moi toute mon attention. Mes seins se dressent sous ma robe.

Sérieusement ?! Merci mon corps de te réveiller maintenant : mes neurones sont déjà à l’ouest, alors si le reste suit…

– Camélia.

Suivant son exemple, je me contente de mon prénom. Après tout, si je veux me montrer honnête, je devine qu’une histoire d’un soir se profile entre nous et, fascinée par cet homme, je me sens incapable de m’en détourner. Au contraire, c’est moi qui ai commencé à lui faire des invites du pied sans pouvoir m’en empêcher. Je ne sais pas si c’est le Cosmo, l’ambiance du Black Dog qui a quelque chose d’hypnotique… ou juste lui, car je ne vois pas comment résister à un tel homme, mais pour la première fois de ma vie, j’ai un besoin fou de céder à la tentation.

Nous sommes bien trop près, comme à deux doigts de fondre l’un sur l’autre alors qu’il y a des gens tout autour de nous, même si j’ai tendance à l’oublier. Je suis captive de ses prunelles claires, de sa main sur moi… À côté de nous, une chaise racle le sol et rompt le charme. Je cligne des yeux comme si je sortais d’un rêve éveillé.

– Viens danser, propose-t-il soudain. J’ai envie de te sentir contre moi.

Je ne trouve rien à dire, déstabilisée par sa façon de me regarder. Habitée par la même envie, je deviens docile. Nous abandonnons nos verres et je le suis dans un état second sur la piste. Un slow a remplacé la techno assourdissante et je ne sais pas si j’en suis ravie ou effrayée.

Si sa main sur ma nuque me perturbe à ce point, alors une danse ? Combustion assurée !

Il m’attire contre lui et je me love dans ses bras avec un naturel confondant. Je pose mes mains sur lui, approche mon nez de son cou pour percevoir son odeur au milieu de tous ces corps. L’alcool qui circule dans mes veines me permet d’être plus audacieuse sans ressentir le moindre vertige. Sa chaleur contre moi m’irradie petit à petit, la sensation gagne le creux de mon ventre.

Enfin, si j’ai la tête qui tourne, c’est plus de son fait à lui…

Au début, nous parlons un peu, il me pose des questions sur ma vie et le volume sonore plus raisonnable nous autorise une conversation sans beugler. Puis, peu à peu, les mots s’espacent d’eux-mêmes au profit d’un jeu de regards.

Nous n’avons besoin de rien de plus pour nous comprendre.

La musique s’accélère à nouveau, mais nous restons sur le même rythme, comme en dehors du temps, tandis que les autres s’agitent autour de nous. Inexorablement, on se rapproche. Je ferme les yeux et c’est moi qui me colle à lui sans pudeur, incapable de m’en empêcher, enivrée par cette bulle, son odeur et sa chaleur contre moi.

Il m’hypnotise, lentement mais sûrement…

Sans y penser je relève la tête, aimantée par ses lèvres. J’ai l’impression que ça fait des heures qu’il m’a attrapée au vol. Sa bouche est si près !

Ça serait criminel de ne pas le tenter…

J’abandonne toute timidité et je me dresse sur la pointe des pieds, m’accrochant à sa veste pour l’embrasser. Ses lèvres sont douces et chaudes. L’audace qui m’a portée disparaît quand je réalise ce que j’ai fait. Alors que je recule, il me retient et me presse farouchement contre lui. L’une de ses paumes épouse ma nuque et je ploie contre lui.

C’est lui qui entrouvre les lèvres, vient chercher ma langue. Notre baiser s’approfondit au fur et à mesure que je perds la notion du temps, le cœur battant contre lui. Je m’agrippe à lui comme si ma vie en dépendait. Ses mains se crispent sur moi et nous nous rapprochons bien plus intimement que ne l’autorise une piste de danse, mais à cet instant, je m’en fiche. Je mordille ses lèvres et c’est lui qui finit par me repousser, le souffle court.

Un peu plus et j’essayais de le déshabiller, là, au milieu de la foule.

Nos yeux, rivés l’un à l’autre, ne se quittent pas une seconde. Je suis en feu, le désir est niché dans mon ventre, tout mon corps crie le besoin qu’il a de continuer cette étreinte. Son regard sur moi me semble incandescent ; j’ai toujours rêvé d’être regardée par un homme de cette manière, avec urgence, comme s’il ne pouvait s’en empêcher, mais aussi avec un intérêt réel. Depuis qu’il connaît mon prénom, pas une fois il ne s’est trompé. Il m’a écoutée pendant que nous parlions en dansant, avec une sorte d’acuité qui me laisse pantoise.

Si c’est une méthode de drague chez lui, elle est diablement efficace.

Mon instinct m’ordonne d’oublier ce que la raison me dit : que le concours ne tardera pas, que ce n’est pas une bonne idée, que jamais je ne me suis comportée ainsi… Mais peu importe. À cet instant, j’ai l’impression que je ne supporterais jamais de ne pas aller au bout de ce tête-à-tête qui n’a qu’une seule conclusion possible, logique. Sans réfléchir, je me hausse à nouveau sur la pointe des pieds et chuchote à son oreille :

– S’il te plaît, isolons-nous…

Si je n’ai rien pu oser de plus cash, et crains qu’il me repousse, je comprends à son regard qu’il a deviné. Sans doute parce qu’il souhaite exactement la même chose, je le jurerais… Il semble hésiter, puis d’un coup, sa main saisit la mienne.

L’anticipation rend mes paumes moites et je le devance presque tant j’ai hâte, tandis qu’il m’entraîne vers les entrailles de la boîte. Nous passons une porte marquée d’un panneau « PRIVÉ », et longeons un couloir qui débouche sur une volée de marches en hélice.

Alessandro m’invite à le précéder, après un bref coup d’œil à mes talons :

– Par sécurité, j’ai peur que les escaliers ne soient pas tes amis aujourd’hui…

La pointe d’humour qui danse dans ses yeux me séduit, comme si nous étions déjà intimes et qu’il se montrait souvent taquin ainsi. De toute façon, tout me séduit en lui… Enfin, nous arrivons dans un bureau. Le fait qu’il en possède la clé confirme ma théorie : il bosse bien ici. Serait-il le gérant de la boîte ? Un club de cette importance a forcément une personne à plein temps pour l’administrer… Mais au final, quand il pose à nouveau son regard sur moi, je me fiche du reste. La seule chose que je veux d’Alessandro à cet instant, c’est toute son attention, comme sur la piste de danse.

Le son assourdi de la boîte nous parvient encore à travers la porte, faisant écho aux battements erratiques de mon cœur en déroute. C’est la première fois que je propose à un homme de nous isoler dans un lieu public pour… ça. Jusqu’à présent, je n’ai même jamais pensé à agir ainsi. L’urgence qui coule dans mes veines et me précipite vers lui me semble si forte qu’il est impossible d’y résister. Surtout après cette danse, presque… un préliminaire, je ne vois pas d’autre mot. À moins qu’Alessandro soit différent ?

Oh ça, il n’a plus à le prouver…

Le besoin d’un nouveau contact commence à m’obséder au point qu’il devient difficile de songer à autre chose.

– Un verre ?

Bêtement intimidée, je refuse d’un mouvement de tête. Tout mon corps est déjà dans un état second, si j’avale quoi que ce soit de plus, je ne réponds plus de moi ! Pourtant, je n’ose combler la distance entre nous, même si j’en crève d’envie.

Si ma conscience me tiraille vaguement, je me dis qu’une telle attirance est trop rare pour y résister. Je suis libre de toute attache après tout. Cet homme est beau à se damner. J’ai passé l’âge de croire qu’être amoureuse est une condition stricte pour profiter de la vie… et si je n’ai jamais eu d’aventure d’un soir, eh bien il y a un début à tout ! Alessandro serait l’exception la plus sexy que la planète ait jamais portée selon moi…

Connaître mon ex ne m’a pas empêchée de faire une erreur monumentale en lui cédant ; au moins, cette fois, pas d’illusion. Mon corps me guide et au diable le reste ! Alessandro me scrute comme si j’étais… comment le décrire d’ailleurs ? Si ce n’est que, tout de suite, je me sens plus sensuelle et féminine.

– Camélia ? Ça va ?

Son expression attentive m’amuse.

– J’ai l’air effrayée ?

– Un peu. Nous pouvons nous revoir demain, si tu veux. Pour toi, je trouverai du temps, même si mon planning est un peu dingue en ce moment…

– Je ne sais pas… si je peux attendre, murmuré-je, n’osant faire cet aveu plus fort que sur le ton de la confidence.

Son regard change et il revient vers moi lentement.

– On ne devrait pas, pas ici, soupire-t-il avant de souffler. As-tu la moindre idée de l’effet que me fait ta bouche ?

L’air entre nous semble électrique. Si l’un de nous bouge, j’ai la certitude que tout va basculer… ou s’embraser, je ne sais plus trop.

– Je n’ai pas envie de réfléchir, Alessandro, contente-toi de m’embrasser comme tout à l’heure… Je ne te demande que ça.

Pour une nuit, j’arrête d’être le chef intransigeant qui aboie en cuisine et redeviens une femme comme les autres, qui a juste besoin à en crever d’être embrassée par le type affolant qui lui fait face.

 

À suivre,

dans l'intégrale du roman.

 

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Smut in the Kitchen

La veille du tournage d’une émission culinaire à laquelle Camélia doit participer, elle passe une nuit incroyable avec un parfait inconnu. Mais, surprise ! Elle se rend compte en arrivant sur les plateaux télé que l’inconnu en question n’est autre qu’Alessandro, son principal concurrent. Camélia s’efforce de cacher son trouble mais n’en mène pas large : elle a besoin coûte que coûte de remporter ce concours alors qu’Alessandro la déstabilise et l’énerve royalement. Il semble décider à la rendre folle, au point que la jeune femme ne sait même plus s’il est un ennemi ou un allié pour elle.

Mais ce qui est certain, c’est qu’il est aussi doué en cuisine qu’au lit. Et si l’esprit de Camélia fait tout pour l’oublier, son corps entier crie le contraire !

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Novembre 2022

ISBN 9791025757345

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