capitulation volume 1 de la trilogie Surrender

Melody Anne · Chapitre 12 sur 42

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capitulation volume 1 de la trilogie Surrender

Chapitre 11

11

 

À contrecœur, Rafe entre dans la boîte de nuit où son meilleur ami lui a donné rendez-vous. Celui-ci est toujours à la recherche de nouvelles conquêtes pour satisfaire son appétit sexuel – avec une nette préférence pour les aventures d’une nuit.

Rafe, lui, préfère des femmes très classes qu’il recrute pour faire ses quatre volontés, jusqu’à ce qu’il se lasse d’elles. Shane, son ami depuis l’école primaire, est la seule personne au monde pouvant lui faire mettre les pieds dans une boîte de nuit. C’est un véritable frère pour Rafe. Les deux hommes, aux caractères complémentaires, s’entendent à merveille.

Avec ses deux sœurs qui le rendaient fou, Rafe appréciait l’équilibre que lui apportait Shane. Ses sœurs sont formidables, mais parfois épuisantes. Shane, qui connaît Rafe mieux que quiconque, était là lorsque son ami a divorcé et il l’a aidé à remonter la pente après cette épreuve.

— À la tête que tu fais, je vois que tu es ravi d’être là !

Tournant la tête, Rafe découvre son ami et le foudroie du regard. Pourquoi supporte-t-il ce garçon ? Mystère. En réalité, leur amitié n’aurait jamais dû résister à toutes les bêtises que Shane est prêt à faire pour lever des filles. Si Rafe n’avait pas eu la conviction profonde que Shane est quelqu’un de bien, il ne serait plus son ami depuis longtemps.

— Allez, on se dépêche. J’ai des projets pour ce week-end, moi…

— Oh, détends-toi ! Il faut bien souffler et s’amuser de temps en temps. Nous sommes deux célibataires, dans une boîte remplie de canons. Amusons-nous un peu, nous parlerons affaires plus tard.

 

Avec un soupir, Rafe emboîte le pas à une hôtesse très légèrement vêtue qui les conduit à une table avant de se pencher en avant pour prendre leur commande, dévoilant au passage un décolleté généreux. En temps normal, Rafe aurait apprécié la vue, mais il ne parvient pas à chasser Ari de son esprit.

Il ne se souvient pas avoir jamais été aussi ému par une femme – raison pour laquelle il ferait mieux de l’oublier. Elle a refusé sa proposition – voilà qui aurait dû clore le dossier. Seulement voilà : Rafe ne supporte pas les rejets. D’ailleurs, il ne se souvient même pas de la dernière fois où quelqu’un lui a opposé un refus.

— Nous allons boire du bourbon pour commencer, répond Shane en passant la main sur les fesses rebondies de l’hôtesse.

— Parfait, mon chéri. Je reviens tout de suite, ronronne-t-elle.

— Eh bien, peut-être qu’il est inutile d’aller chercher plus loin. Elle est carrément canon, apprécie Shane avec un sifflement admiratif tout en la regardant s’éloigner, avec un balancement de hanches hypnotisant.

— Je me demande comment tu fais pour te taper autant de filles avant de les laisser tomber, tout en te débrouillant pour qu’elles continuent à te prendre pour leur prince charmant, marmonne Rafe.

— Question d’attitude, mon pote ! L’astuce, c’est de leur faire croire que ce sont elles qui ont décidé que nous n’allions passer qu’une nuit ensemble. Ensuite, je repars libre comme l’air. Et elles, elles se disent que nous avons passé une nuit torride exceptionnelle – le tout en restant les meilleurs amis du monde !

Avec un grognement, Rafe regarde autour de lui. La boîte est plutôt remplie pour un vendredi soir, à dix-neuf heures. Il espérait pourtant avoir encore quelques heures de calme devant lui. Tandis que son regard ennuyé s’apprête à revenir vers son ami, il aperçoit une femme qu’on entraîne sur la piste de danse.

— Je rêve ! s’exclame-t-il, n’en croyant pas ses yeux.

— Que se passe-t-il ? demande Shane.

Suivant le regard de son ami, il aperçoit une femme brune qu’un homme conduit sur la piste de danse.

— Tu la connais ?

Les deux amis observent l’homme serrer étroitement la femme contre lui, pour la maintenir debout alors qu’elle semble à peine consciente. Les yeux de Rafe se plissent de colère.

— L’enfoiré !

Rafe se redresse si brusquement que sa chaise se renverse, tombant sur l’homme qui passe derrière lui. Celui-ci marmonne quelque chose, avant de poursuivre son chemin. Il a bien fait de ne pas insister, car Rafe voit rouge en constatant que l’individu qui serre Ari dans ses bras l’entraîne loin de la piste. Il aurait adoré se défouler sur le client qui passait par là et qui aurait eu la malchance d’être au mauvais moment au mauvais endroit.

— Qu’est-ce qui se passe ? demande Shane, posant sa main sur l’épaule de Rafe qui semble furieux.

— De toute évidence, elle a trop bu, elle tient à peine debout et ce salaud en profite !

Suivi de près par Shane, il fend la foule et traverse rapidement la boîte de nuit pour emboîter le pas au couple. Arrivé à leur hauteur, il entend l’échange entre l’homme et ses copains :

— Alors comme ça, Chandler, tu as encore levé une nana ?

— La vache, elle est bonne !

— Oui, si on aime le genre défoncé…

Les quatre hommes éclatent de rire, tandis que Chandler leur lance un regard entendu. Puis il se dirige vers la porte arrière de la boîte. Rafe lui emboîte le pas jusqu’au parking. Là, il aperçoit Chandler qui entraîne Ari en direction d’un bâtiment délabré, un peu plus loin.

Hors de question de le laisser faire.

— J’ai appelé la police. Ce type n’en est sûrement pas à son coup d’essai.

Tournant la tête, Rafe voit que Shane l’a suivi. Ils s’approchent de Chandler et d’Ari.

— Tu te crois où, là ? demande Rafe en saisissant le bras du gars.

— De quoi je me mêle ? répond Chandler en pressant le pas.

— J’ai entendu ce que tu disais à tes copains. Tu as drogué cette fille pour la violer.

— Mais vous êtes qui, d’abord ? C’est n’importe quoi. Ma copine a un peu trop bu et je la ramène chez nous pour qu’elle dorme.

— Écoute, ducon, à ta place je me dépêcherais de rentrer, et sans la fille, pour me planquer, parce que mon copain meurt d’envie de te coller une bonne raclée, ici, sur ce parking. Et moi, ça me démange de lui donner un coup de main, conclut Shane avec un sourire.

Le gars regarde autour de lui, en se demandant s’il doit se battre pour garder sa victime ou s’il ferait mieux de la lâcher avant de prendre ses jambes à son cou. La peur finit par l’emporter lorsqu’il découvre la colère dans les yeux de Rafe et la détermination dans ceux de Shane. Soudain, Chandler pousse Ari vers les deux hommes avant de détaler.

Rafe la rattrape de justesse avant qu’elle ne tombe. Un instant, il envisage d’étendre Ari à terre pour poursuivre ce salopard, mais en l’entendant gémir dans ses bras, il décide de ne pas la laisser.

Comprenant le dilemme de son ami, Shane propose :

— Je reste ici pour éviter qu’il ne s’enfuie. Occupe-toi d’elle. Appelle-moi tout à l’heure pour me dire si elle va bien, dit-il avant de se diriger vers les marches en ruine du bâtiment et de s’appuyer contre la balustrade pour fixer la porte.

— Ari ? Ari, vous allez bien ? demande Rafe en la relevant dans ses bras et en la secouant doucement.

Lentement, la jeune femme ouvre les yeux. Sa vue semble brouillée car elle plisse les yeux en le regardant. Il lui faut quelques secondes avant de faire la mise au point sur son visage.

— Rafe ? Mais que faites-vous là ?

Elle passe sa main sur le visage de Rafe, puis elle fait glisser ses ongles le long de sa joue avant de lui sourire.

— Mmmn, vous sentez bon, murmure-t-elle.

— Qu’est-ce que vous faisiez ici ? demande-t-il.

Ses sourcils se lèvent comme si elle n’en avait pas la moindre idée.

— Je… je n’en sais rien.

— Je vous ramène chez vous !

Rafe est furieux. Que fait-elle dans une boîte de nuit un vendredi soir ? Comment a-t-elle pu se mettre dans un pétrin pareil ? Sans son intervention, elle aurait pu se faire violer. Voilà pourquoi elle devrait accepter son offre généreuse, se dit-il. De toute évidence, cette fille est incapable de veiller sur elle-même.

Il rejoint sa voiture et installe Ari sur le siège passager, où elle ne tarde pas à de nouveau perdre connaissance. D’un geste furieux, il dégaine son téléphone pour envoyer un SMS à Shane et lui demander de l’informer dès ce type aura été arrêté. Il veut être certain que ce salaud se retrouve derrière les barreaux pour un bon bout de temps et, il l’espère bien, ne puisse plus s’en prendre à d’autres femmes.

 

Rafe prend le chemin qui le conduit chez lui, avant de se raviser. Il n’a jamais ramené de femme chez lui et ce n’est pas aujourd’hui que ça va changer. Tournant le volant, il s’engage dans une petite rue pour faire demi-tour et prendre la direction de l’appartement d’Ari.

Arrivé devant sa résidence, il grimace. Comment peut-on vivre dans un taudis pareil ? Elle gagne correctement sa vie, elle aurait dû déménager. Il le sait, elle a beaucoup de charges, mais vivre dans un quartier sûr devrait être une priorité.

Heureusement, elle a toujours sur elle son petit sac à main, qu’elle a passé autour de son cou. Il y cherche la clé, puis il prend Ari dans ses bras pour monter l’escalier branlant jusqu’au deuxième étage. Là, il réussit à trouver le bouton de la porte, dans l’obscurité. Après quelques tentatives infructueuses, il parvient à ouvrir la porte.

Sa consternation s’accroît encore en découvrant le minuscule salon vétuste, abritant quelques pauvres meubles. Il l’allonge sur le canapé, le temps d’allumer quelques lampes et de repérer le lit. Il décroche ensuite son téléphone pour appeler son médecin personnel. Son interlocuteur, un praticien réputé, répond aussitôt et lui promet d’arriver au plus vite, après avoir marqué un temps d’arrêt en entendant l’adresse.

À sa place, Rafe aurait lui aussi eu une hésitation. En attendant le Dr Malroy, il inspecte le minuscule appartement, ce qui ne lui prend que quelques minutes. Le réfrigérateur est presque vide, les placards ne contiennent pas grand-chose et les articles de toilette sont peu nombreux. Pas étonnant qu’elle soit aussi maigre. De toute évident, Ari ne sait pas prendre soin d’elle. S’il y a bien une personne sur terre qui gagnerait à être sa maîtresse, c’est elle. Elle profiterait davantage de ce contrat que lui. Pourquoi refuse-t-elle avec autant d’obstination ?

Si elle acceptait, il l’installerait tout de suite dans un magnifique appartement, où elle aurait un réfrigérateur bien rempli et plus aucun souci matériel – même lorsqu’il n’aurait plus envie d’elle. En effet, ses maîtresses se voient toutes verser une généreuse indemnité lorsqu’il n’a plus besoin de leurs services. Il veille alors à ce qu’elles ne manquent de rien et que leur avenir soit assuré.

Il passe ensuite un coup de fil à son assistant, qui lui promet de faire remplir le réfrigérateur et les placards d’Ari dans les heures à venir. Certes, Rafe aurait eu envie qu’elle fasse un pas dans sa direction. Mais il ne peut pas la laisser ainsi en attendant qu’elle se soumette à lui, ce qui arrivera inévitablement.

Rafe pousse un soupir de soulagement en entendant frapper à la porte. Il fait entrer le médecin, qui hausse les sourcils d’un air interrogateur. Sans prendre la peine de lui fournir des explications, Rafe le conduit jusqu’au canapé, pour qu’il examine Ari. Le médecin diagnostique rapidement le problème.

— Pour être fixé, il va falloir attendre les résultats des analyses, mais je pense qu’on lui a fait prendre la drogue du violeur, ou quelque chose dans ce goût-là. Quelqu’un a probablement mis un comprimé dans son verre, ce qui a provoqué une intense fatigue et un état hypnotique. Souvent, cette substance occasionne quasiment une amnésie : la victime n’a pas le moindre souvenir de ce qui s’est passé durant la nuit.

Le sang de Rafe ne fait qu’un tour. Le type qu’il a arrêté en pleine action est un criminel.

Une fois rassuré sur l’état d’Ari, il ira rendre une petite visite à l’apprenti-violeur. Il a de nombreux amis dans la police, qui se feront un plaisir de regarder ailleurs pendant que Rafe cassera la gueule à cette ordure.

— Faut-il l’hospitaliser ?

— Je ne pense pas qu’elle ait pris une dose excessivement élevée de cette substance, quelle qu’elle soit, mais il va falloir garder l’œil sur elle cette nuit. Si des difficultés respiratoires apparaissaient, il faudrait la conduire aux urgences le plus rapidement possible. Pour l’instant, les médecins de l’hôpital ne pourraient pas faire davantage que les médicaments que je viens de lui donner. Il arrive que ces drogues du violeur provoquent des réactions pouvant entraîner la mort, mais si c’était son cas, elle aurait déjà montré des signes inquiétants.

— Il faut la conduire immédiatement à l’hôpital.

— Je n’ai pas constaté de réactions allergiques. Sincèrement, je pense que ça va aller. Si je jugeais nécessaire de l’hospitaliser, je vous le dirais. Elle a simplement besoin d’être bien hydratée et de se reposer.

— Si vous pensez que c’est ce qu’il y a de mieux à faire… Au premier signe indiquant que son état se détériore, je la conduirai à l’hôpital.

À contrecœur, Rafe suit le conseil du médecin et le raccompagne à la porte. Puis il se prépare à passer une très longue nuit.

 

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