capitulation volume 1 de la trilogie Surrender
Chapitre 36
36
Lorsqu’il revient dans la chambre, Ari semble plongée dans un sommeil agité. Il l’a laissée sur le lit pendant une heure, estimant que son comportement méritait un châtiment.
Impossible de rester loin d’elle plus longtemps en la sachant juste à côté, en sachant qu’elle se languit d’être pénétrée par son membre raidi. Il pourrait, bien sûr, se concentrer une fois de plus sur son plaisir à lui sans la satisfaire, mais ces orgasmes-là lui procurent beaucoup moins de plaisir…
Il enlève sa robe de chambre, s’approche du lit, puis rabat les couvertures pour admirer la rondeur de ses seins magnifiques, et fait passer ses doigts sur les mamelons d’Ari, qui durcissent instantanément. Ce simple contact suffit à lui provoquer une érection. Il ouvre la table de nuit pour y attraper un préservatif, qu’il enfile avant de rabattre entièrement les couvertures, dévoilant le corps entièrement nu.
Il écarte les cuisses d’Ari pour glisser sa tête entre ses jambes et la réveiller, en décrivant avec sa bouche des cercles sur son sexe brûlant.
— Oh oui, gémit-elle, aussitôt réveillée par le plaisir qui s’empare de son corps, avide de l’orgasme dont il l’a privée plus tôt. Je t’en supplie, ne t’arrête pas, gémit-elle. Je t’en supplie…
Elle tire sur ses liens, tandis que la langue de Rafe tourne autour de son clitoris gonflé. Lorsqu’elle est au bord de l’extase, il se recule, lui arrachant un cri de frustration. Il remonte vers la tête d’Ari qu’il prend entre ses mains tout en basculant ses hanches vers l’avant, s’enfouissant dans sa chaleur d’un mouvement précis et ample. Le cri de plaisir qui échappe à Ari résonne dans la bouche de son partenaire. Il pose une main sur ses hanches pour la maintenir, afin d’aller et venir énergiquement en elle.
Il sent les parois du sexe de la jeune femme se contracter autour de lui et l’enserrer tandis qu’elle atteint l’extase et que ses cris étouffés emplissent la chambre. D’un mouvement de hanches énergique, il se glisse si profondément en elle que leurs corps semblent fusionner.
Le corps de la jeune femme tout entier enserre sa queue, lui arrachant un cri et des vagues de plaisir. Une seconde, la main de Rafe caresse sa joue rosie et leurs yeux se croisent. Incapable de détourner le regard, il esquisse un mouvement pour embrasser tendrement ses lèvres, avant d’interrompre son élan.
Lorsque les yeux d’Arianna se ferment et qu’elle sombre de nouveau dans le sommeil, Rafe sort précipitamment du lit. Il est en train de s’attacher à elle. Le sexe cède la place à autre chose. Pour lui, l’expression faire l’amour ne veut rien dire.
Non. Ce qui se passe entre nous, c’est du sexe, et rien d’autre.
Il réfléchit un instant avant de prendre une décision. Ses maîtresses ne passent jamais la nuit avec lui. C’est une règle à laquelle il ne déroge jamais. Luttant contre lui-même, il s’oblige à appeler son chauffeur.
— Arianna, c’est l’heure d’y aller.
Plongée dans un demi-sommeil, la jeune femme peine à ouvrir les yeux. Rafe ? Il lui semble avoir reconnu sa voix.
— Ari, réveille-toi. La voiture est arrivée.
Arianna s’étire, avant de constater qu’elle a mal partout. Tandis que son cerveau embrumé tente de rassembler ses esprits, le souvenir de la nuit passée lui revient en mémoire avec la violence d’une tornade – la boîte de nuit, la douche, puis le lit.
— La voiture ? demande-t-elle sans comprendre.
— Oui, nous en avons terminé pour la nuit. J’ai demandé à mon chauffeur de te ramener chez toi.
Elle finit par comprendre le sens des mots, prononcés sur un ton glacial. Il a eu ce qu’il voulait, elle doit s’en aller. Blessée, elle s’efforce de lutter contre ce sentiment. Elle n’a pas le droit de réagir ainsi – Rafe ne lui a jamais menti sur ses intentions.
Dès le départ, il a été très clair : il voulait du sexe, et rien de plus. Son contrat stipule noir sur blanc que ses maîtresses ne passent pas la nuit chez lui. Elle n’a donc aucune raison d’être surprise.
Certes, elle n’a jamais signé ce contrat, mais cela ne change pas pour autant les règles du jeu dans la tête de son partenaire. Peut-être a-t-il, à de brefs moments au cours de ces derniers mois, affiché un comportement un peu plus humain, mais au final, Rafe est ce qu’il est. Il ne lui a jamais rien laissé entrevoir, il ne lui a jamais fait croire qu’il désirait autre chose que du sexe et du pouvoir sur elle.
— Laissez-moi le temps de m’habiller, demande-t-elle enfin avant de se lever, constatant avec soulagement qu’il a défait ses entraves.
Ils n’échangent pas un mot tandis qu’elle ramasse ses affaires éparpillées au pied du lit. Elle ne cherche pas à cacher sa nudité en s’habillant. À quoi bon ? Il l’a vue, tout vu, il a eu ce qu’il voulait et il en a terminé avec elle pour la nuit.
Il faut qu’elle sorte de chez lui avant de fondre en larmes.
— J’ai le contrat sous la main, si tu es décidée à venir travailler pour moi. J’ai même augmenté le salaire, pour le passer à deux cent cinquante mille dollars.
Arianna veille à ne pas laisser son corps se figer, à ne pas laisser transparaître la moindre émotion en entendant ces mots. Elle ne sait quel sentiment l’emporte, la rage ou l’humiliation. Mais elle s’efforce de rester impassible en enfilant ses chaussures.
Sans prononcer un mot, elle sort de la chambre. Elle entend le bruit de ses pas derrière elle, qui s’assure sans doute qu’elle quitte bien son logement – sans tenter de se cacher quelque part avant de ressortir plus tard de sa cachette pour le poignarder en plein cœur.
Ce qui serait une possibilité tout à fait envisageable.
— Pense à ma proposition, conseille-t-il au moment où elle franchit le pas de la porte d’entrée, avant de prendre place sur la banquette arrière de la voiture.
Humiliée, Arianna s’efforce de ne pas croiser le regard de Mario. Combien de fois a-t-il raccompagné les maîtresses de son patron ? Combien d’entre elles a-t-il ramenées après leur dernière visite chez Rafe ? Elle n’est qu’un nom de plus sur une longue liste de femmes.
En réalité, il n’y a aucune raison qu’elle éprouve cette mélancolie qui vient de la submerger et dont elle n’arrive pas à se défaire. Le supplice infligé par Rafe s’est montré efficace. Si elle avait été en couple avec lui, jamais elle n’aurait eu envie de le défier – pas eu cette montée du désir vaine.
Au moment où la voiture s’engage dans sa rue, Ari retient ses larmes. Non, elle ne va pas pleurer. Manifestement, Mario est un salarié loyal, qui répétera à son patron ce qui s’est passé. Bientôt, elle sera chez elle et elle pourra pleurer à sa guise… ce qui ne l’avancera pas à grand-chose.
Heureusement, Mario reste silencieux, et lui témoigne même suffisamment de respect pour ne pas la regarder dans le rétroviseur. Elle aime bien le chauffeur de Rafe. En temps normal, elle aurait tenté de briser ce silence, en lui demandant s’il a passé une bonne journée. Mais là, elle est incapable de parler. En prononçant le moindre mot, elle sait qu’elle dira n’importe quoi.
Durant tout le trajet du retour, elle réussit à garder son calme sans s’effondrer, puis elle décline la proposition de Mario, qui insiste pour la raccompagner jusqu’à sa porte. Ari parvient à rentrer chez elle sans que sa clé lui donne trop de fil à retordre, puis elle se dirige calmement vers son lit. Ce n’est qu’une fois en lieu sûr qu’elle autorise ses genoux à céder et son cœur à voler en éclats.
Le problème, c’est qu’elle éprouve des sentiments pour Rafe. Sans aller jusqu’à dire qu’elle est amoureuse de lui, elle a commencé à attendre sa venue, à prendre plaisir à leurs affrontements, à désirer ses caresses. Oui, elle est assez bête de craquer pour un homme qui a été on ne peut plus clair : il n’est pas disponible pour autre chose qu’une relation dont il a fixé les règles.
Mais ce qu’il propose ne lui suffit plus. Elle le sait : si elle continue à le voir, elle se perdra. Par conséquent, elle va s’accorder cette matinée pour pleurer, avant de faire son possible pour ne plus jamais croiser Rafaëlle Palazzo, quoi qu’il lui en coûte. Si elle le revoit, elle finira de nouveau au lit avec lui. Et ça, elle ne s’en remettra jamais.
Le sommeil finit par la gagner, lui faisant oublier son chagrin. À son réveil, en fin d’après-midi, Arianna est fermement décidée à s’en tenir à ses bonnes résolutions et à ne pas retomber dans l’univers tordu de Rafe. Quoi qu’il fasse, elle ne cèdera pas – ni à lui, ni à ses désirs à elle. En attendant, il va falloir vivre au jour le jour.
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