capitulation volume 1 de la trilogie Surrender

Melody Anne · Chapitre 16 sur 42

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capitulation volume 1 de la trilogie Surrender

Chapitre 15

15

 

 

Un sourire illumine le visage de Rafe lorsque Arianna se blottit contre lui. Pliant le bras, il l’attire plus près. Il sent les battements de son cœur et ses seins appuyés contre ses côtes.

Tandis que le coucher de soleil embrase les murs de la chambre, Rafe, un court instant, ne ressent que de la satisfaction pure. Puis, en émergeant complètement de son sommeil, il se fige. Mais qu’est-il en train de faire ? Pas question de se laisser aller au côté d’une femme. Là, il se comporte comme un idiot.

Il regarde par la fenêtre, consterné de s’être endormi auprès d’Ari après leur après-midi torride – et il ne s’est pas contenté de s’assoupir. Non. Il a dormi d’un sommeil de plomb, quatre bonnes heures puisque le soleil est en train de se coucher. Depuis son divorce, il n’a jamais dormi à côté d’une femme, même pas pour une courte sieste. C’est l’une des règles qu’il s’est fixées et qu’il n’enfreint jamais.

Dans ses relations avec les femmes, il refuse toute intimité. Il ne veut que du sexe – du plaisir pur. Pas de sentiments, pas d’émotions. Un environnement totalement maîtrisé.

Avec détermination, il s’écarte du corps tiède d’Ari. Il réprime un gémissement de frustration en constatant qu’elle tente de le retenir, toujours endormie.

S’efforçant de retrouver sa volonté d’acier, il retire la main qu’elle a posée sur son flanc et se glisse hors du lit. Ari gémit doucement dans son sommeil tout en bougeant sur le lit, en quête de sa chaleur. Les yeux de Rafe restent rivés sur le corps à moitié dénudé qui s’étire et commence à se réveiller.

 

Quand la jeune femme ouvre les yeux, il a déjà remis son pantalon, Ari regarde autour d’elle, en se demandant où elle est. Son sourire se fige. Avant d’avoir eu le temps de bannir l’émotion qui le gagne, il sent le désir qui revient et qui monte en lui.

Le drap glisse sur ses courbes, dévoilant des seins parfaits. Des traces de leurs ébats amoureux – non, de leur partie de jambes en l’air, il ne s’agissait que de sexe, corrige-t-il machinalement – couvrent son corps. Des marques rouges parsèment sa peau blanche et ses mamelons roses sont durcis, prêts à accueillir de nouveau la langue de Rafe sur leur surface délicate.

Tant de féminité, tant de perfection…

Rafe détourne le regard pour ramasser ses autres vêtements. Il l’entend alors se redresser dans le lit. Il se tourne vers elle, tout en continuant à boutonner sa chemise. Surprise, elle le regarde avant de tirer le drap pour se couvrir.

— Ne joue pas les prudes, Ari. J’ai touché et léché le moindre centimètre carré de ton corps, raille-t-il, avant d’afficher un sourire suffisant devant sa mine stupéfaite.

— Sortez d’ici, dit-elle d’une voix maîtrisée qui le surprend.

D’un coup, elle monte dans son estime. Il pensait qu’elle allait devenir hystérique ou se mettre à pleurer. Il ne s’attendait pas à ce détachement glacial. Cela devrait le vexer, mais il sait que d’un simple effleurement, il peut embraser son corps. Et puis il n’a rien à prouver.

— Rejoins-moi dans la salle à manger dans vingt minutes… sauf si tu veux que je monte pour venir te chercher de nouveau.

Il attend d’être sorti de la pièce pour sourire, puis se retient d’éclater de rire en entendant un choc contre la porte. Mais qu’a-t-elle bien pu lancer ?

Depuis qu’il a rencontré Arianna Harlow, il ne s’est pas ennuyé une seule seconde. Cette fille ne cesse de le surprendre – par ses réactions, mais aussi par ce qu’elle éveille en lui. Elle a rallumé une flamme qui semblait éteinte depuis bien longtemps et qu’il pensait ne jamais pouvoir raviver.

Il la possédera, aussi longtemps qu’il le désirera. En attendant qu’elle se soumette totalement à lui, il apprécie leurs échanges. Pour un peu, il redouterait presque le jour où il se lassera d’elle. Mais c’est terminé, aucune autre femme ne bouleversera plus son âme malmenée.

Installé à la table de la salle à manger, Rafe fixe l’horloge. Il se surprend à espérer qu’elle tentera de le défier de nouveau. Cela ne lui déplairait pas de lui donner sa première bonne leçon, afin de lui montrer ce qui arrive à ceux qui le contrarient.

Dix-neuf minutes plus tard, il se met à taper du pied nerveusement. Dans une minute, il se lèvera et commencera la leçon.

— Me voilà, maître.

— Maître ?

— Vous vous prenez pour le maître, non ? Sans doute faut-il s’adresser à vous comme à un dictateur, demande-t-elle avant de s’asseoir en face de lui.

— Monsieur conviendra parfaitement, répond-il d’un ton moqueur.

— Et connard, ça vous irait ? rétorque la jeune femme d’un air innocent.

— Attention à ne pas aller trop loin, mademoiselle Harlow, menace-t-il.

— Croyez-vous sincèrement que vous me faites peur, monsieur Palazzo ? En fait, je suis assez curieuse de voir jusqu’où vous irez. Sachez que si vous osez poser la main sur moi, je vous ferai arrêter. Avec tout votre argent, vous serez sans doute très vite libéré – vous avez sûrement tout le monde dans votre poche. Mais j’aurai au moins la satisfaction de vous voir menotté et arrêté, assène la jeune femme en le regardant droit dans les yeux.

— Tout à l’heure, j’ai fait bien plus que poser la main sur toi, Arianna, et ça t’a fait hurler – mais pas de colère. Dois-je te montrer de nouveau combien tu aimes mes mains sur toi et en toi ? demande-t-il avec arrogance.

— Ça n’était pas la façon la plus désagréable d’occuper une après-midi ennuyeuse, mais vous m’avez comprise. J’ai lu votre contrat débile et même si je ne suis pas la personne la plus expérimentée en matière de sexe, je sais lire entre les lignes. Vous voulez avoir tous pouvoirs sur moi ? Choisir ce que je fais, qui je vois, où je vais ? Vous êtes un grand malade qui veut tout contrôler et ça ne m’intéresse pas. Jamais je ne laisserai un homme user à ce point de violence envers moi !

— C’est ce que tu penses ? Vraiment ? Tu crois que j’ai besoin d’utiliser la violence contre les femmes pour les soumettre ? insiste Rafe, furieux, les mains appuyées sur la table et son corps penché vers elle.

Il en tremble de colère.

— Je ne fais que répéter ce que j’ai lu, rétorque Ari, ravie d’avoir touché un point sensible.

— Dans ce contrat, rien ne dit que je prévois de te faire du mal, voyons !

— Alors, expliquez-moi comment vous entendez exercer votre contrôle ?

Rafe se rassied, hors de lui. Plusieurs fois, il respire profondément, en se demandant une fois de plus pourquoi il perd son temps avec elle. Elle s’imagine beaucoup de choses à son sujet et il ne lui doit aucune explication. Le simple fait d’avoir cette discussion le met hors de lui.

 

Sans un mot, il appuie sur une sonnette, indiquant ainsi au personnel que le premier plat peut être servi. Deux personnes entrent pour dresser la table, avant de remplir les verres de vin et d’eau.

Rafe porte le verre à ses lèvres pour boire une gorgée de chenin blanc sec, en attendant que les domestiques aient terminé. Ses yeux ne quittent pas le visage d’Ari. Elle le fixe avant de détourner le regard, remerciant à voix basse le serveur qui a posé une assiette d’antipasti devant elle. Nerveusement, elle prend son verre de vin et boit une grande gorgée. Puis elle avale la moitié du verre avant de le reposer.

Une fois la table dressée, les domestiques se placent au fond de la pièce, prêts à venir remplir les verres si nécessaire et à apporter de nouveaux plats. Par le passé, ils ont fait la preuve de leur loyauté ; il n’a pas besoin de se préoccuper de ses propos en leur présence. Il ne cache rien à ceux qui le servent, il connaît leur discrétion absolue.

— Pourquoi ne travailles-tu pas pour moi ? Tu pourrais en juger par toi-même, finit par lâcher Rafe, au bout de dix minutes de silence qui semblent très étranges à Ari.

Elle lève les yeux comme si elle était surprise de le voir là. Rafe se demande s’il doit se vexer qu’elle ait pu oublier si vite sa présence. Indéniablement, celle qui gémissait de plaisir dans ses bras une heure auparavant ne flatte pas son ego…

— Je vous suis très reconnaissante d’être venu à mon secours dans ce bar et d’avoir appelé un médecin. Mais même si vous étiez arrivé sur un cheval blanc, je n’accepterais pas votre proposition. Ma mère m’a appris à espérer mieux que d’être la maîtresse de quelqu’un. Toute cette mise en scène est inutile. Je ne serai pas à vous. J’entends choisir ma vie !

Un instant, le regard de la jeune femme paraît presque implorant, comme si elle le suppliait de la laisser partir. S’il lui restait un fond d’humanité, Rafe aurait peut-être cédé. Mais cette lutte pour le pouvoir sur les femmes lui est devenue essentielle.

— Tu dis être reconnaissante, or tu n’as manifesté aucune gratitude. Il y a une bonne dizaine de manières dont tu pourrais me remercier, Ari, suggère-t-il avec un sourire méchant. Tu sais très bien comment cela va finir. Pourquoi t’obstiner à résister à l’inévitable ?

— Combien de fois, et de combien de manières différentes vais-je devoir répéter que la réponse est non, monsieur Palazzo. Non, je refuse d’être votre employée, votre maîtresse ou votre pute, répond Ari sur un ton définitif, avant de piquer sa fourchette dans un morceau de poire entouré de prosciutto et de le glisser dans sa bouche.

— Ah, Arianna, tu es pourtant extrêmement talentueuse dans ce dernier domaine. Tu cherches à faire monter les enchères ? Entendu. Je propose un salaire annuel de deux cent mille dollars, répond Rafe d’un air moqueur, en sachant pertinemment que cette remarque va la faire bondir.

Le visage d’Ari devient écarlate. Tout en le fixant droit dans les yeux, elle croque dans un morceau d’artichaut qu’elle mastique énergiquement, traduisant, il en est certain, son envie de le mordre – ce qui n’aurait rien d’agréable.

Puis elle sourit. Rafe la regarde, surpris. Il meurt d’impatience de savoir ce qui va sortir de ses lèvres roses et charnues.

— Vous savez, monsieur Palazzo, vous avez parfaitement raison. Je pourrais prendre plaisir à être une pute. Le sexe, c’est beaucoup moins atroce que le souvenir que j’en avais gardé, dit-elle en lui lançant un regard glacial qui fait accélérer son rythme cardiaque. Seulement voilà : je ne serai jamais votre pute, explique-t-elle d’un ton détaché, comme si elle parlait de la pluie et du beau temps. Je veux choisir mes amants.

Elle cherche à le faire sortir de ses gonds. Et ça marche. Le simple fait de l’imaginer avec un autre homme met Rafe hors de lui. Elle sera libre de s’offrir à qui elle voudra une fois qu’il en aura terminé avec elle – mais aucun homme ne touchera ce qui lui appartient. Et actuellement, elle est à lui.

— Tu aimes me mettre en colère, n’est-ce pas ? demandet-il, tout en faisant signe à son personnel d’apporter le plat suivant. Mais il serait temps que tu m’appelles par mon prénom et que tu me tutoies. Après tout, il y a quelques heures, j’avais ma langue sur tes seins et tu me suppliais de continuer.

Il sourit à Ari dont le visage s’embrase malgré elle. Un domestique vient poser une assiette de soupe devant elle. Elle baisse les yeux, gênée à l’idée de croiser son regard.

Rafe jubile. La jeune femme doit comprendre qu’elle ne peut l’emporter face à lui. Il ne le permettra pas.

— Qu’est-ce qui se passe, Ari ? Tu as perdu ton sens de la repartie ?

— Pas du tout, monsieur Palazzo. Simplement, je ne suis pas aussi obscène que vous, crache-t-elle entre ses dents.

D’un bond, il fait le tour de la table et la soulève de sa chaise. Les yeux écarquillés, elle le dévisage et il sent que son pouls s’accélère.

— Fais attention, je te l’ai déjà dit et je ne plaisantais pas. Ne m’insulte pas. Je ne suis pas obscène avec toi et j’attends la même courtoise de ta part, menace-t-il en lui tirant les cheveux en arrière pour l’obliger à le regarder.

— Ah bon, vous n’êtes pas obscène ? Laissez-moi rire. Vous venez de dire devant vos employés que vous m’avez léchée. Ça n’est pas grossier, ça, peut-être ? Maintenant, lâchez-moi. Vous avez bien affirmé ne jamais recourir à la violence, non ? répond-elle.

Malgré son air de défi, Rafe sent qu’Ari a peur.

— Je ne suis pas violent. Est-ce que je te fais mal, là ?

Il la regarde droit dans les yeux tandis qu’elle se débat, et la maintient fermement plaquée contre lui, pour l’empêcher de bouger la tête. Cependant, il sait parfaitement qu’il ne lui fait pas mal. Et elle aurait du mal à prétendre le contraire.

— Vous me retenez contre ma volonté, finit-elle par lâcher en bougeant ses hanches pour tenter de lui échapper – en vain.

— En te débattant, tu ne fais que frotter ton ravissant corps contre le mien, ce qui me donne envie de te soulever et de t’amener sur un lit. C’est ce que tu veux ?

— Si vous voulez abuser de moi…

— Je n’ai jamais eu à forcer une femme, Ari, et je ne le ferai jamais, souffle-t-il en baissant la tête pour passer délicatement sa langue sur le cou d’Ari.

Il perçoit les battements de son pouls et il sent qu’elle est tiraillée, tandis qu’elle se raidit contre lui. Savoir qu’il pourrait la soumettre lui suffit pour l’instant, et il desserre son étreinte. Lentement, il retourne à sa place, observant avec satisfaction qu’elle se laisse tomber sur sa chaise, comme si ses jambes étaient incapables de supporter son poids.

— Vous pensez avoir remporté une bataille, mais vous n’avez rien gagné du tout. D’accord, nos corps se répondent, mais je n’éprouve aucun respect pour vous, intime-t-elle avec une détermination qui impressionne Rafe.

— Mais je me fiche de ton respect, Ari. Tout ce qui m’intéresse, c’est ton corps, répond-il aussitôt, fasciné par la flamme qui brûle dans les yeux de la jeune femme.

— Eh bien, vous n’aurez plus ni l’un ni l’autre, conclut-elle en remuant la soupe avec sa cuillère.

Aucune prise de bec ne vient perturber la fin du repas. Soudain affamé, Rafe dévore comme quatre, tandis qu’Ari picore dans son assiette. Elle est pressée de partir et ne cesse de regarder l’horloge, alors il prend un malin plaisir à faire durer le repas, afin de la faire enrager.

 

Une heure plus tard, alors qu’ils sont en train de boire un café, il se dit qu’il aurait bien envie de la séduire de nouveau. La prendre une fois de plus. Seulement, il n’est pas sûr que ce soit le mouvement le plus judicieux à faire dans la partie d’échecs qui les oppose.

— Monsieur Palazzo, votre mère au téléphone, sur la deux.

Voilà qui met un terme à ses hésitations. Sa famille passe avant les femmes, et même avant son plaisir.

— Merci. Veuillez ramener mademoiselle à sa chambre, je vous prie.

— Bien, monsieur.

— Inutile, je vais rentrer chez moi, affirme Arianna en se levant.

— J’en ai assez de discuter avec toi. Tu vas rester ici, comme l’a dit le médecin. Ne t’inquiète pas, je ne viendrai plus t’importuner, conclut-il d’un ton sans appel.

En sortant de la pièce, il entend Ari pousser un soupir de frustration. Il sait que son personnel veillera à ce qu’elle rejoigne la chambre, sans tenter de s’échapper.

 

En ouvrant les yeux le lendemain matin, Ari découvre un mot sur la table de chevet, qu’elle s’empresse de lire. Soulagée, elle apprend qu’elle va pouvoir quitter sa prison dorée : Rafe a autorisé son assistant à la raccompagner chez elle.

Elle décide de ne pas passer par la salle de bain, de crainte de s’habituer à la baignoire et à la douche luxueuses. La jeune femme veut partir aussi loin que possible avant de commettre une bêtise – comme accepter la proposition.

Compte tenu de la séduction qu’il exerce sur elle, il serait facile de dire oui – ce qui serait suicidaire. Une intuition lui souffle que les femmes ne sont plus jamais les mêmes après avoir côtoyé Rafe.

Cet homme suscite trop d’émotions, qu’il s’agisse de désir ou de haine. Elle ose à peine imaginer dans quel état finissent celles qui ont été suffisamment stupides pour tomber amoureuses de lui. Mais cette expérience lui aura au moins permis de découvrir que le sexe peut être très bon.

Rafe lui a révélé des sensations qu’elle a envie de revivre. Elle décide de prendre le temps de sortir, car cette aventure ne doit pas rester sans lendemain. Quelque chose s’est ouvert en elle qu’il lui sera impossible de refermer. Et qu’elle n’a pas la moindre envie de refermer.

 

Elle attrape son sac et descend l’escalier, prenant le temps de regarder autour d’elle. Sa curiosité l’agace, mais elle n’arrive pas à la réprimer. Rafe a bon goût en matière de déco et d’ameublement : dans son intérieur, des couleurs vives répondent à des bois sombres aux teintes saturées. Désireuse de ne pas en apprendre davantage sur cet homme, Ari s’oblige à se diriger droit vers la porte d’entrée, où elle découvre avec plaisir une voiture qui l’attend.

— Ravi de voir que vous êtes rétablie, mademoiselle Harlow.

— Merci. Tout le personnel a été aux petits soins pour moi. Je n’ai jamais été aussi gâtée, répond Arianna.

Elle apprécie le bras droit de Rafe. Certes, il n’a pas cherché à la mettre en garde. Mais comment lui reprocher sa loyauté face à son employeur ?

— Souhaitez-vous que nous nous arrêtions quelque part avant d’aller chez vous ?

Ari réfléchit une seconde, tandis que l’homme ouvre la portière de la voiture. Une fois chez elle, elle n’aura sans doute pas envie de ressortir et elle sent sa migraine revenir. Pourquoi ne pas profiter de la voiture ?

— Si vous n’êtes pas trop pressé, pourrions-nous nous arrêter dans une pharmacie ?

— Bien entendu. Je suis à votre disposition aussi longtemps que vous le souhaiterez. Monsieur Palazzo m’a demandé de rester à votre service toute la journée, répond-il avec entrain en fermant la portière, avant de faire le tour de la voiture pour s’installer sur le siège conducteur.

Ces propos laissent Ari perplexe. Pourquoi Rafe, si prévenant et gentil par moments, est aussi odieux à d’autres ? Les choses auraient été tellement plus simples si elle avait rencontré un étudiant sur le campus de Stanford, au lieu de croiser son chemin. Vraiment, elle aimerait pouvoir le chasser de son esprit, mais plus elle apprend à le connaître, plus elle a envie de s’intéresser à cet homme mystérieux qui à tant à offrir, mais qui demande plus qu’elle ne peut donner.

— Non, une halte à la pharmacie suffira. Ensuite, il faut que je rentre afin d’être en forme pour retourner travailler demain, répond-elle.

— Entendu. Si vous changez d’avis, n’hésitez à me le dire. Souhaitez-vous écouter de la musique ?

— Non merci, j’ai mal à la tête. Je vais fermer les yeux pour essayer de me reposer un peu pendant le trajet. Je vais prendre de l’ibuprofène, ça me fera du bien.

M. Kinsor garde le silence pendant le trajet. La voiture est confortable et silencieuse. Il ne leur faut pas longtemps pour trouver une pharmacie, puis pour rejoindre l’appartement d’Ari.

De retour chez elle, la jeune femme se sent tout à coup très seule.

 

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