capitulation volume 1 de la trilogie Surrender

Melody Anne · Chapitre 2 sur 42

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capitulation volume 1 de la trilogie Surrender

Chapitre 1

1

 

 

Trois ans plus tard

 

— Vous êtes beaucoup trop maigre.

Arianna Harlow tremble de tous ses membres, tandis que l’homme se déplace autour d’elle, ne cessant de faire le tour de sa chaise. Elle se sent comme un animal en cage, dans l’attente d’un prédateur. Pourquoi est-elle encore là ? Pourquoi n’a-t-elle pas répondu que ce job ne l’intéresse pas et que c’est un regrettable malentendu ?

En réalité, elle connaît parfaitement la réponse à cette question. Comment pourrait-elle oublier la situation dans laquelle elle se trouve, qui l’empêche de prendre ses jambes à son cou – si tant est qu’elle décroche le job ? Elle arrive à peine à joindre les deux bouts, et les factures s’accumulent dans sa boîte aux lettres. D’un jour à l’autre, sa mère risque d’être transférée de son centre de convalescence vers une autre unité. Ari est terrorisée. Si sa mère est envoyée dans un hôpital public, elle sera moins bien soignée. Et la jeune femme n’a plus un dollar sur son compte en banque.

Elle doit empêcher cela – elle fera tout pour que cela n’arrive pas. Arianna a déjà abandonné ses études à l’université au cours du semestre précédent. Toute sa vie a basculé à cause d’un infime instant, à cause d’une terrible erreur.

Si seulement…

Ces deux mots la hantent depuis six mois. Il y a différentes suites à cette litanie, qui commence toujours par si seulement…

Si seulement elle n’avait pas appelé sa mère ce soir-là, prise de panique.

Si seulement elle n’était pas allée à cette fête, pour commencer.

Si seulement sa mère était partie de chez elle quelques minutes plus tard.

— Vous m’écoutez ? tonne la voix de Rafaëlle Palazzo, faisant sursauter Arianna sur sa chaise.

Il lui faut une fraction de seconde pour se souvenir de ses propos. Ah oui, qu’elle est trop maigre.

— Bien sûr, monsieur Palazzo. Simplement, je ne sais que répondre.

— Ouais.

La voix de l’homme lui fait l’effet d’un ronronnement qui remonte le long de ses terminaisons nerveuses. Celui qui fait les cent pas devant elle est terriblement intimidant : des cheveux noirs de jais, des yeux magnifiques, et un bon mètre quatre-vingt, du haut duquel il la domine. Face à lui, elle se sent mal habillée, trop commune. Pas à sa place dans ce bureau luxueux.

 

Tandis qu’il s’approche de nouveau, Arianna repense à la semaine écoulée, qui s’est révélée surprenante. Jamais on ne lui a demandé des choses aussi bizarres lors d’un recrutement.

En un mois, elle a envoyé plus de cent candidatures, et seuls trois employeurs l’ont rappelée. Le premier poste était dans une banque. Le directeur l’a contactée quelques jours après l’entretien, pour lui annoncer que le poste était pourvu. Le deuxième se trouvait dans une compagnie d’assurances, qui a jugé son expérience insuffisante.

Quant au troisième job… eh bien, elle aurait bien du mal à décrire cette procédure de recrutement. L’annonce disait simplement ceci :

Poste à plein-temps à pourvoir chez Palazzo Corporation. La candidate pourra être amenée à travailler sept jours par semaine, horaires extensibles. Elle devra être célibataire, libre de tout engagement – ni contraintes familiales, ni autres emplois à côté, ni études en cours. Salaire : 100 000 dollars par an plus frais. Prière de passer déposer le dossier de candidature en personne au siège de l’entreprise.

Tout en jugeant peu probable de décrocher le gros lot, Arianna s’est dit qu’elle n’avait rien à perdre. Aussitôt, elle avait remanié son CV, sur lequel ne figurait pas grand-chose : deux ans dans la pizzeria de son quartier, suivis de quatre ans ou presque de secrétariat à temps partiel au département d’histoire de l’université Stanford. Puis plus rien – un trou de six mois pendant lequel elle s’est occupée de sa mère et a géré les répercussions de cette nuit de cauchemar.

À quelques mois seulement de l’obtention de son diplôme, sa vie a basculé de manière irréversible, à cause d’une erreur idiote, la seule de sa vie. Comment a-t-elle pu être aussi imprudente, alors qu’elle s’apprêtait à achever ses études ? Cette nuit la hantera à jamais.

Un calepin en cuir sous le bras, abritant son CV et le formulaire de candidature, elle est entrée dans le spacieux bâtiment, puis s’est adressée au vigile dans le hall, qui l’a envoyée au secrétariat, au vingt-cinquième étage. En sortant de l’ascenseur, elle espérait déborder d’assurance. Elle a remis son CV à la secrétaire à l’accueil.

— Merci, mademoiselle Harlow. Veuillez vous asseoir, je vous prie, monsieur Kinsor va vous recevoir dans un instant.

Évidemment, il n’y a que des femmes dans la salle d’attente – pas un seul homme en vue. Fait inquiétant, toutes les candidates semblaient beaucoup plus expérimentées qu’elle, même si elle ne connaissait pas la nature du job à pourvoir. Les unes après les autres, les candidates ont été appelées dans un bureau, puis la porte s’est refermée sur elles. Environ dix minutes plus tard, elles sont ressorties, affichant des mines confiantes tout en jetant un regard à celles qui attendaient encore.

Le monde de l’entreprise est peuplé de requins et Ari ne sait pas trop si elle a envie de se jeter à l’eau.

— Mademoiselle Harlow ?

— Oui, c’est moi, a-t-elle lancé, en ajustant ses grandes lunettes.

Tirant sur sa chemise deux tailles trop grande, elle s’est levée pour se diriger d’un pas assuré vers le petit homme vêtu d’un costume impeccable, qui l’a accueillie avec un sourire bienveillant.

— Par ici, je vous prie.

Elle l’a suivi dans un bureau avec un écran bleu sur le mur. Dans la pièce se trouvait une table sur laquelle étaient posés une feuille de papier et un stylo. Rien d’autre.

— Asseyez-vous, je vous en prie. Je vais vous prendre en photo.

Ari s’est interrogée sur l’intérêt de prendre une photo à ce stade du recrutement. Peut-être allait-elle servir à établir une carte d’accès ou un badge ? Généralement, ces choses se font une fois le recrutement décidé. Ou bien peut-être la photo sera-t-elle transmise à la sécurité, pour s’assurer qu’elle n’est pas une criminelle ? Peu importe. Elle ne va pas protester.

Elle s’est assise et a attendu le flash, consciente d’afficher un sourire peu naturel. Cependant, elle était si tendue qu’elle a eu du mal à esquisser autre chose qu’une pauvre grimace.

— Veuillez remplir ce formulaire, en indiquant vos coordonnées actuelles. Si vous franchissez la première étape du processus de recrutement, nous vous rappellerons d’ici trois à cinq jours, a expliqué Mario Kinsor, avec le même sourire gentil.

Il ne lui a pas demandé si elle avait des questions, pas plus qu’il n’a donné de précisions sur le job. En temps normal, elle se serait contentée de remplir les documents et de garder le silence, mais sa curiosité croissante l’a poussée, avec une audace qui ne lui ressemblait pas, à demander des détails sur le poste.

— Monsieur Kinsor, l’annonce dans le journal était assez floue. Pouvez-vous me dire quelle sera exactement ma mission ?

— Si vous passez à l’étape suivante, nous vous fournirons davantage de renseignements, mademoiselle Harlow. Je suis désolée, mais monsieur Palazzo ne tient pas à dévoiler trop d’informations sur ce poste qui est… confidentiel, a-t-il ajouté avec une brève hésitation.

— Je comprends, a répondu la jeune femme avec un sourire, même si elle n’a rien compris du tout.

Elle a parcouru du regard la feuille posée devant elle, ce qui a encore ajouté à sa confusion.

Quels sont vos loisirs ?

À quand remonte votre dernière relation ?

Êtes-vous disponible pour voyager ?

Très indiscrètes, ces questions ! A-t-on le droit de demander des renseignements sur la vie privée des gens lors d’entretien de recrutement ? Malgré tout, elle a répondu de son mieux, avant d’arriver enfin à une question pertinente :

Quels sont vos objectifs de carrière ?

En lisant cette question, un large sourire a illuminé son visage. Avant l’accident de voiture de sa mère, avant que sa vie ne vole en éclats, elle était une étudiante brillante à l’université Stanford s’apprêtant à décrocher sa licence d’histoire. Ensuite, elle avait prévu de faire un master, puis un doctorat pour devenir professeur d’université.

Un jour…

Au fond de son cœur, elle a toujours l’espoir de retrouver sa vie d’avant – d’atteindre ses objectifs. Mais dès qu’elle y repense, la culpabilité la submerge. Sa mère aurait aimé retrouver sa vie d’avant, elle aussi. Mais jamais elle ne le pourra. Ce n’est que justice qu’Ari fasse des sacrifices. Elle doit payer pour sa faute.

 

Sandra a tout sacrifié pour que sa fille ne manque de rien. Elle l’a inscrite dans une école privée, puis elle s’est serré la ceinture pour faire des économies et l’envoyer dans la meilleure université. Arianna a obtenu des bourses, mais sa mère a payé logement, nourriture, et même sa voiture adorée.

Ari n’avait pas conscience de tous ces sacrifices, jusqu’au jour où sa mère a été hospitalisée. La vie l’a alors contrainte à grandir très vite. Maintenant, c’est elle qui est responsable de sa maman – et elle est en train d’échouer dans le nouveau rôle que la vie lui a assigné.

Depuis l’accident de voiture de sa mère, leurs deux vies sont placées sous le signe de l’angoisse totale et de l’incertitude.

Heureusement, la Palazzo Corporation l’a rappelée. Mais le deuxième entretien a été encore plus étrange que le premier. Elle a dû se soumettre à un test de forme physique.

On lui a demandé de courir sur un tapis pendant une demiheure, puis on l’a chronométrée sur une course d’obstacles, avant de tester son endurance.

Pendant ses années de lycée ainsi qu’à l’université, elle a pratiqué la course à pied, par conséquent, elle s’en est bien sortie, mais à chaque étape de cet étrange recrutement, son inquiétude était allée croissant : à quel job était-elle donc en train de postuler ?

La seule réponse qu’elle a obtenue, lors du deuxième entretien, c’est qu’il s’agissait d’un poste au contenu confidentiel, auprès du P.-D.G. de l’entreprise. Allait-elle devoir esquiver des tirs d’armes à feu ? Elle a eu vent de rumeurs selon lesquelles les activités du groupe n’étaient pas toujours vues d’un bon œil à l’étranger – certains États estimant que Rafe Palazzo allait trop loin.

Ari a fait quelques recherches au sujet de cet homme : son personnel l’aime bien, car il propose des salaires élevés et d’excellents avantages. En général, ce sont plutôt ses concurrents qui disent du mal de lui, car lorsqu’il prend d’assaut un marché, dans n’importe quel secteur, il rafle tout. Elle sait donc qu’en décrochant le poste, elle aura une sécurité de l’emploi. Il est rare que les employés de la Palazzo Corporation démissionnent.

Le salaire proposé était suffisamment mirobolant pour assurer des soins de qualité à sa mère, tout en laissant à Ari de quoi vivre et faire des économies – et peut-être même reprendre ses études dans quelques années. À ce stade, elle était prête à tout, ou presque, pour être embauchée.

— Mademoiselle Harlow, si vous ne prenez pas cet entretien au sérieux, je vais vous demander de partir, décrète Rafaëlle d’un ton agacé, la ramenant en un clin d’œil à la réalité.

— Excusez-moi. Je prends cet entretien très au sérieux, répond-elle aussitôt, espérant ne pas avoir raté une question.

— Il est hors de question que je me répète encore une fois – est-ce clair ?

Sans lui laisser le temps de répondre, il poursuit :

— Je vous demandais si vous étiez disponible, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Il ne s’agit pas d’un travail à horaires réguliers, du lundi au vendredi. Je cherche une personne disponible sept jours par semaine, de jour comme de nuit. Il y aura des moments où je n’aurai pas besoin de vous pendant des périodes prolongées et d’autres où il faudra être présente plusieurs jours d’affilée. Le poste peut impliquer des déplacements. Il est donc indispensable que vous n’ayez pas d’autres engagements. Si cela ne vous convient pas, cet entretien s’arrêtera là.

Sentant sa gorge se nouer, Arianna s’efforce de retenir ses larmes. Pour la première fois depuis leur rencontre, elle le regarde droit dans les yeux, découvrant leur couleur inhabituelle.

Elle a déjà entendu parler de ce phénomène appelé « hétérochromie », qui donne des iris bicolores. Autour de la pupille de Rafe Palazzo, l’iris est violet sombre et devient plus clair vers l’extérieur, où il est d’un magnifique bleu nuit. Il a des yeux fascinants – mystérieux. Impossible d’en détacher son regard, même si les yeux de son interlocuteur sont en train de se plisser avec intensité.

— Je n’ai pas d’autres obligations. Je suis disponible, répond-elle en croisant mentalement les doigts.

Bien sûr qu’elle a des obligations vis-à-vis de sa mère. Mais avec ce salaire, elle n’aura plus de souci à se faire. Elle pourra lui rendre visite pendant les périodes où elle ne travaillera pas. Et si son emploi du temps l’empêche d’aller la voir pendant un mois, elle en sera horriblement triste, mais l’essentiel est que sa mère soit entre de bonnes mains. De plus, sa mère ne souffrira pas de son absence, puisqu’elle est plongée dans le coma.

— Et qu’en est-il de votre mère ? demande l’homme, comme s’il lisait dans ses pensées.

Interloquée, elle garde le silence quelques secondes de trop, puis lâche :

— Comment savez-vous, pour ma mère ?

— Je possède toutes les informations nécessaires à votre sujet, Arianna, répond-il, avec un léger rictus au coin de la bouche.

Il a l’air d’en savoir beaucoup trop. Aussitôt, Arianna a envie de prendre ses jambes à son cou. Quelque chose ne va pas. Elle va au-devant d’ennuis, elle le sent. Son instinct lui dit qu’elle devrait bondir de sa chaise et partir en courant. Mais non. Sa loyauté vis-à-vis de sa mère l’incite à rester assise.

— Vous savez, ma mère est entre de bonnes mains. Elle n’a même pas conscience que je viens lui rendre visite. Si elle ne me voit pas pendant des périodes prolongées, cela ne lui fera rien.

 

Le capitaine d’industrie se remet à tourner autour de la chaise d’Ari, incitant celle-ci à bouger nerveusement. Lorsqu’elle est mal à l’aise, soit elle tape du pied, ce qui agace prodigieusement son entourage, soit elle se mordille l’ongle du pouce. Cela la démange de porter sa main à la bouche, mais au prix d’un effort surhumain, elle parvient à garder ses mains sur les genoux.

— Ça pourrait poser problème. En même temps, elle est votre seule famille. On va dire que ça va, pour le moment.

Mais qu’est-ce qu’il raconte ? « On va dire que ça va » ? Arianna respire profondément par le nez pour garder son calme. Elle a besoin de ce job, ne cesse-t-elle de se répéter. Serrant les poings, elle crispe sa mâchoire pour s’empêcher de donner son avis sur le traitement qu’on lui fait subir.

— Quelque chose vous contrarie, mademoiselle Harlow ? demande-t-il d’une voix doucereuse, en la contournant pour la regarder de nouveau dans les yeux.

Elle a le sentiment qu’il l’analyse, qu’il la passe au scanner pour voir s’il perd son temps avec elle ou pas. C’est ainsi qu’il doit procéder en affaires, elle en est convaincue. Ce qui explique sans doute pourquoi il en est arrivé là, au sommet, contrairement à elle qui est tout en bas de l’échelle.

Certaines personnes débordent de confiance en elles, d’aptitude à commander et à conquérir. Ce type en fait partie. Elle se damnerait pour avoir ne serait-ce qu’un peu de cette attitude de conquérant et de cette confiance en soi inébranlable.

— Non, tout va très bien, monsieur, répond-elle, fière du calme et de l’assurance qui émanent de sa voix – alors que ses nerfs sont à fleur de peau.

— Vous m’intriguez, mademoiselle. Vous essayez de vous cacher derrière ces vêtements ridiculement amples et ces grosses lunettes, mais quelque chose me donne envie de découvrir ce que vous cherchez à dissimuler.

Il marque une pause, pendant laquelle elle tire de nouveau sur l’extrémité de son chemisier.

— Je n’hésite jamais lorsque j’ai une décision à prendre et j’ai décidé de vous embaucher… à l’essai. Votre caractère est susceptible de poser problème, mais je n’aime pas les gens dociles. Obéissants… oui, mais pas dociles.

Ari le regarde, ébahie. Qu’est-ce que la docilité et l’obéissance viennent faire ici ?

— Vous avez signé un accord de confidentialité avant d’entrer dans ce bureau, n’est-ce pas ? Ce que je vais vous dire est strictement confidentiel… et sachez que mes avocats veillent à faire respecter cet accord à la lettre. Une ancienne salariée a tenté d’en parler aux médias – un tel incident ne s’est produit qu’une seule fois. Disons simplement qu’elle a tout perdu… et que les rumeurs ont rapidement été dissipées. Je suis extrêmement dur en affaires, mademoiselle Harlow, et mieux vaut ne pas m’avoir pour ennemi, dit-il sur un ton détaché.

Ari avale sa salive sans le quitter des yeux. Il parle de la ruine d’une femme comme il mentionnerait son déjeuner de la veille. A-t-elle vraiment envie de travailler pour un homme pareil ?

En même temps, a-t-elle le choix ?

— Je sais très bien ce que j’ai signé, monsieur.

Tout en se redressant sur sa chaise, la jeune femme se dit qu’elle a peut-être une chance de décrocher le job. La perspective de tout perdre ne lui fait pas peur – elle n’a rien à perdre. De plus, elle sait tenir sa langue. Et puis, ce n’est pas comme si elle avait des amies à qui faire des confidences. Ses études ont toujours été sa priorité, elle n’a pas eu le temps d’entretenir des amitiés. Aucune n’a résisté à l’épreuve du temps, toutes ses copines finissant par la trouver trop studieuse.

Une fois seulement, elle a voulu faire comme toutes les autres étudiantes… le simple fait d’y repenser la fait frissonner. C’est précisément pour cela qu’elle est en train de passer cet entretien d’embauche, pour un job dont elle a peur de découvrir le contenu exact, au lieu d’être dans une salle de cours, à écouter son professeur.

Le regard perçant de Rafe Palazzo la fige. Il a affirmé qu’il ne revient jamais sur une décision. Cependant, le regard avec lequel il la jauge semble dire autre chose. Visiblement, il ne sait pas s’il a vraiment envie de la recruter.

Rapidement, elle prononce une prière, espérant qu’elle n’a pas tout fait capoter. Le conseil de sa mère, le jour où elle l’a déposée à la résidence universitaire de Stanford pour entamer sa première année d’études, lui revient en mémoire. Ce jour-là, sa mère lui a dit que les choses qui paraissent trop belles pour être vraies sont sans doute trop belles pour être vraies. Et dans ce cas, mieux vaut prendre ses jambes à son cou. Arianna se dit qu’elle serait sans doute bien inspirée de suivre ce conseil.

— Très bien, mademoiselle, je vais vous expliquer votre mission : il s’agit d’être ma maîtresse.

 

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