capitulation volume 1 de la trilogie Surrender
Chapitre 19
19
Rafe aurait dû être furieux de l’initiative de ses sœurs, mais il est trop content de tenir le bras d’Ari et de sentir la courbe voluptueuse de son sein contre son bras. Il sait pourtant qu’il n’a pas seulement envie de la faire ployer, mais qu’il est aussi intrigué par sa personnalité. Rafe décide de poursuivre la traque. Ignorant son intuition, il choisit de passer une bonne soirée en bonne compagnie.
— Vous avez un bateau magnifique.
Le compliment de la jeune femme lui fait chaud au cœur – un sentiment qu’il préférerait ne pas ressentir. Il envisage de lancer une réponse cinglante, mais quelque chose le retient.
— Merci. Par ici, dit-il en ouvrant une porte qui donne sur la magnifique salle à manger.
Au centre trône une grande table pouvant accueillir vingt personnes. La pièce compte aussi un coin salon, où les membres de sa famille sont en train de discuter avec animation en prenant l’apéritif.
— Ah, nous commencions à nous demander où tu étais passé, remarque son père en se levant. Qui est cette charmante jeune femme ?
— Papa, je te présente Ari. Par le plus grand des hasards, les filles ont fait sa connaissance à la plage aujourd’hui et l’ont invitée à bord, répond Rafe en foudroyant ses sœurs du regard.
Gênées, les deux jeunes femmes regardent ailleurs.
— Il nous fallait quelqu’un pour compléter notre équipe de volley et nous sommes tombées sur Ari. Nous n’avions pas la moindre idée qu’elle était… l’amie de Rafe, répond Rachel avec un sourire innocent.
— Quelle extraordinaire coïncidence, rétorque Rafe, d’un ton moqueur.
— Ari, je suis ravie de faire votre connaissance. On dirait que vous plaisez beaucoup à mon fils, dit sa mère avec un accent italien qui s’est atténué au fil des années aux États-Unis, tout en restant bien présent.
Rosabella s’avance et prend la main d’Ari, avant de se pencher en avant pour l’embrasser. Ari rosit légèrement de cet accueil chaleureux.
— Moi aussi, je suis enchantée, madame Palazzo.
— Ma belle, appelez-moi Rosabella.
— Merci, Rosabella. Vous avez des filles formidables. J’ai passé une excellente journée en leur compagnie. Je n’étais encore jamais montée sur un aussi grand bateau, c’est magnifique.
Rafe remarque qu’Ari n’a aucun mal à appeler sa mère par son prénom.
— Mon vilain fils ne vous a encore jamais amenée à bord ? Il va falloir que je lui rappelle les bonnes manières. Oui, ce yacht est une merveille. Je crois que mon mari et moi devrions nous en offrir un pour faire de longs voyages. Je pense pouvoir m’habituer facilement à une vie de navigatrice, affirme Rosabella en éclatant de rire.
— Je vais commander un bateau dès demain pour t’enlever à l’autre bout du monde, répond le père de Rafe en se baissant pour embrasser tendrement sa femme.
L’amour qui unit ses parents réjouit Rafe. Si seulement il n’avait pas vu autant de malheur dans d’autres couples…
Lia s’exclame :
— Maman, tu mets l’invitée de Rafe mal à l’aise !
Les joues d’Ari rosissent de nouveau.
— Pas du tout, ça ne me dérange pas, murmure-t-elle.
— Moi, en tout cas, je meurs de faim. Ce match de volley m’a affamée, dit Rachel pour faire diversion.
— Moi aussi, surenchérit Lia.
— Oui, Ari disait justement qu’elle a une faim de loup. Vous avez dû vous démener sur le terrain. La prochaine fois, je viendrai jouer avec vous, lance Rafe en regardant Ari, dont les yeux se dérobent sous l’effet de la panique.
Elle est vraiment mignonne quand elle baisse sa garde, se dit Rafe. Non, pas mignonne. Plutôt carrément sexy. Il faut que je continue à lui mettre la pression.
— Tu avais plusieurs rivaux qui auraient volontiers enlevé Ari, cet après-midi, affirme Rachel avec un sourire malicieux en direction de Rafe.
Celui-ci fixe sa sœur avant de se tourner vers Arianna, qui regarde Rachel, horrifiée.
— Ah oui vraiment ? Raconte-moi ça, ordonne Rafe.
— Je crois que c’est l’effet de ce bikini rouge, dans lequel elle est vraiment canon. Les gars se battaient pour lui proposer à boire et pour l’aider à se relever quand elle tombait sur le sable. Et puis il y a eu ce type qui l’a invitée à prendre un verre et à dîner. On a été tentées d’accepter et de s’incruster, juste pour observer leur manège, mais le bateau nous attendait, répond Lia.
Rafe n’est pas dupe du petit jeu auquel se livrent ses sœurs. Mais qu’importe. Le simple fait d’imaginer ces inconnus en train de draguer Ari lui noue l’estomac.
Il doit marquer cette fille au fer rouge – pour que la terre entière sache qu’elle n’est pas disponible. Et le plus tôt sera le mieux.
— Je vais passer voir le capitaine. En attendant, installez-vous à table. Je vais faire servir le dîner, lance Rafe d’un ton brusque avant de quitter la pièce.
Il vient de décider qu’ils passeront la nuit en mer. Sa famille n’y verra pas d’inconvénient, il le sait, et il veut retenir Ari prisonnière sur le bateau, à ses côtés – ainsi, elle ne pourra lui échapper. Il va lui montrer qui est le maître.
Peu après, il revient dans la salle à manger, et l’entrée est servie. Installé à côté d’Ari, il sent sa colère s’estomper, et son désir s’accroître.
Des discussions animées ne tardent pas à emplir la pièce, tous les membres de sa famille parlant en même temps avec exubérance. Dans cette situation, Rafe adore se mettre en retrait et écouter les personnes qu’il aime le plus au monde discuter et se couper la parole entre elles. Toute cette animation apaise cet homme au sang chaud.
— Ari, est-ce que Rafe t’a raconté qu’il était un vrai petit voyou quand il était ado ? demande Lia avec un regard malicieux.
— Lia…, avertit Rafe sur un ton menaçant, dont elle ne tient absolument pas compte.
— J’ai un peu du mal à imaginer monsieur… euh, à l’imaginer enfant, répond Ari en se reprenant aussitôt.
Un peu déçu, Rafe remarque qu’elle ne l’a pas appelé par son nom de famille. Dommage : il avait en tête plusieurs punitions exotiques à lui infliger.
Il glisse la main sous la table pour la poser sur la cuisse nue d’Ari, qui sursaute et renverse presque son verre de vin.
— Tout va bien ? demande Rosabella, qui a surpris son geste.
— Oui. Désolée, je suis un peu maladroite. J’ai dû rester trop longtemps au soleil aujourd’hui, répond-elle en s’efforçant de repousser discrètement la main qui l’envahit.
Il lui serre légèrement la jambe, pour bien lui faire comprendre qu’il n’a pas la moindre intention de la lâcher.
Elle lui lance un regard désespéré avant de répondre à la question que le père de Rafe vient de poser. Tandis que la main se promène sur sa cuisse, la jeune femme paraît tendue et serre les jambes. C’est sûr, elle se fatiguera avant lui. Elle en aura assez de rester figée avant qu’il se lasse de la caresser.
— Oui, Rafe a été un enfant, même si cela paraît difficile à croire aujourd’hui où il est toujours en costume. C’était un vrai petit monstre, qui n’arrêtait pas de nous jouer des tours, à Rachel et à moi. Voilà sa pire blague : un soir, je suis rentrée à la maison, après avoir fait du bénévolat à l’église. Il était tard et ma chambre était plongée dans l’obscurité. J’ai allumé ma lampe et j’ai soulevé mes couvertures, pour me glisser dans mon lit. Là, j’ai vu un serpent de plus de deux mètres sur mon drap ! J’ai hurlé tellement fort que quelques secondes plus tard, mon père est arrivé dans ma chambre, une arme à la main. Rafe avait caché un serpent dans mon lit ! Heureusement, il a été privé de sorties pendant un mois. Je dois avouer qu’aujourd’hui encore, le simple fait de voir un serpent, même une couleuvre, me met dans tous mes états, dit Lia.
— Mais où avait-il trouvé cet animal ?
— Il appartenait à l’un de ses amis. Après cet incident, maman a refusé qu’il ait un serpent à lui, ce dont il avait presque réussi à la convaincre. Sur ce coup-là, j’étais assez contente.
— Moi aussi, je déteste les serpents.
— Mais qui aime les serpents ? Il faut être soi-même un reptile pour apprécier ces animaux, se moque Lia en tirant la langue à son frère.
— Toi aussi, Lia, tu nous as fait de sacrés coups. Raconte un peu pourquoi j’ai caché ce serpent dans ton lit, rétorque Rafe en riant, pas vexé le moins du monde par l’insinuation de sa sœur.
— Ça n’était rien du tout comparé à ce que tu m’as fait !
— Rien du tout ? Tu plaisantes ou quoi ? Elle a mis du poil à gratter dans mon short de sport ! En cours d’EPS, j’ai commencé mon jogging, et j’ai été obligé de courir comme un fou vers les douches. Pendant toutes mes années de lycée, mes copains se sont moqués de moi à propos de cette histoire !
— Oh, c’est trop drôle ! s’exclame Ari en éclatant de rire tout en levant vers lui des yeux pétillants de malice.
Les plaisanteries du clan Palazzo incitent Ari à se détendre. Rafe en profite pour remonter sa main sur la jambe de la jeune femme, puis pour glisser ses doigts à l’intérieur de sa cuisse. Avant qu’elle ait eu le temps de réagir, ses doigts touchent le minuscule morceau de dentelle qui couvre son intimité. Aussitôt, elle resserre les jambes, plaquant involontairement la main de Rafe contre sa chaleur. Un intense plaisir le submerge en découvrant à travers la dentelle une sensation chaude et humide. Elle le désire – qu’elle le veuille ou non.
Soudain, ce petit jeu l’excite terriblement, au point d’en être presque douloureux. Savoir le corps d’Ari prêt à l’accueillir provoque chez lui une érection lancinante. Jetant un regard furieux dans sa direction, Ari écarte les jambes et Rafe retire sa main à contrecœur. Jamais il n’aurait tenu jusqu’à la fin du repas en la sentant si chaude et si humide – sans compter qu’il n’est pas évident de manger d’une seule main ! Les joues de la jeune femme sont roses et sa respiration s’est accélérée. Elle refuse obstinément de croiser son regard. Bien qu’elle fasse de son mieux pour continuer à discuter avec sa famille comme si de rien n’était, il devine combien elle prend sur elle.
Alors que le repas touche à sa fin, Rafe pousse un soupir de soulagement. Bientôt, il l’aura de nouveau pour lui tout seul. C’est sûr, il ne mettra pas longtemps à la convaincre de lui céder. Le plaisir qu’il pourrait lui donner est immense et il ne fait aucun doute qu’elle assouvira tous ses désirs.
Une fois le dessert terminé, Rafe se dit qu’il est temps de passer à autre chose qu’à des discussions en famille. Il veut avoir Ari dans son lit. Ce qu’il ressent est au-delà de l’envie – un désir qui le tenaille au niveau de la braguette. Est-ce qu’il vient vraiment de penser une chose pareille ? se reproche-t-il. Un désir ? Qui le tenaille ? N’importe quoi ! Disons plutôt qu’il s’agit d’une folle envie de baiser.
— Vous apprécierez la surprise, je l’espère : je viens d’annoncer au capitaine que nous passerons la nuit en mer. J’ai pensé que cela vous ferait plaisir de rester sur le bateau, annonce Rafe sans regarder en direction d’Ari.
Du coin de l’œil, il voit qu’elle a sursauté avant de se tourner vers lui.
— Euh… mais je ne peux pas. Je dois rentrer chez moi, bégaie-t-elle.
— Oh, vous travaillez demain, Ari ? interroge innocemment Martin, qui n’a pas perçu combien la jeune femme est tendue.
— Non, répond-elle en hésitant. Non, je ne travaille pas, mais j’ai des lessives à faire et plein d’autres choses à préparer pour la semaine, ajoute-t-elle d’une petite voix.
— Ne t’inquiète pas, Ari. Nous ne rentrerons pas tard, rétorque Rafe sur un ton sans appel.
— Quelle excellente surprise, Rafe ! décrète son père. Cela me permettra de voir comment on dort à bord. Il faut que je fasse l’essai avant de m’acheter mon propre bateau.
— Bien, allons nous coucher, lance Rosabella, tandis que Martin se lève pour l’accompagner.
Tous deux quittent la pièce bras dessus bras dessous. Les sœurs de Rafe tardent un peu à décrypter son regard, puis elles trouvent elles aussi une excuse pour quitter la pièce.
— On dirait qu’il ne reste plus que toi et moi, dit Rafe en reculant sa chaise pour enlacer Ari.
D’un geste rapide, il l’attire sur ses genoux sans lui laisser le temps de protester.
— C’est un enlèvement, vous en êtes conscient j’espère, l’avertit Ari, le souffle court.
— Dis-moi que tu ne veux pas rester, et on rentre, promet Rafe en l’attirant vers son érection, ce qui coupe court à toute objection.
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