capitulation volume 1 de la trilogie Surrender
Chapitre 24
24
— Oh Arianna, ma pauvre chérie !
Tournant la tête, Ari voit les parents de Rafe entrer dans sa chambre. Mais que font-ils là ?
— Je vais très bien, répond-elle, presque automatiquement.
— C’est terrible, ma belle. Je n’arrive pas à y croire. Je suis furieuse que mon fils ne nous ait pas appelés immédiatement. Ce pauvre Rafe a été blessé, vous avez été blessée et il ne prend même pas la peine de prévenir sa mère, dit-elle en se laissant tomber sur la chaise à côté du lit d’Ari, avant de lui prendre la main.
— Rafe a été touché ? murmure Ari, le souffle coupé.
— Vous ne le saviez pas ?
— Mais non, il ne m’a rien dit. Et je n’ai presque aucun souvenir de ce qui s’est passé. La dernière chose dont je me souviens, c’est d’avoir eu la sensation d’être frappée en pleine poitrine, puis de voir une tache de sang sur mon T-shirt. Puis tout est devenu noir. D’après le médecin, j’ai eu beaucoup de chance. Si la balle m’avait touchée un centimètre plus à gauche, je serais morte. Dans mon malheur, j’ai eu de la chance que cela arrive dans un hôpital. Ça m’a permis d’être opérée immédiatement.
— Ma pauvre petite. Moi, j’aurais préféré que vous ne soyez pas touchée. Quelle terrible tragédie. Une jeune femme a été tuée – son petit bébé en a réchappé de justesse. Deux autres personnes sont mortes, elles aussi. C’est égoïste, je le sais, mais j’ai été tellement soulagée d’apprendre que Rafe ne comptait pas parmi les victimes. La simple idée de perdre mon fils me déchire le cœur, c’est insoutenable. Je me suis aussi fait beaucoup de souci pour vous. Nous ne nous connaissons pas bien, j’en suis consciente, mais vous êtes tellement adorable. Vous savoir blessée me rend malade.
Autant de gentillesse fait venir les larmes aux yeux d’Ari. Comment le fils d’une telle femme peut-il être aussi différent ? Rosabella est pleine de gentillesse, d’attention, de compassion – autant de qualités qui font défaut à Rafe. Bien sûr, ça n’est pas entièrement vrai. Par moments, Rafe fait preuve d’une incroyable gentillesse, mais il se ressaisit rapidement avant de se retrancher derrière un masque glacial.
— Où Rafe a-t-il été touché ? demande Ari.
— Il s’est jeté sur le forcené et ce malade lui a tiré dans le bras avant que Rafe le précipite à terre.
— Rafe s’est jeté sur lui ? demande Ari, incrédule.
— Mais oui, ma chère. Ce type venait de vous tirer dessus, lance le père de Rafe, comme s’il était parfaitement normal que son fils se précipite sur un tueur le menaçant avec une arme.
— Ah bon… mais je ne le savais pas.
Ari s’en veut terriblement. Elle s’est fait du souci pour sa mère, sans remarquer que Rafe portait un bandage. Serait-elle un monument d’égoïsme ?
— Maman. Papa. Que faites-vous ici ?
Tournant la tête, Ari aperçoit Rafe dans l’encadrement de la porte. Il n’a pas l’air ravi. Ari a un mouvement de recul involontaire.
— Rafaëlle Palazzo, change de ton ! Mon petit, tu vas m’entendre. Je n’arrive pas à y croire : c’est un médecin qui m’a annoncé que mon fils unique a failli se faire tuer ! Tu aurais dû nous appeler immédiatement, ton père et moi ! tonne Rosabella.
Elle serre la main d’Ari avant de se lever et de se précipiter vers Rafe pour le prendre dans ses bras. Elle a beau le sermonner, ses gestes débordent d’amour. Comme tant de mamans, elle gronde alors qu’elle a envie de pleurer.
— Je vais parfaitement bien, maman. Je n’ai pas failli me faire tuer. C’est une simple éraflure, dit-il avec douceur, en passant son bras intact autour du cou de sa mère.
— Tu me caches la vérité. Je pensais t’avoir élevé mieux que cela, Rafe. Le médecin m’a dit qu’il avait extrait une balle. Peu importe qu’il ne s’agisse pas d’une blessure grave. Quand on se fait tirer dessus, on prend la peine d’appeler sa mère, le sermonne-t-elle.
— J’étais très occupé, maman, rétorque-t-il d’une voix plus douce en voyant les larmes couler sur les joues de Rosabella.
— Bien sûr, mon fils. Et cette pauvre Arianna… Je n’arrive pas à croire qu’on ait pu tirer sur cette adorable fille, lance-telle d’une voix plus douce.
— Il va payer pour ce qu’il a fait.
Sa voix est lourde de menaces.
— Oui, mon fils. Ils l’ont enfermé dans une pièce, à un autre étage, lance Martin en s’approchant de son fils pour lui donner une tape dans le dos.
— Le personnel s’est montré assez évasif quant à l’endroit précis où il se trouve, grommelle Rafe.
— Il faut laisser faire la justice maintenant. Tu l’as neutralisé et il va aller en prison. J’espère que cette ordure sera condamnée à la peine de mort. Avant de commettre l’erreur d’entrer dans la même pièce que toi, il a tué plusieurs personnes.
— Oh, les pauvres familles, murmure Ari.
— Oui. Même si tout l’argent du monde ne peut remplacer une mère, Rafe a veillé à ce que les familles ne manquent de rien, lance fièrement Rosabella en se retournant vers Ari.
Tournant la tête, la jeune femme croise le regard de Rafe. Il n’est pas responsable de cette tuerie. Alors, pourquoi tient-il à s’occuper des victimes et de leurs familles ? Cette nouvelle facette de sa personnalité attise la curiosité de la jeune femme. Cet homme semble bien plus complexe qu’elle ne l’a cru au premier abord.
— Oh, maman ! dit Rafe sur un ton de reproche.
— Rafe, tu es toujours si modeste alors que tu fais tant pour les autres. Attention, je sais aussi que tu peux être horriblement arrogant par moments ! Mais tu as vraiment un bon fond et je ne comprends pas pourquoi tu tiens tant à le cacher.
— Ça suffit, maman, ordonne-t-il d’une voix extrêmement calme.
Ari en a des frissons dans le dos.
— Rosabella, tu le mets mal à l’aise, intervient Martin.
— Oh, chut ! lance Rosabella, avant de s’interrompre malgré tout.
— Nous devrions y aller pour laisser Arianna se reposer, dit Rafe en regardant ses parents.
— Je suis désolée, ma pauvre. Nous bavardons, alors que vous avez besoin de dormir. Je reviendrai vous voir demain, en laissant le reste de la famille à la maison. Ça sera plus calme, conclut Rosabella en lâchant son fils.
Elle se penche en avant et la serre tendrement dans ses bras. Ari n’en revient pas de ce geste si maternel, alors qu’elles se connaissent à peine. Elle en a la gorge serrée et ne peut s’empêcher de se dire qu’elle ressemble à Sandra. Toutes deux sont pleines de compassion, avec une aptitude naturelle à aller vers les gens.
Qu’a-t-il bien pu se passer dans la vie de Rafe pour l’inciter à vouloir tout maîtriser à ce point ? À sa décharge, il faut reconnaître que c’est uniquement face aux femmes qu’il se comporte ainsi – et en affaires. Manifestement, il est d’une extrême gentillesse dans tous les autres domaines. Ari se surprend à avoir envie d’en apprendre davantage.
Mais elle est aussi suffisamment intelligente pour savoir qu’il est préférable de ne pas s’engager dans cette direction.
— Je repasserai plus tard, dit Rafe.
Son expression ne laisse aucune place au doute : il serait inutile de protester. La peur lui serre de nouveau la gorge lorsqu’elle réalise qu’il pourrait facilement la faire craquer. Et ça, il ne faut surtout pas que ça arrive. Surtout pas. Sous aucun prétexte.
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