capitulation volume 1 de la trilogie Surrender
Chapitre 16
16
— Rafe !
Il écarte les bras pour accueillir sa sœur. Un sourire rare illumine son visage, tandis que la jeune femme le serre contre elle.
— Comment vas-tu, Rachel ?
— Tu m’as manqué. J’ai l’impression que ça fait des années que je ne t’ai pas vu.
Rafe éclate de rire devant l’enthousiasme de sa petite sœur. De huit ans sa cadette, elle est pleine de vie. C’est sans doute la personne la plus pétillante qu’il connaisse, et aussi l’une des rares femmes pour lesquelles il éprouve un respect considérable. Il est fou de ses deux sœurs.
— Mais on s’est vus il y a deux mois ! Bon, lâche-moi maintenant !
— Puisque tu insistes, dit-elle avec une moue, tout en desserrant son étreinte. Deux mois qui m’ont paru deux ans. Maman est un vrai tyran.
— Elle t’accorde plus de libertés que je ne le ferais. Tu es beaucoup trop jolie pour sortir toute seule, dit-il en ne plaisantant qu’à moitié.
Si un homme faisait du mal à sa sœur, il serait capable de le tuer de ses mains.
— Tu nous rends dingues, ton pauvre père et moi. Et puis d’abord, je ne suis pas un tyran, espèce de peste, lance Rosabella, en prononçant ce mot à l’italienne.
S’approchant de son fils, elle lui plante un baiser sur la joue.
— Comment vas-tu, mon fils ? Tu as davantage de cernes que la dernière fois, gronde-t-elle.
— Je vais très bien, maman, et encore mieux maintenant que je te vois. Qu’est-ce qui me vaut le plaisir de cette visite surprise ?
— Au téléphone, tu semblais davantage sous pression que d’habitude. J’ai dit à ton père qu’il fallait venir te distraire. De toute façon, il était temps pour nous de rentrer en Californie pour un moment. Ton père finit par tourner en rond en Italie lorsque nous restons trop longtemps là-bas. Je crois que le travail lui manque, tout simplement, même s’il m’assure qu’il a pris sa retraite.
— Je suis un grand garçon, mamma, je ne cesse de te le répéter. Arrête donc de t’inquiéter pour moi. Quant à papa, pour te dire la vérité, je pense que lorsque vous êtes aux États-Unis, il va travailler en cachette ! J’ai remarqué qu’il passe des tas de coups de fils mystérieux, et je ne pense pas qu’une femme serait assez idiote pour s’embarquer dans une aventure avec cet homme.
— Je le tuerais s’il commettait une erreur pareille. Ne pas m’inquiéter pour toi ? Tu n’as pas d’enfants, ça se voit. Sinon, tu ne dirais pas une chose aussi ridicule. Une mère ne cesse jamais de s’inquiéter pour son enfant, même s’il se croit adulte. Ah, si seulement tu pouvais te poser et fonder une famiglia, mon petit, tout ton stress disparaîtrait, et autour de tes beaux yeux, il y aurait des rides dues au rire, et non aux soucis.
— Oh, arrête, maman ! proteste Rafe avec douceur.
— Attention, ne me parle pas sur ce ton ! répond-elle avant de poursuivre en italien pour le sermonner.
Respectueux, il se tait. Non, il ne contredira jamais sa mère.
— Si tu commences à malmener ton fils unique, il va faire remplacer ses serrures et la prochaine fois qu’il pensera que nous risquons de venir lui rendre visite, il partira à l’étranger, loin d’ici.
— Papa ! C’est bon de te voir.
Rafe serre son père dans ses bras, ravi de mettre fin à la discussion avec sa mère. Le jour de la naissance de Rachel, la deuxième fille du couple, tous deux ont été mis en minorité. Rafe rêvait d’avoir un petit frère, mais à l’instant où Rachel a attrapé son doigt de sa petite main de bébé, il s’est pris de passion pour elle. Il adore aussi sa sœur Lia. Mais à la naissance de Rachel, il était plus âgé et s’est montré plus protecteur.
— Je ne veux pas prendre parti pour ta mère et tes sœurs, mais effectivement, tu as l’air plus fatigué que d’habitude, Rafe. Tout va bien ?
— Ah non, je n’ai rien à voir là-dedans. Moi, je trouve que Rafe a l’air en grande forme, affirme Lia, intervenant dans la conversation.
Rafe lance à sa sœur un sourire reconnaissant. Lia est une jeune femme sublime, âgée de cinq ans de moins que lui seulement. Depuis son adolescence, elle a fait tourner bien des têtes et il s’est battu pour elle à d’innombrables reprises. À ses amis, il a toujours annoncé clairement la couleur : on ne touche pas à ma sœur !
Les choses se sont corsées lorsque Shane est venu passer Thanksgiving chez eux, alors qu’ils étaient à l’université. Lia l’a trouvé tout à fait à son goût. Le pauvre Shane, lui, était pris entre le marteau et l’enclume, conscient qu’il lui était impossible d’envisager quoi que ce soit avec Lia. Mais la jeune femme était déterminée. Elle n’avait alors que quinze ans – si jeune que Shane risquait une inculpation pour détournement de mineure, mais assez âgée pour être très séduisante.
Heureusement, le jeune homme s’est bien tenu, ce qui lui a permis de préserver son amitié avec Rafe. Lia lui a donné des sueurs froides à plusieurs reprises, en sortant de la piscine vêtue d’un minuscule bikini. À chaque fois qu’il y repense, Rafe voit rouge. Sa sœur était si naïve et faisait confiance aux hommes, sans se rendre compte qu’ils pouvaient facilement profiter d’elle.
— Tu sais, Lia, tu as toujours été ma sœur préférée, annonce-t-il en passant un bras autour de ses épaules.
— Alors ça, c’est méchant ! rétorque Rachel d’un ton boudeur, ses yeux argentés pétillant de malice tandis qu’elle lui assène une bourrade.
Rafe éclate de rire en se tournant vers la jeune femme.
— Et toi, tu es mon autre sœur préférée, Rachel, déclaret-il, se faisant instantanément pardonner. Je vais appeler le bureau pour annuler tous mes rendez-vous de l’après-midi et rester avec vous, annonce-t-il avant de se diriger vers la porte.
— Inutile, Rafe. Nous allons nous débrouiller, intervient son père.
— Ce qui est formidable, quand on est le patron, c’est qu’on fait ce qu’on veut, conclut le jeune homme avec un clin d’œil avant de quitter la pièce.
Un sourire affectueux illumine son visage. Sa famille est une véritable tornade, semant un joyeux chaos autour d’elle. En leur présence, il retrouve une part d’humanité. Sans eux, il le sait, il aurait le sang froid comme un reptile – ce qu’il est parfois, surtout lorsqu’il reste trop longtemps loin d’eux, seul lien avec son bonheur passé.
Il se répète qu’il aime bien sa vie. Sa mère le supplie de fonder une famille, ce dont il n’a pas la moindre envie. Oui, il adore les femmes. Mais plus de cette façon.
Il fera tout pour préserver l’image idéale que sa famille a de lui – tout pour qu’ils ne découvrent jamais ce qu’il est devenu, un homme qui gère sa vie amoureuse comme une entreprise. Plus que tout, il souhaite préserver sa mère. Mais les couples comme celui de ses parents sont rares. La plupart des histoires finissent mal – comme son couple à lui.
Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, voilà qui relève du conte de fées ou de la plaisanterie de mauvais goût.
— C’est bon, j’ai décommandé tous mes rendez-vous. Venez avec moi pour que je vous présente mon bébé, annonce Rafe en revenant dans la pièce.
— Si tu avais un vrai bébé à montrer à maman, elle serait moins grincheuse et elle m’accorderait davantage de liberté, plaisante Rachel avec un sourire malicieux.
Rafe se renfrogne. Il le sait, sa mère va s’empresser de le culpabiliser, sans y aller avec le dos de la cuillère.
— N’exagérons rien, Rachel n’est pas retenue prisonnière. Mais elle a raison sur un point : j’adorerais des bambini, déclare Rosabella en prenant le bras de Rafe. Pense un peu à moi, quand je serai vieille et seule, sans petits-enfants pour illuminer mes vieux jours…
— Désolé de te décevoir, mamma mia, mais je ne peux pas faire naître des enfants dans ce monde, répond Rafe. Jamais je ne serai à la hauteur de votre merveilleux exemple. Et puis je ferais un très mauvais père pour ces pauvres créatures, poursuit-il en dirigeant sa famille vers l’extérieur.
— Des créatures ? Au fond, tu as peut-être raison, mieux vaut que tu n’aies pas d’enfants, rétorque son père en éclatant de rire.
— Écoutez cet homme plein de sagesse, dit Rafe. C’est le seul qui a la tête sur les épaules.
— On dirait que tu n’entends que les gens qui sont d’accord avec toi, conclut Lia en prenant la tête du groupe.
Puis elle fait demi-tour et s’approche lentement de son frère, en lui faisant des grimaces. Quel que soit leur âge, ses sœurs ne cesseront jamais de se comporter comme des ados. À sa grande surprise, il se dit qu’il aimerait que cela dure éternellement. Il les revoit encore avec leurs nattes, rentrant à la maison au pas de course pour lui raconter leurs dernières péripéties à l’école. Et maintenant, Lia a 26 ans, et Rachel 23. Il n’a pas vu le temps passer…
— Alors, Rafe, parle-nous de ce nouveau joujou.
— Je pense que c’est à toi qu’il va plaire le plus, papa. Pour le voir, nous devons aller à la marina.
— Tu t’es offert un nouveau bateau ? Mais tu en as déjà acheté un l’année dernière, non ?
— Oui, et je l’adore toujours. Mais là, j’ai un nouvel amour. La nouvelle tendance est de recevoir ses clients sur des yachts privés. C’est pourquoi j’ai décidé d’en acheter un, même si le fisc est un peu regardant sur ce point. C’est un bon investissement, c’est certain. Mais c’est aussi un joujou ruineux, reconnaît-il.
— Oh, Rafe, je meurs d’impatience. On va sortir en mer aujourd’hui ? demande Lia, les yeux brillants.
— J’ai annulé tous mes rendez-vous et j’ai prévenu l’équipage. On peut aller faire un tour – et dîner en mer si ça vous dit.
— Je t’ai déjà dit que tu es le plus génial de tous les frères ? lance Rachel en se blottissant contre lui.
— Oui, mais seulement quand tu veux quelque chose ! répond-il en éclatant de rire.
— Les grands frères doivent gâter leurs sœurs, c’est une règle d’or.
— Oui, une règle que tu as fixée quand tu avais cinq ans.
La famille au grand complet monte dans la Porsche Cayenne de Rafe pour se diriger vers la marina. Rafe est impatient de voir leurs réactions en découvrant sa nouvelle acquisition.
— Pourquoi achètes-tu toutes ces choses hors de prix ? demande sa mère.
— Je travaille comme un fou, donc je m’offre des belles choses. Ça me fait plaisir.
En prononçant cette phrase, il repense à Ari. Plus elle tarde à comprendre que l’inévitable se produira entre eux, plus l’irritation de Rafe va croissant.
— Tu as toujours tout voulu, tout de suite, Rafe. Or l’accumulation de richesses ne fait pas forcément le bonheur.
— C’est l’heureuse propriétaire d’au moins cent paires de Jimmy Choo qui dit ça, Rachel ? remarque Rafe en levant un sourcil.
— Une femme n’a jamais trop de chaussures !
Tandis que le trajet se poursuit en silence, Rafe repense à Ari. Cela fait une semaine que Mario l’a raccompagnée chez elle. Depuis, Rafe ne lui a pas parlé. Il a laissé passer un peu de temps, espérant qu’elle entendrait raison ou que son intérêt à lui s’estomperait. Mais rien de cela ne s’est produit. L’heure est donc venue pour lui de se mettre en chasse.
Ils entrent dans la luxueuse marina, où son bateau est amarré sur un gigantesque quai. Le yacht, d’une blancheur éblouissante, de plus de 70 mètres de long, fait de l’ombre à tous les autres bateaux de la marina.
Rafe met un point d’honneur à ne posséder que le meilleur. Certes, il existe des bateaux plus grands ou plus luxueux, mais celui qu’il vient de s’offrir correspond exactement à ce qu’il voulait. Pas trop grand, pour lui permettre d’aller partout où il veut, près de chez lui, mais assez pour offrir tout le confort nécessaire lors de longs périples.
— C’est ton bateau ? demande Lia, émerveillée.
— Oui, c’est mon bébé ! répond-il fièrement.
— Tu aurais dû le prendre encore un peu plus grand, non ? demande son père, ironique.
Le sourire qui illumine son visage atténue le côté sarcastique de sa remarque.
— Dis donc, papa, ça te va bien de dire ça ! À côté de ton avion privé, le mien a l’air ridicule. À ton avis, qui m’a appris l’exigence ?
Son père lui adresse un clin d’œil, puis se tourne de nouveau vers le bateau. Il a toujours été à la tête d’une fortune considérable. Cependant, Rosabella a veillé à ne pas trop gâter leurs enfants. En Italie, ils ont toujours vécu dans un logement modeste. Leur maison avait tout le confort nécessaire, sans être luxueuse, ni clinquante. Aux États-Unis, ils vivaient dans une demeure plus imposante. Lorsque le bâtiment a brûlé, quelques années plutôt, Martin a subi un véritable choc, avant de décider de tout reconstruire à l’identique. Mais tout l’argent du monde ne peut recréer une maison ancienne, fruit d’un héritage de surcroît. C’était la seule raison pour laquelle la mère de Rafe leur avait permis de vivre dans un tel luxe. Elle répète volontiers que les hommes riches sont suffisants – tous, sauf son mari, qu’elle adore pour son cœur d’or et son extraordinaire générosité avec les plus démunis.
En repensant aux conditions dans lesquelles il a grandi, Rafe se dit qu’il n’aimerait pas voir la réaction de sa mère si elle découvrait certains aspects de sa vie. Mais il chasse rapidement cette idée de son esprit. Ses parents sont des gens formidables, mais Rosabella est naïve quant aux réalités de la vie. Pour cela, il lui a épargné bien des choses depuis son divorce et il entend bien continuer à cacher l’essentiel de sa vie privée à sa famille.
— Rafe, je pense que tu devrais revenir vivre à la maison quelque temps. Tout cet argent te rend égocentrique. N’oublie pas d’où tu viens, mon fils, menace sa mère, confirmant ce qu’il vient de penser.
— Maman, j’adore notre maison en Italie. C’est là que je retourne lorsque le ciel me tombe sur la tête. Mais ne nous fais pas passer pour une modeste famille de paysans ! Avec papa, tu as fait le tour du monde et on ne peut pas dire que nous ayons grandi dans la pauvreté, répond-il en se baissant pour planter un baiser sur la joue de sa mère.
— Surveille le ton sur lequel tu t’adresses à ta mère, Rafaëlle Palazzo, lui lance sa mère.
— Désolé, maman.
— N’en parlons plus, vilain garçon. Maintenant, fais-nous visiter ton nouveau joujou.
— C’est un hélicoptère, ce que je vois là ? demande Rachel, tournée vers l’arrière du bateau.
— Oui. S’il y a une urgence, je dois pouvoir retourner au bureau rapidement.
— Oh ! On pourra faire un tour en hélico ? demande Lia, pour qui voler est une véritable passion.
— La prochaine fois, je demanderai à mon pilote de t’emmener faire un tour. Mais pour aujourd’hui, comme je ne peux prendre qu’une journée de congé, je préfère te garder auprès de moi.
S’il parle souvent au téléphone avec sa famille, rien ne le rend plus heureux que de passer du temps avec eux. Que sa mère en ait conscience ou pas, leur compagnie l’aide à se remettre les idées en place. Malheureusement, dès qu’ils sont repartis, le naturel revient au galop, se dit-il avec regret. D’ailleurs, son meilleur ami ne cesse de le lui répéter.
— Comme je vous le disais, mon yacht mesure plus de 70 mètres de long, bimoteur, plus de 3 000 CV, il peut atteindre une vitesse de seize nœuds.
– Stop ! Stop ! Assez de chiffres ! crie Lia.
Rafe éclate de rire :
— Oui, je sais, c’est à mourir d’ennui, inutile de remplir vos jolies petites têtes de détails inutiles.
Il rit de nouveau lorsque ses sœurs lui tirent la langue.
— Mais vous serez ravies d’apprendre qu’il y a six cabines d’amis confortables avec des salles de bain privées, une salle de jeux qui fera ton bonheur, Lia, une piscine, un patio avec un bar, des salles de réunion – ce qui ne devrait pas vous concerner – et une grande salle à manger.
— Comment ça, il n’y a pas de spa ? le taquine Rachel.
— Si, j’ai tout prévu. Il y a un petit spa avec du personnel en permanence, pour que tu puisses bénéficier d’une manucure et d’une pédicure avant ton massage.
— Oh, Rafe, je sens que je ne vais plus quitter ce bateau, annonce Lia en partant au pas de course sur le pont.
— Finalement, je vais peut-être te laisser ta sœur !
— Mon cœur n’y survivrait pas, maman ! plaisante-t-il en portant la main à sa poitrine.
— Ça serait bien fait pour toi ! menace son père.
— Moi qui pensais avoir toujours été un bon fils ! répond Rafe en emboîtant le pas à ses sœurs.
— Tu as été un petit garçon formidable. Mais je dois dire que je m’inquiète au sujet de l’homme que tu es devenu. Si seulement tu pouvais te caser, je cesserais de me faire des soucis, lui reproche sa mère.
— Maman, je suis très heureux ainsi. Parlons d’autre chose.
— Je m’inquiète parce que tu es seul. Ton ex-femme t’a fait beaucoup de mal, mon fils, et je ne veux pas que tu aies peur de refaire ta vie. Il te faut une femme, qui prendra soin de toi.
— Je vais très bien, maman. Depuis mon divorce, j’ai eu plusieurs amies, proteste-t-il.
— Et aucune que j’aurais aimé te voir ramener à la maison. Toutes étaient des mannequins à la plastique parfaite, qui n’avaient qu’une idée en tête : te plaire.
— Eh bien, une compagne qui cherche à assouvir tous mes désirs, n’est-ce pas la définition de la femme parfaite ? demande-t-il.
Si sa mère savait ce qu’il entend réellement par-là, elle le jetterait sans doute par-dessus bord.
— Rafe…
— J’ai rencontré une femme extraordinaire, maman. Elle s’appelle Arianna.
Rafe regrette aussitôt sa phrase. Qu’est-ce qui lui a pris ? Tout d’abord, il ne sort pas vraiment avec Ari. Ensuite, il n’a aucune envie d’attiser la curiosité de sa mère. Il souhaite simplement qu’elle cesse de se plaindre sans cesse au sujet du célibat de son fils.
— Depuis combien de temps la connais-tu ? Et pourquoi n’as-tu encore jamais parlé d’elle ? demande-t-elle, suspicieuse.
— Cela ne fait pas longtemps. Et je ne veux pas lui faire peur avec tes histoires de mariage et de bébé, répond-il rapidement, en espérant que cette explication la satisfera.
Rafe ne voit pas le regard qu’échangent ses sœurs, déterminées à en savoir davantage sur cette conquête mystérieuse. S’il avait su quelle pagaille ses propos allaient entraîner, il se serait bien gardé d’ouvrir la bouche.
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