capitulation volume 1 de la trilogie Surrender

Melody Anne · Chapitre 34 sur 42

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capitulation volume 1 de la trilogie Surrender

Chapitre 33

33

 

Rafe sent son téléphone vibrer, mais il décide d’ignorer le message – il est fatigué, agacé et n’a pas la moindre envie de parler, quelle que soit la personne qui l’appelle. Lorsque ce fichu appareil vibre de nouveau, il soupire et l’extrait de sa poche, pour vérifier d’un œil qui cherche à le joindre avant d’éteindre le téléphone. Il est l’heure de dormir, ou du moins d’essayer.

En découvrant qu’il s’agit d’un message d’Ari, son pouls s’accélère. Toute la semaine, elle a ignoré ses SMS. La première chose qui lui vient à l’esprit est qu’elle a un problème. Tandis qu’il appuie sur la touche pour ouvrir le message, son cœur bat à toute allure.

Les deux photos qui s’affichent sur l’écran lui font instantanément passer toute envie de dormir. Mais qui a bien pu lui envoyer ces clichés ? Certainement pas Ari. En arrière-plan des photos, on distingue le nom d’une boîte de nuit, dont Rafe connaît l’adresse. Précipitamment, il enfile une veste et attrape ses clés. On dirait qu’Ari n’a pas tiré les leçons de sa mésaventure passée. De nouveau, elle est sortie et ne va pas tarder à se retrouver en difficulté. Il bouillonne de colère. En plus, elle continue à se refuser à lui, alors que tout ce qu’il veut, c’est lui offrir de la sécurité. Enfin, lui offrir de la sécurité, tout en l’ayant à sa disposition.

En un temps record, Rafe rejoint la boîte latino où il remonte la longue file d’attente. Tirant une liasse de billets de cent dollars de sa poche, il s’approche du videur.

— Bienvenue, monsieur ! se contente de dire celui-ci en ouvrant la porte à Rafe, tandis que les gens dans la file d’attente protestent.

— Taisez-vous ou je ne laisse plus entrer personne, entend Rafe, avant que la musique de la boîte ne couvre tout son du monde extérieur.

Il s’avance jusqu’à la piste de danse, où il repère presque tout de suite Ari. Elle est dans les bras d’un imbécile qui la plaque fermement contre lui tout en lui pelotant les fesses. Rafe voit rouge et se précipite sur la piste.

— Je prends le relais, décrète-t-il.

L’homme se retourne, s’apprêtant à protester. En apercevant le visage de Rafe, il recule aussitôt.

— Tiens, Rafe ! Qu’est-ce que tu fais ici ? demande Ari en lui adressant un sourire ivre.

— On dirait que je vole à ton secours, une fois de plus, marmonne-t-il en lui prenant la main.

Il est bien déterminé à partir avec elle, tout de suite.

— Allez, on s’en va !

— Non, j’ai envie de danser. Ce soir, j’ai appris le cha-cha-cha et je me débrouille très bien. John, Paul et Tiger… ou plutôt… Trevor – oh zut, je ne me souviens pas de son nom – bref, ils ont tous dit que je bouge très bien mes fesses, annonce-t-elle, ravie.

Rafe la dévisage, incrédule. Mais que lui arrive-t-il ?

— J’ai dit qu’on y allait, répète-t-il.

— Moi, j’ai envie de danser, dit-elle en faisant la moue.

Puis elle lève les bras et esquisse des pas de cha-cha-cha. Lorsqu’elle se tourne en se trémoussant, la fente de sa robe laisse apercevoir le côté d’une culotte noire transparente. Instantanément, Rafe n’a plus la moindre envie de quitter la boîte de nuit. La musique devient alors plus sensuelle et Rafe l’attire dans ses bas. Ses mains se glissent sur le dos de la jeune femme pour la plaquer contre lui, et il esquisse un pas de danse, en glissant une jambe entre celles d’Ari. Celle-ci n’a pas d’autre choix que de suivre le mouvement.

— Je ne connais pas cette danse, murmure-t-elle d’une voix voilée.

— Contente-toi de me suivre, répond-il tout en la faisant tourner sur la piste.

— Je crois que j’aime beaucoup cette danse, chuchote-telle, tandis que Rafe baisse la tête pour inspirer son parfum sucré.

Cela fait si longtemps qu’il ne l’a pas eue dans son lit. Certes, séduire une femme ivre n’est pas fair-play, mais au fond, l’alcool n’est-il pas un simple dégrippant qui facilite les relations humaines ? Du courage liquide, qui permet aux gens de faire ce qu’ils veulent vraiment ? Et puis, ça n’est pas comme s’ils n’avaient encore jamais couché ensemble.

— Je vais te ramener chez moi et t’arracher cette robe – enfin, si on peut qualifier cela de robe.

— Je l’adore. Au début, j’étais morte de honte, mais Amber a insisté pour que je mette cette tenue. Et quand elle a une idée en tête, il est inutile de protester. À mon avis, elle travaille pour les services secrets comme tortionnaire, conclut Ari en gloussant.

— Amber ? C’est l’une des femmes qui sont venues te rendre visite à l’hôpital ?

Rafe a encore du mal à assembler toutes les pièces du puzzle.

— Oui. C’est Amber, Shelly et Miley qui m’ont amenée ici. Elles ont tenu à ce que je sois le plus sexy possible, pour que je me fasse sauter. Elles disent que je suis trop coincée, que je dois me lâcher. Et comme j’ai découvert avec toi que le sexe, c’est un truc de dingue, j’ai pensé « pourquoi pas ? »

Rafe ne sait pas s’il doit remercier le ciel que les amies d’Ari prennent de telles initiatives, ou s’il doit enfermer Ari dans une cage. Maintenant, il sait qui a envoyé les photos. Ses copines ont dû lire les messages qu’il lui a envoyés et décider de prendre les choses en main. Rapidement, il fouille dans sa mémoire pour se souvenir du contenu de ses SMS, en espérant qu’ils ne contenaient rien de trop compromettant. Et en réalité, en cet instant précis, il s’en moque.

— Donc tu es partante pour faire la fête et coucher avec des inconnus, mais pas pour devenir ma maîtresse appointée, c’est ça ?

Il sait que c’est l’alcool qui la pousse à parler ainsi. Néanmoins, il doit y avoir une part de vérité dans ses propos. Se serait-il trompé à son sujet ? Ne le désire-t-elle pas plus qu’un autre ? Il est rare que Rafe soit en proie au doute, mais en cet instant, il ne sait que penser.

— Je ne savais pas que j’aimais le sexe avant de coucher avec toi, mais c’est génial, vraiment génial. J’ai donc décidé de recommencer. Mais pas avec toi, parce que tu es un grand malade qui veut tout maîtriser dans ma vie.

— Non, Ari. Ce que je veux, c’est te soumettre.

Elle le fixe un instant, les sourcils froncés, tandis que son cerveau imbibé d’alcool essaie de comprendre ses propos. Rafe en profite pour effleurer la nuque d’Ari du bout des lèvres. Elle pousse alors un gémissement qui le traverse de la tête aux pieds. Lorsqu’elle plaque ses hanches contre lui, son sexe s’éveille instantanément.

— Ça ne revient pas au même ? souffle-t-elle.

— Pas du tout. Allons chez moi et je te montrerai la différence.

Elle le fixe comme pour tenter de résoudre un problème de mathématiques complexe. Tandis qu’il attend sa réponse, le corps de Rafe le harcèle. Si elle refuse, il restera dans cette boîte de nuit jusqu’à ce que ses amies la raccompagnent – mais il espère qu’elle acceptera sa proposition.

— Entendu. Mais je ferais mieux de prévenir mes amies.

Les mots d’Ari mettent presque une minute pour arriver jusqu’à son cerveau. Là, il la tire par le bras hors de la piste de danse.

— Où sont-elles ?

— Par ici, répond-elle, avec un geste ivre.

Il repère les femmes qu’il a vues dans la chambre d’hôpital, et se dirige droit vers leur table. Toutes les trois le dévorent du regard. Elles sont un peu effrayantes, avec leur mine avide de celles qui vivent par procuration… En rentrant, il jettera un coup d’œil sous son lit, des fois qu’elles y aient caché des talismans…

— Tiens tiens, voilà le mystérieux Rafe. Il me semble vous avoir aperçu à l’hôpital, dit l’une d’elles.

— Oui, c’est étrange, j’ai reçu un message envoyé depuis le téléphone d’Ari, avec une photo d’elle et le nom de cet endroit… Je vais la ramener chez moi.

— Tu es d’accord, Ari ? demande l’une des femmes.

— Oh, oui. Rafe veut me montrer la différence entre maîtrise et soumission.

Rafe accuse le coup, en voyant les yeux exorbités des trois femmes. Il va devoir avoir une petite explication avec la jeune ivrogne sur ce qui se dit en public et ce qui ne se dit pas. Soudain, les amies de la jeune femme ne semblent plus aussi décidées à la laisser partir.

Peu importe. Qu’elles essaient de l’en empêcher, pour voir.

— Mesdames, au revoir, déclare-t-il avec fermeté, en passant son bras autour de la taille d’Ari.

Sans laisser aux trois femmes le temps de protester, il entraîne Ari hors de la boîte de nuit. Il l’installe dans sa voiture, puis démarre. Peu avant d’arriver chez lui, il jette un coup d’œil en direction du siège passager, fou de désir. Un gémissement lui échappe : Ari est inconsciente. Il aime les femmes soumises, mais pas au point de coucher avec un corps inanimé…

Peut-on mourir de frustration sexuelle ? Oui, il commence à en avoir la conviction. Il prend Ari dans ses bras pour la porter jusque chez lui, puis l’allonge sur son lit. Ensuite, il se dit qu’il n’y a qu’une chose à faire : boire un bon verre et prendre un bain glacé.

 

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