capitulation volume 1 de la trilogie Surrender
Chapitre 37
37
Rafe raccroche violemment – Ari a éteint son téléphone. Il lui a laissé une semaine entière pour se calmer, avant de la rappeler. Mais elle a ignoré ses appels, ses SMS et ses e-mails.
Ça suffit. Il lui a laissé suffisamment de temps. Il va arriver à ses fins, que ce soit par la méthode douce ou la forte. Mais d’ici demain, elle sera à lui. Il a assez attendu.
— Annulez tous mes rendez-vous, ordonne Rafe à son assistante stupéfaite, avant de traverser les bureaux pour rejoindre l’ascenseur.
Il a rendez-vous avec un député dans une heure. Peu importe. Rien n’est plus important que de remettre de l’ordre dans sa vie. Aurait-il un problème ? Bien sûr que non. Pour une raison étrange, Arianna Harlow l’obsède, mais c’est passager, rien de plus. Il n’éprouve aucun sentiment pour elle, se dit-il. Il s’agit de sexe, et de rien d’autre. D’ailleurs, de quoi pourrait-il bien s’agir ?
Il la désire en permanence, jour et nuit. Mais ce qui le met le plus en colère, c’est que leurs échanges quotidiens lui manquent. Le temps passé à ses côtés à l’hôpital a été… étrangement agréable. Il avait hâte d’entendre son rire, hâte de voir son sourire victorieux en le battant au poker, hâte d’entendre le mot gentil qu’elle avait toujours pour le personnel.
Ari est si différente de toutes les femmes qu’il a connues. Aussitôt, il s’efforce de chasser cette idée de son esprit. Elle le désire – c’est suffisant pour que ce contrat fonctionne.
Depuis l’ascenseur, Rafe appelle son chauffeur, avant de jeter un coup d’œil à sa montre. On dirait qu’il va devoir rendre visite à Ari sur son lieu de travail. Cette perspective le fait sourire. Comme elle n’aime pas les esclandres, elle ne pourra pas l’agresser.
Rapidement, il se trouve devant l’immeuble où elle travaille. Sans la moindre hésitation, Rafe pénètre dans le bâtiment.
— Monsieur Palazzo, quel plaisir de vous voir ! salue le vigile à l’accueil, en se levant d’un bond de son bureau.
— Merci, Dean. Inutile d’annoncer ma venue. C’est une visite privée.
— Très bien, monsieur, répond-il d’un air perplexe.
Rafe n’a pas pour habitude de passer à l’improviste dans les entreprises qu’il possède. Comme il déteste attendre, il annonce généralement sa venue à la direction, pour être accueilli comme il se doit. Il se dirige droit vers l’ascenseur et appuie sur le bouton correspondant à l’étage où travaille Ari. Son impatience va croissant à mesure que la cabine de l’ascenseur monte. Les portes s’ouvrent et il sort, découvrant le personnel concentré sur son travail. Manifestement, le directeur mène tout le monde à la baguette, constate Rafe avec satisfaction.
Au détour d’un couloir, il découvre la jeune femme installée à son bureau – aussitôt, sa gorge se noue. Cela fait un peu plus d’une semaine qu’il ne l’a pas vue. Avec déplaisir, il constate combien elle lui a manqué. Cela ne l’a jamais dérangé de ne pas voir ses maîtresses lorsqu’il s’absentait deux semaines, voire un mois entier. Mais maintenant, les choses sont différentes…
C’est sans doute uniquement parce que leur relation n’est pas officielle – que les choses ne sont pas encore décidées. Il n’aime pas l’attente, l’incertitude.
— Arianna.
Il a dit son prénom, sans rien ajouter. Elle se fige avant de lever lentement la tête. C’est certain, elle préférerait être n’importe où plutôt que là, coincée avec lui, sachant que ses collègues sont à proximité.
— Qu’est-ce que tu fais là ? demande-t-elle, les dents serrées.
— Nous avons un dossier en suspens, mademoiselle Harlow. Comme vous refusez de répondre à mes appels, il ne me reste pas d’autre choix que de venir vous voir.
— Non, il n’y a aucun dossier en suspens. Nous nous sommes dit tout ce qu’il y avait à dire. Maintenant, je vais vous demander de me laisser travailler. Ça n’est pas professionnel, proteste-elle.
Décidément, il aime sa fougue – et le fait qu’elle n’ait pas peur de lui. Cela ne signifie pas qu’il n’arrivera pas à la faire plier, mais qu’il lui faudra beaucoup plus longtemps qu’à l’habitude pour se lasser de leur histoire. Il l’attrape par le bras pour l’entraîner vers une salle de réunion vide. Rafe le sait : si elle le suit sans discuter, c’est uniquement pour éviter de faire des remous. Ce qui lui convient parfaitement.
Une fois la porte de la salle de réunion refermée, elle se tourne vers lui, fulminante.
— Vous vous croyez où ? C’est mon lieu de travail, ici. Si vous pensez que j’accepterai votre contrat une fois que vous m’aurez fait virer, vous vous trompez.
— Demain, je pars en voyage d’affaires et je veux que tu m’accompagnes. Je n’ai donc pas le temps que tu réfléchisses à ma proposition. Je suis venu activer le processus.
— Alors vous n’allez pas apprécier ma réponse. Pour moi, c’est terminé. Plus de petits jeux, plus de nuits d’alcool et de sexe. Rien, niet, fini. Vous comprenez ?
— Tu continues à te refuser à moi ?
— C’est exactement ce que je viens de dire !
— Alors tu ne me laisses pas le choix, lance-t-il avant de quitter la pièce.
Elle peut croire qu’elle a les cartes en main. Mais demain, elle sera à lui.
Ari regarde Rafe quitter la salle de réunion, brutalement très inquiète. S’agit-il d’une ruse ? Va-t-il revenir sur ses pas et surgir dans la pièce ? Déconcertée, elle reste plusieurs minutes dans la salle de réunion. Soudain, elle voit la poignée tourner. Son corps tout entier se fige.
Est-ce lui ?
— Ari, qu’est-ce qui se passe ? J’ai vu ton beau gosse passer en trombe devant mon bureau, il avait l’air furax.
— Sincèrement, Amber, je n’en ai pas la moindre idée, répond Ari, encore secouée mais soulagée de constater que Rafe est bel Eh bien parti. Il veut qu’on soit ensemble, mais je n’arrête pas de lui répéter que ça n’arrivera pas. En gros, il m’a dit que c’était ma dernière chance. Et quand j’ai refusé, il est sorti. Comme ça ne lui ressemble pas de baisser les bras, j’ai peur de ce qui va me tomber dessus.
— D’accord, je ne le connais pas, mais il est beau, il a un corps de rêve et il est richissime. Et tu n’as pas envie de sortir avec lui ? Je respecte ta vie privée, mais tu vas me faire mourir d’impatience, j’espère que tu en as conscience. J’ai très envie de connaître ce grand mystère !
Voyant que son interlocutrice n’en dira pas davantage, Amber repart. Arianna sort de la salle de réunion et se dirige tout droit vers les toilettes, pour se passer un peu d’eau froide sur le visage et retoucher son maquillage. Elle est censée travailler et ne peut pas se permettre de s’effondrer.
Si Rafe mijote quelque chose dans son coin, elle ne peut rien y changer. Inutile de se tracasser. Cela fait bien quinze minutes qu’elle a quitté son bureau, il est grand temps de se remettre au travail.
En fin de la journée, voyant qu’il ne s’est rien passé, la jeune femme en conclut qu’il a peut-être simplement abandonné. Paradoxalement, elle en serait presque déçue. Avec tout le stress subi ces derniers mois, il ne serait pas étonnant qu’elle fasse une dépression…
Sa mère va bientôt sortir de l’hôpital et Arianna n’a toujours pas eu le courage de lui avouer ce qui s’est passé avec la maison et avec la boutique de fleurs. La traque lancée par Rafe ne lui a pas laissé beaucoup de temps. D’abord, elle a consacré toute son énergie à la recherche d’un travail, puis elle s’est investie à fond dans son job.
À chaque jour suffit sa peine. Demain est un nouveau jour. C’est ce qu’Ari se répète en permanence – et ce jour-là, elle l’a pensé au moins vingt fois. En présence de Rafe, elle a le sentiment d’être prise dans une tornade. D’ailleurs, elle n’est même plus sûre de savoir à quoi ressemble une vie normale.
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