capitulation volume 1 de la trilogie Surrender
Chapitre 38
38
— Vous voulez bien passer me voir dans mon bureau ?
— Entendu. Je finis d’envoyer un e-mail et j’arrive tout de suite, répond Arianna en appuyant sur le bouton de l’interphone pour répondre à son boss.
En quelques minutes, elle termine son courriel et l’envoie. Étirant les bras, elle se lève, un sourire aux lèvres. Bien que son travail soit ennuyeux et la motive à reprendre ses études pour exercer le métier de ses rêves, cet environnement lui plaît. Elle bénéficie d’avantages en nature extraordinaires, elle côtoie des gens sympathiques et elle gagne suffisamment d’argent pour pouvoir s’occuper de sa mère, tout en parvenant à épargner. Peut-être pourra-t-elle même retourner à l’université dans moins d’un an ? Ça, c’est dans l’hypothèse la plus optimiste.
Elle remonte le long couloir, puis frappe à la porte de son patron, qui est ouverte.
— Entrez, Ari. Dites-moi, combien de temps vous faudrait-il pour repasser chez vous et préparer votre valise ?
— Pardon, monsieur ?
On lui avait dit que ce poste impliquait des déplacements, mais elle pensait être prévenue suffisamment à l’avance, sans devoir partir au pied levé. Ce n’est pas le fait de s’absenter qui la contrarie – au contraire. Ce déplacement est une perspective agréable, qui lui permettra de quitter la région de San Francisco. Bientôt, elle devra aller chercher sa mère à l’hôpital, lui annoncer que sa fille adorée a tout raté et puis, avec un peu de chance, ramasser les morceaux du cœur en miettes de sa pauvre maman.
— Le P.-D.G. veut que vous l’accompagniez à New York. Son avion part dans deux heures. Une voiture vous attend devant l’immeuble pour vous amener chez vous, puis vous conduire à l’aéroport. Est-ce cela vous laisse suffisamment de temps ?
— Oui, bien sûr, mais je ne comprends pas bien, répondelle. Combien de temps serai-je absente ? Et pourquoi le P.-D.G. souhaite-t-il que je l’accompagne ? Je ne pense pas avoir les compétences… Découvrant le sourire de son patron, elle s’interrompt.
— Ne vous inquiétez pas. C’est une excellente nouvelle. Cela signifie que la direction a remarqué la qualité de votre travail, ce qui pourrait impliquer une grosse promotion pour vous. Ça m’attristerait de vous voir quitter l’équipe, mais je ne m’opposerai certainement pas à votre évolution. Si des perspectives d’avancement se présentent, profitez-en et foncez, dit-il avec sincérité. La direction ne m’a pas précisé combien de temps vous serez absente, mais je pense qu’il s’agit d’un déplacement de courte durée. En règle générale, ils préviennent un peu plus de deux heures à l’avance pour les déplacements plus longs.
— C’est entendu, alors – je ne sais pas quoi répondre, ditelle, hésitante et interloquée.
Au fond, elle n’est pas certaine d’avoir envie d’une promotion. Et si on lui proposait un job intéressant qui l’empêcherait de retourner à l’université ? Elle n’a pas envie de rester à un poste simplement parce qu’il est bien payé. Elle veut terminer ses études et faire ce dont elle a toujours rêvé.
— Alors dites simplement « merci beaucoup » et repassez vite chez vous pour prendre vos affaires, répond-il en riant.
— Merci beaucoup, monsieur Avery, répond-elle automatiquement.
Il lui fait signe de partir. Elle tourne les talons et retourne à son bureau, où elle prend son manteau et son sac à main, avant de se diriger vers les ascenseurs. Une minute plus tard, elle arrive dans le hall, puis sort de l’immeuble.
Une magnifique Bentley est garée devant l’immeuble, avec un chauffeur qui l’attend devant la portière arrière. Dès qu’il l’aperçoit, il ouvre la portière et Ari s’engouffre dans la voiture, sans dire un mot. Impressionnée, elle s’inquiète immédiatement. Pourvu qu’il s’agisse bien de la voiture de la société, et non d’un ravisseur – mais qui aurait intérêt à l’enlever ? Elle n’a pas de famille fortunée susceptible de payer une rançon. Elle ne connaît pas de personnalités riches ou célèbres. Elle est simplement elle. Arianna Harlow.
— Bonjour, madame. On m’a indiqué l’adresse de votre domicile. Souhaitez-vous vous arrêter quelque part avant de vous y rendre ?
— Non, merci.
Durant le trajet, le chauffeur et elle n’échangent plus un mot. Comme il est agréable de ne pas conduire soi-même dans les embouteillages et d’échapper aux transports en commun. C’est qu’elle s’habituerait facilement à avoir un chauffeur !
Un quart d’heure plus tard, ils arrivent à son appartement et elle monte les marches quatre à quatre pour réunir quelques affaires. Ignorant tout de la nature du voyage, elle n’a pas la moindre idée de ce qu’il faut emporter. De toute façon, elle ne possède pas de robes élégantes, ce qui lui évite des dilemmes. Pourvu qu’elle n’ait pas à assister à des événements officiels… Si c’est le cas, elle sera obligée de s’acheter une tenue.
La perspective de piocher dans ses économies ne l’enchante pas. En même temps, elle sera à New York ! Ça serait dommage de ne pas faire un peu de shopping. À cette idée, elle retrouve un peu de son optimisme.
Finalement, peut-être que ce voyage sera intéressant. Pendant la journée, elle assistera sans doute à des réunions pour prendre des notes, avant de rédiger des comptes rendus. Un exercice qu’elle maîtrise parfaitement. Et le soir, elle sera probablement libre de faire ce qui lui chante. S’ils restent plusieurs jours sur place, peut-être pourra-t-elle même aller voir un spectacle sur Broadway ? Le plus réjouissant, c’est qu’elle sera à l’autre bout du pays – loin de lui. Elle ne sait toujours pas que penser de sa visite surprise de la veille.
Ari prend son passeport et quelques tenues de rechange, puis elle vérifie que toutes les fenêtres de l’appartement sont bien fermées. Ensuite, elle appelle l’hôpital. Ses inquiétudes sont apaisées en apprenant que Sandra ne sortira pas avant mardi – d’ici là, elle sera rentrée, c’est certain. Heureusement, elle n’a pas d’animaux de compagnie à faire garder. Vingt minutes plus tard, elle redescend à la voiture.
— Voilà qui était extrêmement rapide, lance le chauffeur en lui ouvrant la portière, avec un sourire.
— Je n’aime pas perdre de temps. Et je n’avais pas grandchose à prendre, répond-elle en lui tendant son sac, avant de se glisser sur la banquette arrière.
Il met le bagage d’Ari dans le coffre, puis s’installe au volant. La jeune femme a envie de rompre le silence pour échanger quelques mots avec le chauffeur, mais elle ne sait que lui dire. Elle se contente donc de s’installer confortablement et de profiter du trajet. C’est une magnifique journée ensoleillée, parfaite pour admirer la vue lors du décollage de l’avion.
Voyant que le chauffeur contourne l’aéroport principal, Ari s’inquiète. Différents scénarios catastrophe lui viennent à l’esprit, mais la voiture s’engage sur une petite route et se dirige vers une piste d’atterrissage privée, non loin de l’aéroport principal.
— Où sommes-nous ?
— C’est d’ici que partent les jets privés. Ils utilisent une piste à part.
— Ah, oui, ça paraît logique.
— Par ici, je vous prie, dit-il en l’aidant à sortir du véhicule, avant de l’accompagner jusqu’au bâtiment qu’ils traversent avant de ressortir directement par l’arrière.
Ari reste interloquée en découvrant le jet, de la taille d’un avion de ligne. C’est sans doute une erreur. Les jets privés sont plus petits que cela.
— Quelque chose ne va pas, madame ? demande le chauffeur.
— C’est dans cet avion que nous allons voyager ?
— Je sais, il est impressionnant. J’ai toujours rêvé de voyager à bord de cet avion. C’est un 747, acheté neuf et transformé en jet privé. Il y a une grande chambre à coucher, deux autres chambres, une salle de réunion, un bureau, une cuisine et deux salles de bain. Les conditions idéales pour voyager !
— Eh bien… J’ignorais que l’entreprise pour laquelle je travaille possédait des moyens pareils. Nos locaux sont agréables, mais pas à ce point, dit-elle avec un sifflement admiratif, en se dirigeant vers l’appareil.
Arianna ne voit pas le regard incrédule que lui lance le chauffeur. Si elle l’avait écouté un instant de plus, jamais elle ne serait montée dans l’avion, à la rencontre de la décision la plus difficile de toute son existence.
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