capitulation volume 1 de la trilogie Surrender
Chapitre 31
31
— Ça fait plaisir de te retrouver !
Ari retient son souffle lorsque ses trois amies se bousculent autour d’elle pour l’embrasser. Leur étreinte provoque une douleur sur sa cicatrice, toujours sensible, mais sentir cette immense affection vaut bien tous les désagréments du monde.
— Vous m’avez manqué, les filles. Racontez-moi ce que vous avez fait en mon absence !
— Nous t’avons déjà tout dit lorsque nous sommes venues te voir à l’hôpital. Maintenant, à toi de nous raconter. Qui était le mec magnifique dans ta chambre, lors de notre dernière visite ? Ça nous a rendues dingues tout le week-end !
— Oh, c’est… personne, en fait, répond Ari, qui n’a pas la moindre envie de parler de Rafe.
Les messages qu’il lui envoie la mettent sur les nerfs. Elle sait que l’inéluctable va se produire, sans savoir quand. Si seulement il cessait de jouer à ces petits jeux, elle connaîtrait ses intentions. Actuellement, elle sursaute dès qu’elle aperçoit une ombre. Sur le qui-vive, elle tressaille en entendant les portes qui s’ouvrent et se ferment dans son immeuble, à travers les murs fins de son appartement.
La jeune femme est ravie d’être enfin de retour au travail – là au moins, il ne risque pas de débarquer. Rafe est trop classe pour prendre son immeuble d’assaut et venir l’enlever. Aïe… la simple idée d’imaginer cette scène fait naître en elle une pointe d’excitation. Un frisson lui parcourt le dos, qui n’est pas un frisson de peur…
Mais que lui arrive-t-il ? Cet homme est en train de la rendre dingue, qu’il soit présent ou pas. Tout ce stress n’est pas bon pour sa santé.
— Quelle cachottière ! En plus, tu mens mal. À l’instant où il est entré dans ta chambre, la température est montée d’un cran. Le feu dans ses yeux aurait suffi à faire fondre la peau sur mes os. De l’hôpital, je suis rentrée directement chez moi et j’ai sauté sur mon mari, qui était ravi. Il m’a conseillé de faire plus souvent ce que j’avais fait avant de rentrer, lance Amber en faisant mine de s’éventer de la main.
— Amber ! s’exclame Ari, horrifiée, en regardant autour d’elle.
— Oh allez ! On fait tous des trucs cochons. Il me faudrait juste une photo de ton mec au-dessus de mon lit, pour baiser comme une bête avec mon mari.
— Regardez, c’est mignon. Elle ne sait plus où se mettre, intervient Miley en riant.
— Mais ça fait des mois maintenant que nous connaissons Arianna. Il suffit qu’elle entende le mot « sexe » pour devenir écarlate, dit Shelly.
— Vous êtes insupportables, bande de monstres. Je n’arrive pas à croire que je me laisse faire, à écouter des choses pareilles, répond Ari avec un sourire.
— Oui, nous sommes insupportables. D’ailleurs, je m’attends à voir arriver un chariot de feu, d’un instant à l’autre, pour m’escorter jusqu’aux portes de l’enfer. Mais pour le moment, j’aimerais bien que tu lâches le morceau, avant qu’on essaie le supplice chinois sur toi, menace Amber.
— Les filles, je plains sincèrement vos maris. Être marié à l’une de vous, ça doit être comme vivre avec un agent du FBI – un interrogatoire permanent. Quel cauchemar…
— Oui oui, c’est ça… Maintenant, déballe, dit Shelly, en tapant impatiemment du bout du pied.
— C’est juste… un ami. Je refuse d’en dire davantage. Ça fait plusieurs semaines que je ne suis pas venue travailler et je ne veux pas donner à l’entreprise la moindre raison de me virer. Si vous promettez de me laisser tranquille toute la journée, peut-être – je dis bien : peut-être – que je lâcherai une info après le travail, dit Ari, en prenant soin de regarder chacune droit dans les yeux.
— Entendu, mais sache que je ne suis pas contente, rétorque Miley en boudant.
— Allez-y, ne vous gênez pas, vous pouvez râler et dire du mal de moi dans mon dos !
— Entendu. Ça facilitera un peu les choses, répond Shelly avec un sourire désarmant qui montre qu’elle lui a déjà pardonné.
— Tu nous as vraiment manqué. Personne n’a jamais réussi à s’intégrer à notre cercle d’amies avant toi. Grâce à toi, les trois mousquetaires sont devenus les quatre-squetaires.
— Les quatre-squetaires ? C’est un mot inventé, n’est-ce pas ? demande Ari en éclatant de rire.
— Oui, mais ça sonne bien, non ? répond Amber.
— Mesdames, prévoyez-vous de vous mettre au travail prochainement ? À moins que papoter autour de la fontaine à eau ne fasse partie de vos attributions ?
— C’est bon, c’est bon, on arrive ! lance Miley en se dirigeant vers son bureau.
— Miley…, gronde Ari, avant de jeter un regard confus vers son patron. Désolée, monsieur. J’arrive tout de suite.
— Content de vous revoir, répond-il avec un sourire avant de retourner dans son bureau.
Amber la serre une dernière fois dans ses bras, puis elles rejoignent leurs bureaux respectifs. Ari s’assied, avant de pousser un soupir de soulagement. Son job n’est pas passionnant, mais la présence de ses amies le rend agréable. Elle espère sincèrement que leurs chemins ne se sépareront jamais. Avec elles, elle a retrouvé le plaisir de rire. Et elle n’a pas envie que cela cesse.
Ari réussit à ne pas livrer trop d’informations sur Rafe à ses amies. Ce qu’elle ignore, c’est la véritable raison pour laquelle celles-ci ne la cuisinent pas. Pendant qu’Ari était aux toilettes, ses collègues se sont emparées de son téléphone portable et elles ont découvert plusieurs SMS torrides de Rafe, remontant à la semaine précédente. Même si ses derniers mots, lorsqu’ils se sont quittés, avaient laissé entendre qu’il attendrait qu’elle fasse le premier pas, il n’a pas tenu bien longtemps. Les propos qu’il lui tenait sont scandaleux – et ont provoqué en elle un émoi qu’elle n’avait pas la moindre envie de ressentir.
Déterminées à lui trouver un homme – elle en a bien besoin ! – ses amies décident de faire avancer les choses. Elles lisent les messages dans lesquels il décrit tout ce qu’il a envie de lui faire, des nuits entières, puis constatent que les réponses d’Ari ne sont vraiment pas enthousiastes.
Ses copines décident de faire bouger les choses. Et le résultat sera au-delà de leurs espérances.
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