capitulation volume 1 de la trilogie Surrender
Chapitre 20
20
Ari le sait : elle serait bien inspirée de descendre des genoux de Rafe, de se précipiter vers la porte la plus proche et de fermer celle-ci à clé derrière elle. Elle sait aussi qu’elle va regretter d’avoir de nouveau cédé à cet homme. Et que si elle lui demandait de la laisser partir, il le ferait.
Savoir qu’il obtempérerait la conforte dans son envie de rester. Mais pourquoi faut-il qu’il lui arrive des choses pareilles ? Quoi qu’il en soit, il est bien difficile de résister à ce bel étalon.
Et pourquoi ne pas céder, après tout ? Elle survivra bien à une nuit de plus dans son lit – à moins que ça ne se passe sur la table de la salle à manger. Elle en oublie le personnel qui pourrait entrer à tout moment, elle en oublie la famille de Rafe qui n’est pas bien loin. Pour un peu, elle en oublierait son propre nom lorsque la bouche de Rafe effleure la sienne et qu’il glisse sa langue entre ses lèvres.
Rafe passe ses mains dans les cheveux d’Ari, pour défaire l’attache sur sa nuque et libérer sa crinière brune. Puis il passe délicatement ses mains sur les épaules de la jeune femme et fait glisser les bretelles de la robe sur ses bras.
Le tissu passe sur le coup de soleil, provoquant une brûlure qui lui coupe le souffle. Cependant, le plaisir qui submerge son corps lui fait oublier instantanément ce désagrément.
Elle sent l’air sur ses seins, désormais à peine couverts par le haut de bikini. Lorsque Rafe interrompt son geste, laissant les bretelles à la hauteur de ses coudes, elle se contorsionne pour qu’il baisse complètement la robe. Elle meurt d’envie de lever les bras pour prendre la tête de Rafe entre ses mains, mais il maintient ses bras contre son corps, l’empêchant de bouger.
— Qu’est-ce qui se passe, Ari ? Tu te sens prisonnière ? murmure-t-il en passant sa bouche sur la joue d’Ari avant d’effleurer son oreille.
— Mais qu’est-ce que tu fais ? murmure-t-elle, tandis que Rafe aspire son lobe d’oreille dans sa bouche.
— Je te donne du plaisir…
Les mains de Rafe remontent jusqu’à sa nuque, puis caressent ses omoplates. Il glisse ensuite ses doigts dans le maillot de bain, dégageant d’abord un côté, puis l’autre pour libérer les seins qui viennent se presser l’un contre l’autre. L’air froid sur le bout de ses seins la lance, depuis ses mamelons rose sombre jusqu’à son sexe. La pointe de ses seins se durcit davantage encore lorsqu’elle ouvre les yeux et découvre l’intensité du désir dans les yeux de Rafe, qui la dévore du regard.
Elle se tortille sur ses genoux et se cambre, le suppliant silencieusement de prendre ses seins dans sa bouche pour apaiser cette sensation lancinante qui a pris possession de son corps.
— Patience, Ari, murmure-t-il en faisant courir ses doigts autour des mamelons sombres, sans toutefois la caresser comme elle le désire.
Ce nouveau jeu ne lui plaît pas du tout. Elle veut de la jouissance, ce qu’il refuse de lui donner. Haletante, elle tente de se rapprocher de lui, dévorée par le désir. Le moindre de ses mouvements trahit son impatience.
— Tu ne sais donc pas que c’est l’attente qui accroît le plaisir, qui viendra quand je finirai par te toucher… comme… ça… ?
Enfin, il penche sa tête en avant et passe sa langue sur le bout d’un sein, avant de reculer sa bouche et faire passer son souffle chaud sur la peau humide. Ce plaisir exquis arrache un petit cri à Ari. Rafe continue à prendre son temps, déplaçant lentement sa langue sur le sein et sur le cou, puis sur le pouls de la jeune femme qui bat à toute allure. Puis il fait délicatement glisser ses dents sur sa peau.
Chaque centimètre carré de peau qu’il effleure apaise Ari une fraction de seconde, avant d’attiser davantage encore le brasier qui brûle en elle. Elle se tortille sur les genoux de Rafe, plaquant son sexe contre son érection.
L’intensité du désir de Rafe accroît encore sa fougue. Le simple fait de la dévorer des yeux, sans même qu’elle le caresse, a provoqué cette incroyable érection. Ari en a presque le vertige. Si elle était capable de prononcer le moindre mot, elle le supplierait de la prendre. Mais pas un mot ne sort de sa bouche, seuls des gémissements de plaisir franchissent ses lèvres.
Rafe sème des baisers tendres et légers sur le cou d’Ari pour arriver à la pointe de ses seins gonflés de désir. Puis il fait tourner sa langue autour d’un mamelon. Ses dents mordillent délicatement la peau sensible, avant de se consacrer à l’autre sein. Ari se cambre, tentant de l’amener à prendre la pointe de son sein durci dans la bouche. Mais Rafe n’est pas pressé et les gémissements de sa partenaire semblent n’avoir aucun effet sur lui.
Alors qu’elle s’apprête à pousser un cri, n’en pouvant plus de ce supplice, il pince un mamelon durci. La sensation qui parcourt alors le corps d’Ari compense largement cette attente. Les sommets du plaisir sur lesquels il l’entraîne lui font presque perdre la tête.
Dans ses bras, elle est agitée de tremblements, tandis que la langue de Rafe passe sur son téton. Puis il mordille le bout de son sein durci. Il dévore les seins offerts avant de remonter le long de son cou et de l’embrasser.
— J’adore ton goût, Ari, je passerais volontiers la nuit entière à te lécher.
Un gémissement échappe à Ari tandis que Rafe explore sa bouche avec la langue. Lorsque les mains de Rafe passent le long de ses flancs, caressant ses bras toujours immobilisés avant de poursuivre jusqu’à ses cuisses dénudées, Ari en a le souffle coupé. Tremblant d’excitation, elle ouvre de nouveau la bouche pour essayer de parler.
— Je t’en supplie, Rafe, prends-moi.
— Répète mon nom, Ari, ordonne-t-il en suçant délicatement ses lèvres.
— Rafe… Rafe… je te veux…
Un nouveau gémissement échappe à Ari, tandis que les mains de Rafe se glissent sous le tissu de la robe pour lui caresser le dos, avant de plonger profondément sa langue dans sa bouche.
— Depuis que tu es sortie de la salle de bain, je ne pense qu’à ton joli petit cul dans ce string sexy en dentelle.
À ces mots, l’air qui restait dans les poumons d’Ari sort tout d’un coup. Elle se débat dans les bras de Rafe, tentant de se dégager et gémissant au moindre de ses mouvements, ce qui fait glisser davantage encore le tissu le long de ses bras et la serre davantage.
— Je t’en supplie…
— Oui, chérie, j’adore quand tu me supplies. Tu vas voir, ce n’est pas la dernière fois que tu le fais.
— Libère-moi de cette robe, souffle-t-elle, de plus en plus frustrée.
— Quand je le voudrai. Tu devrais savoir que je ne fais jamais rien que je n’aie décidé. Il se trouve que j’aime te voir attachée. Je crois que je vais te laisser ainsi.
Son refus accroît encore la frustration d’Ari. Elle se débat pour tenter de se défaire du tissu qui la serre, ce qui semble exciter Rafe davantage encore.
Il se lève soudain, empoignant les fesses de la jeune femme, et la fait presque tomber à la renverse sur la table, où la fraîcheur du bois provoque un frisson qui descend jusque dans les jambes d’Ari. Sans lui laisser le temps de dire un mot, il l’allonge sur la table et lui écarte largement les jambes.
Elle se sent mise à nu, vulnérable et beaucoup trop exposée, mais lorsque les doigts de Rafe se glissent sous la dentelle qui couvre son sexe, une vague de chaleur l’envahit et toutes ses appréhensions s’envolent.
Les doigts de Rafe plongent en elle, ce qui l’incite à se cambrer sur la table. Elle pousse un cri. Prête à le recevoir, elle veut que cessent ces jeux de domination.
Il l’attire vers lui et presse son érection toujours couverte contre le sexe nu et humide d’Ari, en frottant ses hanches contre elle. Le tissu de son pantalon passe sur sa chair humide, qui s’embrase.
— Je devrais te punir, Ari, pour le supplice que tu m’as fait subir. Je devrais attacher tes jambes écartées et laisser de l’air passer sur ton sexe, pour t’embraser au point de prendre feu. Je ne devrais pas m’enfoncer au plus profond de toi et assouvir ton désir, murmure-t-il en agrippant les côtés de son string.
— Oh non, prends-moi maintenant… Maintenant, halète-telle, en se tortillant sur la table devant lui.
Son corps est à lui – elle n’a plus la force de se battre.
Au moment où elle se dit qu’il va l’abandonner à cet incroyable supplice, il tire sur le tissu délicat pour lui arracher son string. En entendant le bruit prometteur d’un sachet en aluminium qu’on déchire, elle frissonne d’excitation.
— Oh oui, viens…
D’un mouvement fluide, il glisse son érection tendue au plus profond d’elle. Ari a la sensation qu’une lumière explose derrière ses yeux. Rafe lui écarte davantage les jambes pour mieux voir son intimité tandis qu’il va et vient en s’enfonçant profondément en elle.
La table est agitée de secousses tandis qu’il plonge au plus profond. Ses va-et-vient sont si rapides, si énergiques, qu’ils pourraient en être douloureux, mais Ari ne ressent qu’un intense plaisir, proche de l’extase.
— Oh continue, je t’en supplie, continue…
— Je n’ai pas l’intention de m’arrêter, souffle-t-il en accélérant encore le mouvement, tandis que les muscles de ses jambes sont pris de tremblements.
La lueur de désir total qui brille dans ses yeux fait presque défaillir Ari. Son sexe imposant s’enfonce en elle, son corps est tendu et gorgé de désir – du désir pour elle et pour elle seule. La sensation de puissance qui envahit Ari lui fait presque tourner la tête.
— Oh Ari, c’est si bon. Oui, serre-moi…, crie-t-il en donnant des coups de boutoir avec son pubis contre le sexe palpitant d’Ari, provoquant un feu d’artifice des sens.
Elle explose autour de son érection qu’elle enserre fermement de son sexe parcouru de spasmes… Rafe s’immobilise contre elle, le corps agité de tremblements. Sa queue la pénètre encore plusieurs fois tandis qu’il geint de plaisir. Elle sent le moindre de ses mouvements, lorsqu’il poursuit ses va-et-vient pour prolonger cet instant de plaisir partagé.
Ils restent silencieux en reprenant leur souffle, encore perdus dans leur orgasme. Pendant ces quelques instants de silence, Ari se dit qu’ils pourraient être un couple normal qui viendrait de vivre ensemble un feu d’artifice des sens.
— Viens travailler pour moi, Ari. On forme une équipe formidable, tous les deux. Tu en meurs d’envie, tu le sais. Allez, annonce ton prix !
Aussitôt, Ari remet les pieds sur terre. Non, elle n’est pas avec un homme comme tous les autres. Elle est avec Rafe – grand maniaque devant l’éternel qui veut tout maîtriser. Jamais elle ne pourrait vivre une vraie histoire avec ce type.
— Jamais. Tu sais me rendre folle, mais une fois que j’ai repris mes esprits, je me souviens que tu es un monstre, répond-elle calmement.
Elle entend Rafe prendre une grande inspiration.
— Je suis encore en toi, Ari. Suis-je vraiment un monstre, comme tu le dis ? lance-t-il d’un ton moqueur en bougeant ses hanches, ravivant le désir d’Ari contre son gré.
— Tu as couché avec beaucoup de femmes. Manifestement, tu sais t’y prendre. Mais ce n’est pas parce que tu me fais jouir que j’ai envie d’être avec toi. Je peux éprouver du plaisir tout en te méprisant, jouir tout en ayant envie d’être ailleurs que sous toi. Ne t’y méprends pas, sous prétexte que tu sais me caresser là où il le faut, répond-elle d’un air frondeur, en priant pour qu’il ne se rende pas compte qu’elle bluffe.
En réalité, elle craque pour lui – tellement que ça la terrorise. Si elle se soumettait à lui, il la posséderait tout entière – son corps, son cœur et son âme. Plus jamais elle ne serait libre. Désormais, elle va s’efforcer de le mettre suffisamment en colère pour qu’il se détourne d’elle avant de la détruire.
— Un jour, tu iras trop loin, Arianna, l’avertit-il avant de se retirer, la laissant avec une sensation de vide.
Il l’aide à revenir en position assise, puis relève les bretelles de la robe sur ses épaules pour lui permettre de bouger les bras de nouveau. Il plonge ensuite son regard dans celui de la jeune femme. Elle tressaille en sentant le sang qui recommence à affluer dans ses bras, provoquant une palpitation dans le haut de son buste. À mesure que son corps se détend, la douleur due au coup de soleil et aux bretelles qui la retenaient prisonnière s’avive. Cependant, elle refuse de passer la main sur ces zones douloureuses en présence de Rafe. Cela lui ferait trop plaisir. Pour gémir, elle attendra d’être toute seule.
— Je m’en fiche. Si mes mots te déplaisent, arrête de me courir après.
— Mais je ne te cours pas après, Ari. Il se trouve que c’est toi qui es venue sur mon bateau, faut-il te le rappeler ? Mais peu importe qui est venu vers l’autre ce soir. Ce qui compte, c’est que bientôt tu seras à moi – comme je t’ai possédée il y a quelques minutes. Ce n’est qu’une question de temps. En me résistant, tu nous prives du plaisir que nous pourrions prendre tous les soirs. Je suis loin d’être le monstre que tu crois. Simplement, je fixe les règles du jeu. Mon jeu. Est-ce que tout le monde ne fait pas cela en entamant une relation ? Il se trouve que je suis honnête concernant mes intentions et j’attends la même chose de mes partenaires en affaires, expliquet-il comme s’il était l’homme le plus sensé au monde.
— Puisque tu es si honnête, est-ce que ta famille est au courant de tes contrats ?
Lorsqu’il la fusille du regard, elle comprend que ce soir-là, elle dit exactement ce qu’il ne faut pas dire. Il lève la main et un instant, elle croit qu’il va la frapper. Mais après un regard intense il la laisse retomber.
— Je te l’ai déjà dit, je n’ai pas besoin de recourir à la violence, Ari. Tu vas bientôt t’en rendre compte. Il y a des façons beaucoup plus divertissantes de te punir, menace-t-il en reculant d’un pas.
Lentement, elle se laisse glisser de la table, avant de constater que ses jambes sont en coton. Que faire ? La voilà coincée en pleine mer, sur un bateau, en compagnie d’un homme dont elle ne sait pas si elle a envie de l’embrasser ou de l’étriper.
— Je te raccompagne jusqu’à ta chambre. Tu sais où se trouve la mienne, au cas où tu changerais d’avis, dit-il froidement avant de se diriger vers la porte. Ari presse le pas pour rester à sa hauteur, tandis qu’il la précède dans le couloir.
Ils n’échangent plus un mot jusqu’à leur arrivée devant une porte. Rafe l’ouvre puis laisse passer Ari, qui entre dans la chambre avant de lui claquer la porte au nez. À l’intérieur, elle s’appuie contre les épais lambris de bois en réprimant une irrépressible envie de pleurer. Tout va mal. Elle se laisse tomber lentement sur le lit, en se disant qu’elle n’arrivera jamais à trouver le sommeil.
Elle se trompe. Le doux mouvement du bateau sur les vagues la berce et elle sombre rapidement dans le sommeil – délivrant son esprit de décisions difficiles à prendre et laissant à son corps le temps de se remettre.
Rafe repart, furieux. Son visage de marbre ne laisse pas transparaître la moindre émotion. Intérieurement, il bouillonne.
Il veut qu’elle ait envie d’être avec lui. De son plein gré.
Pour la première fois, il est en proie au doute, un sentiment qui lui est étranger et qui le plonge dans un état proche de la panique. Qu’une émotion de l’ordre de la faiblesse vienne fissurer son armure lui déplaît. Il est trop fort pour donner des signes d’impuissance. Non, cela ne lui ressemble pas.
Rafe descend le couloir pour rejoindre sa chambre, avant de refermer calmement la porte. Il ne s’autorise pas à se laisser submerger par la colère. Non, il ne claquera pas la porte, il ne tapera pas du poing contre le mur. Il va prendre un verre et réfléchir à ce qu’il convient de faire.
Il obtiendra ce qu’il veut – il a toujours ce qu’il veut. C’est une simple question de temps.
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