Corps flottants
Les premières cigarettes…
Les premières cigarettes très vite et en cachette.
Dans l’escalier de l’immeuble avec une copine, elle en avait le droit. Winston, comme ma mère, qui, elle, en France, fumait des Disque bleu.
Même lorsque l’autorisation de fumer m’avait été donnée, il fallait plus ou moins que je me cache. Car j’ai tout de suite fumé trop. Immédiatement après la première cigarette, dans l’escalier de notre immeuble à Phnom Penh, les suivantes. La nécessité qu’elles soient innombrables. Ad libitum. Soit : sans fin car sans satiété possible. Fumer pour saturer l’air de la chambre, le tabac est un plaisir d’asphyxie. Comme je n’avais pas d’argent de poche, à la suite d’un essai pas concluant selon mes parents (tout dépensé en une journée), il fallait que je prenne l’argent des cigarettes sur les sommes données pour les cyclos. J’achetais donc le tabac local, les Kotab, grosses clopes blondes et assez parfumées qui tachaient les doigts et piquaient la gorge. Elles ne doivent plus exister, ni non plus les sodas de la BGI (Brasserie et Glacières de l’Indochine) aux couleurs fluo dont un vert intense, censé être de la banane, qui colorait violemment les urines.
OceanofPDF.com