Corps flottants

Jane Sautière · Chapitre 39 sur 40

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Corps flottants

Présentation

Illustration de couverture :

 

Philippe Bretelle.

© Éditions Gallimard, août 2022.

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jane sautière

corps flottants

 

De petits débris flottent et se déplacent dans le vitré projetant parfois des formes sur la rétine. Ce que l’œil perçoit est l’ombre de ces corps flottants. Comme dans un cosmos, certains se satellisent et s’agrègent. J’ai vécu mon adolescence à Phnom Penh de 1967 à 1970. J’en ai si peu de souvenirs que j’ai laissé toute la place à ces traces, des ombres projetées. En résille, des silhouettes apparaissent, font signe, celles des parents, de mes camarades de lycée, d’un grand amour. Celles aussi auxquelles la violence de l’Histoire nous attache.

Ici, à Paris, le temps est blême, c’est l’hiver, il est 17 heures, il fait huit degrés. Là-bas, à Phnom Penh, la nuit est totale, il est 23 heures et il fait vingt-six degrés. J’ai voulu écrire dans les deux fuseaux horaires, dans les deux latitudes. Écrire au crépuscule qui est avant tout la survivance de la lumière après le coucher du soleil.

J. S.

Jane Sautière est l’autrice aux Éditions Verticales de Fragmentation d’un lieu commun (« Minimales », 2003 ; prix Arald 2003 ; prix Lettres frontière 2004), Nullipare (2008), Dressing (2013), Stations (entre les lignes) (2015) et Mort d’un cheval dans les bras de sa mère (2018).

 

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