Correspondance - Tome III
À Ernest Feydeau ............................................................ 56
Je n’ai lu aucune des turpitudes du Figaro touchant le Bouilhet, mais je sais qu’elles étaient d’un fort calibre. Mon frère a rencontré au Havre le gars Villemessant, lequel l’a accosté exprès pour lui dire qu’il m’adorait. Note que nous ne nous connaissons pas du tout. C’était peut-être dans l’espoir fallacieux d’un abonnement.
Je suis toujours au milieu de mon VIe chapitre. Je vou-drais bien avoir fini le VIIe avant de revenir à Paris. Tous les soirs je me plonge dans Ammien Marcellin, où je trouve des détails de mœurs splendides. Demain il nous arrive pour un mois des parents de la Champagne. Voilà tout ce que je peux t’apprendre.
Ce que tu me dis de ta belle-mère ne m’étonne nulle-ment. Je l’avais jugée telle à première vue.
Adieu, pauvre vieux, bon courage, écris-moi.
Je t’embrasse.
À ERNEST FEYDEAU
[Croisset,] mercredi soir [21 septembre 1859].
Ton ami a manqué passer sous une locomotive di-manche soir. C’eût été une perte pour la littérature, je le sais ; mais à cette heure, j’en saurais long en philosophie et cela m’eût épargné toutes les ratures qui me restent à faire, tous les embêtements que j’ai encore à subir !
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